Les chaussettes de l’archiduchesse

J’ai pris la ligne 13 ce matin pour me rendre à la gare Montparnasse. Il y avait à côté de moi deux fillettes et un petit garçon accompagnés de leur père. Des Français de type asiatique. L’aînée récitait les chaussettes de l’archiduchesse sont elles sèches ou archisèches, phrase que sa cadette et son petit frère s’efforçaient de reprendre.

On a coupé la tête des archiduchesses il y a bien longtemps, je les vois plutôt porter des bas que des chaussettes, mais si cette virelangue perdure à travers les siècles, c’est parce que c’est un excellent moyen d’apprendre le français, pour les enfants et pour les étrangers.

Qui ne connaît Un chasseur sachant chasser sait chasser sans son chien ou Suis-je chez ce cher Serge ? Ou la publicité Quand est-ce que vous passez chez Sosh ?

Des “smart quotes” à la place des « chevrons »

(Ne soyez pas bête – Vous êtes intelligent !)

Je n’aime pas les « guillemets à la française ou chevrons », je préfère les “smart quotes” ou guillemets courbes anglais. J’avais dans un précédent article, “Des guillemets courbes au lieu de chevrons” indiqué comment modifier les fichiers de traduction française pour y parvenir, mais il y a beaucoup plus simple : il suffit d’installer l’extension smart quotes téléchargeable ici et vous pourrez choisir de transformer automatiquement les guillemets droits de votre clavier en guillemets ouvrant et fermant courbes (smart quotes), sans espace avant et après le texte. D’autres formats de guillemets sont également disponibles. L’application smart quotes n’a pas été mise à jour depuis 5 ans, mais elle fonctionne encore sur la dernière version de WordPress.

WordPress remplace l’apostrophe droite par une apostrophe courbe, de même style que les smart quotes. Les ‘guillemets simples’ (deux apostrophes encadrant un mot) par des ‘guillemets courbes’. Et les guillemets doubles par des « chevrons », fonction désactivée par l’extension smart quotes.

Le politiquement correct à toutes les sauces

Dans l’épreuve de Fort Boyard intitulée l’asile, le candidat, prisonnier d’une camisole de force, doit s’échapper d’une pièce capitonnée. La diffusion de la séquence il y a une dizaine de jours a déclenché l’émoi dans le milieu de la santé mentale. Une pétition en ligne a été lancée par plusieurs associations et collectifs. Elle compterait plus de 1 500 signatures.

Bientôt on ne pourra plus rien faire ni plus rien dire sans s’exposer à un procès des associations ou des représentants des minorités incriminées. Ne dites plus comme François Fillon : je ne suis pas un autiste, car vous vous exposerez à l’anathème des associations de parents d’enfants autistes, ne dites plus : je ne suis pas sourd ou je ne suis pas aveugle si vous ne voulez pas être en butte à la vindicte des associations de non entendants (sourds) et de non voyants (aveugles). J’ai noté également que lorsqu’un prévenu reste muet durant sa garde à vue, on ne dit plus de lui qu’il est resté muet, mais qu’il est resté mutique. C’est certainement pour ne pas froisser les non parlants (muets).

Cependant toutes les minorités ne montent pas au créneau, en lisant ce matin un éditorial consacré à Klaus Barbie, le boucher de Lyon,  je pensais à ces pauvres bouchers, qui sont pour la plupart des gens pacifiques, dont la profession ne consiste pas à tuer des animaux mais à découper de la viande froide en tranches, je pense aux charcutiers alors que le dénominal de leur profession, le verbe charcuter, signifie aujourd’hui découper maladroitement de la viande.

Le politiquement correct contraint à déguiser l’expression orale et écrite, à changer les mots pour ne pas stigmatiser (infirme, sourd, aveugle, tsiganes sont devenus handicapé, mal-entendant, non voyant, gens du voyage), à alourdir les discours, comme dans le fameux bonjour à toutes et à tous d’Emmanuel Macron, comme si le pluriel des genres (bonjour à tous) n’existait pas.

Peut-on encore appeler un chat un chat ?

C’est si difficile que tout le monde finit par se prendre les pieds dans le tapis, même notre président qui a évoqué récemment les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien

A l’heure où les résultats du baccalauréat sont publiés, est-on encore droit de parler de ceux qui ont réussi et ceux qui ont raté ? Il vaut certainement mieux dire ceux qui ont réussi et ceux qui sont en voie de réussite (par analogie aux pays en voie de développement).

Écrire cent fautes ou écrire sans fautes ?

Doit-on écrire “faut-il” ou “faut’il”, y a-t-il ?” ou “y a-t’il”, “le chat mange-t-il la souris” ou “le chat mange-t’il la souris” ?
Il faut mettre des tirets partout et pas d’apostrophe. L’apostrophe est un signe d’élision euphonique destiné à remplacer un hiatus, exemple : lépicier (le épicier), il técoute (il te écoute), il lavale (il le avale).
Le t de mange-t-il ? n’est pas l’élision du pronom te, mais un simple t euphonique pour éviter le hiatus entre le e de mange et le i de il.
Dans Encore faut-il, c’est une inversion (il faut > faut-il ) qui est marquée par le trait d’union et non l’apostrophe.
En revanche l’apostrophe est nécessaire pour remplacer le pronom te élidé, comme dans va-t’en, qui est la forme impérative de tu t’en vas.

Autres erreurs fréquentes :

Oublier les tirets dans c’est-à-dire et mettre trois points de suspension après etc. où un seul suffit. Multiplier les points de suspension (pas plus que trois), les points d’exclamation (un seul suffit) et les points d’interrogation (un seul suffit).

Gare du Musée d’Orsay ou Musée de la Gare d’Orsay

GARE à l’inversion

Il y eut autrefois une gare d’Orsay, reconvertie en un musée inauguré en 1980.
Désormais, il y a une gare (RER) du musée d’Orsay.
Le nid porte le nom du coucou, le parasite s’est approprié l’identité du coquillage.
C’est une amusante inversion de sens, une forme de métonymie, disent les linguistes, un troc des éponymes, le symbole de la Musée-société dans laquelle nous évoluerons.

[Article publié Dimanche 8 janvier 2017 par Serge Federbusch, sur son site DELANOPOLIS, dans la rubrique Clins d’oeil, des images subreptices de Paris, reflets de notre époque…]

La langue française oubliée ou malmenée à New-York

A New-York, les panneaux d’informations sont la plupart du temps rédigés exclusivement en anglais, mais il sont parfois traduits, en espagnol, chinois, japonais, russe, rarement en français.

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SAMSUNG CAMERA PICTURESLa version française, sur ce panneau d’information, apposé sur le port de plaisance de la 79e rue, est particulièrement cocasse. J’ai relevé entre autres :

Si vous avez besoin d’assistance, appuyez la sonnaire… On vous souhaite une visite sécure… Le bassin des bateaux vous offre les glissades de bateaux… équitation de bicyclette… Chiens outre de laisse.

Dans le métro, cette affiche de prévention (excusez la mauvaise qualité de la photo) est rédigée en 6 langues : anglais (original) + 5 traductions, en espagnol, chinois, japonais, russe, et en ?…

MTA
Ou pa nan eta nòmal ou? Rete lwen rebè platò lan. Annou vwayaje ansanm, san danje.

Je me suis demandé de quelle langue il s’agissait, puis en relisant, je me suis rendu compte que j’en comprenais le sens, et j’ai immédiatement pensé qu’il s’agissait de créole, après vérification, j’ai compris que c’était du créole haïtien.

Vous n’êtes pas dans votre état normal ? Tenez-vous à l’écart de la bordure du quai. Voyageons ensemble en toute sécurité (littéralement : A nous de voyager ensemble sans danger.)

We Will Make America Great Again!

 La lettre de Donald Trump à ses abonnés, reçue ce matin. Le texte est court, les phrases aussi, le vocabulaire est facile, une bonne occasion de réviser votre anglais.

Dear Xxxxx,

First, I would like to thank the people of Montana, South Dakota, New Mexico, New Jersey and California.

I am honored by your support.

Together, we accomplished what nobody thought was possible – and we’re only getting started.

Tonight, we close one chapter in history and begin another.

Our campaign received more primary votes than any GOP campaign in history. This is not a testament to me, but a testament to all the people like you who believed real change is possible.

We have received wide spread support, winning 37 states from New Hampshire, to Alabama1, to California2 and everywhere in between.

djt3.PNGYou have given me the honor to lead the Republican Party to victory this fall, and I won’t let you down. I will make you proud of your party, our movement and most importantly, our country.

To everyone who voted for me throughout this campaign: thank you.

My message continues to resonate and I know that my vision for the country is one that will make us stronger and better than ever before. Now more than ever we must be smart, we must be vigilant, and we must be tough. Every day moving forward – we must work to bring about all of the changes necessary to put an end to the destruction caused by the current administration.

I am going to be the best jobs President God ever created! We are going to revitalize our economy, rebuild our infrastructure, repeal and replace ObamaCare, strengthen our military, defeat ISIS, end illegal immigration and put America first!

djt7.PNGThis is a movement – it’s about common sense and doing the right thing. I’m going to take care of people. I’m going to make sure this country comes first. As Americans, we have incredible potential and I am the leader this country needs to Make America Great Again.

Thank you again for your support.

Best Wishes,


Donald J. Trump

Paid for by Donald J. Trump for President, Inc.
info@donaldtrump.com

(1) Prononciation de “Alabama” : (les quatre “a” se prononcent différemment)
(2) Prononciation de “California” : (écouter la prononciation du premier “i”)

La périphrase pour éviter la répétition

En bon français, la répétition s’évite soit par le pronom, soit par la périphrase. Les journalistes, tous médias confondus, excellent dans l’emploi de cette dernière, j’en veux pour preuve un article publié hier par BFM TV dans lequel j’ai fait figurer le sujet et sa répétition en gras, en bleu pour le pronom, en rouge pour la périphrase :

BFM-TV« La guerre Copé-Fillon a laissé des traces. Trois ans et demi après le fiasco de l’élection du président de feu l’UMP, le scandale de la COCOE et la prise de pouvoir musclée de Jean-François Copé, Henri Guaino craint que l’histoire ne se répète. L’ancienne plume de Nicolas Sarkozy, qui n’exclut pas d’être candidat lui-même, s’inquiète du climat qui règne entre les concurrents à la primaire de la droite et du centre.

Henri Guaino, qui n’en est pas à sa première élection, est lucide sur la situation de son parti, Les Républicains. Selon le député des Yvelines, “tout le monde va se foutre sur la gueule” pendant la campagne à l’investiture pour l’élection présidentielle, croit-il savoir dans les colonnes de Marianne.

Un pugilat auquel pourrait bien participer l’éminence grise de Nicolas Sarkozy, même s’il* refuse de se déclarer officiellement tant qu’il* n’aura pas obtenu les parrainages de 20 parlementaires de droite.

(*) grammaticalement “il” se rapporte à une éminence et devrait s’écrire “elle”, cependant le sujet étant Henri Guaino, “il” devient sémantiquement pertinent.

Pour autant, ses soutiens y croient et assurent, toujours dans l’hebdomadaire, qu’il a “60% de chances” d’y arriver.

Les autres candidats à la primaire n’ont pas attendu Henri Guaino pour mettre le feu aux poudres. Après la tentative de Nicolas Sarkozy de modifier en catimini les règles du vote, l’équipe des juppéistes a accusé l’ancien président de jouer la carte du “pourrissement”. Réponse cinglante de l’ancien chef d’Etat: “Juppé, c’est Chirac, il ne fera rien”.

De son côté, Jean-François Copé prévient Sarkozy qu’il ne doit “pas se faire d’illusion sur (sa) détermination”. Même animosité de Bruno Le Maire à l’égard de François Fillon qu’il accuse de faire la “course à l’échalote ‘plus thatchérien que moi tu meurs’”. La boucle est bouclée avec l’ancien Premier ministre qui juge Nicolas Sarkozy “totalement en dehors de la vie”. »

Un locuteur étranger ne comprendra pas immédiatement qu’Henri Guaino, l’ancienne plume de Nicolas Sarkozy et le député des Yvelines ne sont qu’une même et seule personne.

Les politiques, en revanche, à l’instar du premier d’entre eux, répètent inutilement le sujet par le pronom personnel “La France, elle a des atouts…”, “Cette politique, elle coûte à la croissance”, “Les résultats, ils tardent à venir”.

May the 4th be with you

LogoSW4th“May the 4th be with you” ou “May the force be with you”, en français : “le 4 mai avec toi” ou “que la force soit avec toi”. Un jeu de mot inventé par Margaret Thatcher pour célébrer son élection, le 4 mai 1979 et repris à son compte par George Lucas, le créateur de Star Wars en 2005, après qu’ayant prononcé la phrase “may the force be with you” sur une chaîne allemande, l’interprète aurait traduit : “Am 4. Mai sind wir bei Ihnen” (nous serons avec vous le 4 mai). Certains considèrent depuis le 4 mai comme la fête de Star Wars, bien que le Los Angeles City Council ait déclaré, le 25 mai 2007, que le 25 mai serait dorénavant considéré comme la journée Star Wars, en mémoire du lancement du premier film La Guerre des étoiles le 25 mai 1977. Alors, au mois de mai, du début à la fin, on fête Star Wars.

67 voix et accents en anglais

Ce jeune anglais imite à la perfection les différents accents des îles britanniques, des Etats-Unis, du Commonwealth ainsi que différents accents d’étrangers s’exprimant en anglais, fort heureusement la vidéo est sous-titrée :