Il faut sauver le mur de l’Atlantique

Les blockhaus du mur de l’Atlantique

Les blockhaus  édifiés le long des côtes françaises lors de la seconde guerre mondiale ont résisté à l’épreuve du temps. Beaucoup ont été démolis, mais d’autres se dressent encore sur nos plages, vestiges fantomatiques du mur de l’Atlantique et témoins saisissants de l’occupation allemande.

En juin 1944, au moment du débarquement allié sur les plages normandes, on comptait 15 000 ouvrages de défense déployés sur 4000 km de côtes.

A Saint-Brévin-les-Pins, l’éperon rocheux du Pointeau, séparant les plages des Pins et de l’Océan, est depuis le 18ème siècle un site stratégique à l’entrée de l’estuaire de la Loire, mis à profit par les allemands pour constituer un des chaînons essentiels du mur de l’Atlantique.

La poche sud de Saint-Nazaire

Saint-Brevin-les-Pins a fait partie de la poche sud de Saint-Nazaire et ses habitants ont dû attendre le 11 mai 1945 pour célébrer la libération de l’occupation allemande.

Alors que Nantes était libérée le 12 août 1944, Paris le 24 août, Marseille le 28 août, et Lyon le 3 septembre, les Brevinois ont passé l’été 1944 prisonniers avec les allemands, avec ces blockhaus armés sur leurs plages, pas question d’aller se baigner, d’aller pêcher, de faire la fête. Et que dire du Noël 1944, alors que toute la France était libérée à l’exception des Ardennes où la contre-offensive allemande faisait rage. Pour finir, la poche de Saint-Nazaire n’a pas été libérée et l’armée allemande n’a rendu les armes qu’à l’issue de l’armistice du 8 mai 1945, soit presque un an après le débarquement allié de 1944.

C’est dire à quels points ces vestiges de l’occupation sont importants pour les Brevinois. Une association l’a bien compris, qui est en train de rénover un des blockhaus de la pointe rocheuse du Pointeau. J’ai découvert le chantier de rénovation par hasard, lors d’une balade à pied :


On dirait un édifice religieux construit par une civilisation disparue, Aztèque, Métèque…

Deutsche Qualität

Sans protection, exposé aux embruns salés, le béton armé des blockhaus a très bien résisté. “Deutsche Qualität”. Le secret de la durabilité du béton repose sur plusieurs critères, notamment :

1) Faible porosité du béton assurée par un dosage étudié des différents matériaux, ciment, sable, graviers, eau, avec des critères précis sur la courbe granulométrique du sable afin que les petits grains soient assez nombreux pour combler les vides entre les gros grains (faible porosité), sans être trop nombreux pour nuire à la résistance, avec une vibration énergique lors du coulage et avec un le minimum d’eau garantissant la résistance après la prise.

2) Enrobage important des aciers pour les préserver de l’acidité des pluies qui entraîne la rouille et le gonflement des armatures puis l’éclatement du béton.

C’est celui-ci qui est en cours de restauration.


Un blockhaus lors de son inauguration par Erwin Rommel.


Le chantier de rénovation.


L’association bunker Archéo.


Un autre édifice du parcours


Plutôt sinistre celui-là.

J’ai pris en photo quelques panneaux apposés sur le site, il doit y en avoir d’autres, je reviendrai.

Casemate, Blockhaus ou Bunker ?

Casemate est le mot français qui désigne un local, souvent partiellement enterré, d’une fortification, d’un fort voire d’une tranchée, à l’épreuve des tirs ennemis, le mot englobe les termes blockhaus et bunker, le blockhaus (mot allemand) est un ouvrage en superstructure construit par l’armée allemande et le bunker (mot allemand d’origine anglaise) un ouvrage souterrain, cf. le bunker d’Hitler.