Le revolver 1892 reste une arme dangereuse !

J’ai lu dans la presse que Cherif Chekatt, le tireur de Strasbourg abattu par la police aujourd’hui aurait utilisé un revolver modèle 1892. Ce revolver, fabriqué par la Manufacture d’Armes de Saint-Etienne de 1892 à 1924 en 385 000 exemplaires équipait principalement les officiers de 1914 à 1918 et en 1940, la troupe quant à elle était équipée de fusils. Il a aussi été donné en cadeau à la fin de la guerre aux officiers méritants (ainsi que des Luger P08 pris à l’ennemi).

Ce revolver à 6 coups tire des cartouches de 8 mm, un calibre qui n’est plus utilisé aujourd’hui, mais que fabrique encore le manufacturier italien Fiocchi, à destination des possesseurs de ces armes anciennes.

Les caractéristiques de ces munitions sont les suivantes :

Calibre : 8 Lebel
Ogive blindée, masse : 7,19 g (111 grains)
Vitesse : 280 m / s
Energie : 282 joules ( 1/2 x 0,00719 x 280^2 )
Longueur maximale de l’ogive : 27,40 mm
Longueur maximale de la cartouche : 37,00 mm

L’ogive 8 mm Lebel est un peu plus légère qu’une 9 mm Parabellum : 7,19 g contre 8,0 g, elle est propulsée avec moins d’énergie (282 joules contre 518 joules), mais ça ne la rend pas moins létale pour autant car au lieu de traverser le corps de part en part, elle y reste logée en dissipant toute son énergie cinétique dans les chairs ou dans les organes.

Les amateurs d’armes auraient voulu que ce revolver soit classé dans la catégorie des armes anciennes, ce qui leur aurait permis de le détenir sans autorisation mais dans sa grande sagesse le législateur l’a maintenu dans la catégorie des armes soumises à autorisation de détention (catégorie B1).

Ça n’a pas suffi à empêcher l’adorateur d’Allah de s’en procurer un car beaucoup d’armes ont été cachées en Alsace lors des deux guerres mondiales. Les munitions ne sont cependant pas en vente libre et il n’a pu se les procurer qu’auprès d’un tireur sportif autorisé à détenir un revolver 8 mm et à acheter les cartouches qui vont avec. J’imagine que la police a inspecté la liste des détenteurs de 1892 dans le Bas Rhin et a interrogé les présidents de clubs de tir.

A propos de la dangerosité de cette arme, j’ai trouvé cet argumentaire édifiant sur le site de l’Union Française des amateurs d’Armes, j’ai souligné les passages qui m’ont interpellé :

Le revolver mle 1892 ce mal aimé !
lundi 19 décembre 2011

Tous les amateurs d’armes déplorent la volonté du gouvernement de vouloir classer le 1892 dans une “restrictive” ce qui empêchera les collectionneurs de le détenir librement.
Trouver une dangerosité à cette arme conçue il y a 120 ans laisse perplexe

Du fait des destructions subies pendant les deux guerres, les guerres coloniales et celles effectuées par les pouvoirs publics depuis ces 30 dernières années, le 1892 est devenu une arme rare très recherchée par les collectionneurs.

La munition 8 mm est une munition d’arme de poing peu performante largement dépassée dès le début du XXe par les munitions américaines en cal 38 et 45, et, les munitions allemandes en 9 mm parabellum. Elle n’est plus fabriquée en France depuis de nombreuses années.
Les munitions anciennes fonctionnent rarement, les plus récentes encore fabriquées par la firme FIOCCHI en Italie dans les année 70 sont peu répandues en France et sont de toutes façons soumises à autorisation.

Largement dépassée dès le début de la première guerre mondiale à cause du mauvais choix de sa munition, le 1892 reste certainement la plus belle fabrication de la Manufacture Nationale de St Etienne et témoigne de l’extraordinaire savoir faire de l’arquebuserie française de la fin du XIXe

En conclusion, le revolver 1892 du fait de la rareté de l’arme et de sa munition ne présente pas un grand danger pour la sécurité publique. Si sa détention devient accessible aux collectionneurs (sous conditions), le danger sera encore moins important.

9 commentaires sur “Le revolver 1892 reste une arme dangereuse !”

  1. Toute arme est dangereuse en fonction de son utilisateur. Comme une tronçonneuse ou une scie à ruban. Ou encore une voiture (il y a d’ailleurs nettement plus de victimes de ce fait que par arme à feu).
    Le revolver d’ordonnance Saint Etienne 1892 est une arme obsolète voire dépassée. Comme un revolver Chamelot Delvigne 1873 ou 1874. Pourtant dans le premier cas, l’arme est classée en catégorie B, les autres en catégorie D. Cela signifie que la récente législation a été rédigée par des personnes ne connaissant rien ou très peu aux armes à feu.
    En outre, dans les deux cas, les munitions sont difficiles à se procurer (8mm 92 et 11mm) à moins de pouvoir (et, surtout, de savoir) recharger.
    Ce n’est pas pour cela que des munitions anciennes ne peuvent servir. En tant que tireur sportif, j’ai eu la chance de pouvoir essayer des 9mm parabellum datant de 1942 et 1944. La plupart ont fait feu sans problème, certes deux ou trois n’ont pas fonctionné.
    J’ai également pu essayer un 1892 au stand : la détente est extrêmement dure, même en simple action, et la poignée ronde ne facilite pas la prise en main. Tenir le noir de la C50 à 25 mètres est loin d’être évident.
    Cette arme est revenue sur le devant de la scène avec les événements de Strasbourg. De source policière, les victimes ont subi des tirs dans la tête à bout portant voire touchant. Un 1873 ou toute autre arme (en 22 LR par exemple, cartouches très faciles à se procurer dans une grande enseigne de sport) aurait eu le même résultat.
    Cette arme que je qualifie de superbe, mécaniquement parlant, est une antiquité à l’heure des PA en polymère et autre fusil d’assaut. Et sa cartouche anémique.
    La loi, pourtant récente, est inadaptée à la présente situation.
    Les événements de la préfecture de police de Paris ont mis en lumière l’usage de couteau en céramique (non métallique pour un portail détecteur). Aucun législateur ne va légiférer sur cet outil de cuisine. Il s’agit encore d’un objet dangereux.
    Ce qui renvoie au début de ma diatribe : la source dangereuse est l’utilisateur, qu’il prenne un camion, un couteau ou un 1892.

  2. Giletbleu, c’est la police ?
    95, c’est votre département ? Si c’est le cas, nous sommes voisins.
    Vous dites que l’approvisionnement en munitions par le biais d’un tireur sportif ne tient pas et vous pensez plutôt à un reliquat de la guerre d’Algérie. Si le FLN s’était procuré des munitions pendant la guerre d’Algérie, ces cartouches auraient aujourd’hui dans les soixante ans et je ne suis pas sûr qu’elles soient encore utilisables aujourd’hui.
    Un ami à moi avait un petit pistolet 6,35 mm des années 50 et les cartouches qui allaient avec, il a essayé de les percuter, sans succès.
    Aussi je persiste à croire que les cartouches utilisées par le terroriste étaient de facture récente, soit des cartouches FIOCCHI, soit de vieux étuis (douilles) réamorcés et rechargés . L’enquête de police a dû les analyser, mais rien n’a été divulgué dans la presse, que je sache.
    Je ne peux qu’être d’accord avec votre dernière phrase, il me semble que les permis de port d’arme pour se défendre (bijoutier, maison isolée…) ne sont plus accordés et je vois des gens s’inscrire dans un club de tir dans le seul but d’avoir l’autorisation d’acheter une arme pour se défendre en cas d’agression.
    Parallèlement on a l’impression que la loi est plus clémente pour les cambrioleurs, les agresseurs, on va s’apitoyer sur leur misère sociale et les acquitter, alors que le “riche” qui s’est défendu en tirant sur son agresseur sera condamné.
    C’est exactement le contraire de ce qui se passe aux Etats-Unis où dans beaucoup d’états le port d’arme est autorisé y compris dans les lieux publics (concealed carry) et où quiconque qui aura tiré en situation de légitime défense se voit systématiquement acquitté par les tribunaux, ça va même plus loin, si vous tirez sur quelqu’un qui entre par effraction chez vous, même s’il n’est pas armé, ce sera encore de la légitime défense.
    Ceci étant, le nombre de tués par balles chaque année aux Etats-Unis est effarant.
    Difficile de trouver un juste milieu entre des pratiques si différentes.
    Denis

  3. Qu’il soit classé en B1 n’a pas empêché qu’il s’en procure un. L’auteur semble suggérer un approvisionnement en munitions par le biais d’un tireur sportif. Là encore son raisonnement ne tient pas. Je parierais avec une bien plus forte probabilité sur un reliquat de l’arsenal du fln branche française (utilisé en métropole pour s’imposer dans la communauté algérienne pour récolter l’impôt de guerre et imposer l’omerta, les attentats et les assassinat des flics qui les combattaient) qui s’est procuré plusieurs milliers d’armes pendant les événements de 1954 à 1962 de toutes les manières possibles; la source la plus importante ayant été allemande ça aurait pu être une arme plus efficace comme un pistolet en cal 9×19 (9 para inventé en 1902 ou 1904), munition 2,5 fois plus puissante que la famélique 8mm92. C’aurait pu être aussi un pistolet en 7,65 mm browning (inventée en 1899, nommée 32 acp outre atlantique) munition au moins aussi puissante que ce 8mm92 mais dans des pistolets plus compacts et discrets, de contenance plus élevée (sup ou égale à 7 cartouches) et s’approvisionnant plus rapidement avec des boîtiers chargeurs. La létalité et la dangerosité des cal 8mm92 et 32 acp sont au regard des criteres actuels assez faibles, d’autant qu’elles sont tirées par des armes de poing avec lesquelless atteindre une personne à plus de 10-12 m nécessite un entrainement soutenu et régulier (que n’ont pas la plupart des policiers francais). Seul James Bond arrive à tuer d’une seule balle de son minuscule ppk chambré en 32 acp (ppks en 380 avec Daniel Craig) un affreux à 50 m en sirotant une vodka-martini. Ce que craignent les flics ce ne sont pas les antiques 1892 juste bons à tuer à bout portant des civils légalement désarmés (le port d’arme est interdit en France) mais l ‘ aK 47 avec lequel n’importe quel crétin sans entrainement pourra génocider jusqu’à au minimum 30 m et dont la munition peut percer à courte distance le pare balles qu’ils portent au quotidien. Le fait qu’il soit prohibé n’empêche là encore pas les voyous ou les cinglés de s’en procurer relativement facilement. La seule chose que réussit notre législation très contraignante est de désarmer les citoyens honnêtes face aux terroristes et autres malfaisants dangereux et violents qui n’ont rien à cirer de la loi.

  4. dangereuse quand sa vous arangent.
    en 14 dans les tranchées, pour ne pas vivre sous le vindict germanique , cette arme ne l’etait pas .

    votre commentaire est lamentable car noubliez jamais que : l’interdiction a toujours etait le dédut de la prohibition
    si vous voulez vous faire saigner comme un lapin ces votre probléme Moi je vend chérement ma peau

  5. D’accord avec ce que vous dites, mais pas sur tout : La munition 8mm n’est pas si facile que ça à se procurer, un seul manufacturier, l’italien Fiocchi, et il est nécessaire de disposer d’une autorisation de détention d’une arme du même calibre.
    Au niveau de la dangerosité, outre le couteau à désosser vendu sans ordonnance en grande surface, les carabines et pistolets 22 LR autrefois non soumis à autorisation d’achat ou de détention, sont pas mal non plus.
    Pour ma part, j’aime les armes en tant qu’objets, colectionneur par essence, j’aime posséder des objets intacts et fonctionnels, si ça ne pose pas de difficultés avec les téléphones anciens, que je collectionne avant tout, ça en pose avec les armes, pour avoir le droit de les conserver, il faut les rendre inutilisables, ce qui est normal, sauf que la législation actuelle, qui part d’un bon sentiment, mais qui est trop contraignante à mon sens, altère leur présentation en tant qu’objet de collection.
    Vivement un statut du collectionneur d’armes, pour celui qui aime l’objet et pas la fonction, pour celui qui souhaite conserver ces objets du passé sans devoir pour autant aller tirer 3 à 6 fois par an sur des cibles en carton.
    Assorti évidemment d’obligations de sécurisation à domicile, d’autorisation de transport, etc.
    On légaliserait en même temps tous ceux qui ont hérité du 1892 ou du P08 de leur grand-père ou arrière grand-père, qui n’ont pas l’intention de commettre d’attentats et qui aimeraient conserver l’arme dans leur famille comme témoignage du passé, au même titre qu’un autre objet personnel.
    Laissons les collectionneurs d’armes tranquilles, ils ne nuisent à personne, à condition que leurs armes anciennes soient sécurisées (coffre-fort).

  6. Il est heureux que le législateur aie laissé cette arme dans la catégorie B1 car si elle avait été déclassée en D2, toutes les armes de collection seraient aujourd’hui reclassées en B1.
    La dangerosité avérée tient entre autre à la facilité pour trouver l’arme (production importante en France et stocks encore important en circulation) et facilité à se procurer la munition. Le pouvoir de destruction de l’arme n’est que secondaire. Un revolver à blanc utilisé à bout touchant sur la tête des victimes aurait eut le même effet… Principe du pistolet d’abattage en abattoir….

  7. Le 1892 à pompe est bien classé en D2, mais pas le 1892 à barillet classique qui est en B1. Je n’ai pas bien compris pourquoi vous avez écrit “il est faux de dire…”

  8. Il est faux de dire que le révolver 1892 est comme vous le mentionnez:”Les amateurs d’armes auraient voulu que ce revolver soit classé dans la catégorie des armes anciennes, ce qui leur aurait permis de le détenir sans autorisation mais dans sa grande sagesse le législateur l’a maintenu dans la catégorie des armes soumises à autorisation de détention (catégorie B1).” si le 1892 en effectivement classé en catégorie B, il en est pas de même du même révolver 1892 dit “à pompe” qui lui est classé en D2,donc libre à la vente et a la détention, par contre la munition de 8,92mm est bien classé en B . CQFD pour le 1892

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