Voitures radar privées et C02

A picture taken on February 24, 2017 in Evreux, northwestern France shows the radar apparatus during the presentation of the radar control car. / AFP PHOTO / CHARLY TRIBALLEAU

Plus on roule vite, plus on a d’accidents

Pour les pouvoirs publics, la sécurité routière est avant tout liée à la vitesse : plus on roule vite, plus on a d’accidents. Oubliés les accidents liés à l’état des routes, aux poids lourds en surcharge, aux non respect des priorités, aux changements de direction sans clignotants, aux piétons qui traversent téléphone à l’oreille (et parfois avec une poussette ou des enfants) alors que le feu vient de passer au vert, aux cyclistes qui grillent les feux rouges, etc. L’excès de lenteur peut être dangereux, rappelez-vous la conductrice du bus scolaire à Millas, qui s’est engagée sur le passage à niveau à la vitesse de 12 km/h pour s’immobiliser ensuite au milieu de la voie ; si elle avait abordé l’intersection à 50 km/h, elle aurait eu assez d’élan pour casser aussi la barrière située de l’autre côté de la voie et dégager ainsi son bus. Rouler à une vitesse anormalement réduite (60 sur route, 80 sur autoroute) est d’ailleurs prohibé par le code de la route, et sanctionné.

Grâce aux GPS, il est relativement facile d’éviter d’être flashé par les radars fixes, et dans une moindre mesure par les radars mobiles, aussi les pouvoirs publics, dans leur grande sagesse, ont décidé de lancer une flotte de 323 voitures radar pilotées par des conducteurs privés, qui vont sillonner les routes de France 8 heures par jour et 365 jours par an pour traquer les délinquants du champignon. Pour ma part, je roule beaucoup (5000 km les deux derniers mois), et lorsque la circulation est fluide, je cale mon régulateur de vitesse 2 ou 3 km/h en dessous de la vitesse limite. Je suis parfois dépassé par d’autres véhicules, surtout des véhicules commerciaux, camionnettes et fourgons, mais avec un écart de vitesse de quelques km/h, peu dangereux quand la voie est libre. En revanche, sur le boulevard périphérique parisien et sur les autoroutes d’île de France, je vois de temps en temps des fous du volant zigzaguer à grande vitesse entre les files de voitures, ceux-là sont vraiment dangereux et ils devraient être arrêtés sur le champ, mais je doute de l’efficacité du nouveau dispositif sur des voitures volées ou portant de fausses plaques.

323 voitures radar, 365 jours par an, 8 heures par jour, à une vitesse moyenne de 80 km/h, des Peugeot 308 essence émettant 112 g de CO2 par km, ça produira 8 450 tonnes de CO2, soit 4 millions de m3, ou 5 millions de litres d’essence, aux frais du contribuable… et de la planète !

Mais l’écologie ne fait pas le poids en regard des vies sauvées et des centaines de millions d’euros d’amendes au crédit du trésor public.

Espérons seulement que la présence de ces dispositifs sur les voitures radars ne perturbera pas la visibilité des conducteurs privés au point de créer des accidents en plus.

Sécurité routière ou gros sous ?

95% des amendes concernent des excès de vitesse de moins de 20 km/h au-dessus de la vitesse autorisée, et 50% des amendes concernent de très petits excès de vitesse, de 1 à 5 km/h au-dessus de la vitesse autorisée, déduction faite de la marge d’erreur. Pour les gros rouleurs, ceux qui parcourent la France du nord au sud, d’est en ouest, sur route et sur autoroute, et passent quotidiennement devant des dizaines voire des centaines de radars fixes, ceux qui ont perdu presque tous leurs points, un par un, pour des excès de vitesse minimes, ceux qui sont confrontés plusieurs fois par jour à des refus de priorité et à des conduites dangereuses, le discours sécuritaire centré sur la vitesse passe mal, comme les stages de récupération de points auxquels ils doivent participer avec un grand sentiment d’injustice.

D’autres solutions existent

Le LAVIA, dont j’ai parlé dans l’article un régulateur de vitesse intelligent, permettrait de mettre fin aux excès de vitesse involontaires, ces dépassements de la vitesse autorisée du conducteur prudent qui regarde la route au lieu de garder les yeux rivés sur son compteur.
Il permettrait également, à condition qu’il ne puisse pas être désactivé, prévenir les grands excès de vitesse, les excès de vitesse volontaires des chauffards.
Et pour les véhicules non équipés de LAVIA, les programmes GPS (Waze, Here we go, Google Maps, Coyote, etc.) pourraient enregistrer en temps réel la vitesse et la position des automobiles et communiquer les excès de vitesse au centre national de traitement des infractions routières. Autrement dit, vous utilisez une application GPS = vous autorisez le service à communiquer votre vitesse.
Le rôle des autorités se bornerait à vérifier la conformité des véhicules et en particulier l’absence de détecteurs électroniques de radars illicites (fréquences radio).

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