Le marteau Talabot de Saut du Tarn

Un vieux marteau, qui vient de ma maison de “La Sarrote”, à Fauch, le village du Tarn où ma famille paternelle, originaire de l’Aveyron, s’est installée à la fin du 18ème siècle. Le marteau n’avait pas fière allure, le manche était en mauvais état et branlait (c’est fréquent chez les manches) et le métal était rouillé et souillé de mortier de ciment. J’ai eu du mal à éliminer le mortier, j’ai dissout la plus grande partie avec le nettoyant anticalcaire W5 de Lidl et gratté le reste avec un couteau et un fer à béton affûté, en regardant les photos, je vois qu’il y a encore du travail… Quelque part, je pensais trouver quelque chose en nettoyant ce vieil outil et effectivement j’ai été récompensé : une marque de fabrique est apparue : un zèbre, et juste en dessous l’inscription “TALABOT”, soulignée.

SAMSUNG CAMERA PICTURESRenseignements pris, la pièce a été fabriquée par la forge de Saut de Sabo, à Saint-Juéry, quelques kilomètres à l’amont d’Albi, une entreprise dirigée de 1832 à 1864 par Léon Talabot, nommé à sa tête par le maréchal Jean-de-Dieu Soult alors ministre de la Guerre du roi des français Louis-Philippe. Entre le lieu de fabrication (fabrication de l’acier + forge) de cette tête de marteau et le lieu où je l’ai trouvée : 14 kilomètres. Quand on pense à la mondialisation et aux milliers de kilomètres que parcourt la moindre marchandise… Mes aïeux avaient dû acheter cet outil dans les années cinquante (1850) et j’imagine que le marteau avait été acheminé du lieu de production au lieu d’utilisation par une charrette à traction animale. Je n’ai pas retrouvé trace de la commande et j’ignore si mon arrière-arrière grand père avait acheté l’outil chez un quincaillier ou l’avait commandé directement auprès de la forge. En tout cas, une chose est sûre, au vu de ses traces d’usure, c’est qu’il a beaucoup servi. Je vais lui fabriquer un nouveau manche et le garder pour mes petits enfants. Certains objets industriels, par leur beauté, raffinée ou brute, méritent de faire partie du patrimoine de l’art et de la culture.

PS : On peut lire, sur la page de couverture du catalogue de 1935, la mention suivante :

Siège social 60 rue de la Victoire, Paris 9e. Capital 18.000.000 de francs. Société anonyme des hauts fourneaux, forges et aciéries du Saut-du-Tan. Usines à Albi (Tarn), Cosne (Nièvre), mine à Alban- Le Fraysse (Tarn), stations électriques Ambialet, les Avalats, Arthès, Saint-Juéry (Tarn).

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