Pagnol et la bouillabaisse Mélenchon Mennucci

bouillabaisseQuand j’ai entendu cette histoire de bouillabaisse entre Jean-Luc Mélenchon et Patrick Mennucci, je n’ai pu m’empêcher de penser à cette scène de Marcel Pagnol dans la pièce FANNY, Acte I Scéne VI :

Un homme s’approche de l’éventaire de Fanny. Il est vêtu du costume classique de Marius : guêtres de cuir, casque colonial. Il est ventru et porte la barbe à deux pointes. Il parle avec un extraordinaire accent de Marseille.

LE GROS HOMME. – Hé biengue, mademoiselle Fanylle, est-ce que votre mère n’est pas ici ?

FANNY. – Non monsieur, elle vient de partir à la poissonnerie.

LE GROS HOMME. – À la poissonnerille ? Ô bagasse tron de l’air ! Tron de l’air de bagasse ! Vous seriez bien aimable de lui dire qu’elle n’oublille pas ma bouillabaisse de chaque jour, ni mes coquillages, bagasse ! Moi, c’est mon régime : le matin, des coquillages. À midi, la bouillabaisse. Le soir l’aïoli. N’oubliez pas, mademoiselle Fanylle !

FANNY. – Je n’oublierai pas de lui dire, mais à qui faut-il l’envoyer ?

LE GROS HOMME. – A moi-même : M. Mariusse, 6 rue Cannebière, chez M. Olive.

FANNY. – Bon.

Et n’oubliez pas, ô bagasse ! Tron de l’air de mille bagasse ! Ô bagasse !

Il sort. Tous se regardent ahuris.

ESCARTEFIGUE. – Mais c’est qui ce fada ?

CÉSAR. – C’est un Parisien, peuchère. Je crois qu’il veut se présenter aux élections.

ESCARTEFIGUE. – Mais pourquoi il dit ce mot extraordinaire : bagasse ?

FANNY. – Il le répète tout le temps.

PANISSE. – Tu sais ce que ça veut dire, toi ?

FANNY. – Je ne sais pas, moi, je suis jamais allée à Paris. Nous aussi nous avons des mots qu’un Parisien ne comprendrait pas.

CÉSAR. – Bagasse ? Pour moi, c’est le seul mot d’anglais qu’il connaisse, alors, il le dit tout le temps pour étonner le monde.

M. BRUN. – Eh bien, c’est bizarre, mais je le croyais Marseillais.

CÉSAR. – Oh ! dites, vous êtes fada ?

M. BRUN. – Dans le monde entier, mon cher Panisse, tout le monde croit que les Marseillais ont le casque et la barbe à deux pointes, comme Tartarin et qu’ils se nourrissent de bouillabaisse et d’aïoli, en disant “bagasse” toute la journée.

CÉSAR. – Et bien, Monsieur Brun, à Marseille, on ne dit jamais bagasse, on ne porte pas la barbe à deux pointes, on ne mange pas très souvent d’aïoli et on laisse les casques pour les explorateurs – et on fait le tunnel du Rove, et on construit vingt kilomètres de quai, pour nourrir toute l’Europe avec la force de l’Afrique. Et en plus, Monsieur Brun, en plus, on emmerde tout l’univers. L’univers tout entier, Monsieur Brun. De haut en bas, de long en large, à pied, à cheval, en voiture, en bateau et vice versa. Salutations. Vous avez bien le bonjour, Gnafron.


Au demeurant, je ne désapprouve pas la candidature de Jean-Luc Mélenchon : le député a un mandat national, son rôle est de participer à l’élaboration des lois, et son lieu de travail est l’assemblée nationale et non la circonscription où il a été élu. Il ne lui appartient pas de résoudre les problèmes d’emploi ou de logement de ses électeurs. Et d’ailleurs il n’en a pas le pouvoir. C’est de la responsabilité des élus et acteurs locaux : maires, conseillers départementaux, conseillers régionaux, conciliateurs, assistants sociaux, pôle emploi, etc.

La quatrième circonscription des Bouches du Rhône n’est pas la chasse gardée de Patrick Mennucci, et outre Jean-Luc Mélenchon, il devra affronter la candidate d’En Marche, Corinne Versini. Que le meilleur gagne !

Jean-Luc Mélenchon a eu la courtoisie et l’intelligence de rencontrer Jean-Claude Gaudin. Le maire de Marseille lui a certainement donné des conseils avisés.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *