On ne gagne pas une guerre en baissant les bras

Braderie de Lille

L’annulation de la braderie de Lille, qui devait avoir lieu dans un mois, les 3 et 4 septembre prochain m’a laissé pantois. En supprimant cette fête, en renonçant à nos traditions, à nos coutumes, à nos fêtes, à notre façon de vivre, nous reculons face à l’Etat Islamique, et nous décuplons les effets et les conséquences des attentats précédents.

Pour Martine Aubry, la maire de Lille, qui a pris cette décision, de concert avec Michel Lalande, le préfet du Nord, c’est un acte de courage. C’est bien sûr du courage de se mettre à dos la population et les acteurs économiques et sociaux.

Mais dans le cadre de la guerre que la France a engagée contre l’Etat Islamique, ce n’est pas du courage, c’est de la lâcheté. Le courage, c’était maintenir l’événement coûte que coûte, en prenant toutes les dispositions visant à prévenir un attentat, en mobilisant les forces vives, les commerçants, les exposants, les visiteurs, en faisant venir l’armée si nécessaire, pour crier à l’Etat Islamique : “même pas peur”.

Un revirement de la municipalité, car au lendemain de l’attentat de Nice il n’était pas du tout question d’annulation, cf. Nord Eclair du vendredi 15 juillet 2016 :
“La Braderie se prépare main dans la main avec les services de l’État, explique ce vendredi la ville. S’agissant d’un événement national, le préfet décide de son organisation. Mais aujourd’hui, il n’y a absolument rien laissant entendre qu’on irait vers une annulation.”

Il paraît qu’on ne peut pas sécuriser 2 millions de personnes dans un coeur de ville avec des rues étroites. On devrait quand même pouvoir empêcher un camion fou d’y rouler à toute allure !

L’enjeu est aujourd’hui beaucoup plus important, car ce sont 66 millions de personnes qu’il va falloir sécuriser, car la terreur peut frapper partout, on l’a vu dans la diversité de lieux et de méthodes des récents attentats.

Un des buts visés est de nous empêcher de mener la vie que nous aimons, nous empêcher de faire la fête, d’aimer qui nous voulons, de nous habiller comme nous voulons, de jouer de la musique, de boire de l’alcool, de regarder un feu d’artifice, d’aller à la messe, de ne pas croire en Dieu, etc.

Chaque renoncement est une nouvelle victoire de l’adversaire.

Non seulement nous renonçons sous la pression à nos valeurs, mais en même temps nous acceptons avec complaisance de nous plier aux exigences des autres : abattage rituel, menus casher, hallal, végétariens, végétaliens, port du voile, polygamie, ségrégation homme femme, mutilations sexuelles des bébés, et j’en passe.

Abu-Bakr-al-BaghdadiS’il y en a un à qui l’annulation de la braderie a fait plaisir, c’est bien Abou Bakr al-Baghdadi al-Husseini al-Qurashi, le calife de l’Etat Islamique.  Ce soir, après la prière du vendredi, il a fait un grande fête avec ses potes et il s’est gavé de Baklavas et de thé à la menthe.

Nous sommes en guerre contre un proto-état constitué de quelques villes au beau milieu d’un désert. En comparaison avec son maigre armement, constitué essentiellement d’armes légères, nos moyens sont énormes et nos pilotes ne prennent pas beaucoup de risques en larguant des bombes de leurs avions volant à haute altitude. Tuant ou blessant outre les djihadistes, des milliers de civils innocents, hommes, femmes et enfants. Des gens qui n’auraient jamais pensé à agresser la France et qui savent tout juste où c’est, la France. Des gens dont les vies ont été bouleversées par les guerres déclenchées par les occidentaux en Irak, en Afghanistan, en Lybie et (indirectement) en Syrie.

Le feu et la terreur des bombes rendent la population solidaire des groupes armés qui les protègent. Et mus par la haine de nos valeurs et par leur soif de vengeance, djihadistes et citoyens du Califat appellent par tous les canaux à leur disposition (publications, réseaux sociaux, agents de recrutement) leurs frères musulmans vivant en France à frapper ceux qui sont la cause de leur malheur.

Des frères qui recrutent d’autres frères en soif d’idéal, de plus en plus nombreux, prêts à mourir en martyrs pour leurs frères et pour leur foi. Des frères qui recrutent dans les écoles, dans les mosquées, dans les prisons où chaque séjour les renforce dans leur foi et leur prosélytisme.

Ils sont des centaines, ils seront bientôt des milliers à l’affût d’un coup d’éclat qui fera un grand nombre de victimes (Nice) ou qui frappera au cœur de nos valeurs (tuer un prêtre).

Break the cross : “Brisons les croix”, c’est l’appel lancé dans le magazine Dabiq n°15. La revue est parue juste après le meurtre du prêtre normand. Le titre a-t-il été changé pour coller à l’événement ? J’en doute. La guerre de religion est un élément incontournable du conflit.

Les djihadistes ont toujours un ou deux coups d’avance sur nous, ils frappent là où nous ne les attendons pas, ils ne referont peut-être plus jamais le coup du camion, mais pendant que nous serons occupés à poser des plots en béton au bord de tous les trottoirs, il prépareront d’autres attentats faisant appel à des stratégies que nous n’avons pas encore imaginées.

Difficile de savoir d’où surgira le prochain assaillant, quels seront ses moyens, ses cibles. Le prochain attentat peut arriver n’importe où et n’importe quand. Comme une bombe larguée sur le Califat.

Dans une guerre il y a des morts et des blessés de chaque côté, il fallait y penser avant de déclencher les hostilités. Pendant ce temps, des milliers de migrants continuent de franchir la méditerranée, certains périssent, mais heureusement pour eux la plupart sont secourus par les bons samaritains Européens. Où vont-ils ? C’est curieux, on n’en parle plus.

Allez, place aux JO, une actualité remplace l’autre et le 3 septembre les Lillois essaieront de s’amuser quand même.

Il fait chaud, oh là là, où est le bar

101502605Il fait chaud, il fait soif, mais ne dites surtout pas “Oh là là, où est le bar”, car pas les temps qui courent vous risqueriez de passer quelques jours à la sous-direction anti-terroriste, à Levallois-Perret (Hauts de Seine). La blague n’est pas nouvelle, c’est de l’humour franchouillard, mais j’en profite pour rebondir sur la signification et la grammaire de l’expression “Allahou akbar” :
En arabe, il existe deux types de phrases : la phrase verbale et la phrase nominale. L’expression “Allahou akbar” est une phrase nominale, c’est à dire sans verbe, un sujet, Allah, avec un “ou” à la fin puisque c’est un nominatif, et le superlatif “akbar”, la forme élative de kabir, qui signifie grand, cf. Mers El Kébir, “le grand port”. Allahou akbar se traduirait en français par “Allah est le plus grand” phrase verbale plutôt que par “Allah le plus grand”, phrase nominale. Plus d’explications sur la phrase nominale et la phrase verbale en arabe ici.

Bloctel ne bloque pas tout le monde

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Lassé de recevoir des appels indésirables sur mon téléphone portable, je ne prends plus depuis quelques mois l’appel lorsque le numéro affiché ne correspond pas à un de mes contacts. Je me dis que si c’est important, l’appelant déposera un message sur ma boîte vocale. Ce matin pourtant j’ai pris l’appel, car j’attendais un retour d’un vendeur de saniatires et je pensais que c’était lui. Encore un centre d’appel d’un soi disant institut d’enquête ou de sondage et la personne a commencé à me demander des renseignements personnels. J’ai écourté poliment. Et décidé de m’inscrire sur le site bloctel. Une procédure facile. Il suffit de saisir son adresse postale, son adresse email et les numéros de téléphones à bloquer. Deux mails de bloctel envoyés assez rapidement permettent de confirmer et de valider l’inscription. Curieusement aucune vérification n’est faite sur les numéros de téléphone (sms, appel).

Tout ça n’est pas nouveau et la presse a abondement parlé de bloctel lors du lancement du service.

Cependant j’ai été choqué à la lecture des clauses de blocage des appels, je cite un extrait :

“Tous les appels de prospection téléphonique vers les consommateurs sont concernés, SAUF ceux émanant de professionnels :
– avec lesquels vous avez un contrat en cours,
– auxquels vous avez communiqué de manière non équivoque votre numéro afin d’être rappelé,
en vue de la fourniture de journaux, de périodiques ou de magazines,
instituts de sondage ou associations à but non lucratif dès lors que l’appel n’a pas une finalité de prospection commerciale.”

Encore un privilège pour la presse, on se demande pourquoi. Quant aux instituts de sondage, c’est la porte ouverte à tous les annonceurs qui sous prétexte de vous sonder vont continuer à vous proposer leurs différents produits : assurances, mutuelles, placements, équipement de la maison, etc.

Dommage, bloquer tous les appels indésirables, quels qu’ils soient, c’était une bonne idée.

L’immense plage de La Baule

Des kilomètres de long, une plage bordée par la route et un mur d’immeubles “modernes” entre lesquels se nichent curieusement des maisons individuelles anciennes, souvent avec beaucoup de cachet, propriétés d’irréductibles qui ont réussi à ne pas céder aux offres alléchantes des promoteurs. Dommage de n’avoir pas conservé cette rangée de villas anciennes et édifié ces immeubles en deuxième ligne.

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Lettre d’un prisonnier de guerre

Ce jeudi soir, en retirant des livres d’une étagère, une carte est tombée au sol. Pas vraiment une carte, tout juste le format d’une carte, la lettre d’un prisonnier de guerre, un prêtre selon le texte écrit au crayon papier, adressée à ma grand tante, la soeur de mon grand-père et ma marraine, qui dirigeait à l’époque le sanatorium (centre de soins pour les tuberculeux) de Bellevue à Montpellier. Ma tante Marcelle avait perdu son fiancé à la guerre 14, elle ne s’est jamais mariée et a consacré sa vie à se dévouer pour les autres, elle était infirmière.

Kriegsgefangenenpost

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La lettre est écrite au crayon, j’ai ajusté les niveaux pour améliorer sa lisibilité. Je me souviens de ce sanatorium de Bellevue à Montpellier, je me souviens surtout, dans ma mémoire d’enfant, c’était vers 1957 environ, de ces gros morceaux de métal noir, contondant et lourd sur le bureau de ma Marraine, des éclats de bombes américaines tombées sur le sanatorium au moment de la libération. Quand j’étais enfant, le souvenir de la guerre était omniprésent dans les conversations, j’entendais sans cesse cette expression : “avant-guerre”, une expresssion que je n’ai pas entendue depuis bien longtemps et qui ne dit rien aux jeunes générations. Mais ce petit bout de papier, sorti d’un livre sans doute a réveillé en moi beaucoup de souvenirs enfouis et de nostalgie des êtres chers disparus et d’une période autrement plus douloureuse que la crise économique que nous vivons, une période que j’ai vécue par contumace au travers des récits de mes parents et grand-parents.

 

Schwa ou ə culbuté et accent tonique

this post is about american english pronunciation

Pour ceux qui ont appris l’anglais, le Ə, ça doit vous rappeler la phonétique, avec toutes ses lettres bizzares. Pas sûr que ça ait aidé des générations d’enfants à prononcer correctement la langue de Donald et Mickey. Cependant, le petit e tourné de 180° est un des signes les plus utilisés, car il correspond au son le plus courant de la langue anglaise, on le retrouve typiquement dans les syllabes non accentuées. On l’appelle un “schwa”.

Dans l’exemple ci-dessous, il correspond à la voyelle “o” de la première syllabe, après le p ou le t. Cliquer sur la patate ou sur la tomate pour entendre la prononciation :

potato potato et tomato tomato.

La syllabe qui porte l’accent tonique est la deuxième : po-ta-to, to-ma-to, la première syllabe est faible, le o se prononce à peine, un peu comme un e muet en français, l’accent est donné sur la deuxième syllabe, qui doit être plus longue et plus aigüe que les deux autres. Si vous mettez à tort l’accent tonique sur la première syllabe, po-ta-to, to-ma-to, et qu’en plus vous prononcez le o, comme dans le français tomate, il est fort probable qu’on ne comprendra pas ce que vous dites.

Au niveau des consonnes, remarquez que le premier t de potato se prononce t, alors que le deuxième se prononce d, comme le deuxième t de tomato (american english).

En anglais, il n’y a pas de bijection* entre l’oral et l’écrit, comme c’est le cas en allemand par exemple. Du coup, si l’on ajoute en plus toutes les subtilités des prépositions, l’anglais n’est une langue facile qu’en apparence. Pour ma part je me demande souvent si les lettres a et i doivent être prononcée comme des monophtongues ou des diphtongues, et je me trompe parfois sur la position de l’accent tonique.

A propos de diphtongues, le hiatus n’en est pas une, puisque c’est la juxtaposition de deux voyelles, mais savez-vous prononcer le mot hiatus en anglais ?

* plusieurs mots peuvent s’écrire différemment et se prononcer de la même façon, et la prononciation des voyelles et de certaines consonnes n’est pas déductible pour les non-locuteurs, alors qu’en allemand, on ne demandera jamais à quelqu’un d’épeler un mot prononcé, comme on ne demandera jamais comment prononcer un mot, il n’y a pas d’ambiguité.

PS : je ne suis pas linguiste, aussi si j’ai écrit des sottises, merci de me le signaler, sur ce blog ou par mail.

Changement de nom de domaine

denez

Le blog que vous lisez en ce moment a changé de nom. A sa création je l’avais nommé stquay.com, car il était consacré principalement à la ville de Saint-Quay-Portrieux, puis saintquayportrieux.eu quand les noms en .eu sont devenus disponibles. Ce dernier nom prêtait à confusion, car le site de l’office de tourisme et le site de la ville portaient le même nom, avec les extensions plus connues .com et .fr.
J’aime écrire sur Saint-Quay-Portrieux, bien sûr, mais aussi sur Paris, La Grande-Motte, Saint-Brévin l’Océan, Coral Springs, Ouarzazate, etc. Beaucoup de sujets techniques ou d’actualité n’ont rien à voir avec Saint-Quay-Portrieux.
Aussi j’ai décidé de changer le nom du blog, il s’appellera désormais denez.com. Pourquoi denez.com ? Parce que denis.com était déjà pris et parce que denez est la traduction en breton de denis. La référence à la Bretagne reste donc présente. Le favicon, la petite image qui s’affiche dans l’onglet du navigateur a aussi été modifiée, c’est désormais un “D”.
J’avais acheté le nom de domaine denez.com il y a une quinzaine d’années, je viens de changer de bureau d’enregistrement, il est hébergé maintenant chez le prestataire où étaient mes fichiers et ma base de données. Les noms de domaines saintquayportrieux.eu et stquay.com redirigent désormais vers le domaine denez.com. Rien ne change à part ça, l’historique des articles et des commentaires est conservé puisque le site reste sur le même serveur.
Je n’ai pas renouvelé stquay.fr qui va bientôt redevenir disponible, je n’ai pas l’intention de renouveler saintquayportrieux.eu et plouha.eu, si cela intéresse quelqu’un, un particulier ou une association, je les céderai volontiers, gratuitement.
Je vais probablement renouveler stquay.com, mais je suis prêt à le céder gratuitement à une association quinocéenne qui aurait un projet de site internet.

avis de recherche

Le bulletin n°38 de l’association “Les amis de Saint-Quay-Portrieux et ses environs” est en cours de composition. Nous recherchons la photo de couverture, une photo pleine page, au format A4 vertical “portrait” qui constituera l’arrière plan. Pas facile à trouver, car la plupart des photos sont au format paysage ou panoramique. Un paysage marin, quinocéen, une photo ou une image d’hiver, une photo prise ces jours-ci ou une photo d’archive, un scan de carte postale, une photo de tableau… Il convient que le sujet soit centré verticalement, car du texte le recouvrira, les titres en gros en haut et des lettre plus petites en bas. Une photo qui fasse ressortir l’hiver, pas facile tant il fait doux sur cette côte. J’en appelle à tous les photographes, aux collectionneurs de cartes postales, aux amateurs d’art et aux amoureux du patrimoine. Bien évidemment, la mention de l’auteur figurera sur le bulletin, s’il le souhaite.