d’un ami de La Treille à Marseille

Cher Denis,
Lorsque Marie m’a annoncé la disparition de ton fils Thomas j’ai été atterré. Comme je l’ai dit a Jean, mes convictions religieuses ont été ébranlées. Ce sentiment je l’avais déjà ressenti au décès d’une jeune maman de mes amies. Comment accepter ce qui est indicible ?
Nous sommes impuissants lorsqu’on est confronté à un tel malheur. Un sentiment de révolte nous envahit. Difficile de trouver l’apaisement.
Au décès de mon père, après une longue maladie, j’ai retrouvé un peu de sérénité en revoyant tous les moments heureux qui ont refait surface. J’ai cru bon de les écrire et souvent j’ai lu et relu ces lignes qui contenaient des repères de mon existence.
Essaie ce que j’ai considéré comme une thérapie.
Sache Denis que je partage ton chagrin au moment où je traverse des heures difficiles.
Jacques Piastrelli

Thomas-Louis vu par Ingrid Reinhard

C’est avec effroi que j’ai appris, lundi, la disparition de Thomas, avec lequel j’ai eu la chance de travailler pendant trois mois de février à mai 2016 lors de son stage au Département d’Aval des Urgences (DAU), unité fonctionnelle du service de Médecine Interne de l’hôpital Saint-Antoine.
Je le revois arrivant chaque matin, son sac à dos sur l’épaule, d’où, rituellement et avant toute autre chose, il sortait sa grande bouteille de Coca Light toujours terminée bien avant la fin de la journée.
Je revois ses yeux rieurs trop souvent cerclés de cernes, son sourire et ses belles fossettes et je l’entends encore de son ton pince-sans-rire, faire ses blagues décalées mais drôles qui le rendaient différent mais tellement attachant.
Je me vois relire ses comptes-rendus toujours parfaits ou acquiescer lorsqu’il attendait mon aval pour débuter ou modifier un traitement.
Thomas était non seulement un excellent interne, efficace, prompt à la tâche et toujours gentil et prévenant avec les patients, l’équipe et ses co-internes, mais c’était surtout, même s’il s’en défendait, en jouant la désinvolture, un jeune homme tendre et très touchant .
Il nous donnait de temps en temps des nouvelles via un fil de conversation WhatsApp partagé avec ses anciennes co-internes et Maria Chauchard, ma consœur PH au DAU, c’est ainsi qu’il nous avait dit avoir fait le mois dernier une crise convulsive en se rendant en stage à Paul Brousse.
Il nous avait recontactées, Maria et moi, le vendredi 30 juin car il devait se rendre à Saint-Antoine mardi 4 juillet et voulait en profiter pour passer nous voir… j’avoue ne pas m’être inquiétée ou offusquée de son absence car les anciens internes disent souvent qu’ils vont passer puis ne le font pas. Je le regrette aujourd’hui.
Je ne pourrai malheureusement pas être présente jeudi à Levallois mais mes pensées vous accompagneront, tout comme elles le font depuis ce lundi.
Je vous prie, Monsieur, de recevoir mes très sincères condoléances.
Mes pensées sont avec vous et votre famille et entièrement dédiées à Thomas.
Ingrid Reinhard

J’aimais vraiment beaucoup Thomas et étais ravie de savoir qu’au décours de son stage, il allait passer à Saint Antoine et me donner des nouvelles régulièrement.. il est d’ailleurs repassé à deux reprises.
J’aimerais pouvoir vous raconter tant d’autres choses… sa grosse voix, ses pantalons serrés, sa candeur à certains moments, ses cheveux en pétard…
La photo est une photo animée (“live photo”). Si vous appuyez dessus vous pouvez m’entendre dire à Thomas “tu ne souris pas”, d’où le sourire radieux l’instant qui suit , sourire qui fait rire ses co-internes qui le regardent avec tendresse… je suis heureuse qu’il se soit senti assez à l’aise et confortable pour m’offrir ce beau sourire non seulement sur cette photo mais à plusieurs reprises durant son stage au DAU.
Et je suis sincèrement heureuse d’avoir eu la chance de rencontrer votre fils, quelqu’un de rare et de gracieux même si l’on pouvait deviner de temps en temps chez lui des heures sombres…
Encore une fois, mes pensées sont pour lui et avec vous…
Ingrid

PS de Denis : je ne sais pas comment afficher la photo animée sur PC Windows

Thomas-Louis Roques reposera au cimetière de Levallois, dans les Hauts De Seine (92300)

Nous envisageons les obsèques de Thomas jeudi 20 juillet à 10h00 à l’église Saint-Justin de Levallois, et vers 12h30 au cimetière de Levallois. A confirmer… Je suis en recherche d’un lieu pour nous réunir après les cérémonies.

Nous avons rendez-vous ce matin, Marie-Françoise et moi chez un entrepreneur de pompes funèbres, ami de Charlotte et Pascal. A la suite des auditions de la Police, le permis d’inhumer a été accordé hier après-midi. Nous en saurons plus sur la date des obsèques de Thomas et sur le déroulement de la journée. La cérémonie religieuse aura lieu à l’église Saint-Justin de Levallois, où il a fait sa première communion et sa confirmation. J’espère que les nouvelles orgues de l’église pourront jouer, elles étaient en cours de réglage hier après-midi quand je suis passé à l’église. Thomas reposera au cimetière de Levallois, ça a du sens car nous sommes très attachés à cette ville, où Charlotte, François, Adrien et Thomas on fait leurs études et où Charlotte et Pascal ont été mariés par le maire, Patrick Balkany, qui avait prononcé un chaleureux discours sans notes avec un mot personnel pour chacun. Nous n’habitons plus la commune, mais Sylvie Ramond, adjointe au Maire nous a accordé une dérogation, merci à elle pour ses mots gentils, et merci à Isabelle Prigent, la conservatrice du cimetière pour son accueil… C’est un joli cimetière, il est situé au bout de la rue Raspail où nous avons habité pendant 15 ans, il est au bord de la Seine et à côté du club de Tennis (fermé depuis) où Thomas jouait. Thomas sera près de Louise Michel, de Maurice Ravel, de Gustave Eiffel.

Merci à vous, les amis de Thomas, les soignants, la famille bien sûr, qui m’ont appelé, qui m’ont envoyé des mails ou des sms, je les conserve précieusement, pour les rassembler dans un livre d’or. Je vais vous répondre…

Aimer les gens, les soigner et les aider.

Thomas-Louis Roques interne à Paul Brousse

Cet après-midi, nous étions, Marie-Françoise et moi, les parent de Thomas, à l’hôpital Paul Brousse à Villejuif. Nous avons été reçus par trois médecins du service où Thomas était interne. Je n’ai entendu que des éloges sur lui : intégration dans l’équipe médicale, médecins, infirmier(e)s, aides soignant(e)s, écoute des patients, sans se mettre à leur place, mais avec la distance adéquate, aide à tous les niveaux, médical, humain, social, volonté de bien faire…

Thomas était dans une section psychiatrique très lourde, avec des patients en grande souffrance. On lui avait proposé ce poste, il l’a accepté, plus tard il a eu la possibilité de prendre en charge des patients plus légers, mais il a préféré rester avec ceux qui avaient le plus besoin de lui.

En partant, les médecins nous ont remis une enveloppe avec plusieurs témoignages spontanés de patients. J’en ai retenu un , que vous pourrez lire en cliquant sur l’image.

Témoignages pour Thomas-Louis-Roques

[contact : denis.roques@gmail.com / 07 83 68 91 20]
Thomas est à l’institut médico-légal de Paris, la police judiciaire recherche la cause de sa mort et auditionne ses proches, nous ne savons pas encore quand nous pourrons organiser ses funérailles.
Revenez visiter cette page pour obtenir des informations sur la date des cérémonies en hommage à Thomas.
Cet article a permis à des amis de Thomas de prendre contact avec nous, les autres activités du blog sont évidemment suspendues.
C’est dans la douleur, le deuil et le chagrin qu’on compte ses amis…

Thomas-Louis RoquesMerci à vous, qui m’avez téléphoné ou envoyé un message pour la mort de mon fils Thomas, continuez à m’adresser des messages et n’ayez pas peur de m’appeler, ça me fera du bien de savoir que vous pensez à Thomas-Louis Roques..
Merci à Charlotte, Juliette, François, Cécile, Marie-Françoise, Madeleine, Annie, Véronique, Nicolas, Céline, Monique, Brigitte, Michel, Michèle, Bruce, Joyce, Alphonse, Carol, Patrick, Ida, Betty, Gigi, Henri, Horst, Georges, Bénédicte, Dominique, Albert, Mélanie, Hervé, Nicole, Albert, Arthur, Christophe je cite les noms en vrac et de mémoire, ce n’est qu’une infime partie, il y a tous les appels à sa maman, Marie-Françoise, à sa compagne Juliette (Legrand), à Sa sœur Charlotte et ses frères François et Adrien, merci pour votre sympathie.
Je ne cite ici que les témoignages des Quinocéens* qui m’ont été adressés par mail ou par sms, je ne peux pas les citer tous, non plus que les gentils appels téléphoniques, et je remercie chaleureusement leurs auteurs.

(*) ce blog était au départ consacré à Saint-Quay-Portrieux et ce sont surtout les Quinocéens qui le consultent, pour quelque temps je vais délaisser les sujets généraux pour consacrer ma mémoire et mon amour à Thomas.

Les messages arrivent de toutes parts, mes amis américains et canadiens voulaient prendre le premier avion pour venir aux obsèques, mais je les en ai dissuadés, ils m’ont tous invités avec insistance à passer plusieurs semaines chez eux.

Un message d’Alphonse Ilekis, mon ami architecte à Chicago :
Moments of sorrow
Our grieving hearts reach out to you and your family in these moments of sorrow. No one can truly understand the pain one feels in the loss of their child. They remember only the love they have for him. It is tragic his life was taken away so early. While he may no longer be here on earth he will always be with us in our hearts. Know that our thoughts are always of you and your family. We love you all and wish we could be of more help.

Je reçois des messages d’amis de fac de Thomas, que je ne connaissais pas et qui me disent le plus grand bien de lui.

J’écrirai sur lui, plus tard, si j’en ai le courage, je ne sais pas si ça m’aidera à surmonter la douleur ou si ça l’aggravera encore.

Voici donc quelques témoignages de mes amis quinocéens :

Henri Hydrio :
Denis, je sens ta douleur, ton mal être; les mots ne suffisent pas.  Je suis passé par là. Lutte pour survivre. La volonté dans l’avenir peut surpasser ce chagrin. C’est injuste et triste. La vie est faite ainsi.
Nous pensons à toi et nous te soutenons de tout cœur.
Ne pouvant être près de toi, compte sur notre amical soutien dans cette épreuve.
Tous les Amis du Moulin se joignent à nous pour te présenter nos condoléances affectueuses.
Henri et Marie-Françoise.

Georges Brézellec :
Bonjour Denis,
J’apprends à l’instant (en lisant ton blog) le malheur qui te frappe, il n’y a pas de mot assez fort pour décrire le choc émotionnel provoqué par la perte d’un enfant, ce drame et ce chagrin te touchent profondément, je comprends ton émotion et je tenais à t’exprimer toute ma sympathie dans ce moment si douloureux.Je te souhaite beaucoup de courage pour surmonter cette épreuve.
Amitiés.

Bénédicte Blanc :
Bonjour Denis,
Je viens d’apprendre cette mauvaise nouvelle par le blog,
Je suis bien attristée et désolée pour vous, sa mère, ses frères et sœurs et toute sa famille,
Soyez assurée de mes prières et de notre sympathie,
Benedicte

Dominique Blanc :
Cher Denis,
J’apprends avec stupeur l’épreuve particulièrement douloureuse qui te frappe. Je suis de tout cœur avec toi et toute ta famille. Mes pensées vont vers ce fils que tu chéris et dont tu es fier à juste titre.. Tous mes vœux de courage en ce moment si difficile t’accompagnent. Tu peux compter sur les prières pour toi et tes proches du croyant que je suis.
Bien amicalement.
Dominique Blanc

Albert Vasselin :
Denis,
je lis sur ton site l’affreuse nouvelle de la mort de ton fils Thomas.
Je vous exprime à ta famille et à toi toute ma compassion.
Mes pensées t’accompagnent dans ton infini chagrin de père et la difficile réalité que tu subis.
Courage.
Très amicalement

Hervé Huc :
Salut Denis,
Janine m’a appris ce matin la terrible nouvelle, je voulais te faire part de toute mon amitié dans ces moments douloureux.
Tu peux compter sur mon soutien. Mes pensées vont vers toi et vers Thomas dans ces moments difficiles.
Je te présente toutes mes condoléances.
Amitiés

Nicole Gridel :
Je viens de lire ton blog et je comprends ta douleur.
Le plus important est de prier pour Thomas.
Je t’embrasse.

Marianne Danguis :
Je te présente mes sincères condoléances à toi et à ta famille.
Courage, la mort d’un enfant est la pire épreuve de la vie.
Ta sœur “bretonne”.
Marianne

Thomas-Louis Roques, mon fils, a été retrouvé mort dans son lit ce matin

Je l’avais eu au téléphone dimanche, il m’a parlé de ses projets. Son amie Juliette n’avait plus de nouvelles de lui depuis lundi à 14h, hier elle était allée tambouriner à sa porte sans succès (elle avait sa clé, mais la lui avait rendue parce qu’il avait égaré la sienne). Elle a appelé ma fille Charlotte qui m’a téléphoné tôt ce matin. J’ai aussitôt appelé les pompiers de Paris, ils sont arrivés en même temps que François son frère et Juliette, ils l’ont trouvé allongé sur son lit, sans vie. La PJ est sur place. De mon côté je suis à La Grande Motte et je vais rentrer d’urgence à Paris.

Thomas venait de fêter ses 29 ans, il était médecin, il terminait son internat, c’était un garçon (un homme) attachant et intelligent. Je l’aimais très fort.

Merci à ceux qui le connaissaient ou qui me connaissent de diffuser la nouvelle autour d’eux. Tous vos messages de sympathie seront bienvenus.

Denis Roques
denis.roques@gmail.com
tél : 07 83 68 91 20

Menaces sur La Grande Motte

J’ai assisté ce soir à l’assemblée générale de l’association la vigie citoyenne grand-mottoise.
Après la présentation par le président, Claude Delhoume des actions de l’année écoulée et des enjeux des projets d’urbanisme de la municipalité, j’ai pris conscience du risque de voir notre station bétonnée à outrance, de voir nos espaces verts, notre domaine maritime et les rares espaces non bâtis livrés à la cupidité des promoteurs.
La municipalité a la volonté de développer la station, d’agrandir le port, de faire venir des entreprises et des commerces, de construire des logements. La fonction de Maire est ainsi faite que certains considèrent plus leur ville comme une entité qu’il faut développer et faire prospérer que comme un héritage qu’il faut préserver.
La Grande Motte n’est pas une ville comme une autre, c’est une des rares réussites architecturales des trente glorieuses. Vingt ans entre les premières pyramides, livrées en 1968 et les dernières constructions marquantes, la mairie, la thalasso et le collège. Jean Balladur, l’architecte de ce projet, aura vécu assez longtemps pour en voir la fin.
Ce projet architectural est cohérent, harmonieux et équilibré, hôtels, studios cabines, appartements, villas, campings, port, plages, étang, espaces verts, golf, il y a des hébergements et des activités pour toutes les bourses et pour tous les goûts. Ce projet est aujourd’hui achevé, évitons de le saboter en densifiant les constructions, en rognant sur les plages, sur les espaces verts, sur les parkings, ne laissons pas de nouveaux immeubles cacher la vue des anciens. L’appétit des promoteurs est sans limites, répondre favorablement à leurs demandes, c’est ouvrir la boîte de Pandore.
A la fin de la réunion, quelqu’un a posé la question : quel intérêt présentent les projets de la Mairie pour les citoyens de La Grande Motte ? Je vous laisse deviner la réponse de l’assemblée.
Heureusement que des associations, comme la vigie citoyenne grand-mottoise sont là pour modérer les ambitions du maire et des promoteurs.

Le politiquement correct à toutes les sauces

Dans l’épreuve de Fort Boyard intitulée l’asile, le candidat, prisonnier d’une camisole de force, doit s’échapper d’une pièce capitonnée. La diffusion de la séquence il y a une dizaine de jours a déclenché l’émoi dans le milieu de la santé mentale. Une pétition en ligne a été lancée par plusieurs associations et collectifs. Elle compterait plus de 1 500 signatures.

Bientôt on ne pourra plus rien faire ni plus rien dire sans s’exposer à un procès des associations ou des représentants des minorités incriminées. Ne dites plus comme François Fillon : je ne suis pas un autiste, car vous vous exposerez à l’anathème des associations de parents d’enfants autistes, ne dites plus : je ne suis pas sourd ou je ne suis pas aveugle si vous ne voulez pas être en butte à la vindicte des associations de non entendants (sourds) et de non voyants (aveugles). J’ai noté également que lorsqu’un prévenu reste muet durant sa garde à vue, on ne dit plus de lui qu’il est resté muet, mais qu’il est resté mutique. C’est certainement pour ne pas froisser les non parlants (muets).

Cependant toutes les minorités ne montent pas au créneau, en lisant ce matin un éditorial consacré à Klaus Barbie, le boucher de Lyon,  je pensais à ces pauvres bouchers, qui sont pour la plupart des gens pacifiques, dont la profession ne consiste pas à tuer des animaux mais à découper de la viande froide en tranches, je pense aux charcutiers alors que le dénominal de leur profession, le verbe charcuter, signifie aujourd’hui découper maladroitement de la viande.

Le politiquement correct contraint à déguiser l’expression orale et écrite, à changer les mots pour ne pas stigmatiser (infirme, sourd, aveugle, tsiganes sont devenus handicapé, mal-entendant, non voyant, gens du voyage), à alourdir les discours, comme dans le fameux bonjour à toutes et à tous d’Emmanuel Macron, comme si le pluriel des genres (bonjour à tous) n’existait pas.

Peut-on encore appeler un chat un chat ?

C’est si difficile que tout le monde finit par se prendre les pieds dans le tapis, même notre président qui a évoqué récemment les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien

A l’heure où les résultats du baccalauréat sont publiés, est-on encore droit de parler de ceux qui ont réussi et ceux qui ont raté ? Il vaut certainement mieux dire ceux qui ont réussi et ceux qui sont en voie de réussite (par analogie aux pays en voie de développement).

Rouge ou Vert : Marche ou Arrêt ?

Attention aux couleurs !

J’étais à Toulouse ce weekend, chez des amis. A notre arrivée vendredi soir, tous les volets étaient baissés en raison d’une panne électrique. Samedi matin notre hôte était en train de démonter un vieux tableau en bois pour rechercher l’origine de la panne quand je me suis aperçu qu’un coupe circuit affichait la couleur verte au-dessus du levier de manœuvre. Je lui ai suggéré de soulever le levier, et une fois levé (avec la couleur rouge en-dessous), tous les volets se sont ouverts. Dans l’esprit de notre hôte, vert c’était allumé (en marche) et rouge c’était éteint (arrêt). Et pourtant il est ingénieur et travaille pour Airbus.

Le bouton rouge, c’est allumé ou éteint ?

Pour les feux de circulation, vert (en bas) on avance, rouge (en haut) on s’arrête. En électricité c’est le contraire, sur les coupe circuits, et sur les disjoncteurs divisionnaires, vert – levier en bas c’est éteint rouge – levier en haut c’est allumé, .
Vert éteint, rouge allumé, une règle à retenir, ce n’est pas logique, mais il suffit de penser que rouge est une couleur associée au feu et au chaud (robinet d’eau chaude) et donc, quand c’est rouge, c’est qu’il y a du courant.
Le problème c’est que ce n’est pas vrai partout, et parfois c’est le contraire. Sur un tableau électrique, un disjoncteur divisionnaire affiche du rouge lorsqu’il ferme le circuit (le courant passe) et vert lorsqu’il l’ouvre. En revanche, certains disjoncteurs d’abonnés, les plus anciens, sont équipés d’un bouton vert pour établir le courant et d’un bouton rouge pour l’interrompre. D’autres plus récents d’un bouton noir pour la marche et rouge pour l’arrêt, comme celui de la photo. Enfin, les disjoncteurs commercialisés actuellement n’affichent plus de couleur, mais seulement 0 pour hors service et 1 pour en service. Quand aux gros boutons d’urgence rouge, ils peuvent servir à couper le courant ou à l’établir pour provoquer l’ouverture d’une porte ou d’un portail électriques.

Alors, le rouge, c’est le bouton pour allumer, ou pour éteindre ? Ça dépend de l’âge de l’installation. Notre sécurité en dépend, alors attention aux couleurs, lisez aussi les inscriptions on off, 0 ou 1, pensez qu’en général un interrupteur ou un disjoncteur ferme le circuit lorsqu’on le lève. Il y aurait beaucoup à dire sur les normes électriques dans l’habitation et leur évolution dans le temps, les changements de code de couleurs peuvent être à l’origine d’accidents. Mais pas autant que les installations vétustes bricolées au cours du temps.

Ticket de Péage égaré, que faire ?

Hier soir, en arrivant à la gare de péage de Montpellier en provenance de Toulouse, impossible de mettre la main sur mon ticket de péage, je me suis aperçu plus tard qu’il était tombé sous le siège. J’appuie sur le bouton rouge pour contacter l’assistance, et une femme me répond que j’allais devoir payer le trajet le plus long, comme si je venais de Lyon. Je lui dis que je viens de Toulouse et que j’en ai la preuve par le suivi GPS de mon téléphone. Elle décide de lancer une recherche de ma plaque, trouve mon passage à la gare de péage de Toulouse, et affiche le prix du trajet afin que je puisse le régler avec ma carte. Ça m’a permis d’éviter de payer quelques euros en trop. Et ça confirme bien que les véhicules sont photographiés et tracés tout le long de leur parcours autoroutier, au départ, à l’arrivée, et peut-être en cours de route. Bien pratique pour moi sur ce coup-là.

Aux Etats-Unis, en Floride en tout cas, il n’y a pas de gare de péage sur les autoroutes, les plaques d’immatriculation sont relevées lors de leur passage et le compte bancaire du propriétaire du véhicule est prélevé automatiquement. Si c’est la première fois qu’il emprunte une autoroute avec son véhicule, il trouvera dans sa boîte à lettres une facture de la société d’autoroute et un formulaire de prélèvement automatique. Bien pratique, pas d’attente à une gare de péage à l’entrée et à la sortie. Ça ne pourrait pas marcher en France car il y a tellement de fausses plaques d’immatriculation et de véhicules étrangers (ce qui n’est pas le cas aux USA) que ça ferait un gros manque à gagner pour les sociétés de péage.