J’ai retrouvé le CV mensonger de Bruno Le Roux

Bruno Le Roux, le nouveau ministre de l’intérieur, a menti sur son CV en prétendant qu’il était ancien élève de HEC et de l’ESSEC, deux écoles de commerce prestigieuses, ce qui est faux. Dès que l’affaire a été révélée par le site atlantico.fr et par le journal Marianne, le faux CV a disparu de la page du député : brunoleroux.org et de la page du ministre de l’intérieur sur le site interieur.gouv.fr. Sur le site du ministère de l’intérieur, on peut lire seulement : Biographie prochainement disponible.

Heureusement j’avais consulté cette biographie il y a deux jours et fait une impression d’écran :

CV de Bruno Le Roux

La même en mode texte :

Bruno Le Roux
Ministre de l’Intérieur depuis le 06 décembre 2016
Bruno Le Roux est né le 2 mai 1965 à Gennevilliers (Hauts-de-Seine).
Cursus :
Titulaire d’une maîtrise en sciences économiques, d’une maîtrise de gestion et d’un troisième cycle en stratégie.
Ancien élève de HEC et de l’ESSEC.
Carrière :
Très tôt engagé au Parti socialiste, il devient en 1989 adjoint chargé de la Culture de Gilbert Bonnemaison, le maire d’Epinay-sur-Seine. Il occupe par ailleurs de 1990 à 1992, le poste de directeur adjoint de cabinet de Pierre Mauroy, alors Premier secrétaire du Parti socialiste. Il est également Premier secrétaire de la fédération socialiste de la Seine-Saint-Denis.
Membre du Conseil National du Parti socialiste depuis 1994, Bruno Le Roux devient délégué national du PS, chargé des questions de sécurité et de police. Le rapport qu’il présente alors – La sécurité pour garantir la cohésion sociale – est adopté à l’unanimité par le Bureau National du parti socialiste. En 1997, le gouvernement de Lionel Jospin en reprendra les principales propositions lors du colloque de Villepinte.
Depuis 1996 il participe à tous les travaux parlementaires pour renforcer les contrôles sur la circulation des armes à feu dans notre pays. Il est notamment à l’initiative d’une proposition de loi visant à interdire la possession de toute arme à feu aux civils, exception faite des tireurs licenciés et des chasseurs disposant d’un permis de chasse.

Voici également une capture d’écran du site brunoleroux.org réalisée par le site atlantico.fr :

Biographie de Bruno Le Roux

[extrait du monde.fr du 10.12.2015] Les CV truqués, enjolivés, voire mensongers sont monnaie courante selon une étude réalisée par le cabinet de conseil en recrutement Florian Mantione en février 2013. Il en ressort que 75 % des CV seraient trompeurs, que 33 % des candidats s’attribuent “souvent” ou “toujours” un faux diplôme, que 64 % mentent sur la durée de précédents postes et 50 % sur leur rémunération actuelle.

Que risque-t-on en rédigeant un CV mensonger ?

Les peines peuvent aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. En septembre 2014, le TGI de Versailles a ainsi condamné à deux ans de prison avec sursis le “faux” architecte Philippe Leblanc, reconnu coupable “d’escroquerie” et “d’usurpation de diplôme”. Il avait bien commencé des études d’architecte mais ne les avait jamais terminées… ce qui ne l’avait pas empêché d’exercer pendant trente ans.
De même, Chantal Bouchoir, qui s’était prétendue psychologue alors qu’elle n’avait pas de diplôme, a été condamnée à deux ans de prison ferme, par le tribunal de Brive en mars 2013. Fin 2012, elle avait réussi à tromper la Fondation Chirac qui l’avait recrutée. La supercherie avait été découverte deux semaines après ses débuts grâce à son extrait de casier judiciaire. Celui-ci avait révélé qu’elle avait déjà été condamnée pour faux et escroqueries. [fin de l’extrait]

Bruno Le Roux sera-t-il sanctionné et démis de ses fonctions. Probablement pas, si on se réfère aux cas de Christine Taubira et de Jean-Christophe Cambadélis qui avaient faussement prétendu être titulaires d’un doctorat et qui n’ont pas été sanctionnés.

Pourtant, après ce qu’à subi Jérôme Cahuzac, on devrait  s’attendre à plus de sévérité vis-à-vis des politiques.

PS, suite au commentaire de Bernard Bruhat :

Rachida Dati n’est pas diplômée de l’Institut supérieur des affaires, pas plus que Nicolas Sarkozy n’est diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, ni Bruno Le Roux de HEC et de l’ESSEC. Cependant il y a un point commun entre ces CV :

Il est écrit : “ancien élève de…” en référence à l’usage de d’écrire, par modestie “ancien élève de l’école polytechnique”, pour “diplômé de l’école polytechnique”.

Rachida Dati et Nicolas Sarkozy sont effectivement des anciens élèves, respectivement de l’Institut supérieur des affaires et de l’Institut d’études politiques de Paris, mais ils n’ont pas obtenu leur diplôme. Quant à Bruno Le Roux, j’imagine qu’il a suivi des cours ou des formations dispensés par HEC et l’ESSEC, sans être élève à part entière.

Ça me rappelle quand j’étais en prépa, un camarade qui m’avait dit que son père avait fait SUPELEC. J’en avais parlé à mon père qui avait fait SUPELEC à la même époque, non seulement il ne se souvenait pas de lui, mais il ne l’a pas trouvé non plus dans l’annuaire de l’école. J’ai eu plus tard le fin mot de l’histoire : le père de mon camarade avait suivi des cours à SUPELEC en tant qu’auditeur libre.

Pour conclure, méfiez-vous des mentions : “ancien élève de machin”, préférez “diplômé de machin” et demandez à voir le diplôme.

6 commentaires sur “J’ai retrouvé le CV mensonger de Bruno Le Roux

  1. Vous parlez de Chantal Bouchard, qui avait obtenu un poste de psychologue à la fondation Chirac, qui a obtenu un poste de psychologue à la fondation Chirac en produisant de faux diplômes téléchargés sur internet et qui a été condamnée à trois ans de prison dont deux ans ferme. La différence, c’est que pour être ministre, aucun diplôme n’est requis…

  2. Je ne comprends pas qu’une femme prenne 2 de prison ferme comme madame BOUCHOIR alors que nous ne voyons si les hommes politiques qui ont usé de ce stratagème, ont écopé de 2 ans de prison ferme voir plus car ils gouvernent la FRANCE.

  3. Monsieur Bruhat,
    Il convient de distinguer dans les CV :
    – le certificat ou le diplôme nécessaire à l’obtention d’un poste ou d’une responsabilité : docteur en médecine, architecte DPLG, CAP de coiffeur
    – la poudre aux yeux, du genre université américaine qui vend ses diplômes sur inter,et, institut bidon à but éminemment lucratif qui procure des diplômes bidon, etc.
    On en vient à se demander si ça vaut la peine de faire des études, tant il est facile de se procurer des diplômes authentiques et reconnus en France; d’universités américaines ou de pays de l’est qui les octroient pour une poignée de dollars ou d’euros.
    Bien à à vous.
    Denis

  4. Pour compléter l’information, BLR est titulaire d’un DEA en stratégie et management à Pars X “en partenariat avec HEC et ESSEC”. Ce qui n’est pas la même chose.
    Les services du Ministère de l’Intérieur s’emploient à corriger le CV vite fait, bien fait !
    En plus des patrimoines et du passé juridique, il va falloir maintenant rajouter un contrôle sévère sur les CV des candidats présidents de la République, des candidats ministres et pourquoi pas des candidats à la députation.

  5. En effet, difficile d’avoir fait les deux écoles en même temps. C’est soit l’une soit l’autre.
    Il suffit à BLR de produire le bon diplôme ou ne pas en produire s’il n’y en a pas.
    Il me semble que l’ex-président Sarkozy et la charmante Rachida Dati avaient aussi un peu exagéré sur leurs diplômes !… Rachida sur ses notes de frais aussi ! Mais là, pas de sanctions non plus !

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