Pas de gazon synthétique au stade Eugène Lallinec

Le terrain synthétique au stade Eugène Lallinec, c’était une promesse électorale destinée à se faire élire maire de Saint-Quay-Portrieux. Tout le monde l’avait compris, sauf Noël Guitton, du Goëlo Football club. A l’époque, pour obtenir les voix des footeux, tous les candidats ou presque avaient promis une pelouse au dynamique Nono.

Thierry Simelière avait rassuré ses colistiers, inquiets du coût important d’un gazon synthétique (au moins 600 00 €), il nous avait dit qu’il ne s’était engagé à financer le projet qu’à condition que le club trouve de son côté 300 000 € de subventions, et qu’il y avait peu de chances qu’il y parvienne.

Cependant le club a réussi à obtenir 278 000 € de promesses de subventions, soit presque la moitié du coût du projet, estimé à 600 000 €*. S’ensuit avec la mairie une querelle de TVA, Noël Guitton faisant valoir que la commune peut récupérer la TVA sur la subvention versée. C’est un point à vérifier. Si on raisonne en prix hors taxes, il faut considérer que les les 278 000 € de promesses de subventions sont du TTC. Ramené en hors taxes, ça fait 231 700 € (arrondi). Il manque donc 18 300 € hors taxes ou 22 000 € TTC, on y est presque.

J’avais pris la photo ci-dessous le 4 janvier 2014, on voit bien que le terrain de jeu n’est qu’un marécage. Comme l’a dit Nono à Ouest France, “le stade Lallinec devient un véritable bourbier par temps de pluie, en raison de la présence de deux sources”.

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Il a tout à fait raison, je l’ai constaté à plusieurs reprises en contournant le stade en VTT, les chemins sont quasiment impraticables par temps de pluie. On voit bien sur la carte IGN ci-dessous que les deux terrains sont situés au bas d’une pente relativement forte, presque dans un talweg, d’ailleurs en contrebas, de l’autre côté de la route, derrière Netto, un étang au lieu-dit les Fontaines, en témoigne, le ruisseau qu’il alimente se jette dans la mer à la grève Saint-Marc.

Le problème du stade Lallinec est donc l’absence ou l’inefficacité du système de drainage. Installer un terrain synthétique sans drainer la zone serait courir à la catastrophe, bonjour les dalles de moquette flottant dans le marigot.

Un gazon synthétique, c’est remplacer de l’herbe par des produits dérivés du pétrole, c’est une solution complètement anti-écologique, qui requiert un entretien presque aussi coûteux qu’une pelouse et qui doit se changer au bout de dix ans.

Je préconiserais plutôt de revoir le drainage du terrain, j’ignore si c’est possible, je ne sais pas ce qui a été fait par le passé, je ne sais pas où passent les ruisseaux ou les sources, il faudrait que j’aille faire une reconnaissance sur place, mais en tout cas, le parking de Netto qui est situé bien plus bas n’est pas inondé par temps de pluie.

Gazon synthétique ou pas, il va bien falloir trouver une solution pour rendre ces terrains praticables (à moins de se reconvertir dans le Water Football (cf photo), je pense qu’il serait utile de consulter un hydrogéologue, un géotechnicien ou un expert en sols.

PS (*) Le budget prévisionnel (décembre 2014) était de 859 200 €, c’est sur la base de ce budget que le conseil municipal a voté, le 16 décembre 2014 :

Le Conseil Municipal, après en avoir délibéré, Décide par vingt et une (21) voix pour, zéro (0) contre et deux (2) abstentions (MM. Denis ROQUES et M. Georges BREZELLEC), – d’approuver le projet de dossier de création d’un terrain en gazon synthétique au stade Eugène Lallinec pour un montant prévisionnel de 716 000 € HT, soit 859 200 € TTC ainsi que le plan de financement prévisionnel.

Notez la façon dont la délibération a été rédigée, c’est très très malin : “le Conseil Municipal approuve le projet de dossier de création d’un terrain en gazon synthétique au stade Eugène Lallinec”. Il approuve “le dossier de création”, il n’approuve pas “la création” et il ne s’engage aucunement à financer quoi que ce soit. Nono n’y a vu que du feu…

8 réponses sur “Pas de gazon synthétique au stade Eugène Lallinec”

  1. Merci de cette précision , Monsieur Roques.
    Votre article a visiblement inspiré le blog de la fachosphère probablement en panne d’inspiration pour MLP et son parti ! Le traitement anti-TOC ferait-il enfin ses effets ?
    Ne rêvons pas trop. Les corbeaux volent au-dessus de Saint-Quay. Cela va attirer les touristes et la presse people du café du commerce !

  2. La délibération que j’ai citée en PS a été prise le 16 décembre 2014, dans un premier temps j’avais écrit à tort 2016, ce qui explique votre commentaire, Monsieur Bruhat. Cette délibération était destinée à rassurer Noël Guitton, qui a assisté au conseil municipal et a cru que l’affaire était dans le sac. Mais le texte était très astucieusement rédigé, le conseil n’ayant approuvé qu’un “projet de dossier” et pas un projet ni une subvention. Peu avant le vote, Thierry Simelière avait indiqué : “la commune ne s’engagera que si les
    subventions représentent au moins 50 % du coût”, mais il n’y a pas eu de vote sur ce dernier point.

  3. Le projet a donc été adopté ? Dans ce cas quand commencent les travaux ? L’été prochain ?

  4. Effectivement, le devis s’élevait à 859 200 €, c’est sur ce budget que le conseil municipal a voté, voir le PS que j’ai rajouté.

  5. Sur les subventions conditionnées à l’attribution d’un projet municipal, vous avez totalement raison. C’est dans tous les projets d’ordre public. C’était de l’humour ! Pour le contribuable, ce n’est jamais transparent !
    Je me rappelle très bien que la promesse de ce projet de gazon synthétique était dans le programme de T. Simelière. Je l’avais (la promesse), à titre personnel, critiquée compte tenu de son coût exorbitant estimé à 800.000 € à l’époque, pensant qu’à l’heure des économies ce n’était vraiment pas prioritaire.

  6. Monsieur Bruhat vous avez partiellement raison, je dis partiellement parce que les organismes qui délivrent des subventions les conditionnent au fait qu’elles ne représentent qu’un certain pourcentage du coût du projet, 20, 25, 30, voire 50% pour la Mairie. D’autre part les promesses de subventions s’appliquent à un projet de gazon synthétique, il faudrait soumettre un nouveau dossier de demande pour financer le drainage et le ré-engazonnement biologique (graminées) des terrains.

    Albert, c’est une excellente question et le fait que tu l’aie posée prouve que ta liste “Vivons Saint-Quay-Portrieux” ne l’avait pas promis. Pour ce qui est des autres, il me semble qu’il y en avait au moins deux en plus de “C’est le temps d’une équipe nouvelle !”. J’offre une médaille (de ma collection) à celui qui trouvera.

  7. Mon cher Denis merci de préciser quels candidats avaient “promis” une pelouse synthétique aux footeux.

  8. Excellent analyse et surtout solution beaucoup moins coûteuse. Comment ne pas y avoir pensé plus tôt ? Avec les “promesses” de subventions du club, la municipalité n’aura rien à débourser.

    Autre commentaire : Saint-Quay-Sports n’est pas encore en L1 ni en L2. Mais le foot mérite quelques sacrifices !

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