Menaces sur La Grande Motte

J’ai assisté ce soir à l’assemblée générale de l’association la vigie citoyenne grand-mottoise.
Après la présentation par le président, Claude Delhoume des actions de l’année écoulée et des enjeux des projets d’urbanisme de la municipalité, j’ai pris conscience du risque de voir notre station bétonnée à outrance, de voir nos espaces verts, notre domaine maritime et les rares espaces non bâtis livrés à la cupidité des promoteurs.
La municipalité a la volonté de développer la station, d’agrandir le port, de faire venir des entreprises et des commerces, de construire des logements. La fonction de Maire est ainsi faite que certains considèrent plus leur ville comme une entité qu’il faut développer et faire prospérer que comme un héritage qu’il faut préserver.
La Grande Motte n’est pas une ville comme une autre, c’est une des rares réussites architecturales des trente glorieuses. Vingt ans entre les premières pyramides, livrées en 1968 et les dernières constructions marquantes, la mairie, la thalasso et le collège. Jean Balladur, l’architecte de ce projet, aura vécu assez longtemps pour en voir la fin.
Ce projet architectural est cohérent, harmonieux et équilibré, hôtels, studios cabines, appartements, villas, campings, port, plages, étang, espaces verts, golf, il y a des hébergements et des activités pour toutes les bourses et pour tous les goûts. Ce projet est aujourd’hui achevé, évitons de le saboter en densifiant les constructions, en rognant sur les plages, sur les espaces verts, sur les parkings, ne laissons pas de nouveaux immeubles cacher la vue des anciens. L’appétit des promoteurs est sans limites, répondre favorablement à leurs demandes, c’est ouvrir la boîte de Pandore.
A la fin de la réunion, quelqu’un a posé la question : quel intérêt présentent les projets de la Mairie pour les citoyens de La Grande Motte ? Je vous laisse deviner la réponse de l’assemblée.
Heureusement que des associations, comme la vigie citoyenne grand-mottoise sont là pour modérer les ambitions du maire et des promoteurs.

Le politiquement correct à toutes les sauces

Dans l’épreuve de Fort Boyard intitulée l’asile, le candidat, prisonnier d’une camisole de force, doit s’échapper d’une pièce capitonnée. La diffusion de la séquence il y a une dizaine de jours a déclenché l’émoi dans le milieu de la santé mentale. Une pétition en ligne a été lancée par plusieurs associations et collectifs. Elle compterait plus de 1 500 signatures.

Bientôt on ne pourra plus rien faire ni plus rien dire sans s’exposer à un procès des associations ou des représentants des minorités incriminées. Ne dites plus comme François Fillon : je ne suis pas un autiste, car vous vous exposerez à l’anathème des associations de parents d’enfants autistes, ne dites plus : je ne suis pas sourd ou je ne suis pas aveugle si vous ne voulez pas être en butte à la vindicte des associations de non entendants (sourds) et de non voyants (aveugles). J’ai noté également que lorsqu’un prévenu reste muet durant sa garde à vue, on ne dit plus de lui qu’il est resté muet, mais qu’il est resté mutique. C’est certainement pour ne pas froisser les non parlants (muets).

Cependant toutes les minorités ne montent pas au créneau, en lisant ce matin un éditorial consacré à Klaus Barbie, le boucher de Lyon,  je pensais à ces pauvres bouchers, qui sont pour la plupart des gens pacifiques, dont la profession ne consiste pas à tuer des animaux mais à découper de la viande froide en tranches, je pense aux charcutiers alors que le dénominal de leur profession, le verbe charcuter, signifie aujourd’hui découper maladroitement de la viande.

Le politiquement correct contraint à déguiser l’expression orale et écrite, à changer les mots pour ne pas stigmatiser (infirme, sourd, aveugle, tsiganes sont devenus handicapé, mal-entendant, non voyant, gens du voyage), à alourdir les discours, comme dans le fameux bonjour à toutes et à tous d’Emmanuel Macron, comme si le pluriel des genres (bonjour à tous) n’existait pas.

Peut-on encore appeler un chat un chat ?

C’est si difficile que tout le monde finit par se prendre les pieds dans le tapis, même notre président qui a évoqué récemment les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien

A l’heure où les résultats du baccalauréat sont publiés, est-on encore droit de parler de ceux qui ont réussi et ceux qui ont raté ? Il vaut certainement mieux dire ceux qui ont réussi et ceux qui sont en voie de réussite (par analogie aux pays en voie de développement).