Le politiquement correct à toutes les sauces

Dans l’épreuve de Fort Boyard intitulée l’asile, le candidat, prisonnier d’une camisole de force, doit s’échapper d’une pièce capitonnée. La diffusion de la séquence il y a une dizaine de jours a déclenché l’émoi dans le milieu de la santé mentale. Une pétition en ligne a été lancée par plusieurs associations et collectifs. Elle compterait plus de 1 500 signatures.

Bientôt on ne pourra plus rien faire ni plus rien dire sans s’exposer à un procès des associations ou des représentants des minorités incriminées. Ne dites plus comme François Fillon : je ne suis pas un autiste, car vous vous exposerez à l’anathème des associations de parents d’enfants autistes, ne dites plus : je ne suis pas sourd ou je ne suis pas aveugle si vous ne voulez pas être en butte à la vindicte des associations de non entendants (sourds) et de non voyants (aveugles). J’ai noté également que lorsqu’un prévenu reste muet durant sa garde à vue, on ne dit plus de lui qu’il est resté muet, mais qu’il est resté mutique. C’est certainement pour ne pas froisser les non parlants (muets).

Cependant toutes les minorités ne montent pas au créneau, en lisant ce matin un éditorial consacré à Klaus Barbie, le boucher de Lyon,  je pensais à ces pauvres bouchers, qui sont pour la plupart des gens pacifiques, dont la profession ne consiste pas à tuer des animaux mais à découper de la viande froide en tranches, je pense aux charcutiers alors que le dénominal de leur profession, le verbe charcuter, signifie aujourd’hui découper maladroitement de la viande.

Le politiquement correct contraint à déguiser l’expression orale et écrite, à changer les mots pour ne pas stigmatiser (infirme, sourd, aveugle, tsiganes sont devenus handicapé, mal-entendant, non voyant, gens du voyage), à alourdir les discours, comme dans le fameux bonjour à toutes et à tous d’Emmanuel Macron, comme si le pluriel des genres (bonjour à tous) n’existait pas.

Peut-on encore appeler un chat un chat ?

C’est si difficile que tout le monde finit par se prendre les pieds dans le tapis, même notre président qui a évoqué récemment les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien

A l’heure où les résultats du baccalauréat sont publiés, est-on encore droit de parler de ceux qui ont réussi et ceux qui ont raté ? Il vaut certainement mieux dire ceux qui ont réussi et ceux qui sont en voie de réussite (par analogie aux pays en voie de développement).

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