Saint-Quay-Portrieux se cherche un slogan

Après avoir changé son logo, la ville de Saint-Quay-Portrieux va changer sa devise, “concentré de Bretagne”, ça faisait un peu trop Panzani, ça n’était pas original (plusieurs communes bretonnes l’ont déjà adopté), ça ne faisait pas assez rêver et surtout c’était un peu ringard, aussi le maire a fait appel aux bonnes volontés pour proposer un nouveau slogan. Si on m’avait demandé, j’aurais proposé :
Saint-Quay-Portrieux, le Bonheur des Vieux”, un slogan qui rime bien et qui colle à la réalité, mais si j’avais été sympa, j’aurais proposé : “Quay West”, un clin d’œil à la célèbre station de Floride au bout de l’archipel  des “keys”, un rappel du nom (Quay) et de sa position (West) à l’Ouest de la France. Mais on ne m’a pas demandé. On va verra bien de quoi les élites municipales vont accoucher. Vu le logo, on peut s’attendre au pire, mais comme dit le proverbe, le pire n’est pas certain.

Whirlpool, un tournant de la campagne

2002-2017, le Front National au deuxième tour des élections présidentielles. Un séisme il y a quinze ans, un événement attendu en 2017.
– En 2002, la classe politique, tous partis confondus (ou presque) se mobilise pour “faire barrage au Front National” et Jacques Chirac, qui avait recueilli moins de voix au premier tour de 2002 que François Fillon au premier tour de 2017, l’emporte avec 82,21 % de voix au second tour et mène pendant deux mandats une politique désastreuse, sauf en politique étrangère, grâce à Dominique de Villepin.
– En 2017, le paysage a changé, le Front National a été dédiabolisé depuis la reprise du fonds de commerce de Jean-Marie Le Pen par sa fille Marine en 2011 et surtout depuis l’éviction du Menhir 2015, et on voit bien que ceux qui se mobilisent aujourd’hui en faveur d’Emmanuel Macron cherchent plus à obtenir des postes ou à conforter leur image qu’à faire barrage au parti “nauséabond”.
– En 2012 le Front National représentait les racistes, les colonialistes, les pétainistes et certains riches.
– En 2012 le Front National se targue de défendre les ouvriers, les faibles et les opprimés.
Marine Le Pen a joué un bon tour à Emmanuel Macron en allant à l’improviste (mais se sachant soutenue par ses militants) rencontrer les ouvriers de Whirlpool, mais son concurrent a fait preuve de courage en affrontant les mêmes ouvriers a priori hostiles et en défendant ses positions sans concession. De belles luttes ouvrières en perspective…
On assiste bien à un redécoupage du paysage politique : une ligne de fracture qui n’est plus gauche droite, mais grandes villes contre campagnes, France de l’Ouest contre France de l’Est, CSP+ contre gens modestes, le résultat de l’élection ne fait aucun doute, mais le score de Marine Le Pen mesurera le degré d’insatisfaction des laissés pour compte de la république.