Rêvons d’urbanisme avec Clément Lacour

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J’ai eu la surprise ce mardi matin de lire le commentaire de Clément Lacour sur l’article “les toitures du XXIème siècle”, je ne m’y attendais pas, cette réflexion qui élargit le débat au-delà des pentes de toiture, méritait d’être mise en avant, je vous laisse la découvrir :

La question des toitures en pente obligatoires est périlleuse, elle prétend répondre à des problématiques esthétiques, sans en avoir compris l’essence.
Mais ce qui est vrai pour les toitures l’est aussi pour le reste de la construction : taille et forme des fenêtres, matériaux et couleur des façades, hauteurs et gabarits, alignements et implantations sur les parcelles…
L’ensemble de la production bâtie est aujourd’hui bien souvent régie par des règlements de PLU basés sur une lecture erronée du patrimoine et de son histoire, et qui finalement tient plus de l’idéologie que de la culture architecturale.
En effet, il ne suffit pas d’imposer tel ou tel élément d’architecture visible pour s’assurer qu’une construction s’inscrive harmonieusement dans son paysage.
De la même manière qu’on ne maîtrise pas le caractère émouvant d’une musique par sa quantité de Ré ou de Fa, ou la qualité d’un tableau par les dimensions de son châssis, on ne peut pas garantir la beauté d’une architecture sur le simple fait qu’elle ait une toiture en pente à 45°, une couverture en ardoise, des fenêtres rectangulaires plus hautes que larges, et un crépi choisi sur un nuancier imposé.
Ce n’est, et ce ne sera jamais un gage de qualité suffisant …
Il n’y a qu’à constater la qualité de la production : une architecture copiée/collée, des quantités de pavillons modèles, plantés au milieu de leur parcelle de lotissements, identiques du nord au sud de la France. Seuls diffèrent la couleur des tuiles, la pente de toiture et la couleur du crépi, déclarés conformes aux PLU locaux prétendument gardiens et protecteurs d’un éventuel cachet régional.
Et pour se protéger des possibles ratés qui découleraient d’initiatives un peu trop ambitieuses ou alambiquées, on se dérobe devant les nouveaux défis que notre époque nous propose : libérer l’innovation et la créativité, dans un monde sous pression économique, et sous contraintes de performances techniques toujours plus fortes : performance énergétique et écologique, réduction des temps de construction, respect des normes, densification du cadre bâti et limitation de l’étalement urbain, utilisation de nouveaux matériaux issus de l’industrie quand parallèlement les métiers de l’artisanat se font rares …
Sans compter le besoin qu’ont les gens de vivre dans des espaces en accord avec leurs nouveaux modes de vie : des espaces ouverts, lumineux, modulables, fluides, adaptés à de nouvelles conceptions du “vivre ensemble”, pour des familles recomposées, des colocations, des étudiants, des personnes âgées, des personnes dépendantes, des voyageurs et des touristes, autant de composantes d’une société faite de mixité sociale et culturelle en mutation…
Le défi est de taille, et même si la nécessité d’un cadre se justifie, ce n’est probablement pas en singeant l’architecture d’une époque dont il ne reste aujourd’hui ni l’esprit, ni les moyens techniques de la reproduire à qualité égale, que l’on construira le patrimoine de demain…
Sinon, il n’y a plus qu’à aller vivre à Disneyland ! 🙂

Clément Lacour

Clément ne manque pas d’idées, comme en témoigne son rêve d’urbanisme pour le port de Saint-Quay-Portrieux, un projet publié dans le bulletin n°31 de juillet 2013 édité par l’association “les amis de Saint-Quay-Portrieux et ses environs” :

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à retrouver sur le site : http://clementlacour-architecture.com/