Combien consomment les disjoncteurs ?

Une installation électrique moderne comporte, en aval du compteur ERDF, et successivement (en série) : une liaison filaire (cuivre), un disjoncteur de branchement (15 à 60A monophasé ou triphasé, différentiel 500mA), un ou plusieurs disjoncteurs différentiels (40A, différentiel 30 mA), et une batterie de disjoncteurs divisionnaires (10 à 32A). De par son principe de fonctionnement, un disjoncteur magnéto thermique comporte en série un bilame (résistance) et un solénoïde (impédance) assurant respectivement une protection contre les surcharges et contre les surintensités. Les disjoncteurs présentent donc une impédance qui crée une chute de tension et une dissipation d’énergie provoquant un échauffement de l’appareil. Voulant équiper un tableau électrique, j’ai recherché les impédances des différents matériels disponibles sur le marché : Legrand, Schneider, Hager, Debflex…, afin de choisir le plus économe en énergie. Mais contrairement à la plupart des matériels électriques, l’impédance et la consommation d’énergie des disjoncteurs ne sont pas indiquées par les constructeurs. Tout ce que j’ai pu trouver, c’est ce tableau, publié par Schneider Electric, donnant la puissance dissipée par différents disjoncteurs de la marque :

Les XC40, C60, IC60, NG125 sont des appareils bipolaires (2 pôles protégés), alors que les disjoncteurs domestiques ont la phase protégée et le neutre coupé, il se peut qu’ils correspondent au type DPN (Disjoncteur Phase Neutre).

Ça donne une idée de la puissance dissipée et donc de l’impédance des disjoncteurs divisionnaires.

En me basant sur les valeurs de la première ligne (j’ai interpolé la puissance dissipée du 20 A), j’ai dressé le tableau suivant où les valeurs de la puissance dissipée et de la chute de tension correspondent à l’intensité nominale :

Calibre 6 A 10 A 16 A 20 A 25 A 32 A
 Puissance dissipée  2 W  3 W  3,4 W  3,6 W  3,7 W  4,7 W
 Impédance  0,056 Ω  0,030 Ω  0,013 Ω  0,009 Ω  0,006 Ω  0,005 Ω
 Chute de tension  0,33 V  0,30 V  0,21 V  0,18 V  0,15 V  0,15 V
% chute de tension 0,15 % 0,13 % 0,09 % 0,08 % 0,06 % 0,06 %

Je n’ai pas trouvé les puissances dissipées du disjoncteur de branchement et du disjoncteur différentiel de tableau. J’imagine qu’elles doivent être du même ordre de grandeur que celles des disjoncteurs divisionnaires.

Il n’est pas aisé de mesurer l’impédance d’un appareil électrique : un simple ohmètre ne suffit pas car cet appareil ne donne que la résistance de l’appareil lorsqu’il est traversé par un courant continu. Pour connaître l’impédance d’un disjoncteur, il faut le faire traverser par un courant et mesurer à la fois l’intensité de ce courant et la tension aux bornes du disjoncteur. Le quotient de la tension par l’intensité correspond à l’impédance. Pour effectuer la mesure, il est nécessaire de disposer d’une source de tension alternative de quelques volts, de résistances de faibles valeurs (0,1 à 1Ω), d’un voltmètre capable de mesurer des tensions de l’ordre du millivolt en courant alternatif et d’un ampèremètre. A suivre…

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