Emissions de CO2 et malus auto 2018

Les règles de calcul du bonus malus automobile vont être durcies à compter du 1er janvier 2018.

Côté bonus, seuls les véhicules électriques pourront en bénéficier : 6000 € pour une voiture, 900.€ pour un deux ou trois roues de plus de 3kW, mais plus rien pour les voitures hybrides, rechargeables ou non, ni pour les vélos électriques.

Côté malus, les voitures seront taxées à partir d’un seuil d’émission de 120 g/km de CO2, selon le barème progressif suivant :

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Le malus ne s’applique qu’aux voitures particulières, et donc pas aux deux roues, véhicules utilitaires, véhicules de société.

Ces nouvelles règles vont contribuer à la poursuite de la baisse des émissions des véhicules :

Quelle est le rapport, s’il y en a, entre l’émission de C02 et la consommation de carburant ?

L’essence peut être assimilée à un octane (C8H18), son l’équation de combustion est la suivante :

C8H18 + 25/2 O2 –> 8 CO2 + 9 H20

La masse d’une mole de C8H18 est de 8*12 + 18*1 = 114 g.
La masse d’une mole de CO2 est de 12 + 2*16 = 44 g
La masse de CO2 rejetée par mole de C8H18 consommée est de : 8*44 g = 352 g.

Le rapport CO2 émis en fonction de la consommation d’essence est donc de 352/114 = 3,09.

La masse volumique de l’essence étant de 0,74 kg/l et un gramme d’essence brûlée rejetant 3,09 grammes de CO2, l’émission est de : 0,74*3,09 = 2,28 kg de CO2 par litre d’essence consommée.

L’équation de combustion de l’éthanol ajouté à l’essence SP95 et SP95E10 est la suivante :

C2H5OH + 3 O2 –> 2 CO2 + 3 H2O

La masse d’une mole de C2H5OH est de 2*12 + 6*1 + 16 = 46 g.
La masse d’une mole de CO2 est de 12 + 2*16 = 44 g
La masse de CO2 rejetée par mole de C8H18 consommée est de : 2*44 g = 88 g.

Le rapport CO2 émis en fonction de la consommation d’éthanol est donc de 88/46= 1,913.

La masse volumique de l’éthanol étant de 0,789 kg/l et 1 kg d’éthanol brûlé rejetant 1,913 kg de CO2, l’émission est de : 0,789*1,913 = 1,51 kg de CO2 par litre d’éthanol consommé.

Pour le SP95 (95% octane, 5% éthanol), l’émission de CO2 est de 0,95 * 2,28 + 0,05 * 1,51 = 2,24 kg

Pour le SP95E10 (90% octane, 10% éthanol), l’émission de CO2 est de 0,90 * 2,28 + 0,10 * 1,51 = 2,20 kg

Le gazole (diesel) peut être assimilé à un  hexadécane (C16H34), son l’équation de combustion est la suivante :

C16H34 + 49/2 O2 –> 16 CO2 + 17 H2O

La masse d’une mole de C16H34 est de 16*12 + 34*1 = 226 g.
La masse d’une mole de CO2 est de 12 + 2*16 = 44 g
La masse de CO2 rejetée par mole de C16H34 consommée est de : 16*44 g = 704 g.

Le rapport CO2 émis en fonction de la consommation de gazole est donc de 704/226 = 3,16.

La masse volumique du gazole étant de 0,85 kg/l et un gramme de gazole brûlé rejetant 3,16 grammes de CO2, l’émission est de : 0,85 * 3,16 = 2,67 kg de CO2 par litre de gazole consommé.

Comment convertir la consommation d’un véhicule en litres aux 100 kilomètres en émission de CO2 en grammes par kilomètre ?

Il suffit de la multiplier par le facteur correspondant au carburant utilisé :

Carburant Facteur
SP 95 224
SP 95 E10 220
SP 98 228
Diesel  316

Exemple :
– une voiture consommant 5,2 l de  SP 98 aux 100 km émet 5,2 * 228 = 119 g/km de CO2.
– une voiture consommant 3,8 l de Diesel aux 100 km émet 3,8 * 316 = 120 g/km de CO2.

Ces valeurs sont théoriques car d’une part les carburants ne sont pas des corps purs, car ils contiennent différentes molécules d’hydrocarbures et des additifs, et d’autre part la méthode de mesure du CO2 émis (dans les gaz d’échappement) et du carburant consommé ne correspondent pas forcément aux mêmes configurations de mesure.

Dans l’usage quotidien de votre véhicule, vous constaterez que vos consommations de carburant seront toujours supérieures aux consommations données par les constructeurs, car les constructeurs conçoivent les calculateurs des moteurs afin de minimiser les émissions de CO2 dans les configurations des tests réglementaires, qui ne sont pas celles de la vraie vie et ils optimisent leurs véhicules pour réussir les tests.

J’ai constaté, en observant l’affichage de la consommation instantanée sur mon scooter Honda SH 300i, que peu après le départ, lorsque le moteur est encore froid (particulièrement ces temps-ci), la consommation instantanée oscille entre 4 et 5 litres aux cent, alors qu’après 4 à 5 kilomètres, lorsque le moteur a atteint sa température de fonctionnement (et que l’huile est plus fluide), elle descend bien en-dessous de 3 litres. Pour les trajets courts, en particulier en hiver, la consommation moyenne est donc très élevée en regard des consommations conventionnelles mesurées sur un moteur chaud. D’où, en passant, l’intérêt des véhicules hybrides rechargeables, hélas peu courants sur le marché, et qui ne bénéficient plus du bonus.

Le malus écologique vient s’ajouter à la TICPE (Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Energétiques) qui elle aussi va fortement augmenter au 1er janvier 2018, je comprends bien qu’il faut sauver la planète, mais je trouve l’effort mal réparti, trop ciblé sur les automobilistes, alors que les bus, les autobus, les consommateurs de fuel domestique (chauffage, agriculteurs, pêcheurs) les paquebots de croisière qui sont les plus gros émetteurs de CO2 et de particules (un seul bateau de croisière émet autant de particules qu’un million de voitures, les marseillais en savent quelque chose) ne sont pas taxés (ils sont même souvent détaxés) et ne sont bien évidemment pas concernés par ces mesures. C’est particulièrement révoltant en ce qui concerne les OUIBUS gros émetteurs de CO2 qui font concurrence à des TGV électriques qui en-dehors des périodes de fêtes ou de pointe ne font pas le plein de passagers.