Alep, Mossoul, villes assiégées et bombardées

Bombardement à MossoulBombardements à Mossoul

Alep (est) et Mossoul, deux villes tenues par des forces rebelles et assiégées par des forces gouvernementales.

A Alep, l’armée Syrienne et son allié, la Russie, bombardent les rebelles (Fatah al Cham, émule d’Al Qaeda, et Ahrar al-Sham, mouvement salafiste soutenu par le Qatar) qui tiennent les quartiers Est de la ville et qui tirent des roquettes sur le reste de la ville.

A Mossoul, l’armée irakienne et la coalition internationale (Etats-Unis, France, etc.) bombardent les rebelles (Etat Islamique) qui tiennent la ville.

Dans les deux cas les bombardements font des morts et des blessés, dont des civils. Dans les deux cas les civils sont pris en otages. Dans les deux cas, les rebelles se rebellent.

Anne Hidalgo a éteint la tour Eiffel

Pour Alep, notre président de la République a parlé, les Nations Unies ont discuté et Anne Hidalgo a éteint la tour Eiffel, ce qui n’a pas manqué d’impressionner Bachar el Assad.

Pour Mossoul, rien de tout ça, pas de discours du président de la république, de discussions à l’ONU ou d’extinction de tour Eiffel.

Pourquoi ?

– parce qu’on est habitué à ce que les Américains bombardent et on trouve ça presque normal,
– parce que les rebelles de Mossoul ont fomenté des attentats en France, contrairement à ceux d’Alep,
– parce que les rebelles d’Alep sont soutenus par le Qatar, qui donne beaucoup d’argent à la France,
– parce que la Syrie est alliée avec les Russes, et que François Hollande déteste la politique de Poutine,
– parce qu’en 2013, François Hollande était sur le point d’attaquer la Syrie, aux côtés des rebelles pour renverser Bachar el Assad  et qu’il ne se remet toujours pas d’avoir été lâché par Barack Obama…

On nous parle sans arrêt d’Alep, mais presque jamais de Mossoul, alors que c’est là-bas que se jouent l’avenir de l’Etat Islamique, du salafisme et du djihadisme.

Alep, Mossoul, deux poids, deux mesures, deux traitements médiatiques complètement différents.

Taxis, VTC, les limites de l’ubérisation

Les VTC Uber sont vent debout devant la décision de la plateforme californienne de prélever désormais 25% du montant des courses (au lieu de 20 % auparavant). On peut les comprendre. Les plateformes internet de mise en relation entre fournisseurs et clients, maintenant qu’elles ont conquis le marché, augmentent leurs marges jusqu’à ce que ça casse, au niveau des fournisseurs ou des clients, Uber n’est pas le seul dans ce genre de mauvaises pratiques, les plateformes booking.com (marge moyenne 20%), ebay.fr (marge 10 %), et blablacar (marge 10%) ne font pas exception à la règle.

Les intermédiaires sont trop gourmands

Que les intermédiaires gagnent plus que les fournisseurs, ce n’est pas nouveau. Ce qui me surprend, c’est qu’il n’y ait pas plus de concurrence entre les plateformes internet, ce qui permettrait une baisse des commissions. Une exception : leboncoin.fr, gratuit pour les particuliers, qui a pris des parts de marché à ebay, trop gourmand.

VTC ou Taxi ?

Il y a deux semaines, de retour du Canada, j’avais commandé un VTC parisien, un indépendant, pas Uber. (J’avais fait appel à ses services 3 fois durant l’année pour des trajets Asnières – aéroports. Le tarif : 35 € pour Orly ou pour Roissy, bagages compris.) A l’arrivée au terminal E, pas de VTC et pas moyen de le joindre par téléphone, texto ou email. Dépités, nous nous dirigeons vers la file de taxis pensant payer beaucoup plus cher pour le trajet. Peu d’attente, voiture confortable, malgré les bouchons, arrivés à Asnières, bonne surprise, la note n’est que de 45€ bagages compris. Le lendemain je reçois un message d’excuses du VTC me disant que son véhicule avait été vandalisé et son téléphone volé et me proposant gentiment de me rembourser ma course, ce que j’ai refusé.

Lors de mon voyage aux Etats-Unis, j’ai vu des taxis partout, parfois des lignes de taxis, comme sur la photo (Cinquième avenue au droit de Central Park), il faut dire que jaunes, ils sont faciles à identifier. Pour aller à l’aéroport, nul besoin de réserver, il suffit de descendre dans la rue, de tendre le bras et 1 à 2 minutes plus tard vous êtes assis dans votre taxi.

Pas assez d’ADS

A Paris, le nombre insuffisant d’autorisations de stationnement (ADS), communément appelées licences, délivrées par le préfet de police entraîné la pénurie de taxis et favorisé l’émergence de transports alternatifs comme les VTC. Avec une concurrence très visible dans les aéroports où à la sortie de chaque avion de plus en plus d’hommes en costume noir arborent des panonceaux avec le nom des voyageurs qui ont réservé, où des rabatteurs dirigent les voyageurs vers les taxis officiels et où les clandestins essaient de trouver leur place en proposant discrètement des courses à prix soi disant cassé.

La solution évidente serait d’augmenter le nombre d’ADS, mais les pouvoirs publics ayant par le passé, on se demande bien pourquoi, permis aux taxis de revendre leurs ADS, il s’est institué un marché, tout à fait légal, de revente de ces licences, qui constituent, pour un taxi quittant le métier, un pécule de départ en retraite. Alors augmenter le nombre de licences leur porterait préjudice. Cependant, depuis octobre 2014, les nouvelles ADS sont octroyées pour une durée de 5 ans renouvelables et surtout incessibles. Ça devrait régler le problème sur le long terme. Restent les anciennes licences qui continuent à se vendre comme avant, cf. www.officiel-taxi.fr jusqu’à quand ?

Prends l’oseille et tire-toi

Pour ces VTC qui travaillent 48 heures par semaine pour à peine le SMIC, j’espère qu’émergeront rapidement des alternatives à Uber, des plateformes émanant ou au service de la profession qui prendront des marges plus honnêtes (5% du montant de la course, par exemple).

Avec des sociétés comme Uber, j’ai l’impression que l’objectif des dirigeants est de gagner le maximum d’argent possible aujourd’hui car ils sont en situation de quasi monopole, en grande partie grâce à la publicité que leur a fait l’Etat, en interdisant l’application Uber Pop, et ils savent que d’autres plateformes verront le jour, leur prenant des parts de marché et les contraignant à diminuer leurs marges. Alors, leur stratégie, c’est comme le titre d’un film de Woody Allen : “take the money and run”.