La carte et le territoire, c’est le titre d’un roman de Michel Houellebecq, un roman qui a obtenu le prix Goncourt en 2010, un roman que j’ai dévoré en deux jours à peine, un Michel Houellebecq qui n’avait pas hésité à encenser le journal télévisé de Jean-Pierre Pernaut dont il fait un de ses personnages.
La carte et le territoire, à Saint-Quay-Portrieux, où l’enjeu de la fusion des intercommunalités préoccupe plus les citoyens que les élections régionales.
Ce soir (mardi 9 décembre), le maire de Saint-Quay-Portrieux avait organisé une réunion publique au centre de congrès pour présenter la carte et le territoire proposés par le préfet des Côtes d’Armor. Comme il l’a souligné, c’était et ce sera la seule réunion publique organisée dans notre communauté de communes. Une réunion publique à laquelle au moins 150 personnes ont participé, des Quinocéens, mais aussi des Binicais et des Tagarins, une réunion qui aura duré deux heures et demie.
Thierry Simelière a d’abord présenté les chiffres, des chiffres rébarbatifs, la synthèse de l’étude exhaustive et objective de Ressources Consultants Finances communiquée à Binic jeudi dernier. Il a ensuite passé la parole à la salle. Ceux qui sont intervenus pour poser des questions ou apporter des témoignages étaient contre la carte, cependant les échanges ont été courtois et pertinents.
Une réunion dense, réussie, à mettre à l’actif du maire et plus largement à l’actif de la ville de Saint-Quay-Portrieux. Je n’en dirai pas plus, parce que je serai amené à me prononcer vendredi en conseil municipal, parce que je me sens investi d’un certain droit de réserve, et parce que les médias présents sauront mieux synthétiser la teneur des échanges que moi.
Toujours aussi fort pour répondre à côté du sujet initial, ce qui s’appelle de la langue de bois comme tout bon politicien inféodé à un parti politique.
Merci Monsieur Picolet de rappeler que Gaston Defferre a mis en place le projet de décentralisation en 1981.
Pour le reste, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Ce qui est le cas de François Hollande. Preuve d’intelligence. Et qui, cette fois a voté contre le projet de regroupement ? Allons, place au pragmatisme et à l’avenir. Le pays est en marche. Mais ça va (comme d’habitude) prendre du temps. Trois pas en avant, deux pas en arrière ? On verra en 2017 !
Il est bon de rappeler que le premier à avoir tenter une grande réforme de l’Etat par la décentralisation a été le Général de Gaulle.
Il a été combattu dans ce projet par un certain François Mitterrand et par un jeune arriviste du nom de Valéry Giscard d’Estaing.
A chaque fois que les gouvernements de droite ont voulu avancer dans la réforme de nos institutions régionales, la gauche s’y est farouchement opposée.
Cette dernière a attendu de centraliser tous les pouvoirs (Présidence de la République, Gouvernement, Assemblée Nationale, Régions) pour faire un découpage politicien à son avantage, pour tenter de limiter la casse suite aux désillusions du peuple français.
Ce n’est pas de l’interprétation, mais un simple constat.
Ou est l’intérêt politique des partis ? Aucun n’a l’air d’avoir trop souffert du couplage des régions. Celles-ci ne sont plus rose horizon.
Le gouvernement a mis en place une restructuration nécessaire. Peut-être imparfaite au goût de quelques opposants systématiques, jaloux que ce ne soient pas eux qui aient fait cette réforme malgré 10 ans de pouvoir ininterrompu. Mais au moins il y a une réforme qui était attendue et demandée et qui était au programme du candidat Hollande. Une fois en place, les chamailleries d’arrière garde cesseront. Il faut regarder devant et reconstruire notre économie. Trop de temps a été perdu à cause des fainéants qui nous ont gouverné. Il faut parfois agir.
M. Bruhat, pour une fois essayez de voir les choses de manière claire sans parti pris.
Si la Loire Atlantique n’a pas rejoint la Région Bretagne, c’est bien pour empêcher cette dernière de basculer à droite.
Il en est de même pour la trop grande Région Aquitaine, qui s’est soudainement étendue jusqu’au centre de la France, sans oublier le Poitou.
Quant à l’Alsace, elle s’est vue adjoindre la Lorraine et la Champagne-Ardennes…
Dans les 3 découpages (Cantonales, Régionales et Communauté de Communes) ce n’est pas l’intérêt des habitants qui a été pris en compte mais les intérêts des Partis Politiques, sans tenir compte d’une possibilité de consultation des citoyens.
Imposer une date limite au 15 Décembre alors que les éléments chiffrés de comparaison ne sont intervenus que le 3 Décembre n’est pas vraiment un modèle de démocratie.
Nous sommes tous d’accord sur le fait qu’il est impératif de réduire le “mille-feuilles” administratif en France. 36 000 Communes, dont certaines seulement que d’une centaines habitants, c’est trop.
Toutefois, cela doit se faire dans la plus grande concertation, autour de projets et d’intérêts communs (services, transports, culture, sports, emploi, commerce, artisanat, industrie, etc.).
Le gag concernant le Sud-Goëlo, c’est qu’après avoir été rattaché au Canton de Plouha, Saint-Quay-Portrieux se voit maintenant regroupé dans la communauté de Communes de Saint-Brieuc agglomération et Quintin, alors que Plouha ne s’y trouve pas.
Où est la logique préfectorale ?
Il y a un projet national visant à enfin rationaliser les structures féodales et coûteuses de ce pays. Il n’y a pas eu de charcutage politique des régions afin de favoriser tel ou tel parti politique. La preuve en est le résultats des régionales. Il y a une simple volonté d’économiser à moyen terme les frais insupportables et inadmissibles pour le contribuable. Il fallait un certain courage pour enfin lancer cette restructuration qui s’imposait depuis longtemps.
L’Etat jacobin délègue un certain nombre de pouvoirs à ses préfets pour des raisons de proximité. Le préfet écoute les uns et les autres, en particulier les élus du peuple. Ce sont aux élus municipaux de consulter démocratiquement leurs concitoyens afin de connaître leurs volontés. Reste à savoir s’ils écoutent et s’ils entendent ou non et s’ils ont le courage de s’opposer. Démocratie participative oblige. Le préfet devra tenir compte des avis et des délibérations des communes.
Le retour à l’Empire ?
Le retour aux heures sombres de notre histoire ?
Toujours est-il ,que la démocratie a fait long feu !
Après un redécoupage des Cantons au hachoir politicien sans tenir compte des avis des habitants, nous avons dû subir un redécoupage des Régions avec le même hachoir politicien, puis maintenant, nous voyons arriver un redécoupage des Communautés de Communes sans aucune concertation avec la population.
L’Etat nous parle de décentralisation, de régionalisation, de pouvoir rendu aux Citoyens, de décisions de proximité, etc.
De qui se moque t-on ?
Le seul pouvoir de proximité est maintenant celui du Préfet, qui organise son département à sa guise, sur les instructions du Gouvernement.
A quelques jours du scrutin des Régionales il faut se poser la question suivante :
A quoi cela sert d’aller voter ??
La position des élus de Binic s’explique, à mon avis, par le fait que cette ville fait partie intégrante de la banlieue de Saint-Brieuc. Ce que ne sont pas Etables et Saint-Quay. La raison majeure en est cette frontière que représente le feu tricolore de Binic et l’absence de route de contournement de la ville qui permettrait un accès plus rapide pour les salariés. Route de contournement dont on parle depuis des lustres et qui n’en finit pas de ne pas se faire faute d’accord et peut-être de financement.
D’où la raison et le bon sens de se tourner vers Plourhan, Lantic, Lanvollon, Tréveneuc pour créer une nouvelle agglomération indépendante de Saint-Brieuc. Alliance et complémentarité entre la mer et la terre.
Excellent commentaire de Gérard Lacour sur la dimension nationale, mais quid de la dimension locale? A quel jeu jouent les élus de Binic? Binic+Etables+St Quay forment un tout économique et culturel, et leur avenir est commun: pourquoi les 3 communes ne s’allient-elles pas pour agir vis à vis du Préfet?
Ce commentaire ne vise pas les élus de St Quay et des autres communes alentours qui font en effet leur travail. Mais dans cette affaire ce qui est affolant et révoltant, c’est qu’en plein moment d’élections régionales qui devrait permettre aux citoyens de s’instruire et de réfléchir sur cette dimension de l’organisation de notre pays (dans le cadre européen), on met sur le tapis une sorte d’ultimatum sous forme d’obligation de vote des élus précédé d’une “consultation” qui n’en est pas une tant il est perceptible que cela vient d’en haut et que nous sommes tous dépassés, y compris nos élus. Cela vient d’en haut… de la préfecture, rattachée au ministère de l’intérieur. Quid de la démocratie et de la décentralisation ? Cela s’appuie sur des chiffres de “l’étude exhaustive et objective de Ressources Consultants Finances”… etc. : sans doute, mais, sans mettre en doute la sincérité du travail de cet organisme ou société, il serait temps de commencer à se rendre compte de la “dictature” des chiffres et du “power point” qui permet de développer des raisonnements avec une force apparente du vrai que personne ne peut vérifier. Or tous ceux qui ont pratiqué cela, avec sincérité je le répète, savent bien la vanité de ces raisonnements appuyés sur des chiffres que le temps et la vie se chargent bien trop souvent de contredire.
Pour bien apprécier, il faudrait aux citoyens une contre expertise de ces chiffres… quasi impossible ou irréaliste. Alors que faire ? Sur ce sujet en particulier, où tout est donné pour une impression que le temps “presse” et que c’est “la logique” de faire ainsi, il semble que nous ne pouvons plus que faire confiance aux “autorités”. Donc inclinons nous en bons citoyens disciplinés, et tenons-nous pour heureux d’avoir pu exprimer notre avis avec d’autres arguments que des chiffres. Mais il reste pour tous, élus, gouvernants, citoyens, le problème de la confiance. Nous voyons bien que nous sommes dans une société complexe qui ne peut plus être dirigée d’en haut et qui ne peut plus fonctionner sans confiance mutuelle et partagée; qui ne peut plus non plus ne prendre en compte que des critères économiques qui sont importants, mais qu’une partie du problème. Cette crise de confiance se traduit dans les bouleversements électoraux que nous vivons actuellement… La confiance ne se décrète pas, ne relève pas de la méthode Coué. Mais elle est bien l’affaire de tous. Et les méthodes de gouvernance y contribuent pour beaucoup. La responsabilité de la préfecture et de l’organe central dont elle dépend me semble fortement engagée dans cette affaire de restructuration des intercommunalités… et de confiance. Alors, peut-être, malgré tout, faut-il faire confiance aux hommes qui sont en fonction dans les institutions, à leur espace de liberté et leur sens des responsabilités !?
Bonjour, n’ayant pas pour “passion favorite la politique”, j’attends la fin des élections régionales pour retrouver des articles plus proches de mes lectures préférées sur ce blog. Tous les jours, les médias, les journaux, les réseaux sociaux ne parlent que de çà, à la longue cela devient pénible. Cordialement. Patrick