L’ombre des attentats de Charlie Hebdo et de l’hyper casher de la porte de Vincennes aurait-elle égaré le bon sens des journalistes, des policiers et des juges de Saint-Brieuc ? Je lis dans les journaux de ce matin que l’auteur présumé des tirs de mercredi a été interpellé par la police. Des tirs, au fusil mitrailleur, à la Kalachnikov ? Sur qui ? Des journalistes ? Des juifs ? Combien de morts ? De blessés ? L’attentat a-t-il été revendiqué par l’Etat Islamique ? Rien de tout ça. L’adolescent aurait visé un bus, depuis sa chambre, avec une « arme », un jouet en plastique, tirant de petites billes en métal. Le bus a été « remplacé », cite un journal, remplacé ? Pour une éraflure sur une vitre latérale ? Une arme ? Avec une énergie à la sortie du canon de 2 joules, soit l’énergie acquise par une pomme (de 200 grammes) après une chute d’une hauteur de un mètre, je doute fort que ces billes aient pu endommager les vitres d’un bus. En comparaison, une balle de revolver a une énergie initiale de 646 à 793 Joules. Et c’est en compagnie de sa mère que l’adolescent s’est rendu, librement, à la convocation du commissaire de police.
Affolement des pouvoirs publics suite aux événements du 11 janvier et aux consignes reçues de l’Etat ? Vengeance personnelle d’un conducteur d’autobus ? Deux parcours de vie brisés pour un enfant et sa mère, peut-être en difficultés, qu’il vaudrait mieux aider que stigmatiser. Les journaux se régalent de ces faits divers. La peur nourrit la Presse. Que celui qui n’a pas fait de bêtises étant gamin (j’en fais partie) jette la première pierre.
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Je ne suis pas choqué par la présentation de cet adolescent à la Justice que, par ailleurs, il connait déjà.
Il y en a assez de ce que l’on appelle dorénavant des « incivilités » et qui auparavant était considéré comme des délits.
Plusieurs remarques peuvent être tirées des ces faits :
– effectivement, les journalistes ont tendance à dramatiser pour vendre leurs papiers (ce n’est pas nouveau),
– la vente libre de ces armes factices pose question,
– la tendance des gamins à « tirer sur tout ce qui bouge » suite à des jeux vidéos toujours de plus en plus violent et des films de plus en plus gore. Il n’y a plus d’espace entre la fiction et la réalité,
– enfin, si quelqu’un doit être condamné, c’est la mère, dont l’inconscience est inouïe. Comment peut-elle acheter un pistolet à son gamin, alors que celui-ci a déjà été condamné pour vol ? Est-elle complice de ses méfaits et en attend elle l’usufruit ?
La déchéance de la parentalité devrait exister dans des cas comme ceux-ci !
Quant au gamin (à 3 ans de la majorité) il est indispensable qu’il soit sociabilisé dans un environnement autre que celui qu’il a connu jusqu’alors. Si rien n’est fait, dans quelque temps, ce ne sera pas avec un pistolet à air comprimé que l’on retrouvera à la une des quotidiens mais avec une arme de guerre.