Les dessous du photomontage d’En Marche

Attention ! Regardez bien les personnages qui apparaissent car la photo est animée :

Je reviens sur le photomontage antisémite révélé par Gérard Filoche et dont j’ignore l’auteur. Il y a plusieurs choses qui ne collent pas dans cette image, certaines sont évidentes :
1) Les personnages sont plus grands que le président, alors qu’ils sont au second plan.
2) Emmanuel Macron est vu légèrement d’en dessous alors que les personnages, pourtant situés plus haut sont vus de la même hauteur.
3) Les bustes des personnages devraient se prolonger sous les bras d’Emmanuel Macron.
Après tout, c’est un photomontage, c’est symbolique, comme le globe terrestre devant Macron.
Mais il y avait quelque chose qui m’intriguait et j’ai recherché la source des photos qui avaient servi à réaliser le photomontage :

1) Emmanuel Macron : la photo a été prise lors de son meeting à Paris, le 10 décembre 2016, le jour où il a perdu sa voix. J’ai trouvé la photo sur le site du JDD, dans un article publié le 16 décembre 2016 à 17h14. Pour la faire coïncider sur le photomontage, j’ai dû la pivoter légèrement et un peu la réduire.
2) Patrick Drahi : la photo a été pris le 8 juin 2016 par Geoffroy Van Der Hasselt de l’AFP, je l’ai trouvée sur le site de Libération dans un article de Jérôme Lefilliâtre publié le 10 novembre 2017 à 13:26.
3) Jacob Rotschild : la photo a été publiée dans un article de Richard Dyson publié sur le site du telegraph le 4 juin 2016 à 7h00.
4) Jacques Attali : la photo a été prise par Eva Sakellarides de PHOTOSENSO, elle a été publiée dans le figaro madame le 12 septembre 2015 par Viviane Chocas.
Quand j’ai trouvé cette photo de Jacques Attali, j’ai pensé que ce n’était pas la bonne prise de vue, le bon profil, puis en l’examinant attentivement, je me suis aperçu qu’elle avait été retournée comme dans un miroir afin que le personnage, situé à droite de l’image, ait l’air de regarder le spectateur, c’est le col de la chemise qui m’a mis sur la voie.

Foutez la paix à Gérard Filoche !

Le tweet de Gérard Filoche

Vendredi soir, Gérard Filoche devait être bien remonté contre le pouvoir, et pour se défouler il a tweeté à 22h18 un photomontage montrant Emmanuel Macron derrière une photo du globe terrestre, les bras tendus en croix, le gauche portant un brassard nazi où la svastika a été remplacée par le signe du dollar. Derrière le Président, trois personnages, de gauche à droite : Patrick Drahi, Jacob Rothschild et Jacques Attali. En toile de fond, les drapeaux américain et israélien, et des billets de banque (dollars) :

A peine trois minutes plus tard, le portable de Gérard Filoche sonne, c’est un ami qui vient de lire le tweet et lui conseille de le retirer, ce que Gérard s’empresse de faire une fois son téléphone raccroché.

Malheureusement il est trop tard, car un ou plusieurs abonnés ou visiteurs de la page twitter de Gérard Filoche ont déjà retweeté le message ou l’ont enregistré sur leur ordinateur ou leur téléphone. Sans eux, le tweet de Gérard Filoche serait passé complètement inaperçu.

J’imagine bien que les coups sont orchestrés par des responsables socialistes qui cherchent à se débarrasser du dernier socialiste de gauche.

Gérard ne méritait pas une telle avalanche de protestations : ce n’est pas lui qui a réalisé le photomontage celui-ci remonte à l’élection présidentielle, l’article  où il figure a été publié le 5 mai 2017  sur le site : “Le Pouvoir Mondial Pour le FREXIT & François ASSELINEAU” sous le titre : “URGENT : VOTER MACRON C’EST ASSASSINER LA FRANCE & NOUS DIRIGER VERS LA GUERRE & LE NOUVEL ORDRE MONDIAL .!” Le site en question est anti-macron, anti-sioniste, pro-asselineau et pro-lepen, je reviendrai dans un prochain article sur certaines de ses publications

L’article est encore sur le site mais on ne le retrouve qu’à partir du moteur de recherche et les images on disparu, j’ignore si c’est volontaire, c’est peut-être involontaire car le dernier article publié date du 15 juin 2017.

Presbyte, pas antisémite

Chacun sait bien que  Gérard Filoche n’est pas antisémite, ses discours et ses écrits l’ont abondamment prouvé. Cependant, comme beaucoup de gens de son âge (j’en fais partie), le Gérard est presbyte, c’est-à-dire qu’il ne voit pas bien de près, et quand il a inséré l’image dans son tweet, il n’a vu que la silhouette d’Emmanuel Macron, le slogan “En Marche VERS LE CHAOS MONDIAL” lui a plu, il s’est demandé ce que Victor Hugo faisait derrière Macron, et il n’a pas reconnu les deux autres personnages qui ne font pas partie de ses fréquentations. Peut-être a-t-il distingué le brassard avec le signe dollar, mais il n’a pas pensé à la ressemblance avec un brassard nazi.

Alors, foutez la paix à Gérard Filoche, attaquez-le sur ses propositions si vous les jugez utopiques, mais n’essayez pas de le faire prendre pour celui qu’il n’est pas.

Liberté Egalité Fraternité aux frontons des Mairies

L’inscription de la devise républicaine “Liberté, Égalité, Fraternité” sur les frontons des mairies n’est régie par aucun texte officiel et elle n’est pas obligatoire. En revanche, la “LOI n° 2013-595 du 8 juillet 2013 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République” stipule que “La devise de la République, le drapeau tricolore et le drapeau européen doivent figurer à la façade de tout établissement scolaire public ou privé sous contrat”.

Nonobstant, l’inscription de la devise républicaine est devenu un enjeu électoral lors des dernières élections municipales. Des observateurs attentifs ont pointé les mairies sur lesquelles elle ne figurait pas. Et les maires nouvellement élus se sont empressés d’apposer la devise sur le fronton ou sur la façade de leurs hôtels de ville.

La devise républicaine ne figurait pas sur la mairie du XIXème arrondissement de Paris bien que le bâtiment ait été construit entre 1876 et 1878, sous la IIIème république donc. Soit l’inscription n’a jamais existé, soit elle a été effacée à l’occasion de la réfection du monument, en effet une rangée de pierres du linteau de la fenêtre du 1er étage a été changée.

L’oubli a été réparé, en même temps que les lettres “MAIRIE DU XIX ARRT” ont été redorées, la devise républicaine a été inscrite en lettres dorées sur le linteau de la fenêtre du 1er étage. Cependant la devise est si haute et en si petites lettres qu’elle est quasiment invisible. Était-ce là le but ?

© La photo de droite a été extraite d’un article du site laconnectrice.wordpress.com.

L’ISF est supprimé, il est remplacé par l’IFI

Il fallait supprimer l’ISF, cet impôt créé par Mitterrand en 1981, inspiré par une volonté de justice, était conçu au départ pour “faire payer les riches” comme disait Georges Marchais. Mais les très riches (les grandes fortunes) sont partis, en Suisse, en Belgique ou ailleurs, ou ont délocalisé leurs avoirs dans des paradis fiscaux, et c’est finalement la classe moyenne supérieure, les CSP+, qui assure l’essentiel des contributions au titre de l’ISF. Nul besoin en effet d’avoir hérité d’une grande fortune pour y être assujetti, il suffit de posséder un appartement familial à Paris, cf. annonce ci-dessous.

Sarkozy en avait rêvé, Macron l’a fait : l’ISF a été supprimé.

Mais en partie seulement, car l’impôt sur la fortune perdurera sur l’immobilier. Ce qui va permettre de continuer à taxer le troupeau de moyens riches, ceux qui ont placé leurs économies en France, ceux qui possèdent un appartement dans un quartier coté, ceux qui ont investi dans l’immobilier locatif. L’impôt sur la fortune immobilière (IFI) est injuste, car l’immobilier est déjà lourdement taxé et grevé : par les droits de mutation, les taxes foncières, la taxe d’habitation, le droit au bail, remplacé aujourd’hui par la CSG et la CRDS, l’impôt sur les revenus fonciers, les contrôles techniques obligatoires en cas de vente ou de location, les charges de copropriété, etc. L’IFI est injuste, mais si le but visé est de forcer les propriétaires fonciers à vendre leurs biens, ça fera baisser les prix de l’immobilier, et ça dissuadera l’investissement locatif, ce qui devrait faire mécaniquement baisser les prix du neuf mais aussi faire monter les loyers.

Pour les grandes fortunes, dont le volet immobilier ne constitue qu’une faible partie du patrimoine, c’est la fête, plus besoin de délocaliser son épargne dans des banques offshore, plus besoin de mettre la carte grise de sa Ferrari sur le nom de la société, etc.

Pour répondre à la grogne légitime venant de la France Insoumise, les députés de la République en Marche ont bricolé à la hâte un impôt supplémentaire sur les ventes de métaux précieux. Savaient-ils seulement que la taxe sur les ventes d’or existait déjà et qu’elle était dissuasive ? Cette taxe, instituée par Valéry Giscard d’Estaing est déjà de 10% + 0,5% de CRDS. La taxe a été portée par LREM à 11% +0,5% de CRDS. Plus 2% de commission du courtier, on arrive à un total de 13,5 %. Cette taxe est injuste, car elle ne concerne plus seulement les grandes fortunes, mais tous les Français, et surtout les plus modestes, acculés à vendre pas des lingots mais des bijoux de famille pour boucler leur fin de mois. Les vrais riches, eux, savent comment acheter ou vendre de l’or sans avoir à payer la taxe.

Dans tous les domaines, le système Macron consiste à privilégier les “premiers de cordée”, ceux qui tirent la France vers le haut, tout en donnant l’aumône aux plus pauvres (suppression de la taxe d’habitation, pas d’augmentation des taxes sur les petites retraites), et à faire payer la classe moyenne, en commençant par les retraités (CSG), puis les familles nombreuses aisées (Allocations Familiales). C’est facile, car les retraités ont peu de propension à manifester, à se révolter, et les familles nombreuses ne vont pas descendre dans la rue pour quelques dizaines d’euros. Parallèlement, la baisse de 5€ des allocations logement suscite un tollé. Ce ciblage sélectif et successif des catégories socio professionnelles les moins aptes à se défendre permettra-t-il de redresser le pays ?

A propos de l’augmentation de la CSG sur les retraites, je me suis rappelé ce texte de Martin Niemöller :

Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.
Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester.

Menaces sur La Grande Motte

J’ai assisté ce soir à l’assemblée générale de l’association la vigie citoyenne grand-mottoise.
Après la présentation par le président, Claude Delhoume des actions de l’année écoulée et des enjeux des projets d’urbanisme de la municipalité, j’ai pris conscience du risque de voir notre station bétonnée à outrance, de voir nos espaces verts, notre domaine maritime et les rares espaces non bâtis livrés à la cupidité des promoteurs.
La municipalité a la volonté de développer la station, d’agrandir le port, de faire venir des entreprises et des commerces, de construire des logements. La fonction de Maire est ainsi faite que certains considèrent plus leur ville comme une entité qu’il faut développer et faire prospérer que comme un héritage qu’il faut préserver.
La Grande Motte n’est pas une ville comme une autre, c’est une des rares réussites architecturales des trente glorieuses. Vingt ans entre les premières pyramides, livrées en 1968 et les dernières constructions marquantes, la mairie, la thalasso et le collège. Jean Balladur, l’architecte de ce projet, aura vécu assez longtemps pour en voir la fin.
Ce projet architectural est cohérent, harmonieux et équilibré, hôtels, studios cabines, appartements, villas, campings, port, plages, étang, espaces verts, golf, il y a des hébergements et des activités pour toutes les bourses et pour tous les goûts. Ce projet est aujourd’hui achevé, évitons de le saboter en densifiant les constructions, en rognant sur les plages, sur les espaces verts, sur les parkings, ne laissons pas de nouveaux immeubles cacher la vue des anciens. L’appétit des promoteurs est sans limites, répondre favorablement à leurs demandes, c’est ouvrir la boîte de Pandore.
A la fin de la réunion, quelqu’un a posé la question : quel intérêt présentent les projets de la Mairie pour les citoyens de La Grande Motte ? Je vous laisse deviner la réponse de l’assemblée.
Heureusement que des associations, comme la vigie citoyenne grand-mottoise sont là pour modérer les ambitions du maire et des promoteurs.

Mon voisin Népalais a marié son fils

Samedi dernier mon voisin Népalais mariait son fils, j’ai admiré les tenues traditionnelles multicolores des jeunes femmes qui partaient pour la fête. Mon voisin était habillé à l’occidentale d’un costume gris très élégant.

Cet homme était guide de haute montagne, au cours d’une expédition il a eu les pieds gelés, ce qui a mis fin à sa carrière. Qu’à cela ne tienne, son client, un Français de bon cœur, l’a fait venir en France et l’a aidé à s’insérer. Il travaille dans le bâtiment. En 2000 il a obtenu la nationalité française.  Son fils est médecin et la mariée aussi.

Une ombre dans ce mariage : 4 couples n’ont pas pu venir car leurs demandes de visa ont été refusées par les autorités consulaires françaises, 3 couples vivant au Népal et un en Israël. Ils avaient tous acheté leurs billets d’avion aller-retour, avaient déposé leur demandes de visa accompagnées de tous les justificatifs, certificat d’hébergement compris. En revanche les invités venant des Etats-Unis n’ont eu aucune difficulté.

Les autorités françaises ont-elles craint une immigration massive en provenance du Népal ?

Mon voisin m’a dit tous les tracas qu’il avait chaque fois qu’il revenait en France de l’étranger, le policier des frontières triturant son passeport (français) dans tous les sens au point que la dernière fois il a dû lui dire : “arrêtez, vous allez le déchirer”. Sa famille et ses amis au Népal ont les plus grandes difficultés à venir lui rendre visite, il manque toujours un papier au dossier, une attestation, un justificatif de ressources, un papier qui n’a pas été demandé au départ.

Autre chose qui m’a énervé aujourd’hui, je viens d’apprendre qu’une femme, Béatrice Huret, qui a aidé un Iranien, Mokhtar, à sortir de la jungle de Calais, qui l’a hébergé, l’a aimé et l’a aidé à rejoindre l’Angleterre, risque maintenant dix années de prison. Un agriculteur du pays niçois, Cédric Herrou, qui allait chercher des migrants en Italie, a comparu devant le tribunal correctionnel de Nice, il encourrait jusqu’à cinq années de prison, il a été acquitté.

Autrement dit, la peine encourue est de 5 ans de prison pour aider un migrant à entrer dans notre pays, et de 10 ans pour en aider un à sortir. Heureusement que ces peines ne sont pas appliquées !

Et si on laissait les gens entrer et sortir de notre pays quand ils veulent, avec ou sans papiers (ça s’appelle la liberté) ? Et si on dénonçait les accords du Touquet ? Et si on réservait les prisons aux criminels ou aux personnes dangereuses pour leurs semblables ou l’ordre public ?

Adam Lofti Djaziri fiché S et détenteur d’armes

Les faits :

Selon les médias, Adam Lofti Djaziri aurait “assailli” un fourgon de police en patrouille sur les Champs Élysées en fonçant dedans avec sa voiture qui a pris feu après l’impact, et aurait péri suite à l’accident.

Une bonbonne de gaz, une kalachnikov, deux armes de poing et des munitions ont été trouvés dans son véhicule. Il y avait de quoi “éventuellement faire sauter cette voiture”, a rapporté le ministre.

La thèse de l’attentat est peu crédible

Tout dans cette affaire me parait peu crédible : L’homme possédait des armes de poing (pistolets ou revolvers), des armes longues (carabines, fusils…) et les munitions qui vont avec, avec l’autorisation de sa préfecture de résidence. Il fréquentait un club de tir sportif et son carnet de tir était à jour.

S’il avait voulu commettre un attentat, il lui suffisait de dissimuler deux pistolets chargés sous une veste, à la ceinture ou dans les poches, deux Glock 17 par exemple, 34 coups sans recharger, ça aurait fait un carnage. Pas besoin de Kalashnikov lourde, encombrante, peu pratique pour du tir rapproché dans la foule, et dont le chargeur ne contient que 30 cartouches.

S’il avait projeté de faire exploser sa voiture, il l’aurait bourrée de bouteilles de gaz et il aurait installé un dispositif de mise à feu, il lui suffisait de déclencher le système lors de l’arrêt à un feu rouge, de sortir de la voiture et de s’éloigner rapidement.

Et si c’était un accident ?

Et si Adam Lofti Djaziri qui circulait en voiture sur les Champs Élysées, peut-être à vive allure, avait été distrait par son téléphone portable ou ébloui par le soleil et fait un écart de conduite qui aurait causé l’accident ?

Redoutait-il un contrôle de police, ce qui l’aurait rendu nerveux ? Il était autorisé à transporter des armes, à condition que ce soit pour un trajet domicile club de tir* et à condition que les armes ne soient pas chargées, soient verrouillées par un système à clé ou à combinaison (verrou de pontet) les rendant inaptes au tir et soient stockées dans une mallette indépendamment des munitions. Il n’est pas interdit de transporter des bouteilles de gaz dans sa voiture, les particuliers ne sont pas soumis à la réglementation ADR**.

(*) Où est son club de tir ? Il serait logique qu’il soit dans l’Essonne, son département de résidence. Son club de tir est-il ouvert le lundi ?

(**) L’ADR (Accord for Dangerous goods by Road) ne s’applique pas pour les particuliers lorsqu’ils transportent des bouteilles de GPL (butane / propane). Ces bouteilles, ainsi transportées, doivent être destinées à leur usage personnel ou domestique ou à des activités de loisirs ou de sports (1.1.3.1 a) de l’ADR).

Cependant un certain nombre de précautions, relevant du bon sens et de sécurité, doivent être prises pour transporter des bouteilles de GPL :

  • S’assurer que le robinet est bien fermé étanche (absence d’odeur).
  • Ne pas transporter de bouteille de GPL sans chapeau. Il protégera le robinet en cas de choc.
  • Caler efficacement la bouteille de GPL dans le véhicule, même pour un petit trajet.
  • Ne jamais fumer lors de toutes manutentions de bouteilles de GPL…

Partie de cartes à la Garenne Colombes

Hier c’était le dernier dimanche de printemps et le jour le plus long de l’année avec aujourd’hui, le premier jour de l’été. J’ai passé la journée dehors, ou plus exactement sur une terrasse abritée de la forte chaleur, avec mes amis. Apéritif (connaissez-vous l’anisette Gras ?). Déjeuner avec salade de tomates et entrecôte à la plancha (barbecue Weber), puis partie de belote toute l’après-midi, avec quelques discussions sur les règles, celles de la belote “contrée” n’étant pas uniformisées. Est-on obligé de fournir de l’atout si l’adversaire a coupé et si on ne peut pas monter ? Peut-on surenchérir si on n’a pas enchéri au premier tour ? Peut-on changer de couleur après un contre ? Combien marque l’équipe gagnante qui a contré lorsque le demandeur a chuté ? La belote a-t-elle une quelconque utilité pour l’équipe qui n’a pas demandé le contrat ? En tant que Marseillais, je défendais ma “belote contrée”, mai j’étais seul contre trois, aussi à la troisième manche, nous sommes revenus à la belote classique, avec distribution de 5 cartes d’abord et de 3 cartes après qu’un de joueurs a pris. Ça n’a pas empêché notre équipe de gagner… A l’occasion, je publierai les règles de ma belote marseillaise.

Pendant que nous jouions, l’heure tournait, et la fin du scrutin approchait. Nous étions quatre, deux avaient voté, Adèle et Maud, deux pas encore Ashton et moi. Ashton habite dans une petite commune du Val d’Oise,  à presque une heure de la Garenne Colombes, l’heure avançait, nous étions bien, il était certain que nos candidats respectifs l’emporteraient avec une confortable avance, aussi nous avons décidé de ne pas aller voter.

L’abstention constituera un acte citoyen, un signe donné par la population et ce tant que le vote blanc ne sera pas reconnu à sa pleine valeur, d’une part par la mise à disposition de bulletins vierges et d’autre part par la validation de la victoire d’un candidat uniquement s’il obtient plus de 50% des suffrages exprimés.

Mon abstention était mon acte citoyen de ce dimanche et je le revendique, en même temps, à travers cette abstention (outre ma passion immodérée pour la belote), j’ai exprimé mon désaccord sur le calendrier électoral, ces élections au début de l’été, c’est trop tard, surtout quand ça tombe un weekend de Pentecôte, la succession des présidentielles et des législatives, ça n’est pas une bonne idée, ne parlons pas des primaires.

Après la belote et le dîner (rebelote du déjeuner), ce n’est que vers 21h45 que nous avons allumé le poste, les résultats étaient attendus et la fin de la soirée électorale fut peu palpitante.

Cependant je fus ravi d’apprendre l’élection de Jean-Luc Mélenchon, je pense qu’il apportera beaucoup de bien à ma ville natale de Marseille (j’espère qu’il va s’y implanter), de Manuel Valls pour qui j’avais voté à la primaire socialiste (un homme qui mérite un avenir politique), d’Emmanuelle Ménard à Béziers, une ville où j’ai habité pendant dix ans et qui est en train de se redresser grâce à un maire exceptionnel (eu égard à tous ceux qui l’ont précédé et je parle en connaissance de cause), de Gilbert Collard, qui nous manquerait s’il n’était plus député, de Nicolas Dupont Aignan, un homme courageux et sincère. Ravi de l’élimination des frères anti-européens Philipot, des écologistes politiques comme Cécile Duflot (elle n’est même plus sur la page wikipédia des écologistes français) et Emmanuelle Cosse. Déçu de l’élimination au premier tour de Benoît Hamon, un homme courageux, honnête et sincère, qui avait des idées qui méritaient vraiment d’être déployées (le revenu universel, les perturbateurs endocriniens…).

Avec des élus de valeur, une équipe soudée, je souhaite de tout mon cœur que notre président Emmanuel Macron redresse la France et la porte au firmament des nations, ça sera facilité par le président américain aux cheveux orange en voie d’impeachment, par la première ministre britannique brexitée (et bientôt exitée), par une chancelière allemande cajolée, par un président russe respecté et honoré…

Vas-y Emmanuel, et attends le moment opportun pour éjecter Ferrand et Bayrou.

PS (lundi 20h00) : pour Ferrand, c’est fait, et en douceur chapeau ! Bayrou n’a qu’à se tenir tranquille.

Adrien Taquet n’aura pas besoin de parachute

Aux élections législatives, un candidat peut se présenter dans la circonscription de son choix, même s’il n’y habite pas et même s’il n’y a aucune attache fiscale.

Tous les électeurs en pleine possession de leurs droits civiques ayant 18 ans révolus peuvent être candidats. Aucune obligation de domicile n’est requise, car les députés ne sont pas des élus locaux, mais des élus nationaux.

On a souvent tendance à confondre les mandats locaux (maire, conseiller municipal, départemental, régional) et les mandats nationaux. Le député est élu pour voter des lois et pas pour résoudre les problèmes du quotidien (emploi, logement, conflits…)  de ses électeurs. Il ne dispose d’aucun pouvoir à cet effet. C’est du ressort des élus locaux, du médiateur de la ville, des assistants sociaux, etc.  Le rôle du député et de contribuer à l’élaboration des lois en assistant aux réunions de l’Assemblée Nationale, en participant aux commissions, aux groupes d’études, etc. Son rôle n’est pas de siéger dans sa permanence pour écouter les doléances de ses électeurs, mais de siéger à la chambre des députés à Paris. Il est évidemment important qu’il rencontre régulièrement ses électeurs et les élus locaux, qu’il soit à leur écoute sur certains sujets spécifiques à la circonscription et susceptibles d’être réglés par une loi ou un amendement, qu’il leur rende compte de son travail parlementaire…

Mais un député n’a pas besoin d’être né dans sa circonscription, d’y habiter, d’y travailler, de la connaître à fond pour s’y présenter, pour y être élu et pour être un bon député. C’est ce que n’ont pas compris les élus locaux confrontés à un adversaire parachuté, je pense à Patrick Mennucci à Marseille qui a axé toute sa campagne sur le fait que Jean-Luc Mélenchon était parachuté, qu’il n’avait pas l’accent Marseillais, qu’il pensait qu’à Marseille on mangeait de la bouillabaisse à tous les repas, etc. Mennucci s’est trompé, il a été balayé au premier tour. Marie-Do Aeschlimann, à Asnières sur Seine, a commis la même erreur, son dernier tract, celui que j’ai trouvé coincé dans l’embrasure de ma porte est essentiellement axé sur son ancrage local et sur le parachutage d’Adrien Taquet. Elle écrit : “Le Député doit vivre là où il est élu” et “En Marche a parachuté un candidat qui habite et vote à Paris.”. Pour ceux qui ne connaissent pas, Asnières n’est pas bien loin de Paris, du 37 Quai du Dr Dervauxà Asnières au 32 Avenue de la Porte d’Asnières, à Paris, il n’y a que 1,7 km, et seulement une station de métro entre Asnières Gabriel Péri et Paris Porte de Clichy. Trois stations de train (Asnières, Bécon les Bruyères et Bois Colombes), trois stations de métro (Gabriel Péri, les Agnettes et les Courtilles), trois ponts sur la Seine (pont d’Asnières, pont de Clichy et pont de Gennevilliers), Adrien Taquet n’aura pas besoin de son parachute pour venir dans sa nouvelle circonscription !