Les mesures à prendre en état de guerre

Bombardements à Raqqa
Bombardements à Raqqa

J’ai écouté l’allocution du président de la république, mardi à 20 heures, ainsi que les déclarations du premier ministre. A chaque nouvel attentat, je m’attends à ce que l’exécutif (François Hollande et Manuel Valls) propose une panoplie de mesures préventives pour éviter de nouveaux actes de terrorisme. Un arsenal de guerre (puisque François Hollande a déclaré que la France était en guerre contre l’islamisme) à la hauteur des enjeux.

Hélas non, le chef de l’Etat nous ressort à chaque fois les mêmes discours compassés et nous annonce de nouveaux largages de bombes sur les positions de l’Etat islamique. Bombardements qui tuent les populations civiles au milieu desquelles se cachent les djihadistes que l’on cherche à abattre. Bombardements qui entraînent de nouvelles représailles sur notre sol.

Cette guerre en Syrie et en Iraq, les Français ne l’ont pas voulue, ne l’ont pas demandée. Ça n’a pas empêché le gouvernement de la décider à l’automne 2015, approuvé par la quasi unanimité de l’Assemblée Nationale (4 voix contre, un écologiste, un républicain et un socialiste ayant une procuration, qui s’est trompé de scrutin) et par le Sénat (pas de voix contre mais abstention des communistes).

Nous sommes désormais en guerre contre un califat qui défend son territoire et qui suscite des vocations de djihadistes kamikazes sur notre sol.

J’étais contre cette guerre, avant les premières frappes françaises, et je le suis encore plus aujourd’hui.  Gagner cette guerre en chassant l’Etat Islamique des territoires qu’il occupe serait la pire chose qui puisse arriver, car les djihadistes défaits essaiemeraient dans les pays occidentaux (en se faisant passer pour des réfugiés) pour continuer le combat par le terrorisme.

Je pense qu’il vaut mieux pour nous qu’ils restent là-bas et s’épuisent à se battre contre la Syrie (forces gouvernementales et rebelles), l’Irak, les Peshmergas, etc. Au passage je serais favorable à un soutien politique et militaire du régime syrien de la part de la France.

Revenons en à notre territoire français.

L’usage est qu’un pays est en guerre vote des lois d’exception et prenne des décrets coercitifs à l’encontre de ceux qui le menacent afin de protéger sa population.

Ainsi, lorsque la France et les Etat-Unis sont entrés en guerre contre l’Allemagne et contre le Japon, les ressortissants allemands en France et japonais aux Etats-Unis ont été internés.

Mesures prises par la France avant et au début de la deuxième guerre mondiale :

12-11-1938 Le Gouvernement Daladier publie un décret prévoyant la création de centres spéciaux pour l’internement des “étrangers indésirables”.
21-01-1939 Création du premier centre de rassemblement des étrangers à Mende, en Lozère.
06-02-1939 Le Gouvernement Français accepte d’accueillir les Républicains Espagnols et de les regrouper dans cinq camps proches de la frontière et situés dans les Pyrénées-Orientales.
01-09-1939 Décret confirmant la circulaire du 30 août 1939 prévoyant, en cas de conflit armé, “le rassemblement dans des centres spéciaux de tous les étrangers de sexe masculin ressortissant de territoires appartenant à l’ennemi” âgés de 17 à 50 ans. Le 5 septembre, un communiqué leur demandait de rejoindre immédiatement les centres de rassemblement puis, le 14 septembre, un nouveau communiqué diffusé par la presse et la radio convoquait à leur tour les hommes de 50 à 65 ans.
03-09-1939 La France et la Grande-Bretagne déclarent la guerre à l’Allemagne.
18-11-1939 Décret-loi prévoyant l’extension des mesures d’internement prises à l’encontre des “individus dangereux pour la défense nationale et pour la sécurité publique” sur décision du préfet.
15-05-1940 Après l’entrée des troupes allemandes en Belgique, une circulaire prévoit le rassemblement de tous les ressortissants allemands âgés de 17 à 56 ans ; cette limite sera portée à 65 ans le 29 mai 1940.
25-06-1940 Entrée en vigueur de l’armistice et cessation des hostilités.

Mesures prises par les Etats-Unis après l’attaque de Pearl harbour par le Japon :

L’attaque de Pearl Harbor, en 1941, qui fit entrer les États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale, renforce le sentiment anti-japonais dans la population américaine même à l’encontre des nippo-américains bien intégrés. Entre le 7 et le 11 décembre 1941, le FBI procède à l’arrestation de 1370 nippo-américains. Le 2 janvier 1942, le Joint Immigration Committee de la Législature affirme dans un manifeste que “les Japonais ethniques sont totalement inassimilables” et loyaux à l’empereur.

Le 1er mars 1942, il est demandé aux autorités d’arrêter systématiquement tous les Japonais, y compris les Japonais naturalisés américains, et de les enfermer dans des camps de détention dans le but d’assurer la sécurité de l’État.

Le président Franklin Delano Roosevelt autorise ces internements par un Décret qui permet aux commandants militaires locaux de désigner des “zones militaires” en tant que “zones d’exclusion”, d’où “toutes les personnes pouvaient être exclues”. Cette faculté a été utilisée pour déclarer que toute personne d’ascendance japonaise était exclue de l’ensemble de la côte Ouest, notamment la Californie dans sa totalité, ainsi qu’une grande partie occidentale des territoires de l’Oregon et de l’État de Washington, mais aussi le Sud de l’Arizona.

Cette disposition a été diversement appliqué à travers les États-Unis : les Japonais-américains résidant sur la côte ouest ont tous été internés. La population japonaise ne représentait que 1,2 % de celle de la Californie. À Hawaii, où les Américains d’origine japonaise étaient au nombre de 150 000 et composaient près d’un tiers de la population de l’archipel formant l’ossature de l’économie des îles, leur traitement était un peu moins drastique que celui réservé à ceux du continent et seulement 1200 à 1800 nippo-américains ont été touchés par cette mesure. Sur l’ensemble des internés, 62 % étaient des citoyens américains.

Parmi les Japonais internés, 62 % étaient des “Nisei”, autrement dit des Japonais américains de seconde génération donc de citoyenneté américaine et 38 % des “Issei”, c’est-à-dire des Japonais de première génération résidents aux États-Unis.

Dix camps d’internement, appelés Relocation Centers “centres de relogement”, disséminés dans l’ouest du territoire américain, ont été mis en place en 1942 par la War Relocation Authority “autorité de relogement par temps de guerre”, une agence fédérale créée spécialement à cet effet.

Aujourd’hui les choses sont un peu différentes car les gens qui commettent des attentats sur notre sol ne sont pas des ressortissants de l’Etat Islamique mais des citoyens Français, Algériens, Marocains, Tunisiens, Maliens, etc. Citoyens qui ont tous un point commun, la religion musulmane d’obédience salafiste. Le salafisme est un mouvement qui revendique un retour à l’islam des origines, fondé sur le Coran.
C’est donc parmi* les salafistes (15 000 à 100 000 selon les sources**) qu’il faut repérer les terroristes potentiels., et non pas dans l’ensemble de la communauté musulmane (6 000 000 à 10 000 000 selon les sources*).

(*) j’ai bien dit parmi, car si tous les terroristes sont salafistes, tous les salafistes ne sont pas terroristes
(**) les chiffres officiels sont de 15 000 salafistes (Manuel Valls) et de 6 000 000 de musulmans, cependant à raison de 80 salafistes par quartier prioritaire (soit 10 à 20 familles), on dépasse 100 000 sur l’ensemble du territoire.

salafisteLes salafistes sont assez faciles à identifier, par leur tenue vestimentaire, par leur lieu de résidence et par les lieux de culte qu’ils fréquentent. 1296 “quartiers prioritaires” ont été recensés par l’Etat par le Décret n° 2015-1138 du 14 septembre 2015 rectifiant la liste des quartiers prioritaires de la politique de la ville.
La plupart des salafistes habitent ces quartiers. C’est là qu’il faut envoyer la police, la gendarmerie et surtout les militaires de l’opération sentinelle, il faut perquisitionner les appartements, les garages, les caves, contrôler les accès 24h sur 24 en fouillant les piétons, les voitures, les deux roues, en vérifiant les papiers, titres de séjour, permis de conduire, carte grise, attestation d’assurance.
Avec la même détermination et la même fermeté qu’envers les usagers de la route qui dépassent la limitation de vitesse…