Thomas-Louis vu par Ingrid Reinhard

C’est avec effroi que j’ai appris, lundi, la disparition de Thomas, avec lequel j’ai eu la chance de travailler pendant trois mois de février à mai 2016 lors de son stage au Département d’Aval des Urgences (DAU), unité fonctionnelle du service de Médecine Interne de l’hôpital Saint-Antoine.
Je le revois arrivant chaque matin, son sac à dos sur l’épaule, d’où, rituellement et avant toute autre chose, il sortait sa grande bouteille de Coca Light toujours terminée bien avant la fin de la journée.
Je revois ses yeux rieurs trop souvent cerclés de cernes, son sourire et ses belles fossettes et je l’entends encore de son ton pince-sans-rire, faire ses blagues décalées mais drôles qui le rendaient différent mais tellement attachant.
Je me vois relire ses comptes-rendus toujours parfaits ou acquiescer lorsqu’il attendait mon aval pour débuter ou modifier un traitement.
Thomas était non seulement un excellent interne, efficace, prompt à la tâche et toujours gentil et prévenant avec les patients, l’équipe et ses co-internes, mais c’était surtout, même s’il s’en défendait, en jouant la désinvolture, un jeune homme tendre et très touchant .
Il nous donnait de temps en temps des nouvelles via un fil de conversation WhatsApp partagé avec ses anciennes co-internes et Maria Chauchard, ma consœur PH au DAU, c’est ainsi qu’il nous avait dit avoir fait le mois dernier une crise convulsive en se rendant en stage à Paul Brousse.
Il nous avait recontactées, Maria et moi, le vendredi 30 juin car il devait se rendre à Saint-Antoine mardi 4 juillet et voulait en profiter pour passer nous voir… j’avoue ne pas m’être inquiétée ou offusquée de son absence car les anciens internes disent souvent qu’ils vont passer puis ne le font pas. Je le regrette aujourd’hui.
Je ne pourrai malheureusement pas être présente jeudi à Levallois mais mes pensées vous accompagneront, tout comme elles le font depuis ce lundi.
Je vous prie, Monsieur, de recevoir mes très sincères condoléances.
Mes pensées sont avec vous et votre famille et entièrement dédiées à Thomas.
Ingrid Reinhard

J’aimais vraiment beaucoup Thomas et étais ravie de savoir qu’au décours de son stage, il allait passer à Saint Antoine et me donner des nouvelles régulièrement.. il est d’ailleurs repassé à deux reprises.
J’aimerais pouvoir vous raconter tant d’autres choses… sa grosse voix, ses pantalons serrés, sa candeur à certains moments, ses cheveux en pétard…
La photo est une photo animée (“live photo”). Si vous appuyez dessus vous pouvez m’entendre dire à Thomas “tu ne souris pas”, d’où le sourire radieux l’instant qui suit , sourire qui fait rire ses co-internes qui le regardent avec tendresse… je suis heureuse qu’il se soit senti assez à l’aise et confortable pour m’offrir ce beau sourire non seulement sur cette photo mais à plusieurs reprises durant son stage au DAU.
Et je suis sincèrement heureuse d’avoir eu la chance de rencontrer votre fils, quelqu’un de rare et de gracieux même si l’on pouvait deviner de temps en temps chez lui des heures sombres…
Encore une fois, mes pensées sont pour lui et avec vous…
Ingrid

PS de Denis : je ne sais pas comment afficher la photo animée sur PC Windows

Un commentaire sur “Thomas-Louis vu par Ingrid Reinhard

  1. Ps de Véronique, sa marraine et une de ses tantes : J’ai essayé, mais comment réussir à animer votre merveilleuse photo ? Votre lettre est très belle : Thomas dans son métier, dans son quotidien en tant que médecin et collègue, une belle facette de plus. Merci.

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