Exactement !

Un mois et demi depuis le dernier article publié ! J’avais pourtant emporté en vacances mon dernier ordinateur portable, un Lenovo surpuissant, ma nouvelle tablette Samsung et trois smartphones, mais la famille, les amis, la piscine et la plage ont pris le dessus. Pourtant les sujets chauds n’ont pas manqué : la coupe du monde de football, l’affaire Benalla, la piscine de Macron, la canicule.

La coupe du monde de ballon rond

Dès le début de la coupe du monde, j’ai cessé de regarder la télévision et d’écouter la radio, tant le sujet, omniprésent sur toutes les chaînes d’informations ne m’intéressait pas. Je ne suis d’ailleurs pas le seul à ne m’être pas intéressé aux matchs, nous étions en effet 48 millions de Français à ne pas avoir regardé la finale, soit presque les 3/4 de la population. Et pourtant il était plus facile de la regarder ou de l’écouter à la radio au moment où tous les postes de l’espace public et privé la diffusaient.

L’affaire Benalla

Si Chirac avait été président, il aurait dit que l’affaire a fait pschitt ! Alexandre Benalla a été le bouc émissaire d’une guerre de pouvoir entre la gendarmerie et la police d’un côté et les services de l’Elysée de l’autre. On nous a présenté ce garçon comme un barbouze payé 10 000 € par mois, vivant dans un 300 m2 au Quai Branly, possédant une voiture de police suréquipée, qu’il était promis aux plus haut postes de l’état, on parlait de le nommer préfet. Il s’est avéré que son salaire n’était que de 6000 €, que son (futur) appartement de fonction ne mesurait que 80 m2, que la voiture équipée de gyrophares faisait partie du parc automobile de l’Elysée. Mais ces révélations sont venues trop tard, après que l’incendie médiatique a eu lieu. Je souhaite à Alexandre Benalla une reconversion dans la sécurité privée, nul doute qu’il n’aura pas de mal à y parvenir. Cette affaire a eu au moins un effet positif : éclipser l’euphorie suivant la coupe du monde dont on n’a rapidement plus parlé.

La canicule

L’été a été beau : ensoleillé, sec et chaud, comme l’hiver a été froid et pluvieux. Quand j’étais à l’école primaire, on m’avait appris que c’était dû aux saisons. Quand j’étais enfant, à Marseille, dans les années 1950, on ne mesurait pas la pollution, les taux d’Ozone (O3) et d’oxydes d’azote (NO2), les taux de particules, les façades des immeubles étaient noires de la fumée des usines, des cheminées, des poëles à charbon et des voitures. De ma fenêtre en étage élevé, au pied de la colline de Notre Dame de la Garde, je voyais le nuage gris de pollution recouvrir la ville.

Depuis, les immeubles ont été nettoyés, les façades sont redevenues blanches ou couleur pierre, et on a trouvé le coupable à l’origine de la pollution : le coupable, c’est le pauvre, celui qui vit en banlieue avec sa vieille voiture de plus de 10 ans.

Les causes de la pollution urbaine sont multiples : résidentiel et tertiaire, industrie, production d’énergie, traitement des déchets, transport ferroviaire, aéroports, navigation fluviale, chantiers et carrières, etc.

Au total, les émissions de CO2 de la région Ile de France sont de 49 669 000 tonnes par an. 12,2 millions de personnes vivent en Île de France. Un être humain rejette en moyenne 1 kg de CO2 par jour. Je multiplie 365 par 12,2 millions et j’ajoute forfaitairement 20% pour tenir compte des animaux domestiques (chiens, chats, oiseaux, poissons, etc). 365 x 12 200 000 x 1,2 = 5 343 600 000 kg = 5 343 600 tonnes.

Emissions de CO2 par an en Île de France : 49 669 000 tonnes

Emissions liée à la respiration humaine et animale : 5 343 600 tonnes

% des émissions liée à la respiration : 5343600 / 49669000 = 10,8 %

Plus de 10% du CO2 est dû à la respiration des Franciliens et de leurs animaux domestiques !

Sans compter les touristes qui respirent aussi.

Je propose donc que les jours de forte pollution, l’accès à Paris soit interdit non seulement aux véhicules Crit’Air 4 et 5, mais aussi aux banlieusards, aux provinciaux, aux touristes et aux chiens.

Exactement

Vous vous demandiez pourquoi j’avais intitulé cet article “exactement”.

Ça devait être le sujet de mon propos, mais je me suis égaré au fur et à mesure que j’écrivais.

Avez-vous remarqué ces deux expressions qui émaillent tous nos propos depuis quelques mois ? Il s’agit d’exactement et de “du coup”. Exactement a remplacé les oui, c’est vrai, c’est clair ou tout à fait, comme du coup a remplacé donc, de fait et par conséquent.

Un tic chasse l’autre : En parallèle, les mots ou expressions comme “alors” (véritable tic de langage), “c’est clair“, “tout à fait“, “au jour d’aujourd’hui“, “tout ce qui tourne autour” ont tendance à disparaître petit à petit, comme les “entre guillemets” mimés avec deux doigts de chaque main.

En revanche, “on va pas se mentir”, “en mode” (en mode piscine, en mode vacances…), “on va sur” (en cuisine : on va sur des notes poivrées, en voyage : on va sur Paris), “après” (à la place de en revanche ou par contre) ont encore un bel avenir.

Articles en projet

Automobile : bonus-malus, comment j’ai réparé un impact sur mon pare-brise pour moins d’un Euro, comment j’ai rénové mes optiques de phare, comment j’ai masqué des rayures sur ma carrosserie. Armes : nouvelle législation, armes de collection, armes à poudre noire.

Mon tour de France

Après La Grande Motte, Marseille, Saint-Brevin l’Océan, Saint-Quay-Portrieux, je continue mon tour de France par la baie d’Arcachon. N’en profitez pas pour visiter mon appartement, depuis le cambriolage de mes deux voisins d’immeuble, j’ai fait installer une alarme, des pièges non létaux et des caméras connectées. Je vous conseille d’en faire de même, vous partirez en vacances tranquilles.

Bonnes vacances à tous !

Adam Lofti Djaziri fiché S et détenteur d’armes

Les faits :

Selon les médias, Adam Lofti Djaziri aurait “assailli” un fourgon de police en patrouille sur les Champs Élysées en fonçant dedans avec sa voiture qui a pris feu après l’impact, et aurait péri suite à l’accident.

Une bonbonne de gaz, une kalachnikov, deux armes de poing et des munitions ont été trouvés dans son véhicule. Il y avait de quoi “éventuellement faire sauter cette voiture”, a rapporté le ministre.

La thèse de l’attentat est peu crédible

Tout dans cette affaire me parait peu crédible : L’homme possédait des armes de poing (pistolets ou revolvers), des armes longues (carabines, fusils…) et les munitions qui vont avec, avec l’autorisation de sa préfecture de résidence. Il fréquentait un club de tir sportif et son carnet de tir était à jour.

S’il avait voulu commettre un attentat, il lui suffisait de dissimuler deux pistolets chargés sous une veste, à la ceinture ou dans les poches, deux Glock 17 par exemple, 34 coups sans recharger, ça aurait fait un carnage. Pas besoin de Kalashnikov lourde, encombrante, peu pratique pour du tir rapproché dans la foule, et dont le chargeur ne contient que 30 cartouches.

S’il avait projeté de faire exploser sa voiture, il l’aurait bourrée de bouteilles de gaz et il aurait installé un dispositif de mise à feu, il lui suffisait de déclencher le système lors de l’arrêt à un feu rouge, de sortir de la voiture et de s’éloigner rapidement.

Et si c’était un accident ?

Et si Adam Lofti Djaziri qui circulait en voiture sur les Champs Élysées, peut-être à vive allure, avait été distrait par son téléphone portable ou ébloui par le soleil et fait un écart de conduite qui aurait causé l’accident ?

Redoutait-il un contrôle de police, ce qui l’aurait rendu nerveux ? Il était autorisé à transporter des armes, à condition que ce soit pour un trajet domicile club de tir* et à condition que les armes ne soient pas chargées, soient verrouillées par un système à clé ou à combinaison (verrou de pontet) les rendant inaptes au tir et soient stockées dans une mallette indépendamment des munitions. Il n’est pas interdit de transporter des bouteilles de gaz dans sa voiture, les particuliers ne sont pas soumis à la réglementation ADR**.

(*) Où est son club de tir ? Il serait logique qu’il soit dans l’Essonne, son département de résidence. Son club de tir est-il ouvert le lundi ?

(**) L’ADR (Accord for Dangerous goods by Road) ne s’applique pas pour les particuliers lorsqu’ils transportent des bouteilles de GPL (butane / propane). Ces bouteilles, ainsi transportées, doivent être destinées à leur usage personnel ou domestique ou à des activités de loisirs ou de sports (1.1.3.1 a) de l’ADR).

Cependant un certain nombre de précautions, relevant du bon sens et de sécurité, doivent être prises pour transporter des bouteilles de GPL :

  • S’assurer que le robinet est bien fermé étanche (absence d’odeur).
  • Ne pas transporter de bouteille de GPL sans chapeau. Il protégera le robinet en cas de choc.
  • Caler efficacement la bouteille de GPL dans le véhicule, même pour un petit trajet.
  • Ne jamais fumer lors de toutes manutentions de bouteilles de GPL…

Pas de gazon synthétique au stade Eugène Lallinec

Le terrain synthétique au stade Eugène Lallinec, c’était une promesse électorale destinée à se faire élire maire de Saint-Quay-Portrieux. Tout le monde l’avait compris, sauf Noël Guitton, du Goëlo Football club. A l’époque, pour obtenir les voix des footeux, tous les candidats ou presque avaient promis une pelouse au dynamique Nono.

Thierry Simelière avait rassuré ses colistiers, inquiets du coût important d’un gazon synthétique (au moins 600 00 €), il nous avait dit qu’il ne s’était engagé à financer le projet qu’à condition que le club trouve de son côté 300 000 € de subventions, et qu’il y avait peu de chances qu’il y parvienne.

Cependant le club a réussi à obtenir 278 000 € de promesses de subventions, soit presque la moitié du coût du projet, estimé à 600 000 €*. S’ensuit avec la mairie une querelle de TVA, Noël Guitton faisant valoir que la commune peut récupérer la TVA sur la subvention versée. C’est un point à vérifier. Si on raisonne en prix hors taxes, il faut considérer que les les 278 000 € de promesses de subventions sont du TTC. Ramené en hors taxes, ça fait 231 700 € (arrondi). Il manque donc 18 300 € hors taxes ou 22 000 € TTC, on y est presque.

J’avais pris la photo ci-dessous le 4 janvier 2014, on voit bien que le terrain de jeu n’est qu’un marécage. Comme l’a dit Nono à Ouest France, “le stade Lallinec devient un véritable bourbier par temps de pluie, en raison de la présence de deux sources”.

2014-01-04 13.26.59PSR

Il a tout à fait raison, je l’ai constaté à plusieurs reprises en contournant le stade en VTT, les chemins sont quasiment impraticables par temps de pluie. On voit bien sur la carte IGN ci-dessous que les deux terrains sont situés au bas d’une pente relativement forte, presque dans un talweg, d’ailleurs en contrebas, de l’autre côté de la route, derrière Netto, un étang au lieu-dit les Fontaines, en témoigne, le ruisseau qu’il alimente se jette dans la mer à la grève Saint-Marc.

Le problème du stade Lallinec est donc l’absence ou l’inefficacité du système de drainage. Installer un terrain synthétique sans drainer la zone serait courir à la catastrophe, bonjour les dalles de moquette flottant dans le marigot.

Un gazon synthétique, c’est remplacer de l’herbe par des produits dérivés du pétrole, c’est une solution complètement anti-écologique, qui requiert un entretien presque aussi coûteux qu’une pelouse et qui doit se changer au bout de dix ans.

Je préconiserais plutôt de revoir le drainage du terrain, j’ignore si c’est possible, je ne sais pas ce qui a été fait par le passé, je ne sais pas où passent les ruisseaux ou les sources, il faudrait que j’aille faire une reconnaissance sur place, mais en tout cas, le parking de Netto qui est situé bien plus bas n’est pas inondé par temps de pluie.

Gazon synthétique ou pas, il va bien falloir trouver une solution pour rendre ces terrains praticables (à moins de se reconvertir dans le Water Football (cf photo), je pense qu’il serait utile de consulter un hydrogéologue, un géotechnicien ou un expert en sols.

PS (*) Le budget prévisionnel (décembre 2014) était de 859 200 €, c’est sur la base de ce budget que le conseil municipal a voté, le 16 décembre 2014 :

Le Conseil Municipal, après en avoir délibéré, Décide par vingt et une (21) voix pour, zéro (0) contre et deux (2) abstentions (MM. Denis ROQUES et M. Georges BREZELLEC), – d’approuver le projet de dossier de création d’un terrain en gazon synthétique au stade Eugène Lallinec pour un montant prévisionnel de 716 000 € HT, soit 859 200 € TTC ainsi que le plan de financement prévisionnel.

Notez la façon dont la délibération a été rédigée, c’est très très malin : “le Conseil Municipal approuve le projet de dossier de création d’un terrain en gazon synthétique au stade Eugène Lallinec”. Il approuve “le dossier de création”, il n’approuve pas “la création” et il ne s’engage aucunement à financer quoi que ce soit. Nono n’y a vu que du feu…