Arame M’Baye et Philippe Ruel-Radigue

Arame M’Baye et Philippe Ruel-Radigue sont arrivés bons derniers, ex æquo, à l’élection législative de la deuxième circonscription des hauts de Seine, avec un score de 24 voix chacun, soit 0,03 % des électeurs inscrits.

Quelle est la raison d’un score aussi bas ? Enquête…

Il y avait 15 candidats au premier tour de l’élection législative à Asnières. En examinant les professions de foi et les bulletins de vote qui m’ont été adressées par la Poste, je m’aperçois qu’il n’y avait que 13 professions de foi et 11 bulletins de vote pour 15 candidats. Pas de profession de foi ni de bulletin de vote au nom d’Arame M’Baye, pas de bulletin à son nom non plus. Bulletin bien présent au bureau de vote, avant de voter j’ai pris un bulletin de chaque candidat, je les ai rapportés chez moi, et je viens de vérifier qu’il m’en restait 14 (15 moins celui que j’ai glissé dans l’urne).

J’ai trouvé la profession de foi  d’Arame M’Baye sur le site du ministère de l’intérieur. Et j’ai vu qu’Arame M’Baye faisait partie du mouvement de Rama Yade, La France qui Ose. J’aurais pu voter pour elle car je trouve le programme de Rama Yade intéressant à plus d’un titre et je regrette qu’elle ait été écartée de la vie politique par son parti.

Sans profession de foi et sans bulletin de vote remis aux électeurs, Arame M’Baye avait moins de chances d’être élue qu’un sac de pommes de terres étiqueté En Marche.

Ex æquo avec Arame M’Baye, Philippe Ruel-Radigue, du mouvement des progressistes de Robert Hue. Philippe Ruel-Radigue se dit handicapé, son suppléant l’est peut-être aussi, ce n’est pas inscrit sur la profession de foi, leurs photos ont dû dissuader les électeurs potentiels.

Au final, c’est Adrien Taquet, l’inventeur du slogan En Marche, qui est arrivé en tête, avec 47,01 % de sufrages exprimés, devant Marie-Do Aesclimann, 23,59 %. Le deuxième tour sera une formalité.

This is for Allah !

La belle et la bête.

Un français tué, deux disparus, huit blessés, et je viens d’entendre sur tf1 qu’un d’entre eux aurait été blessé par balle. S’agit-il d’une des 50 balles tirées par les policiers ? Cinquante balles pour neutraliser trois assaillants, c’est beaucoup d’autant plus que comme ils n’étaient armés que de couteaux, il était facile de s’en approcher suffisamment (3 à 5 mètres) pour les atteindre à coup sûr. Les britanniques ne tarissent pas d’éloges sur leurs forces de l’ordre, mais on aimerait bien savoir combien de personnes, en dehors du français, ont été blessées par les balles des policiers.

Cinq personnes sont portées disparues : James McMullan, 32 ans, britannique, Sara Zelenak, 21 ans, australienne, Ignacio Echeverría, 39 ans, espagnol, Xavier Thomas, français, et Sébastien Bélanger, 36 ans. On aurait retrouvé les papiers du premier sur le corps d’une des victimes qui n’a pas encore été identifiée, une preuve de l’importance des blessures. Les français disparus font-ils partie des victimes non encore identifiées, auraient-ils sauté ou seraient-ils tombés dans la Tamise ?

Kuram Butt, soldat d’Allah et chef du trio d’assaillants (en photo), aurait crié This is for Allah (C’est pour Allah). Je doute cependant qu’Allah apprécie beaucoup ce geste, car l’Islam n’est-il pas une religion d’amour et de paix ? Les raisons de cette acte sont bien expliquées dans l’article why we hate you and why we fight you, un extrait du magazine n°15 de Dabiq que j’avais publié le 3 août 2016. La jeune femme sur la photo est l’australienne Sara Zelenak, portée disparue.

Le discours de Donald Trump sur l’accord de Paris

J’ai écouté et lu la déclaration de Donald Trump dans laquelle il annonce le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat. Vous la trouverez ci-dessous, sommairement traduite en français. Ce que j’ai retenu des argument de Trump : L’accord coûte trop cher aux Etats-Unis, c’est une redistribution forcée vers les pays émergents où les industriels américains délocalisent leur production. La Chine et l’Inde ont le droit de construire des centrales à charbon, alors que les Etats-Unis se verraient interdire l’exploitation de nouvelles ressources fossiles et la construction de nouvelles centrales à charbon. L’accord porterait préjudice au redémarrage de l’économie américaine. Le président américain ne ferme pas complètement la porte, il envisage de revenir dans l’accord de Paris ou dans un nouvel accord, avec de meilleures conditions pour les Etats-Unis. Les autres signataires de l’accord accepteront-ils un compromis ?

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Législatives 2ème circonscription des Hauts de Seine

Le député sortant de la deuxième circonscription des Hauts de Seine qui englobe Asnières sur Seine (Nord et Sud) et Colombes Sud est Sébastien Piétrasanta (PS), maire d’Asnières de 2008 à 2014, qui avait ravi la Mairie et la circonscription  à Manuel Aeschlimann (LR et grand ami de Nicolas Sarkozy et de Patrick Balkany).

Battu (de peu) par Manuel Aeschlimann aux élections municipales de 2014, et battu largement lors de l’élection municipale partielle de juin 2015 (celle de 2014 ayant été annulée), Sébastien Piétrasanta a annoncé en novembre 2016 son retrait de la vie politique, effectif à la fin de son mandat de député en juin 2017, pour “avoir une seconde vie”.

Manuel Aeschlimann ne se présentera pas, en raison de la loi de non cumul des mandats, il préfère garder sa mairie d’Asnières, aussi ce sera son épouse, Marie-Do Aeschlimann, également son adjointe à la mairie d’Asnières, qui se présentera aux élections législatives, avec l’investiture des Républicains et l’UDI.

Une tâche pas facile.

Car au premier tour des présidentielles, Emmanuel Macron a fait 34%, François Fillon 27%, Jean-Luc Mélenchon 20%, Benoît Hamon 8% et Marine Le Pen 7%.

Et elle affrontera un adversaire de poids, Adrien Taquet, fondateur et directeur général de Jésus (excusez du peu), inventeur du slogan En Marche, et grand ami de Gaspard Gantzer. Adrien Taquet a été investi par la République En Marche dans la 2ème circonscription des Hauts de Seine.

2ème  circonscription : (Asnières, Colombes-Sud) :

1 – Mme Liliane PradierFN
2 – M. Nino Schillaci FI
3 – Mme Chantal Barthélémy-Ruiz SOC
4 – M. Adrien Taquet REM
5 – M. Laurent Guillard ECO
6 – Mme Marie-Do Aeschlimann LR
7 – M. Hadrien Laurent RDG
8 – Mme Arame M’Baye DVD
9 – Mme Ilhame Bekkouche DIV
10 – M. Fabrice Garoyan DLF
11 – M. Pierre Hébert DVD
12 – M. Amand Derrien DIV
13 – M. Philippe Ruel-Radigue DVG
14 – M. Julien Richard ECO
15 – Mme Fabienne Paris EXG

Au vu du résultat du premier tour des présidentielles, j’imagine que le deuxième tour verra s’affronter Marie-Dominique Aeschlimann et Adrien Taquet.

Au niveau national, En Marche devrait faire un carton aux législatives, même si Richard Ferrand lui fera perdre quelques points. A propos de Ferrand, j’estime que le président de la république et le premier ministre ont géré l’affaire au mieux du possible. Emmanuel Macron aurait affirmé “il est clair mon Ferrand” (Clermont-Ferrand), et Edouard Philippe “il faut sauver le Maréchal Ferrand”. J’imagine cependant que tous deux croisent les doigts pour que ce profiteur soit éliminé aux législatives, ce qui leur simplifierait la tâche. Reste 9 jours à tenir.

d’Ilan à Sarah Halimi, la France indigne

En prenant connaissance des circonstances de l’atroce assassinat de Sarah Halimi, et en particulier de l’attitude des policiers qui prévenus très tôt ont laissé faire, je n’ai pu m’empêcher de penser au sketch des inconnus : Le commissariat de police”, un sketch qui prend aujourd’hui une résonance terrible.

La tribune initialement publiée par Atlantico, le 25 mai 2017 :

Lettre ouverte à Gérard Collomb :
d’Ilan à Sarah Halimi, la France indigne.
Par Alexandra Laignel-Lavastine

“Dix ans plus tard, nous en sommes donc au même point. D’un Halimi à l’autre, d’Ilan à Sarah, nous sommes même devant un cas d’école auquel ceux qui scrutent l’inconscient collectif et ses pathologies seraient bien inspirés de s’intéresser.”

Monsieur le ministre,

Une femme juive, médecin, surprise dans son sommeil, est atrocement torturée pendant plus d’une heure. Elle a 65 ans et elle vit dans un modeste immeuble du XIème arrondissement de Paris, rue Vaucouleurs. Le meurtrier, qui s’introduit chez elle par le balcon, s’acharne avec une violence inouïe sur sa victime, provoquant une vingtaine de fractures au corps et au visage, avant de la défenestrer, agonisante, du troisième étage. Pendant ce temps, la police (aussitôt prévenue) est sur le palier. Les trois hommes armés n’interviennent pas.

Les voisins (plusieurs dizaines de personnes) entendent ses hurlements. Ils ne bronchent pas. Les médias nationaux sont alertés. Ils n’enquêtent pas et passent le meurtre sous silence. Elle s’appelait Sarah… Sarah Halimi.

Cette scène épouvantable ne s’est pas déroulée en 1942, avant ou après la Rafle du Veld’hiv, mais… dans la nuit du 3 au 4 avril 2017 aux cris de “Allah Akbar”, dans un minuscule HLM situé à quelques encablures du Bataclan. Une marche blanche à sa mémoire sera organisée le dimanche d’après à Belleville. Elle s’est heurtée à des “Mort aux Juifs !” de la part de jeunes des cités avoisinantes, certain ajoutant : “On a nos kalach !”. Dans la foulée, le procureur de Paris, François Molins, s’est empressé d’expliquer qu’il fallait attendre le résultat de l’enquête avant de se prononcer sur la nature du crime. Sait-on jamais : une femme juive âgée sauvagement massacrée par un vigoureux islamiste de 27 ans au lourd passé de délinquant (condamnations multiples pour trafic de drogue et violences) pourrait bien relever d’une simple querelle de voisinage… D’autant que le criminel, Kada Taoré, d’origine malienne, la traitait régulièrement de “sale juive”, si bien qu’elle avait confié à son entourage la crainte qu’il lui inspirait. “Nous sommes en guerre”, annonçait Manuel Valls le 13 janvier 2015, “pour que les musulmans n’aient plus honte et pour que les Juifs n’aient plus peur”. Remarquable bilan. Vous venez donc, Monsieur le ministre, de prendre vos fonctions dans un pays où il est redevenu possible d’assassiner des Juifs sans que nos compatriotes ne s’en émeuvent outre mesure. À cet égard, vos prédécesseurs, de droite comme de gauche, ont eux aussi préféré ne pas regarder plus loin que le bout du balai avec lequel ils enfouissaient la poussière sous le tapis. Aucun n’a été la hauteur. Le serez-vous ? Ce dimanche 21 mai, sur la chaîne de télévision i24News, le frère de Sarah Halimi déclarait avec une extraordinaire dignité : “J’ai attendu sept semaines avant de m’exprimer. Le silence de mort qui continue d’entourer l’assassinat de ma sœur est insupportable”. Un fait divers ? Même pas. Dans l’atmosphère déliquescente qui règne au pays de Dieudonné, pour qui “les Juifs sont des chiens” (on se tord de rire), il faut croire qu’un chien écrasé mérite effectivement plus d’attention qu’une Juive assassinée.

En votre âme et conscience, je sais, Monsieur le ministre, que vous partagez ce diagnostic. Je me souviens vous avoir accompagné en Roumanie au début des années 90, peu après la chute du communisme, pour y promouvoir la démocratie, en général assez peu compatible avec l’antisémitisme. À l’époque, nous nous inquiétions ensemble de voir certaines élites d’Europe de l’Est renouer avec leur vieille passion antijuive. Mais voilà que la judéophobie qui fait désormais couler le sang en Europe ne vient plus de l’extrême droite : elle est de facture musulmane.
Beaucoup plus embarrassant… Malgré cette mutation, je me prends à espérer que votre fermeté et vos convictions d’alors sauront arracher la France d’aujourd’hui à son somnambulisme. Car comme le remarque l’un des deux avocats de la famille Halimi, Maître William Goldnadel, “le meurtrier aurait été blond aux yeux bleus, toute la France serait descendue dans la rue. Il est islamiste, toute la France rase les murs”.

C’est ainsi que de ce crime antisémite, il ne fut pas question pendant la campagne présidentielle. Quant aux journalistes, qu’on a vu autrement plus zélés dans l’“affaire Théo”, tous se sont mis au garde-à-vous — une première ! — devant les appels à la prudence de Monsieur le procureur. Hormis la presse juive, seul un journal texan en a parlé. Or, le rapport de police vient de tomber et les avocats ont tenu une conférence de presse ce lundi 22 mai pour s’étonner de la “chape de plomb” qui pèse sur cette affaire. De fait, l’enquête confirme ce que nous savions déjà sur le calvaire de la malheureuse. En pire. Son bourreau l’a massacrée en récitant des sourates du Coran et en la traitant de “Satan” en arabe (l’attaque a été enregistrée par un voisin). Après l’avoir achevée à la barbe des trois policiers de la Bac présents dans l’immeuble dès 4 heures, mais qui attendaient… des renforts, le tueur est repassé chez les voisins par le même balcon et s’est remis à prier. Les renforts sont arrivés. L’interpellation a eu lieu à 5 heures 35. L’homme n’a pas résisté. Sarah Halimi, elle, gisait, morte, sur le trottoir.

Ces faits sont gravissimes. Mais on trouve une fois de plus, contre vents et marées, le moyen de se rassurer à bon compte. Tout comme le massacreur de Nice, le djihadiste de Belleville serait “fou”. Ouf, on respire ! À ce titre, et parce qu’il était un peu “exalté”, les policiers ne l’ont pas incarcéré, mais envoyé dans un hôpital psychiatrique où il est toujours soigné aux frais du contribuable. Dans ce domaine, on ne lui connaît toutefois aucun antécédent.
Vous vous souvenez peut-être, Monsieur le ministre, que ce déni a déjà tué sur le sol français. On comment ne tirer aucune leçon des errements policiers durant la séquestration (23 jours) du jeune Ilan Halimi, kidnappé, martyrisé et assassiné parce que Juif par le Gang des barbares en 2006. Le quai des Orfèvres s’était entêté à suivre la piste, absurde mais moins dérangeante, d’un règlement de compte entre bandes. Le patron de la PJ lui-même n’en démordait pas, y compris après la capture de Youssouf Fofana qui s’était tranquillement enfui en Côte-d’Ivoire (où des agents du Mossad l’arrêteront) : Il n’y a pas et il ne saurait y avoir d’antisémitisme en France ! Pas de chance, la justice retiendra l’antisémitisme comme circonstance aggravante.

Dix ans plus tard, nous en sommes donc au même point. D’un Halimi à l’autre, d’Ilan à Sarah, nous sommes même devant un cas d’école auquel ceux qui scrutent l’inconscient collectif et ses pathologies seraient bien inspirés de s’intéresser. Vous aussi, M. le ministre, et de très près. Deux Juifs suppliciés dont la mort aurait pu être évitée avec un brin de jugeote, cela commence à faire beaucoup. Alors oui, c’est insupportable et c’est désormais votre affaire. C’est insupportable pour les Juifs, mais cela devrait l’être plus encore pour les non-Juifs.

Du moins dans une démocratie “normale” et bien portante. Car la recrudescence de l’antisémitisme constitue toujours un baromètre infaillible s’agissant d’évaluer la santé morale d’une société. Or, qu’avons-nous sous les yeux en 2017 ? La haine autorisée et le passage à l’acte décomplexé des uns. La cécité volontaire et l’approbation, silencieuse ou joyeuse, des autres. Et, last but not least, la tragique indifférence du plus grand nombre.

Il est vrai que si le bourreau n’avait pas le bon profil, la victime non plus. À cet égard, auriez-vous remarqué, M. le ministre, l’étrange phénomène que voici ? Aussi longtemps que nos barbares de fabrication locale ne tuaient que des Juifs — Ilan Halimi en 2006, les enfants de Toulouse en 2012, un couple au Musée juif de Bruxelles en mai 2014, des gens faisant leurs courses Porte de Vincennes en janvier 2015, la réplique de Copenhague juste après et déjà oubliée, ce n’était pas bien grave. Ils devaient quand même être un peu “coupables” puisque cela fait deux mille ans qu’on le dit. Dans le lot, il y avait certes quelques soldats “arabes” et autres journalistes “islamophobes” qui l’avaient peut-être un peu cherché. On n’allait pas en faire une histoire. Mais au Bataclan, des “Français innocents”, pour reprendre le lapsus de Raymond Barre après l’attentat antisémite de la rue Copernic en 1980, c’était inacceptable ! Ce refrain, sans que ceux qui l’entonnent pensent nécessairement à mal, nous y avons eu droit sur tous les tons au lendemain du 13 novembre : “Mais pourquoi nous ? Pourquoi la France ? Pourquoi des innocents ?”.

Et pourquoi s’arrêter en si bon chemin au beau milieu du sanglant été 2016 ? Le 31 juillet, une tribune signée par une centaine de personnalités musulmanes procédait ainsi à une soustraction bizarre. Elles réclamaient une réorganisation de l’islam de France “après l’assassinat de caricaturistes, après l’assassinat de jeunes écoutant de la musique, après l’assassinat d’un couple de policiers, après l’assassinat d’enfants, de femmes assistant à la célébration de la fête nationale, aujourd’hui l’assassinat d’un prêtre célébrant la messe”. Cherchez l’erreur… Tous les attentats récents étaient énumérés, sauf ceux ayant visé des Juifs, collectivement massacrés ou individuellement poignardés et blessés. Sans doute par distraction. Des réactions outrées ? Si peu…

Que comptez-vous faire, Monsieur le ministre, pour secouer cette terrifiante apathie ? Il ne suffira pas, cette fois, de briser les avertisseurs d’incendie, forcément “néo-réactionnaires”, pour que le feu s’éteigne de lui-même. Un tour de passe-passe où nos bien-pensants de service s’illustrent depuis 2002. À moins que vous ne choisissiez d’avoir tort avec les djihadistes plutôt que d’avoir raison avec les réalistes ? On ne s’en sortira pas non plus à pratiquer la pensée magique et à communier dans ce catéchisme antédiluvien selon lequel le Mal ne saurait en aucun cas surgir du camp du Bien, celui des anciens “damnés de la terre”».  Votre mandat sonnera-t-il, dans ce domaine, la fin de la récréation ?

Car vous le savez bien : persister à ne pas appeler un chat un chat, à minimiser (“actes isolés” et “loups solitaires”), à euphémiser (“les enfants perdus du djihad”), à excuser, à banaliser et — en désespoir de cause — à psychiatriser, nous mènera droit dans le mur. Il se trouve en effet que nos ennemis de l’intérieur ne sont ni fous ni nihilistes. Ils sont islamistes. Et qu’ils haïssent au moins autant la France laïque que les Juifs dans leur ensemble, logés à la même enseigne. Nous comptons sur vous pour le rappeler haut et fort. Et oser nommer clairement l’ennemi pour cesser d’ajouter à la confusion des esprits et au malheur du monde. Il y faudra un peu de courage car vous ne vous ferez pas que des amis au sein de votre famille politique. Mais cela vaudra toujours mieux que de rester dans l’histoire comme un compagnon de route de ce que Jacques Julliard, l’icône de la Deuxième gauche, appelle “le parti collabo”. Ce parti aux yeux duquel « tout est bon pour suggérer que ces crimes [djihadistes] ne sont pas des crimes, mais des conséquences » (de l’exclusion, du chômage, du racisme). Par où le politiquement correct fait cause commune avec le politiquement abject.
On attend de vous, M. le ministre, que vous incarniez le parti de la France réveillée et non plus celui de l’angélisme face à la haine antijuive qui gangrène le cerveau de nombreux jeunes musulmans français — paumés ou radicalisés. L’historien Georges Bensoussan, l’auteur d’Une France soumise (Fayard, 2017), n’a pas dit autre chose au micro d’Alain Finkielkraut sur France-Culture. Ce pourquoi un extravagant procès lui a été intenté cet hiver pour “incitation à la haine raciale », procès dans le cadre duquel le Parquet a réussi l’exploit de requérir contre lui. Brisons le thermomètre pour croire le malade guéri ! C’est dire si vous n’aurez pas la tâche facile dans un contexte où nous avons franchi, depuis « Charlie », un pas supplémentaire dans l’art de se crever les yeux : au refus de voir ce que l’on voit s’est ajouté le refus de savoir ce que l’on sait. Car vous n’ignorez pas ce que montrent depuis trois ans toutes les enquêtes d’opinion, à savoir que les stéréotypes antijuifs sont les plus répandus en France au sein de trois catégories de la population : les sympathisants du Front national, les militants d’extrême gauche et les musulmans (auto-définis comme tels). Et vous en conviendrez, abdiquer de la plus élémentaire lucidité ne saurait faire, en l’espèce, une politique. Car sans problème, point de solutions.

Une lourde charge, Monsieur le ministre, pèse sur vos épaules. Il y va de votre honneur. Et de celui de la France.

Alexandra Laignel-Lavastine

Elle vient de publier : “Pour quoi serions-nous encore prêts à mourir ? : Pour un réarmement intellectuel et moral face au djihadisme

Docteur en philosophie, historienne des intellectuels européens au XXème siècle face aux totalitarismes, spécialiste de la Shoah, universitaire, essayiste, traductrice, longtemps critique au quotidien Le Monde, Alexandra Laignel-Lavastine a reçu le Prix de l’Essai européen en 2005 pour Esprits d’Europe (Calmann-Lévy 2005), un hommage aux dissidents de l’Est ; et le Prix de la Licra 2015 pour La Pensée égarée. Islamisme, populisme, antisémitisme : essai sur les penchants suicidaires de l’Europe (Grasset). Elle a, entre autres, enseigné à la Sorbonne, à l’EHESS, et à la NYU. Elle collabore aussi à plusieurs médias. Elle est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages, la plupart traduits à l’étranger. Elle vit entre Paris et Jérusalem.

François Fillon, Bruno Le Roux, Richard Ferrand…

Après les emplois fictifs auprès de François Fillon et de Bruno Le Roux, délit d’initié et prévarication chez Richard Ferrand. Emploi de son fils comme attaché parlementaire aussi, mais un vrai emploi, pas un emploi fictif. Pourquoi son fils ? La réponse de son cabinet : “Je vous invite à aller faire un tour en Centre-Bretagne. Ce n’est pas simple de trouver un jeune, volontaire, pour travailler cinq mois, qui sait lire et écrire correctement, aller sur Internet”. Les Bretons apprécieront, depuis les illettrées de Gad, ils ont l’habitude d’être pris pour des ploucs par les élites parisiennes. Après des débuts exemplaires, c’est le premier couac du nouveau gouvernement. Quand Emmanuel Macron a-t-il eu connaissance des faits ? Sans doute après la nomination de Richard Ferrand. On peut se poser des questions sur la qualité de l’enquête de probité qui a précédé la nomination du ministre. Comme pour l’affaire Fillon, ceux qui savaient ont attendu le bon moment avant de révéler le scandale. Le Président sciera-t-il la branche malade avant que l’affaire prenne de l’ampleur ?

Renault piraté par WannaCrypt, la faute à qui ?

… la faute à Microsoft, à internet et peut-être à Google.

Autrefois l’informatique industrielle, celle qui pilote les centres de production, n’était pas connectée à Internet et vivait à l’abri des cyberattaques.

Les premiers virus informatiques ont été créés dans les années 1970, à l’époque ils se propageaient par des disquettes, puis plus tard par les réseaux informatiques internes et enfin par l’internet.

Aujourd’hui tout fonctionne en réseau : les ordinateurs domestiques, les téléphones portables, les tablettes, les données sont sur le cloud (des serveurs de données) et l’informatique industrielle est reliée aussi à cette immense toile, notamment pour les mises à jour des logiciels, les commandes, les approvisionnements, la gestion du personnel, etc.

Et personne n’échappe à cette mise en réseau : Vous achetez un téléphone juste pour téléphoner, vous achetez un ordinateur pour écrire votre courrier, votre biographie ou pour stocker vos photos ? Pour que ça fonctionne il faudra que vous vous connectiez à internet, que vous créiez des comptes utilisateurs, des adresses email et que vous renseigniez vos nom, prénom, date de naissance, adresse, numéro de carte de crédit, etc.

C’est aujourd’hui la même chose dans les entreprises et dans les groupes industriels. Autrefois les automates étaient programmés en interne et étaient indépendants les uns des autres, indépendants des réseaux informatiques de l’entreprise et des réseaux externes, aujourd’hui tout est lié.

Windows est une usine à gaz créée en 1986 pour servir d’interface graphique à MS-DOS et sans cesse améliorée et mise à jour, mais jamais repensée. Windows, c’est un mot anglais qui signifie fenêtres, ça devrait plutôt s’appeler Doors (portes), car les failles de sécurité de ce système, les portes par lesquelles on peut arriver à contrôler à distance une machine ou un système, sont innombrables, au point que Microsoft publie presque chaque jour des mises à jour de sécurité pour cadenasser ces portes par où pénètrent les pirates.

Les solutions pour éradiquer les virus informatiques sont les mêmes que les solutions pour éradiquer les virus aviaires : il faut confiner les systèmes pour éviter la propagation. C’est ce que Renault est en train de faire en stoppant ses sites de production. Au-delà des mesure ponctuelles en réaction à cette attaque mondiale, il faudra envisager de rendre les systèmes industriels imperméables aux réseaux, aux disquettes (en voie de disparition), clés USB, smartphones et internet.

Sinon, demain, ça ne sera plus Renault, mais le réseau bancaire, les centrales nucléaires, la force de frappe qui seront attaqués. Imaginez un programme qui vide tous les comptes bancaires d’un groupe de personnes ou d’entreprises pour les transférer sur des comptes offshore, un programme qui mette les centrales nucléaires à la puissance maximum et empêche les systèmes de régulation d’entrer en oeuvre, les barres de contrôle du réacteur de s’abaisser, qui déclenche l’envoi d’ordres de lancement de têtes nucléaires, etc.

Ça serait autre chose que les attentats low cost des soldats de l’Etat Islamique.

Il appartient aux Etats, à l’Europe et à l’ensemble de la communauté internationale de prendre la mesure de ce danger et de mettre en oeuvre les mesures permettant d’y remédier.

Un seul candidat à l’élection présidentielle avait compris la menace et avait prévu une ligne dans son programme à cet effet :

Créer une 4ème armée pour la cyber-défense, indépendante des sociétés informatiques.

Ce candidat, c’était Jean Lassalle.

Pour en revenir à la cyber attaque mondiale en cours, elle exploite une faille de sécurité que Microsoft avait corrigée au mois de mars, vous ne risquez donc rien si vous avez fait les mises à jour de votre système ou si vous avez activé la mise à jour automatique, mais si vous êtes encore sous Windows XP, vous risquiez l’infection, car Microsoft ne publiait plus de mises à jour pour ce système. Mais devant la menace, il a publié une mise à jour de sécurité exceptionnelle valable pour Windows XP.

 

Pagnol et la bouillabaisse Mélenchon Mennucci

bouillabaisseQuand j’ai entendu cette histoire de bouillabaisse entre Jean-Luc Mélenchon et Patrick Mennucci, je n’ai pu m’empêcher de penser à cette scène de Marcel Pagnol dans la pièce FANNY, Acte I Scéne VI :

Un homme s’approche de l’éventaire de Fanny. Il est vêtu du costume classique de Marius : guêtres de cuir, casque colonial. Il est ventru et porte la barbe à deux pointes. Il parle avec un extraordinaire accent de Marseille.

LE GROS HOMME. – Hé biengue, mademoiselle Fanylle, est-ce que votre mère n’est pas ici ?

FANNY. – Non monsieur, elle vient de partir à la poissonnerie.

LE GROS HOMME. – À la poissonnerille ? Ô bagasse tron de l’air ! Tron de l’air de bagasse ! Vous seriez bien aimable de lui dire qu’elle n’oublille pas ma bouillabaisse de chaque jour, ni mes coquillages, bagasse ! Moi, c’est mon régime : le matin, des coquillages. À midi, la bouillabaisse. Le soir l’aïoli. N’oubliez pas, mademoiselle Fanylle !

FANNY. – Je n’oublierai pas de lui dire, mais à qui faut-il l’envoyer ?

LE GROS HOMME. – A moi-même : M. Mariusse, 6 rue Cannebière, chez M. Olive.

FANNY. – Bon.

Et n’oubliez pas, ô bagasse ! Tron de l’air de mille bagasse ! Ô bagasse !

Il sort. Tous se regardent ahuris.

ESCARTEFIGUE. – Mais c’est qui ce fada ?

CÉSAR. – C’est un Parisien, peuchère. Je crois qu’il veut se présenter aux élections.

ESCARTEFIGUE. – Mais pourquoi il dit ce mot extraordinaire : bagasse ?

FANNY. – Il le répète tout le temps.

PANISSE. – Tu sais ce que ça veut dire, toi ?

FANNY. – Je ne sais pas, moi, je suis jamais allée à Paris. Nous aussi nous avons des mots qu’un Parisien ne comprendrait pas.

CÉSAR. – Bagasse ? Pour moi, c’est le seul mot d’anglais qu’il connaisse, alors, il le dit tout le temps pour étonner le monde.

M. BRUN. – Eh bien, c’est bizarre, mais je le croyais Marseillais.

CÉSAR. – Oh ! dites, vous êtes fada ?

M. BRUN. – Dans le monde entier, mon cher Panisse, tout le monde croit que les Marseillais ont le casque et la barbe à deux pointes, comme Tartarin et qu’ils se nourrissent de bouillabaisse et d’aïoli, en disant “bagasse” toute la journée.

CÉSAR. – Et bien, Monsieur Brun, à Marseille, on ne dit jamais bagasse, on ne porte pas la barbe à deux pointes, on ne mange pas très souvent d’aïoli et on laisse les casques pour les explorateurs – et on fait le tunnel du Rove, et on construit vingt kilomètres de quai, pour nourrir toute l’Europe avec la force de l’Afrique. Et en plus, Monsieur Brun, en plus, on emmerde tout l’univers. L’univers tout entier, Monsieur Brun. De haut en bas, de long en large, à pied, à cheval, en voiture, en bateau et vice versa. Salutations. Vous avez bien le bonjour, Gnafron.


Au demeurant, je ne désapprouve pas la candidature de Jean-Luc Mélenchon : le député a un mandat national, son rôle est de participer à l’élaboration des lois, et son lieu de travail est l’assemblée nationale et non la circonscription où il a été élu. Il ne lui appartient pas de résoudre les problèmes d’emploi ou de logement de ses électeurs. Et d’ailleurs il n’en a pas le pouvoir. C’est de la responsabilité des élus et acteurs locaux : maires, conseillers départementaux, conseillers régionaux, conciliateurs, assistants sociaux, pôle emploi, etc.

La quatrième circonscription des Bouches du Rhône n’est pas la chasse gardée de Patrick Mennucci, et outre Jean-Luc Mélenchon, il devra affronter la candidate d’En Marche, Corinne Versini. Que le meilleur gagne !

Jean-Luc Mélenchon a eu la courtoisie et l’intelligence de rencontrer Jean-Claude Gaudin. Le maire de Marseille lui a certainement donné des conseils avisés.