Le département des Hauts de Seine a perdu un des hommes qui ont participé à la transformation d’une banlieue, autrefois pauvre, déshéritée et triste, en une banlieue riche, opulente, riante, etc. Je parle de Charles Pasqua. Cet homme a mis en oeuvre tous les moyens, légaux notamment, mais pas que… pour parvenir à ses fins. Quand Charles a débarqué, à la fin des années 60, le département était sale et misérable, le quartier de la Défense était à l’état d’abandon, le 92 regroupe aujourd’hui les communes les plus florissantes de l’île de France. Mais Charles Pasqua n’était pas seul. Une ville a changé de façon spectaculaire : Levallois.
Une banlieue triste et poussiéreuse à la fin des années 60, un havre de vie animé et accueillant aujourd’hui. La transformation de Levallois remonte à 1983, quand Patrick Balkany succède à Parfait Jans, le député-maire communiste* (ancien chauffeur de taxi) sortant. La ville se transforme, les immeubles insalubres sont abattus pour céder la place à des résidences, des jardins et des équipements publics. Les familles de Neuilly et du XVIème achètent des appartements pour loger leurs enfants, et pour accompagner la fermeture des usines, garages et dépôts de taxis, les cadres et les employés remplacent progressivement les ouvriers et les chômeurs. Depuis les années 2000, l’arrivée massive de familles Séfarades, en provenance de la Seine-Saint-Denis et du Val d’Oise, a dynamisé la ville en même temps qu’elle faisait exploser les prix de l’immobilier. Pasqua, Balkany, des méthodes parfois à la limite de la légalité, voire au-delà, mais des résultats positifs. Autre événement marquant ces jours-ci dans les Hauts de Seine, la réélection de Manuel Aeschlimann (un proche de Nicolas Sarkozy) à Asnières sur Seine, contre Sébastien Pietrasanta, qui reste député, et la victoire de Rémi Muzeau (le suppléant de Patrick Balkany à l’assemblée nationale) à Clichy la Garenne, contre Julien Perez. Il n’y a plus un seul maire socialiste dans les Hauts de Seine. Et la guerre froide entre Levallois et Clichy, qui a connu son apogée le 1er septembre 2009, lors de la bataille des sens interdits, gagnée par Levallois contre Clichy, va cesser. Clichy, beaucoup de programmes immobiliers, notamment en front de Seine, dans le quartier du bac d’Asnières, Clichy, un futur Levallois, … Si les socialistes ont été chassés du département, les communistes conservent des villes, comme Gennevilliers, dirigée par un maire communiste, Patrice Leclerc. Une ville en pleine transformation aussi, avec de nouveaux quartiers d’affaires et d’habitations, les impôts locaux y sont parmi les plus bas de l’île de France, car Gennevilliers est une ville riche, grâce à son port, le port de Paris. Paris et sa banlieue voient de plus en plus la société se regrouper par affinités : sociales, ethniques, religieuses, politiques, etc. Le département des Hauts de Seine, que je connais bien, voit petit à petit le départ des familles pauvres, notamment d’origine Maghrébine et l’arrivée de familles aisées. On assiste à un mouvement inverse dans les départements de la Seine Saint-Denis et du Val d’Oise. Une mondialisation de l’île de France, où à quelques centaines de mètres ou à une ou deux stations de métro, on passe de l’opulence à la misère, et du foulard Chanel au tchador.
© Denis Roques
(*) La municipalité communiste de Levallois a laissé une opulente cité HLM, face au parc de la Planchette, de style Staline-Ceaucescu, où les demandes d’appartements sont nombreuses.
© crédits photos :
Charles Pasqua : www.nationspresse.info/
Mairie Levallois : Denis Roques (29.06.2015)
Bien noté votre commentaire Monsieur Roques. Tant mieux si Saint-Quay est dirigé par une municipalité d’union nationale. Je ne connais pas Monsieur Simelière, mais je vous crois sur ses qualités. En tant que résident secondaire, j’attends de voir des réalisations concrêtes et de bon goût !
Monsieur Bruhat,
Je réagis, en tant que conseiller municipal sur votre phrase : “A Saint-Quay… le maire (UDI) et ses conseillers sont de droite”. Lorsque cette liste a été constituée, Thierry Simelière, effectivement membre de l’UDI, nous avait dit qu’elle serait sans étiquette. Et c’est ainsi qu’il l’a déposée auprès de la préfecture. Mais la lecture de la préfecture a été différente et notre liste a été classée UDI puisque le tête de liste était UDI. Ceci étant, les conseillers ne sont pas tous de droite, loin s’en faut. Entre nous, tout au long de la campagne, nous n’avons jamais fait référence à nos sensibilités politiques, et je serais bien en peine de vous dire qui est de droite, qui est de gauche, qui est au milieu, qui est aux extrêmes. Thierry Simelière, j’ai du mal à le cataloguer à droite, son parti, l’UDI, est censé être au centre, ce parti s’est allié avec les Républicains, mais si la droite remporte les prochaines élections, l’UDI aura à sa droite du bleu et du bleu marine et se retrouvera peut-être à gauche à la chambre des députés et puis Thierry Simelière, ce n’est pas un bourgeois, ce n’est pas un fils à papa, c’est un homme qui a réussi par lui-même, par son intelligence, par son travail, cet homme est proche des gens, par son métier, par son comportement, je ne le perçois pas comme un homme de droite. En même temps je suis en train d’écrire que les gens proches des gens sont forcément de droite, ce qui n’est pas vrai.
Au cours de la campagne électorale, des réunions de la majorité, des dîners privés, nous n’avons jamais parlé de politique nationale, mais seulement des intérêts de Saint-Quay et c’est ça qui m’a plu dans l’équipe nouvelle.
Denis
Merci de votre dernier message apaisant, comme je souhaite nos rapports et nos échanges futurs.
Concernant les “politiciens”, de tout temps et de tout bord, nous avons pu noter des “dérives” ou plus de certains. S’agissant d’une pratique qui ne fait pas l’apanage d’un seul parti, je m’abstiens toujours de donner des exemples qui ne seraient pas exhaustifs. D’où mon agacement, dont vous voudrez bien m’excuser, lorsque vous ne citez qu’une frange du paysage politique.
Je reconnais volontiers l’impartialité de votre commentaire précédent… jusqu’à l’allusion socialiste.
Il est vrai qu’à Saint-Quay, aux dernières élections, tous les candidats étaient classifiés “divers droite” !
Effectivement, j’ai eu une mauvaise lecture du professionnalisme. Mais le choix socialiste a été effectué pour tenter d’éviter d’avoir trop de candidatures exotiques où certains candidats ne se présentent que pour bénéficier d’une publicité personnelle. On constate quand même que ce sont en général, les candidats des partis qui sont élus dans les grandes et moyennes villes. Au moins l’électeur est sûr de la tendance du candidat et de la liste. A Saint-Quay, il n’y a pas d’ambigüité. Le maire (UDI) et ses conseillers sont de droite.
Sur mon propos déséquilibré, je rappelle des faits ou des actes qui ont souvent besoin de ne pas être oubliés par les amnésiques volontaires. Même si ça ne fait pas plaisir. La mémoire collective est si courte. J’entends tellement de contre-vérités ou de mensonges qu’on est obligé de mettre les points sur les « i »!
Désolé, je me suis, peut-être, mal exprimé.
Quand je parle de professionnalisation, je pense à l’obligation d’être présenté par un parti politique pour être élu. Le retour à la IIIe République qui a si mal fonctionné.
La plupart des élections vont devenir, maintenant, des scrutins de liste présentés par des partis politiques.
Saviez-vous que, lors des dernières municipales, vous n’aviez plus la possibilité de vous présenter en « non-inscrit » ?
Ainsi, une liste composée d’individus soucieux du seul bien-être de leurs concitoyens sans esprit partisan, se voyait affubler d’une étiquette politique au gré du fonctionnaire qui recevait l’inscription ! Décision prise par un gouvernement socialiste ! Ce n’est pas de la désinformation mais du concret vérifiable.
Si vous voulez être honnête, vous avez dû vous rendre compte, que dans mon commentaire précédent, je fustigeais aussi les communes de droite qui ne jouaient pas le jeu de l’équilibre démographique et social.
Il s’agit d’un propos très modéré et équilibré, ce qui, une nouvelle fois, n’est pas le cas du vôtre qui nie tout en bloc et attaque systématiquement le côté que vous ne soutenez pas.
Je suis persuadé qu’en se rencontrant, nous trouverions des points communs de pensée et d’opinion, si nous ne restons pas figés et bornés sur des positions indéfendables.
Il est évidemment très regrettable que les municipalités de gauche aient songé à apporter un peu de bien-être à leurs modestes concitoyens. J’avoue être très choqué par ce que je lis. Force est de constater que ce bien-être a un coût que les communes riches ne veulent pas partager. Cela ne fait pas partie du dogme de droite. Ce n’est pas nouveau, et il n’y a aucune raison que ça change, surtout en période de crise financière.
Le bien-être des municipalités de droite est de ne pas respecter la loi SRU, préférant payer avec l’argent de leurs riches citoyens, une indemnité à l’Etat. Et ça marche !
Vive l’Egalité, vive la Fraternité, et vive la Solidarité !
PS : première nouvelle sur la professionnalisation de la politique souhaitée par la majorité actuelle. On ne sait plus quoi inventer pour désinformer. Et ça marche aussi ! Depuis quand Monsieur Pasqua mort hier à 88 ans était-il parlementaire ? Avec quel argent Monsieur et Madame Chirac (née Chodron de Courcel) ont-ils vécu toute leur vie politique ? etc. etc. Tant que l’on n’aura pas réglementé le statut de l’élu (nb de mandats maximum et âge limite), nous aurons toujours des notables indéboulonnables. Qui aura le courage de voter cette loi ?
Une Commune (et j’aime bien ce nom) pour pouvoir vivre convenablement ne doit surtout pas devenir un ghetto (de quelque nature que ce soit, riche, pauvre, de même race, de même confession, etc.).
Le problème des municipalités de gauche (et encore plus communiste) a toujours été de vouloir réaliser des équipements au delà de leurs ressources et de leurs besoins réels (piscines, patinoires, stades, etc.). Parallèlement, elles réalisaient de grands ensembles immobiliers à loyers modérés (voire plus pour les “amis”), de manière a attirer un électorat favorable et, ainsi, assurer leur réélection et les financements des bureaux d’études des partis politiques concernés (le SICOPAR, par exemple, pour la place du Colonel Fabien).
Enfin, elles taxaient les entreprises au maximum (l’ancienne taxe professionnelle) pour “faire payer le capital” selon le dogme bien connu.
Conclusion, Paris s’est trouvé entouré par la “ceinture rouge”.
Au fil des années, ces Communes ont connu de graves problèmes, tant financier que sociologique, pour devenir ce que l’on appelle “les quartiers”. Nous pouvons penser à Aulnay sous bois, La Courneuve, Bobigny, Sarcelles, Sartrouville, etc.
A l’inverse, quelques communes dirigées par la droite, ont limité à l’extrême les implantations de logements sociaux. Certes le résultat financier est brillant, mais le bilan moral est nettement moins glorieux.
Il faut savoir trouver le juste milieu, sans parti pris.
Etre élu local (sans professionnalisation de la politique comme le souhaite la majorité actuelle) est un sacerdoce s’il est convenablement effectué.
Je partage complètement votre analyse de la situation qui complète bien mon article, que j’avais légèrement modifié, avant de vous lire, pour ne pas faire la part trop belle à Pasqua et à Balkany. Cependant l’implantation des grandes sociétés, que vous citez, est aussi le fruit de l’effort des politiques pour les attirer. Malgré un taux de redistribution sociale élevé, les riches sont de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres et les classes moyennes de plus en plus taxées. C’est vrai à l’échelle des individus, c’est aussi vrai à l’échelle des états (la Grèce versus l’Allemagne).
Effectivement, les personnages cités ont changé considérablement leur ville. Levallois notamment. Ils ont réussi à écarter les pauvres et à les rejeter plus loin. C’est plus démocratique !
Les département des Hauts de Seine est le plus riche grâce à l’implantation de très nombreuses grandes sociétés ayant leur siège social dans ces villes, d’où une manne financière qui les ont aidé à racheter des immeubles entiers insalubres, à les raser et à expulser les plus démunis en toute légalité pour les remplacer par des habitants plus présentables, et du même bord politique par la même occasion.
Les habitants de ces villes s’en trouvent heureux puisque, malgré toutes les condamnations ou les affaires en cours (Pasqua, les Balkany, Aeschlimann, les Ceccaldi-Raynaud, etc.) sont élus ou réélus dans des fauteuils. Il n’y a d’ailleurs pas que dans les Hauts de Seine…
C’est une des caractéristiques des citoyens français qui donnent souvent la prime aux requins politiques qui savent cajoler leur clientèle pendant leur mandature par des petits cadeaux bien sympathiques. Mais le suffrage est universel et chacun voit midi à sa porte ! Tant mieux pour les uns, et tant pis pour les autres. Ceux là n’avaient qu’à devenir riches…
PS : je remarque un léger clin d’oeil sur le fait que Parfait Jans était un ancien chauffeur de taxi. Mais c’était avant l’affaire Uber ! Depuis, les chauffeurs de taxi ont évolué. Les touristes parisiens l’ont bien remarqué tout récemment ! Selon ses opinions, chacun appréciera leur niveau.