Mon voisin Népalais a marié son fils

Samedi dernier mon voisin Népalais mariait son fils, j’ai admiré les tenues traditionnelles multicolores des jeunes femmes qui partaient pour la fête. Mon voisin était habillé à l’occidentale d’un costume gris très élégant.

Cet homme était guide de haute montagne, au cours d’une expédition il a eu les pieds gelés, ce qui a mis fin à sa carrière. Qu’à cela ne tienne, son client, un Français de bon cœur, l’a fait venir en France et l’a aidé à s’insérer. Il travaille dans le bâtiment. En 2000 il a obtenu la nationalité française.  Son fils est médecin et la mariée aussi.

Une ombre dans ce mariage : 4 couples n’ont pas pu venir car leurs demandes de visa ont été refusées par les autorités consulaires françaises, 3 couples vivant au Népal et un en Israël. Ils avaient tous acheté leurs billets d’avion aller-retour, avaient déposé leur demandes de visa accompagnées de tous les justificatifs, certificat d’hébergement compris. En revanche les invités venant des Etats-Unis n’ont eu aucune difficulté.

Les autorités françaises ont-elles craint une immigration massive en provenance du Népal ?

Mon voisin m’a dit tous les tracas qu’il avait chaque fois qu’il revenait en France de l’étranger, le policier des frontières triturant son passeport (français) dans tous les sens au point que la dernière fois il a dû lui dire : “arrêtez, vous allez le déchirer”. Sa famille et ses amis au Népal ont les plus grandes difficultés à venir lui rendre visite, il manque toujours un papier au dossier, une attestation, un justificatif de ressources, un papier qui n’a pas été demandé au départ.

Autre chose qui m’a énervé aujourd’hui, je viens d’apprendre qu’une femme, Béatrice Huret, qui a aidé un Iranien, Mokhtar, à sortir de la jungle de Calais, qui l’a hébergé, l’a aimé et l’a aidé à rejoindre l’Angleterre, risque maintenant dix années de prison. Un agriculteur du pays niçois, Cédric Herrou, qui allait chercher des migrants en Italie, a comparu devant le tribunal correctionnel de Nice, il encourrait jusqu’à cinq années de prison, il a été acquitté.

Autrement dit, la peine encourue est de 5 ans de prison pour aider un migrant à entrer dans notre pays, et de 10 ans pour en aider un à sortir. Heureusement que ces peines ne sont pas appliquées !

Et si on laissait les gens entrer et sortir de notre pays quand ils veulent, avec ou sans papiers (ça s’appelle la liberté) ? Et si on dénonçait les accords du Touquet ? Et si on réservait les prisons aux criminels ou aux personnes dangereuses pour leurs semblables ou l’ordre public ?