Les Arches de Noé de La Grande Motte

Je n’avais jamais vu ni entendu parler de l’Arche de Noé (Arca Noae) jusqu’à ce que j’en trouve sur la plage cet été. Cinq seulement, ce coquillage est relativement rare et surtout ceux que j’ai trouvés étaient à demi enfoncés dans le sable, je pensais que c’étaient des bucardes et ce n’est que parce que je m’étais accroupi pour ramasser un autre coquillage que je les ai vus.

Les coquillages ne présentent pas tous les mêmes zébrures, mais je pense cependant qu’ils appartiennent tous à l’espèce Arca Noae et non Arca Zebra, les zébrures de cette dernière étant orientées différemment.


Noter la forme de la charnière, très longue et parfaitement rectiligne, elle est munie d’une multitude de petites dents, agrandir la photo ci-dessus pour les voir.

Les Bucardes et les Coques de La Grande Motte

Profitant de mes vacances à La Grande Motte, j’ai ramassé des coquillages refoulés par les vagues sur l’estran de la plage du Couchant. Ces coquillages sont assez ordinaires, rien à voir avec les magnifiques coquillages de mers tropicales, cependant j’ai pris du plaisir à dénicher les plus rares et à essayer d’identifier les différentes espèces que j’ai ramassées. J’ai acheté sur Amazon un petit livre où j’ai trouvé des photos de tous les coquillages que j’ai ramassés. Le titre du livre est « Les coquillages », de Cédric Audibert & Michel Le Quélent, aux éditions Jean-Paul Gisserot. Prix 3€. Les photos et les descriptions de ce petit livre sont beaucoup plus précises que ce que j’ai pu trouver sur internet, Wikipédia notamment.

J’ai l’intention de publier plusieurs articles consacrés à chaque espèce de coquillage que j’ai récoltée. Je commence aujourd’hui par les Bucardes et les Coques, les coquillages les plus emblématiques des plages d’Occitanie.

Bucardes et Coques

Je me souviens encore des roudoudous que vendait le boulanger de la rue Villa Paradis à Marseille dans les années cinquante. Une coquille remplie d’une confiserie en sucre que je suçais en allant à l’école. La bucarde est sans doute le coquillage le plus répandu sur l’estran du Golfe d’Aigues Mortes, à La Grande Motte notamment, c’est aussi le plus ramassé par les promeneurs, aussi, en saison estivale, j’ai trouvé surtout de petits sujets.

Les appellations Bucardes et Coques se recoupent et désignent parfois les mêmes espèces. Cependant, le terme Bucarde est plutôt réservé aux Acanthocardia et le terme Coque aux Cerastoderma, dont la Cerastoderma edule, celle qui est vendue sur les étals de fruits de mer.

Afin de classifier les coquillages que j’ai ramassés, je me suis intéressé à la couleur, à la forme générale de la coquille, et au relief des côtes.

1) La Bucarde tuberculée « Acanthocardia tuberculata »

C’est un des coquillages les plus répandus sur la plage du Couchant, ils sont de couleur orange ou blanc, les tubercules sont peu visibles sur les petits sujets, ici une bucarde orange :

Noter la forme presque symétrique de la coquille et le fort relief des côtes. Les cotes ne sont visibles qu’à leurs extrémités en raison de l’épaisseur de la coquille.

Bucarde blanche :

Bucarde tuberculée :

2) La Bucarde épineuse « Acanthocardia aculeata »,

Elle doit être assez rare car je n’ai trouvé qu’un sujet. La coquille est beaucoup plus fine que celle de la bucarde tuberculée.

Les épines sont surtout présentes sur la partie droite, plus rectiligne. Noter la forme et la finesse de la coquille.

3) La bucarde « Acanthocardia paucicostata »

Là aussi je n’ai trouvé qu’un seul sujet. Comme la bucarde épineuse, sa coquille est très fine, on la reconnait à ses côtes espacées avec de fines arêtes sur le dessus :

Noter la forme des côtes, elles sont bien visibles, de la naissance aux extrémités.

4) La coque glauque « Cerastoderma glaucum »

Un peu moins abondante que les bucardes, j’ai cependant ramassé une dizaine de sujets. Elle se distingue de la bucarde par sa forme plus dissymétrique avec un côté plus allongé que l’autre. Sa coquille est épaisse et le relief de ses côtes peu prononcé.

Noter le peu de relief des côtes comparativement aux bucardes. Les cotes ne sont visibles que sur le bord, et les dentelures sont peu prononcées.

5) La coque commune « Cerastoderma edule »

On pourrait la confondre avec une bucarde, car sa forme est plus symétrique que celle de la coque glauque. Seul le faible relief de ses côtes permet de la distinguer.

— à suivre —

Coquillages de l’estran de La Grande Motte

Profitant des grandes marées de la Grande Motte (amplitude 21 cm), j’ai ramassé des coquillages sur la plage du couchant, dans le sable mouillé en bordure de plage. Les coquillages sont tout petits car une machine vient régulièrement nettoyer le sable et broie ou enlève tout ce qui dépasse quelques centimètres.

Sur la photo ci-dessus, de gauche à droite et de haut en bas :

[L1] 1 bucarde épineuse, 5 bucardes de différentes couleurs, 2 turitelles, 1 escargot à identifier,
[L2] 1 mactre coralline, 3 mactres de différentes couleurs, 1 dosine, 1 turitelle, 1 escargot de mer, 1 éclat de murex épineux,
[L3] 2 arches de Noé, 1 escargot, 1 moule, 1 escargot,
[L4] 8 pétoncles, 1 couteau, 1 balane , 1 pied de pélican, 1 fragment d’os ?,
[L5]  2 tellines bivalves, 1 telline rose, 3 concrétions, 1 fragment d’escargot, 4 balanes fixées sur une coquille de moule,
[L6] 7 anomies (pelure d’oignon), 1 balane et deux concrétions.

Les marées en Méditerranée

Les marées en Méditerranée, tout au moins sur le côtes françaises, sont de très faible amplitude, cependant elles sont facilement observables lors de la pleine lune, sur les plages à faible pente de l’Occitanie. Cela faisait longtemps que je cherchais un annuaire de marées, je viens de le trouver sur le nouveau site du SHOM. Ce serait bien que le site marée info ajoute les ports de Méditerranée. Avec une amplitude de 20 cm pour les vives eaux, ça fait un peu ridicule par rapport à la baie du Mont Saint-Michel, pas question de pêche à pied à marée basse, mais ça existe, et conjugué à l’effet de la pression barométrique (1 cm par hectopascal) et de la poussée du vent, selon qu’il vient de la terre ou de la mer, cela peut conduire à des amplitudes supérieures à 50 cm. Ci-dessous l’annuaire de marée du SHOM pour le port de Sète, il est valable pour toute la côte occitane (je l’ai également mis en vignette dans le bandeau de droite :

En Méditerranée, contrairement à l’Atlantique et à la Manche, les amplitudes de deux marées successives sont inégales, c’est peut-être la raison pour laquelle le coefficient de marée ne figure pas dans l’annuaire. On observe ces jours-ci le même phénomène à Venise, où les coefficients de marée sont plus forts, et où lors de deux marées consécutives, les hauteurs de la haute mer ne changent pas alors que les hauteurs de la basse mer diffèrent notablement.

Un mois déjà…

Au départ ce blog était consacré à Saint-Quay-Portrieux où j’ai passé mes vacances d’été depuis 1977 et où j’ai résidé à plein temps de 2011 à 2016. Puis j’ai écrit sur mes voyages, sur ce qui m’interpellait dans l’actualité, sur des sujets divers et variés qui parfois n’intéressaient que moi. Et puis, il y a un mois pile aujourd’hui, Thomas quittait ce monde. Depuis, je lui ai consacré ce blog, pour préparer ses obsèques d’abord, puis pour recueillir des témoignages. Pour informer ses proches, ses amis, tous ceux qui l’ont côtoyé. Je continuerai à publier des témoignages, des textes et des photos sur Thomas…

Après les obsèques, la famille s’est retrouvée auprès des grand-parents paternels de Thomas, à Marseille, chez qui Thomas devait venir passer une semaine de vacances cet été. Pour le weekend du 15 août, nous nous retrouverons dans  sa famille maternelle, à Saint-Quay-Portrieux.

Pour ma part, je suis dans le midi depuis un peu plus de deux semaines, à Marseille et à La Grande Motte. Les températures ont été caniculaires, mais ça rend la piscine et la mer d’autant plus attrayantes.

Arrivés vendredi soir à La Grande Motte, nous sommes allés nous baigner en mer à 21h30, l’eau était à 26° et l’air à 36°, avec un peu de vent, même pas besoin de serviette pour se sécher.

Aujourd’hui dimanche, en milieu de matinée, j’ai loué pour une heure un « standup pedalboard » (vidéo ci-dessus), pour ceux qui ne connaissent pas, ça a la forme d’une planche de paddle, et c’est équipé de deux pédales, comme des pédales de step, et d’un guidon de vélo avec deux leviers de freins qui permettent de se diriger. J’ai fait plusieurs aller-retour du bord à la bouée des 300m en me laissant porter par les vagues au retour. A côté de ça, les paddle classiques avancent à l’allure d’un escargot. J’imagine que ce concept aura du succès. La planche est commercialisée par Hobie, sous le nom de « Mirage Eclipse ». Ça existe depuis le printemps 2016. Sur la vidéo ci-dessous, les planchistes placent leur pieds tout à l’arrière des pédales, pour ma part, je les met plus en avant, ça fait moins de débattement et ça suffit à avancer, peut-être moins vite, mais une heure, c’est long. Le tarif de location (La Grande Motte) : 20€ de l’heure, pas de caution ni de carte d’identité demandée, juste un papier à remplir.

L’après-midi, nous sommes allés nous balader en vélo au Grau du Roi, un grand catamaran était sur le point de partir, nous avons embarqué pour une croisière d’une heure à la voile qui nous a amené jusqu’à La Grande Motte, retour au Grau du Roi en passant devant Port Camargue. Sortie très agréable, le bateau est très stable, aucun roulis, seul un léger tangage face à la houle. Le tarif : 8€ pour une sortie d’une heure.

Bain de mer au retour, l’eau est tellement chaude qu’on y resterait durant des heures.

Menaces sur La Grande Motte

J’ai assisté ce soir à l’assemblée générale de l’association la vigie citoyenne grand-mottoise.
Après la présentation par le président, Claude Delhoume des actions de l’année écoulée et des enjeux des projets d’urbanisme de la municipalité, j’ai pris conscience du risque de voir notre station bétonnée à outrance, de voir nos espaces verts, notre domaine maritime et les rares espaces non bâtis livrés à la cupidité des promoteurs.
La municipalité a la volonté de développer la station, d’agrandir le port, de faire venir des entreprises et des commerces, de construire des logements. La fonction de Maire est ainsi faite que certains considèrent plus leur ville comme une entité qu’il faut développer et faire prospérer que comme un héritage qu’il faut préserver.
La Grande Motte n’est pas une ville comme une autre, c’est une des rares réussites architecturales des trente glorieuses. Vingt ans entre les premières pyramides, livrées en 1968 et les dernières constructions marquantes, la mairie, la thalasso et le collège. Jean Balladur, l’architecte de ce projet, aura vécu assez longtemps pour en voir la fin.
Ce projet architectural est cohérent, harmonieux et équilibré, hôtels, studios cabines, appartements, villas, campings, port, plages, étang, espaces verts, golf, il y a des hébergements et des activités pour toutes les bourses et pour tous les goûts. Ce projet est aujourd’hui achevé, évitons de le saboter en densifiant les constructions, en rognant sur les plages, sur les espaces verts, sur les parkings, ne laissons pas de nouveaux immeubles cacher la vue des anciens. L’appétit des promoteurs est sans limites, répondre favorablement à leurs demandes, c’est ouvrir la boîte de Pandore.
A la fin de la réunion, quelqu’un a posé la question : quel intérêt présentent les projets de la Mairie pour les citoyens de La Grande Motte ? Je vous laisse deviner la réponse de l’assemblée.
Heureusement que des associations, comme la vigie citoyenne grand-mottoise sont là pour modérer les ambitions du maire et des promoteurs.

Les migrants de Saint Brevin l’Océan

impacts de balles sur le Centre CCAS de Saint Brevin l'Ocean

Saint Brevin l’Océan s’apprête à accueillir 70 migrants dans le centre de vacances d’EDF, généreusement mis à disposition par la CGT, gestionnaire des activités sociales d’EDF depuis 1946. Le “Pavillon des Fleurs” est idéalement situé au cœur de l’artère principale à deux pas de la plage et du quartier des belles villas nichées dans la forêt de pins.

Les migrants de Calais vont être répartis dans différents établissements comme celui de Saint-Brevin, où ils bénéficieront d’un accueil à la hauteur de la réputation généreuse de la France.

Le centre de vacances d’EDF (CCAS) n’est ouvert que l’été, le reste de l’année il héberge les activités sociales du comité d’entreprise. D’où la bonne idée d’y loger temporairement des migrants, tout en leur dispensant une formation qui facilitera leur insertion.

Les Brevinois sont partagés sur ce projet d’accueil, selon leurs sensibilités, certains attendent pour se faire une opinion, certains sont fiers d’accueillir ces migrants, d’autres réunis au sein d’un comité de soutien s’opposent pacifiquement au projet, d’autres de façon plus belliqueuse, comme celui (ou ceux) qui a tiré des coups de feu dans les vitres de l’établissement (photo).

Grâce à Saint Brevin et grâce aux autres communes qui vont accueillir des migrants un peu partout en France, la promesse de François Hollande de démanteler complètement la jungle de Calais d’ici la fin de l’année sera peut-être tenue.

Mais 70 migrants à Saint Brevin, c’est peu comparé aux 2000 migrants qui s’embarquent tous les jours depuis les côtes libyennes. Combien faudra-t-il de Saint-Brévin pour les accueillir ?

Saint Augustin et l'enfantÇa me fait penser à Saint-Augustin et à sa rencontre avec un jeune enfant sur une plage d’Afrique du Nord, pas en Libye, mais dans l’actuelle Algérie. L’enfant était fort occupé, allant et venant sans cesse du rivage à la mer : il avait creusé dans le sable un petit bassin et allait chercher de l’eau de mer avec un coquillage pour la verser dans son trou. Le manège de cet enfant intrigua l’évêque qui lui demanda :
– Que fais-tu là ?
– Je veux mettre toute l’eau de la mer dans mon trou.
– Mais, mon petit, ce n’est pas possible ! La mer est si grande, et ton bassin est si petit !
– C’est vrai, mais j’aurai pourtant mis toute l’eau de la mer dans mon trou avant que vous ayez compris le mystère de la Sainte Trinité.
L’enfant était un ange…

La flore des dunes de La Grande Motte

Les dunes de La Grande Motte, désormais protégées par des ganivelles, abritent une flore variée :

La Grande Pyramide à La Grande Motte

L’été est loin d’être fini, à La Grande Motte, le ciel, le soleil et la mer sont à la même température qu’en juillet et le sable brûle les pieds.

La Grande Pyramide, samedi 10 septembre 2016.