les ponts en béton armé ne sont pas éternels


Le viaduc Morandi, à Gênes, avant sa rupture.

On ne connaît pas encore la cause et l’origine de la rupture du viaduc Morandi à Gènes. La cause immédiate, car la cause profonde semble être liée à des défauts de fabrication du béton et au vieillissement de la structure. Tout le monde se demande pourquoi ce viaduc s’est effondré. Pour ma part, ce qui me surprend plutôt, c’est que si peu de ponts ou de viaducs s’effondrent. Tous les éléments sont pourtant réunis pour de telles catastrophes :

Le béton armé n’est pas un matériau pérenne :

– le béton des ouvrages de génie civil est soumis à des contraintes élevées, à des vibrations et aux intempéries, sa composition et sa fabrication doivent être particulièrement soignées et contrôlées pour obtenir un matériau résistant et de faible porosité ; la moindre modification du dosage des différents ingrédients : graviers, sables, ciment, additifs, ou la moindre modification des conditions de mise en œuvre : température extérieure, traitement des reprises de bétonnage, vibration, cure du béton (pour éviter sa dessication)  peut faire chuter considérablement ses caractéristiques mécaniques et physiques.

– les armatures en acier du béton se corrodent irrémédiablement et inéluctablement au cours du temps, lorsque l’ouvrage est jeune elles sont protégées de l’oxydation par le béton qui les enrobe, le béton naturellement alcalin passive et protège les aciers de la corrosion, mais au fil du temps, l’action de l’eau de pluie et du gaz carbonique de l’air provoque la carbonatation du béton, ce qui a pour effet de diminuer son pH et d’annuler son action passivante sur les armatures, ce qui provoque leur corrosion. La rouille fait gonfler les aciers et ceux-ci font éclater le béton, provoquant sa ruine.

Le béton précontraint lui aussi est peu pérenne.

Rappelons que dans le béton précontraint, les aciers sont tendus pour exercer en permanence une contrainte de compression sur le béton et augmenter ainsi la résistance du matériau composite béton acier. Cependant :

– le béton flue dans le temps sous l’effet de la précontrainte et perd ainsi ses qualités mécaniques,

– les aciers fluent aussi, ce qui diminue l’effet de la précontrainte.

Il faut imposer une durée de vie maximales aux ouvrages

Au bout d’une trentaine d’années, la plupart des ouvrages d’art en béton armé ou précontraint, comme les ponts et les viaducs ne sont plus en mesure de résister aux charges et aux contraintes pour lesquelles ils ont été conçus.

Comme dans le nucléaire civil, où les ouvrages, construits pour une période de temps déterminée au départ (30 à 50 ans), à l’issue de laquelle ils doivent être démantelés, il serait pertinent d’estimer la durée de vie des ouvrages d’art tels que les ponts et les viaducs dés leur conception et de provisionner leur remplacement ou leur réfection totale au bout d’un certain nombre d’années. Cela permettrait lors de l’appel d’offres de privilégier les projets les plus durables dans le temps.

Au moment où j’écris cet article, je regarde C dans l’air où un architecte intervenant dans l’émission, Boris Weliachew, interrogé sur la différence* entre un pont et un viaduc, n’a pas su trouver la réponse et a bredouillé qu’un viaduc c’est plus important qu’un pont. Quand à Axel de Tarlé, voulant parler du viaduc de Gennevilliers, il a cité le pont d’Aubervilliers…

(*) un pont franchit une rivière, un viaduc franchit une vallée.

Pourquoi certains ponts et viaducs romains sont encore debout ?


Le pont du Gard (un viaduc en réalité)

Parce que ces ouvrages étaient construits en pierre, un matériau beaucoup plus durable que le béton (qui n’est qu’une pierre artificielle) et en acier (qui rouille), et parce que ces pierres étaient assemblées de façon à ne subir que des contraintes de compression (piles et voutes), alors que les ouvrages en béton armé sont soumis à des contraintes de flexion et de traction qui provoquent l’ouverture de fissures et à terme la rupture de l’ouvrage.

Paradoxalement, plus un ouvrage est ancien, plus il est résistant, nos ouvrages modernes calculés au plus juste, sont souvent mal construits, et nécessitent une maintenance lourde et difficile.

Dans l’ordre, les matériaux les plus résistants au temps et aux intempéries sont : la pierre, le bois, la fonte, le fer*, l’acier, le béton. Les ouvrages d’art modernes sont réalisés en béton et en acier.

(*) la Tour Eiffel a été réalisée en fer, pas en acier, Gustave Eiffel l’a voulu ainsi car le fer présente une durabilité supérieure à l’acier, et il se déforme beaucoup avant de rompre, ce qui évite des ruptures brutales.

Une galle du chêne pédonculé

Je cherchais les glands sur un chêne pédonculé, quand j’ai aperçu ce que j’ai pris d’abord pour un fruit, de la taille d’une prune et de l’aspect d’un melon :

La chose (ce n’est pas un fruit) est fixée directement sur le rameau du chêne. C’est une galle qui abrite une larve d’insectes gallicole, évidemment ça ne se mange pas.

Lieu de l’observation : Gujan  Mestras (bassin d’Arcachon).

La même galle à côté d’un gland du même chêne pédonculé :

On dirait un smiley !

Exactement !

Un mois et demi depuis le dernier article publié ! J’avais pourtant emporté en vacances mon dernier ordinateur portable, un Lenovo surpuissant, ma nouvelle tablette Samsung et trois smartphones, mais la famille, les amis, la piscine et la plage ont pris le dessus. Pourtant les sujets chauds n’ont pas manqué : la coupe du monde de football, l’affaire Benalla, la piscine de Macron, la canicule.

La coupe du monde de ballon rond

Dès le début de la coupe du monde, j’ai cessé de regarder la télévision et d’écouter la radio, tant le sujet, omniprésent sur toutes les chaînes d’informations ne m’intéressait pas. Je ne suis d’ailleurs pas le seul à ne m’être pas intéressé aux matchs, nous étions en effet 48 millions de Français à ne pas avoir regardé la finale, soit presque les 3/4 de la population. Et pourtant il était plus facile de la regarder ou de l’écouter à la radio au moment où tous les postes de l’espace public et privé la diffusaient.

L’affaire Benalla

Si Chirac avait été président, il aurait dit que l’affaire a fait pschitt ! Alexandre Benalla a été le bouc émissaire d’une guerre de pouvoir entre la gendarmerie et la police d’un côté et les services de l’Elysée de l’autre. On nous a présenté ce garçon comme un barbouze payé 10 000 € par mois, vivant dans un 300 m2 au Quai Branly, possédant une voiture de police suréquipée, qu’il était promis aux plus haut postes de l’état, on parlait de le nommer préfet. Il s’est avéré que son salaire n’était que de 6000 €, que son (futur) appartement de fonction ne mesurait que 80 m2, que la voiture équipée de gyrophares faisait partie du parc automobile de l’Elysée. Mais ces révélations sont venues trop tard, après que l’incendie médiatique a eu lieu. Je souhaite à Alexandre Benalla une reconversion dans la sécurité privée, nul doute qu’il n’aura pas de mal à y parvenir. Cette affaire a eu au moins un effet positif : éclipser l’euphorie suivant la coupe du monde dont on n’a rapidement plus parlé.

La canicule

L’été a été beau : ensoleillé, sec et chaud, comme l’hiver a été froid et pluvieux. Quand j’étais à l’école primaire, on m’avait appris que c’était dû aux saisons. Quand j’étais enfant, à Marseille, dans les années 1950, on ne mesurait pas la pollution, les taux d’Ozone (O3) et d’oxydes d’azote (NO2), les taux de particules, les façades des immeubles étaient noires de la fumée des usines, des cheminées, des poëles à charbon et des voitures. De ma fenêtre en étage élevé, au pied de la colline de Notre Dame de la Garde, je voyais le nuage gris de pollution recouvrir la ville.

Depuis, les immeubles ont été nettoyés, les façades sont redevenues blanches ou couleur pierre, et on a trouvé le coupable à l’origine de la pollution : le coupable, c’est le pauvre, celui qui vit en banlieue avec sa vieille voiture de plus de 10 ans.

Les causes de la pollution urbaine sont multiples : résidentiel et tertiaire, industrie, production d’énergie, traitement des déchets, transport ferroviaire, aéroports, navigation fluviale, chantiers et carrières, etc.

Au total, les émissions de CO2 de la région Ile de France sont de 49 669 000 tonnes par an. 12,2 millions de personnes vivent en Île de France. Un être humain rejette en moyenne 1 kg de CO2 par jour. Je multiplie 365 par 12,2 millions et j’ajoute forfaitairement 20% pour tenir compte des animaux domestiques (chiens, chats, oiseaux, poissons, etc). 365 x 12 200 000 x 1,2 = 5 343 600 000 kg = 5 343 600 tonnes.

Emissions de CO2 par an en Île de France : 49 669 000 tonnes

Emissions liée à la respiration humaine et animale : 5 343 600 tonnes

% des émissions liée à la respiration : 5343600 / 49669000 = 10,8 %

Plus de 10% du CO2 est dû à la respiration des Franciliens et de leurs animaux domestiques !

Sans compter les touristes qui respirent aussi.

Je propose donc que les jours de forte pollution, l’accès à Paris soit interdit non seulement aux véhicules Crit’Air 4 et 5, mais aussi aux banlieusards, aux provinciaux, aux touristes et aux chiens.

Exactement

Vous vous demandiez pourquoi j’avais intitulé cet article “exactement”.

Ça devait être le sujet de mon propos, mais je me suis égaré au fur et à mesure que j’écrivais.

Avez-vous remarqué ces deux expressions qui émaillent tous nos propos depuis quelques mois ? Il s’agit d’exactement et de “du coup”. Exactement a remplacé les oui, c’est vrai, c’est clair ou tout à fait, comme du coup a remplacé donc, de fait et par conséquent.

Un tic chasse l’autre : En parallèle, les mots ou expressions comme “alors” (véritable tic de langage), “c’est clair“, “tout à fait“, “au jour d’aujourd’hui“, “tout ce qui tourne autour” ont tendance à disparaître petit à petit, comme les “entre guillemets” mimés avec deux doigts de chaque main.

En revanche, “on va pas se mentir”, “en mode” (en mode piscine, en mode vacances…), “on va sur” (en cuisine : on va sur des notes poivrées, en voyage : on va sur Paris), “après” (à la place de en revanche ou par contre) ont encore un bel avenir.

Articles en projet

Automobile : bonus-malus, comment j’ai réparé un impact sur mon pare-brise pour moins d’un Euro, comment j’ai rénové mes optiques de phare, comment j’ai masqué des rayures sur ma carrosserie. Armes : nouvelle législation, armes de collection, armes à poudre noire.

Mon tour de France

Après La Grande Motte, Marseille, Saint-Brevin l’Océan, Saint-Quay-Portrieux, je continue mon tour de France par la baie d’Arcachon. N’en profitez pas pour visiter mon appartement, depuis le cambriolage de mes deux voisins d’immeuble, j’ai fait installer une alarme, des pièges non létaux et des caméras connectées. Je vous conseille d’en faire de même, vous partirez en vacances tranquilles.

Bonnes vacances à tous !