Le prix des carburants aux Etats-Unis et la politique de Macron

A l’heure où la hausse des taxes sur les carburants est contestée par le mouvement des gilets jaunes, voyons quel est le prix de l’essence et du diesel aux Etats-Unis. Aujourd’hui, les prix moyens sont les suivants :

Essence (Regular Gasoline) : $ 2.477 USD/gal
Diesel (Diesel Fuel) : $ 3.162 USD/gal

Sachant qu’un gallon correspond à  3,78541 litres et qu’un dollar vaut 0,88 €, les prix de l’essence et du diesel aux Etats-unis sont les suivants :

Essence : 0,575 € / litre (2.477 x 0,88 / 3,78541)
Diesel : 0,735 € / litre (3.162 x 0,88 / 3,78541)

Pourquoi tant de différence avec les prix français ?

Parce qu’aux Etats-Unis, les taxes sur l’essence et sur le diesel  ne représentent que 16 % du prix, alors qu’en France elles représentent 61,6 % du prix de l’essence et 57 % du prix du diesel :

Mais si on considère maintenant le taux de taxes, soit le montant des taxes divisé par le prix hors taxes, comme la TVA, dont le taux normal est de 20 %, le taux de taxes sur l’essence est de 160 % et le taux de taxes sur le diesel de 133 %, à comparer avec un taux de 19 % aux Etats-Unis, un pays où les salaires sont bien plus élevés qu’en France.

Il est pertinent de rééquilibrer les taxes entre le diesel et l’essence, mais ce rééquilibrage devrait se faire sur une longue période de temps, au moins une dizaine d’années, de façon à ne pas pénaliser les automobilistes qui ont acheté récemment des voitures diesel pour faire des économies de carburant. Et surtout ce rééquilibrage devrait voir la baisse des taxes sur l’essence parallèlement à la hausse des taxes sur le diesel.

Les gilets jaunes ont bien compris que la hausse des taxes à la fois sur le diesel et sur l’essence n’a pas pour objet de réduire les émissions de CO2, mais plutôt de remplir les caisses de l’Etat en faisant participer les français modestes, ceux qui ne paient pas ou peu d’impôts et pas ou peu de taxe d’habitation.

Il y avait des dispositifs plus justes pour inciter les français à réduire leur consommation de carburant, je pense notamment au malus automobile, mais celui-ci devrait être réformé car en l’état il favorise beaucoup l’achat de véhicules diesel ou hybrides rechargeables au détriment des voitures à essence.

L’attitude du pouvoir macronien vis à vis des français qui revendiquent consiste depuis le début à essayer de compenser une hausse de taxes ou d’impôts par la baisse d’une autre taxe ou la mise en place d’un dispositif aidé.

Aux retraités qui manifestent contre la hausse de la CSG la réponse invariable : “on va supprimer la taxe d’habitation”.

Pas dupes les retraités, qui pour beaucoup ont vu leur taxe d’habitation augmenter et non pas diminuer.

Aux gilets jaunes qui demandent l’annulation de l’augmentation des taxes sur le carburant, on propose une prime à la conversion pour acheter une voiture électrique hors de prix ou à très faible autonomie, une prime pour changer leur chaudière, la modération de la hausse des prix de l’électricité et du gaz, la gratuité des préservatifs (make love, not war).

Ne pas donner satisfaction à une revendication légitime, proposer à la place un dispositif d’aide pour l’achat de quelque chose qui n’a rien à voir, jeter des miettes en exonérant les très très modestes, non seulement ça ne sert à rien, mais en plus c’est coûteux pour les finances publiques et donc pour le contribuable ou le taxé.

Un président élu par surprise (affaire Fillon venant à point nommé), élu par défaut (il fallait faire barrage au FN), dont c’est le premier mandat électif, un président trop jeune et inexpérimenté, mais “qui se la pète”, des députés 2.0 eux aussi inexpérimentés et hors sol, qui grisés par leurs promotions se la pètent aussi, avions-nous besoin de ça en cette période de crise ? Nul doute que Nicolas Sarkozy ou François Hollande auraient été plus à l’écoute des Français et auraient mieux géré la contestation.

Que révèle la Colère des Gilets Jaunes ?

Avant-propos

Très occupé depuis le début de l’année mois par deux rénovations d’appartements (en vue de les vendre et de m’acheter une maison), j’ai délaissé ce blog. La révolte des Gilets Jaunes m’a interpellé et je livre ici, un peu dans le désordre les réflexions qu’elle m’a inspirées. Je compléterai l’article au fur et à mesure.

Que s’est-il passé samedi à Paris ?

La manifestation des Gilets Jaunes samedi 24 novembre est sortie du cadre habituel des événements déclarés par les mouvements revendicatifs (syndicats, partis politiques, collectifs) et soumis d’habitude à l’autorisation de la préfecture de police qui valide le parcours et les horaires.

En réponse à la demande des Gilets Jaunes, la préfecture de police a choisi le Champ de Mars comme lieu de manifestation. Comme l’a dit un Gilet Jaune : “nous ne sommes pas des moutons pour qu’on nous parque sur un champ”. En effet le Champ de Mars est une immense pelouse assez râpée et encadrée d’avenues inhabitées faciles à contrôler par les forces de l’ordre, d’où il n’est même plus possible d’accéder à la tour Eiffel depuis qu’elle a été ceinturée d’un mur de 3 mètres de hauteur. Ce samedi, en prévision de la manifestation, l’accès à la Tour Eiffel était fermé et les touristes s’y sont cassé le nez, alors même qu’il n’y avait là que quelques dizaines de manifestants.

Les Gilets Jaunes se sont donc rendus au pied de la plus belle Avenue du Monde, non loin des lieux de pouvoir, l’Elysée, l’Assemblée Nationale et le Ministère de l’Intérieur. Ça n’a pas été une surprise pour le Ministère de l’Intérieur qui avait fait fermer les Champs Elysées et rassemblé d’importantes forces de police sur place.

Lors des grandes manifestations sur les Champs Elysées, comme le défilé du 14 juillet, tout ce qui encombre l’avenue est retiré : les véhicules stationnés à 2 ou 4 roues, les feux de circulation et bien évidemment les équipements des chantiers de voirie : matériel, panneaux, palissades, palettes, planches, etc. Ça n’a pas été le cas cette fois-ci, ce qui a permis aux manifestants les plus entreprenants de constituer des barricades et d’y mettre le feu.

Les pavés de l’avenue, le fameux pavé de Paris, le pavé de 68, ces pavés qui avaient été recouverts d’une couche de bitume après 1968 pour éviter que de futurs manifestants s’en servent de projectiles ou de matériau de barricades, ces pavés de 1968 ont été mis à profit par certains manifestants pour caillasser les fourgons des forces de la police.

Toute personne qui circule comme moi à Paris en deux roues peste contre le revêtement des chaussées où les pavés à moitié recouverts de bitume forment des creux et des bosses et parfois des trous qui mettent à mal le dos des usagers et les suspensions des véhicules. C’est une des raisons pour laquelle il y a tant de 4×4, SUV et Crossovers à Paris.

Certaines mauvaises langues ont affirmé que Christophe Castaner avait donné des ordres pour laisser faire les casseurs, afin de ternir l’image des Gilets Jaunes.

Qui sont les Gilets Jaunes ?

J’ai vu des retraités, des actifs, salariés ou chefs d’entreprise, des professions libérales parmi les Gilets Jaunes interviewés à la télévision, mais je n’ai vu ni cadres supérieurs ni chômeurs.

Ces Gilets Jaunes reflètent les catégories socio professionnelles les plus matraquées par le gouvernement Macron : les retraités et les travailleurs pauvres.

Pas de cadres supérieurs en revanche, pour qui (s’ils ne disposent pour beaucoup d’un véhicule de fonction avec le carburant payé par leur société) la dépense carburant représente peu dans leur budget, pas d’assistés (RSA, APL, locataires d’HLM) qui bénéficient déjà des fruits de la redistribution. Pas de riches non plus, mais le riche ne manifeste jamais.

A Paris il n’y avait pas d’habitants des banlieue, ni même de jeunes casseurs.

Des “petits blancs” selon BFM TV.

Aux yeux des Gilets Jaunes, la mesure phare d’Emmanuel Macron, la suppression de la taxe d’habitation, pas plus que la suppression des cotisations chômage pour les actifs, n’ont manifestement compensé la hausse des autres taxes (CSG sur les pensions) et le relèvement des tarifs publics (Electricité, Gaz, Timbre Poste…).

Cette France des travailleurs et retraités pauvres ou de revenus modestes a bien perçu le dédain voire le mépris des instances dirigeantes et des médias inféodés à leur égard (toutes les chaînes de la TNT), il n’y a que sur RT France (canal 359 sur la FreeBox) que j’ai pu trouver une information sinon objective mais du moins différente.

La proximité de Noël, les journées courtes et le froid, la mauvaise image due aux dégradations des casseurs abondamment mise à profit par le gouvernement auront probablement raison de la révolte des Gilets Jaunes.

Mais le dégoût et la rancœur perdureront et je ne doute pas qu’ils feront entendre leur voix au moment des prochaines échéances électorales.

La prime à la conversion

Le dispositif gouvernemental :

Le vieux véhicule mis au rebut doit être une voiture ou une camionnette, dont le poids total autorisé en charge n’excède pas 3,5 tonnes et répondant aux critères ci-après.

Ménage imposable Ménage non imposable
Véhicule diesel immatriculé avant 2001 Véhicule diesel immatriculé avant 2006
Véhicule essence immatriculé avant 1997

Le montant de la prime dépend du véhicule acheté et de la situation fiscale du foyer :

  • achat d’un véhicule électrique d’occasion ou d’un véhicule thermique (essence, diesel ou GPL) Crit’air 1 ou 2, neuf ou d’occasion, dont le taux de CO2 est inférieur ou égal à 130g/km → 1000 euros pour un foyer imposable, 2000 euros pour un foyer non imposable;
  • achat d’un véhicule électrique neuf → 2500 euros, sans condition de revenus;
  • achat d’un deux-roues, trois-roues motorisé ou quadricycle électrique neuf → 100 euros pour un foyer imposable, 1100 euros pour un foyer non imposable.

Donner une prime à ceux qui se séparent de leur voiture pour acheter un vélo ou pour prendre le transports en commun.

“Macron c’est Marie-Antoinette : vous n’arrivez pas à faire votre plein ? Achetez une nouvelle voiture. Vous ne pouvez plus acheter du fioul ? Changez votre chaudière ! ”(Tweet de François Ruffin de la France Insoumise).

Marie-Antoinette ou Louis XVI ?

Comme pour la taxe d’habitation, ces mesures relèvent de la volonté du gouvernement et pas d’une demande du peuple, pour ma part je considère cette prime comme inutile, injuste et néfaste à l’environnement.

Inutile parce que ces vieux véhicules disparaissent progressivement : le moteur fatigue, la carrosserie se corrode, le contrôle technique les refoule et leurs propriétaires, s’ils sont peu fortunés, se tournent naturellement vers des occasions en meilleur état.

Inutile parce qu’en vertu de la réglementation Crit’Air les véhicules concernés ne seront bientôt plus autorisés à rouler dans les grandes villes, ce qui incitera naturellement leurs propriétaires  à se tourner vers des véhicules d’occasion Crit’Air 3, c’est à dire immatriculés après le 1er janvier 1997 pour les essence et après le 1er janvier 2006 pour les diesel. Des véhicules très peu chers sur le marché de l’occasion.

Inutile parce que beaucoup de propriétaires de ces vieux véhicules habitent à la campagne, là où les particules sont moins nocives qu’en ville, et là où la pollution vient surtout des engins agricoles diesel et des pesticides.

Néfaste à l’environnement parce que la mise au rebut d’un véhicule en parfait état de marche (contrôle technique) pour le remplacer par un véhicule neuf dont la fabrication a consommé des matières premières, de la force de travail et a produit du CO2 et des particules (venant des usines, des navires et des camions qui ont transporté la voiture, des ouvriers qui se sont rendus au travail avec leurs voitures…). Pas besoin de chiffres pour imaginer un bilan négatif.

Injuste, notamment dans la distinction entre les ménages imposables et non imposables :

Madame A est célibataire, salariée, elle gagne 1400 € par mois, elle habite à Paris où elle loue 700 € par mois une chambre de 15 m2, elle paie 100 € de charges et 300 € par an de taxe d’habitation, compte tenu de ses revenus elle n’a pas droit à l’aide au logement et elle est imposable, son impôt annuel 100 €. Il lui reste 567 € chaque mois pour payer son électricité, son téléphone, sa nourriture, ses vêtements, ses transports.

Madame A n’a pas les moyens d’avoir une voiture et même si elle en avait une, elle ne pourrait pas bénéficier des mesures réservées aux personnes non imposables.

Monsieur B est célibataire (divorcé ou veuf), retraité, il a élevé au moins un enfant, sa pension est de 1400 € par mois, il habite à la campagne dans une maison individuelle, il paie par an 800 € d’impôt foncier, 400 € de taxe d’habitation, et 200 € d’eau, avec 1,5 parts fiscales il n’est pas imposable. Il lui reste 1283 € chaque mois pour payer son électricité, son téléphone, sa nourriture, ses vêtements, ses transports.

Monsieur B est propriétaire d’une Peugeot 106 à essence de 1996 qui malgré son âge roule encore bien car il s’en sert peu. Grâce à la prime à la conversion de 2000 €, il va pouvoir s’acheter une Peugeot 207 Diesel Société de 2006 au prix de 3000 €, et s’il attend le mois de janvier, il pourra grâce à la prime à la conversion de 4000 €, devenir propriétaire de la même voiture sans débourser 1 € (hormis le certificat d’immatriculation).

Ne prendre en compte que l’impôt sur le revenu, et pas les dépenses de logement (propriétaire, locataire, locataire HLM) non plus que le patrimoine dans les critères d’attribution de la prime à la conversion est profondément injuste.

Le bonus malus

Comme la prime à la conversion, cette prime est inutile, injuste et néfaste à l’environnement.

Inutile parce que les taxes sur les carburants sont déjà là pour inciter les automobilistes à opter pour des véhicules moins gourmands.

Injuste parce qu’elle ne s’applique qu’à l’achat de voitures électriques, ces voitures, hormis celles qui ont très peu d’autonomie (Peugeot Ion, Citroën Zéro) sont très chères à l’achat et rendent les voyages de plus de 300 km extrêmement compliqués en raison de la difficulté de trouver des bornes de recharge et du temps nécessaire à la recharge. Sans compter que les recharges rapides réduisent la durée de vie des batteries. Une mention spéciale à Renault qui loue ses batteries tout en limitant le kilométrage annuel.

Injuste quand les acheteurs fortunés de Tesla ou de BMW électriques, ces puissantes voitures de luxe, bénéficient d’une prime à l’achat de 6000 € financée par les acheteurs de voitures à essence de moyenne cylindrée, et peu ou pas par les acheteurs de voitures diesel.

La voiture électrique est néfaste à l’environnement compte tenu des conditions de fabrication des batteries et surtout de leur recyclage pour lequel rien n’est encore prévu (à quand la taxe recyclage pour les acheteurs de voitures électriques ?), pas de recyclage = mise en décharge, au déploiement de moyens de production et de nouvelles lignes électriques destinées à alimenter les stations de recharge rapides.

N’y aurait-il pas une absurdité à chauffer des maisons au fuel (émetteur de particules fines) au gaz ou avec des convecteurs électriques (au lieu de pompes à chaleur), et à bannir l’utilisation du gazole (équivalent du fuel) pour les voitures et imposer l’électricité et tous les inconvénients liés ?

[ A suivre…]

Une galle du chêne pédonculé

Je cherchais les glands sur un chêne pédonculé, quand j’ai aperçu ce que j’ai pris d’abord pour un fruit, de la taille d’une prune et de l’aspect d’un melon :

La chose (ce n’est pas un fruit) est fixée directement sur le rameau du chêne. C’est une galle qui abrite une larve d’insectes gallicole, évidemment ça ne se mange pas.

Lieu de l’observation : Gujan  Mestras (bassin d’Arcachon).

La même galle à côté d’un gland du même chêne pédonculé :

On dirait un smiley !

Exactement !

Un mois et demi depuis le dernier article publié ! J’avais pourtant emporté en vacances mon dernier ordinateur portable, un Lenovo surpuissant, ma nouvelle tablette Samsung et trois smartphones, mais la famille, les amis, la piscine et la plage ont pris le dessus. Pourtant les sujets chauds n’ont pas manqué : la coupe du monde de football, l’affaire Benalla, la piscine de Macron, la canicule.

La coupe du monde de ballon rond

Dès le début de la coupe du monde, j’ai cessé de regarder la télévision et d’écouter la radio, tant le sujet, omniprésent sur toutes les chaînes d’informations ne m’intéressait pas. Je ne suis d’ailleurs pas le seul à ne m’être pas intéressé aux matchs, nous étions en effet 48 millions de Français à ne pas avoir regardé la finale, soit presque les 3/4 de la population. Et pourtant il était plus facile de la regarder ou de l’écouter à la radio au moment où tous les postes de l’espace public et privé la diffusaient.

L’affaire Benalla

Si Chirac avait été président, il aurait dit que l’affaire a fait pschitt ! Alexandre Benalla a été le bouc émissaire d’une guerre de pouvoir entre la gendarmerie et la police d’un côté et les services de l’Elysée de l’autre. On nous a présenté ce garçon comme un barbouze payé 10 000 € par mois, vivant dans un 300 m2 au Quai Branly, possédant une voiture de police suréquipée, qu’il était promis aux plus haut postes de l’état, on parlait de le nommer préfet. Il s’est avéré que son salaire n’était que de 6000 €, que son (futur) appartement de fonction ne mesurait que 80 m2, que la voiture équipée de gyrophares faisait partie du parc automobile de l’Elysée. Mais ces révélations sont venues trop tard, après que l’incendie médiatique a eu lieu. Je souhaite à Alexandre Benalla une reconversion dans la sécurité privée, nul doute qu’il n’aura pas de mal à y parvenir. Cette affaire a eu au moins un effet positif : éclipser l’euphorie suivant la coupe du monde dont on n’a rapidement plus parlé.

La canicule

L’été a été beau : ensoleillé, sec et chaud, comme l’hiver a été froid et pluvieux. Quand j’étais à l’école primaire, on m’avait appris que c’était dû aux saisons. Quand j’étais enfant, à Marseille, dans les années 1950, on ne mesurait pas la pollution, les taux d’Ozone (O3) et d’oxydes d’azote (NO2), les taux de particules, les façades des immeubles étaient noires de la fumée des usines, des cheminées, des poëles à charbon et des voitures. De ma fenêtre en étage élevé, au pied de la colline de Notre Dame de la Garde, je voyais le nuage gris de pollution recouvrir la ville.

Depuis, les immeubles ont été nettoyés, les façades sont redevenues blanches ou couleur pierre, et on a trouvé le coupable à l’origine de la pollution : le coupable, c’est le pauvre, celui qui vit en banlieue avec sa vieille voiture de plus de 10 ans.

Les causes de la pollution urbaine sont multiples : résidentiel et tertiaire, industrie, production d’énergie, traitement des déchets, transport ferroviaire, aéroports, navigation fluviale, chantiers et carrières, etc.

Au total, les émissions de CO2 de la région Ile de France sont de 49 669 000 tonnes par an. 12,2 millions de personnes vivent en Île de France. Un être humain rejette en moyenne 1 kg de CO2 par jour. Je multiplie 365 par 12,2 millions et j’ajoute forfaitairement 20% pour tenir compte des animaux domestiques (chiens, chats, oiseaux, poissons, etc). 365 x 12 200 000 x 1,2 = 5 343 600 000 kg = 5 343 600 tonnes.

Emissions de CO2 par an en Île de France : 49 669 000 tonnes

Emissions liée à la respiration humaine et animale : 5 343 600 tonnes

% des émissions liée à la respiration : 5343600 / 49669000 = 10,8 %

Plus de 10% du CO2 est dû à la respiration des Franciliens et de leurs animaux domestiques !

Sans compter les touristes qui respirent aussi.

Je propose donc que les jours de forte pollution, l’accès à Paris soit interdit non seulement aux véhicules Crit’Air 4 et 5, mais aussi aux banlieusards, aux provinciaux, aux touristes et aux chiens.

Exactement

Vous vous demandiez pourquoi j’avais intitulé cet article “exactement”.

Ça devait être le sujet de mon propos, mais je me suis égaré au fur et à mesure que j’écrivais.

Avez-vous remarqué ces deux expressions qui émaillent tous nos propos depuis quelques mois ? Il s’agit d’exactement et de “du coup”. Exactement a remplacé les oui, c’est vrai, c’est clair ou tout à fait, comme du coup a remplacé donc, de fait et par conséquent.

Un tic chasse l’autre : En parallèle, les mots ou expressions comme “alors” (véritable tic de langage), “c’est clair“, “tout à fait“, “au jour d’aujourd’hui“, “tout ce qui tourne autour” ont tendance à disparaître petit à petit, comme les “entre guillemets” mimés avec deux doigts de chaque main.

En revanche, “on va pas se mentir”, “en mode” (en mode piscine, en mode vacances…), “on va sur” (en cuisine : on va sur des notes poivrées, en voyage : on va sur Paris), “après” (à la place de en revanche ou par contre) ont encore un bel avenir.

Articles en projet

Automobile : bonus-malus, comment j’ai réparé un impact sur mon pare-brise pour moins d’un Euro, comment j’ai rénové mes optiques de phare, comment j’ai masqué des rayures sur ma carrosserie. Armes : nouvelle législation, armes de collection, armes à poudre noire.

Mon tour de France

Après La Grande Motte, Marseille, Saint-Brevin l’Océan, Saint-Quay-Portrieux, je continue mon tour de France par la baie d’Arcachon. N’en profitez pas pour visiter mon appartement, depuis le cambriolage de mes deux voisins d’immeuble, j’ai fait installer une alarme, des pièges non létaux et des caméras connectées. Je vous conseille d’en faire de même, vous partirez en vacances tranquilles.

Bonnes vacances à tous !

Voitures radar privées et C02

A picture taken on February 24, 2017 in Evreux, northwestern France shows the radar apparatus during the presentation of the radar control car. / AFP PHOTO / CHARLY TRIBALLEAU

Plus on roule vite, plus on a d’accidents

Pour les pouvoirs publics, la sécurité routière est avant tout liée à la vitesse : plus on roule vite, plus on a d’accidents. Oubliés les accidents liés à l’état des routes, aux poids lourds en surcharge, aux non respect des priorités, aux changements de direction sans clignotants, aux piétons qui traversent téléphone à l’oreille (et parfois avec une poussette ou des enfants) alors que le feu vient de passer au vert, aux cyclistes qui grillent les feux rouges, etc. L’excès de lenteur peut être dangereux, rappelez-vous la conductrice du bus scolaire à Millas, qui s’est engagée sur le passage à niveau à la vitesse de 12 km/h pour s’immobiliser ensuite au milieu de la voie ; si elle avait abordé l’intersection à 50 km/h, elle aurait eu assez d’élan pour casser aussi la barrière située de l’autre côté de la voie et dégager ainsi son bus. Rouler à une vitesse anormalement réduite (60 sur route, 80 sur autoroute) est d’ailleurs prohibé par le code de la route, et sanctionné.

Grâce aux GPS, il est relativement facile d’éviter d’être flashé par les radars fixes, et dans une moindre mesure par les radars mobiles, aussi les pouvoirs publics, dans leur grande sagesse, ont décidé de lancer une flotte de 323 voitures radar pilotées par des conducteurs privés, qui vont sillonner les routes de France 8 heures par jour et 365 jours par an pour traquer les délinquants du champignon. Pour ma part, je roule beaucoup (5000 km les deux derniers mois), et lorsque la circulation est fluide, je cale mon régulateur de vitesse 2 ou 3 km/h en dessous de la vitesse limite. Je suis parfois dépassé par d’autres véhicules, surtout des véhicules commerciaux, camionnettes et fourgons, mais avec un écart de vitesse de quelques km/h, peu dangereux quand la voie est libre. En revanche, sur le boulevard périphérique parisien et sur les autoroutes d’île de France, je vois de temps en temps des fous du volant zigzaguer à grande vitesse entre les files de voitures, ceux-là sont vraiment dangereux et ils devraient être arrêtés sur le champ, mais je doute de l’efficacité du nouveau dispositif sur des voitures volées ou portant de fausses plaques.

323 voitures radar, 365 jours par an, 8 heures par jour, à une vitesse moyenne de 80 km/h, des Peugeot 308 essence émettant 112 g de CO2 par km, ça produira 8 450 tonnes de CO2, soit 4 millions de m3, ou 5 millions de litres d’essence, aux frais du contribuable… et de la planète !

Mais l’écologie ne fait pas le poids en regard des vies sauvées et des centaines de millions d’euros d’amendes au crédit du trésor public.

Espérons seulement que la présence de ces dispositifs sur les voitures radars ne perturbera pas la visibilité des conducteurs privés au point de créer des accidents en plus.

Sécurité routière ou gros sous ?

95% des amendes concernent des excès de vitesse de moins de 20 km/h au-dessus de la vitesse autorisée, et 50% des amendes concernent de très petits excès de vitesse, de 1 à 5 km/h au-dessus de la vitesse autorisée, déduction faite de la marge d’erreur. Pour les gros rouleurs, ceux qui parcourent la France du nord au sud, d’est en ouest, sur route et sur autoroute, et passent quotidiennement devant des dizaines voire des centaines de radars fixes, ceux qui ont perdu presque tous leurs points, un par un, pour des excès de vitesse minimes, ceux qui sont confrontés plusieurs fois par jour à des refus de priorité et à des conduites dangereuses, le discours sécuritaire centré sur la vitesse passe mal, comme les stages de récupération de points auxquels ils doivent participer avec un grand sentiment d’injustice.

D’autres solutions existent

Le LAVIA, dont j’ai parlé dans l’article un régulateur de vitesse intelligent, permettrait de mettre fin aux excès de vitesse involontaires, ces dépassements de la vitesse autorisée du conducteur prudent qui regarde la route au lieu de garder les yeux rivés sur son compteur.
Il permettrait également, à condition qu’il ne puisse pas être désactivé, prévenir les grands excès de vitesse, les excès de vitesse volontaires des chauffards.
Et pour les véhicules non équipés de LAVIA, les programmes GPS (Waze, Here we go, Google Maps, Coyote, etc.) pourraient enregistrer en temps réel la vitesse et la position des automobiles et communiquer les excès de vitesse au centre national de traitement des infractions routières. Autrement dit, vous utilisez une application GPS = vous autorisez le service à communiquer votre vitesse.
Le rôle des autorités se bornerait à vérifier la conformité des véhicules et en particulier l’absence de détecteurs électroniques de radars illicites (fréquences radio).

Coucher de soleil sur les Everglades

J’ai assisté au coucher de soleil sur les Everglades, hier soir vers 18h15 mais le ciel ne se prêtait pas à un rougeoiement intense. Le contraste est saisissant entre à l’ouest l’étendue sauvage et immense des Everglades, et à l’est les zones résidentielles sans interruption de Coral Springs jusqu’à la côte. L’autoroute 869, Sawgrass Expressway marque la limite entre ces deux mondes, l’un peuplé de poissons d’oiseaux et d’alligators et l’autre de voitures à quatre roues.

Quand j’ai quitté Paris, la météo annonçait de la pluie pour les 10 prochains jours, mais pas la moindre pluie si ce n’est une courte averse un matin, et depuis quelques jours, pas un nuage à l’horizon. La carte météo sur le journal du matin :

Emissions de CO2 et malus auto 2018

Les règles de calcul du bonus malus automobile vont être durcies à compter du 1er janvier 2018.

Côté bonus, seuls les véhicules électriques pourront en bénéficier : 6000 € pour une voiture, 900.€ pour un deux ou trois roues de plus de 3kW, mais plus rien pour les voitures hybrides, rechargeables ou non, ni pour les vélos électriques.

Côté malus, les voitures seront taxées à partir d’un seuil d’émission de 120 g/km de CO2, selon le barème progressif suivant :

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Le malus ne s’applique qu’aux voitures particulières, et donc pas aux deux roues, véhicules utilitaires, véhicules de société.

Ces nouvelles règles vont contribuer à la poursuite de la baisse des émissions des véhicules :

Quelle est le rapport, s’il y en a, entre l’émission de C02 et la consommation de carburant ?

L’essence peut être assimilée à un octane (C8H18), son l’équation de combustion est la suivante :

C8H18 + 25/2 O2 –> 8 CO2 + 9 H20

La masse d’une mole de C8H18 est de 8*12 + 18*1 = 114 g.
La masse d’une mole de CO2 est de 12 + 2*16 = 44 g
La masse de CO2 rejetée par mole de C8H18 consommée est de : 8*44 g = 352 g.

Le rapport CO2 émis en fonction de la consommation d’essence est donc de 352/114 = 3,09.

La masse volumique de l’essence étant de 0,74 kg/l et un gramme d’essence brûlée rejetant 3,09 grammes de CO2, l’émission est de : 0,74*3,09 = 2,28 kg de CO2 par litre d’essence consommée.

L’équation de combustion de l’éthanol ajouté à l’essence SP95 et SP95E10 est la suivante :

C2H5OH + 3 O2 –> 2 CO2 + 3 H2O

La masse d’une mole de C2H5OH est de 2*12 + 6*1 + 16 = 46 g.
La masse d’une mole de CO2 est de 12 + 2*16 = 44 g
La masse de CO2 rejetée par mole de C8H18 consommée est de : 2*44 g = 88 g.

Le rapport CO2 émis en fonction de la consommation d’éthanol est donc de 88/46= 1,913.

La masse volumique de l’éthanol étant de 0,789 kg/l et 1 kg d’éthanol brûlé rejetant 1,913 kg de CO2, l’émission est de : 0,789*1,913 = 1,51 kg de CO2 par litre d’éthanol consommé.

Pour le SP95 (95% octane, 5% éthanol), l’émission de CO2 est de 0,95 * 2,28 + 0,05 * 1,51 = 2,24 kg

Pour le SP95E10 (90% octane, 10% éthanol), l’émission de CO2 est de 0,90 * 2,28 + 0,10 * 1,51 = 2,20 kg

Le gazole (diesel) peut être assimilé à un  hexadécane (C16H34), son l’équation de combustion est la suivante :

C16H34 + 49/2 O2 –> 16 CO2 + 17 H2O

La masse d’une mole de C16H34 est de 16*12 + 34*1 = 226 g.
La masse d’une mole de CO2 est de 12 + 2*16 = 44 g
La masse de CO2 rejetée par mole de C16H34 consommée est de : 16*44 g = 704 g.

Le rapport CO2 émis en fonction de la consommation de gazole est donc de 704/226 = 3,16.

La masse volumique du gazole étant de 0,85 kg/l et un gramme de gazole brûlé rejetant 3,16 grammes de CO2, l’émission est de : 0,85 * 3,16 = 2,67 kg de CO2 par litre de gazole consommé.

Comment convertir la consommation d’un véhicule en litres aux 100 kilomètres en émission de CO2 en grammes par kilomètre ?

Il suffit de la multiplier par le facteur correspondant au carburant utilisé :

Carburant Facteur
SP 95 224
SP 95 E10 220
SP 98 228
Diesel  316

Exemple :
– une voiture consommant 5,2 l de  SP 98 aux 100 km émet 5,2 * 228 = 119 g/km de CO2.
– une voiture consommant 3,8 l de Diesel aux 100 km émet 3,8 * 316 = 120 g/km de CO2.

Ces valeurs sont théoriques car d’une part les carburants ne sont pas des corps purs, car ils contiennent différentes molécules d’hydrocarbures et des additifs, et d’autre part la méthode de mesure du CO2 émis (dans les gaz d’échappement) et du carburant consommé ne correspondent pas forcément aux mêmes configurations de mesure.

Dans l’usage quotidien de votre véhicule, vous constaterez que vos consommations de carburant seront toujours supérieures aux consommations données par les constructeurs, car les constructeurs conçoivent les calculateurs des moteurs afin de minimiser les émissions de CO2 dans les configurations des tests réglementaires, qui ne sont pas celles de la vraie vie et ils optimisent leurs véhicules pour réussir les tests.

J’ai constaté, en observant l’affichage de la consommation instantanée sur mon scooter Honda SH 300i, que peu après le départ, lorsque le moteur est encore froid (particulièrement ces temps-ci), la consommation instantanée oscille entre 4 et 5 litres aux cent, alors qu’après 4 à 5 kilomètres, lorsque le moteur a atteint sa température de fonctionnement (et que l’huile est plus fluide), elle descend bien en-dessous de 3 litres. Pour les trajets courts, en particulier en hiver, la consommation moyenne est donc très élevée en regard des consommations conventionnelles mesurées sur un moteur chaud. D’où, en passant, l’intérêt des véhicules hybrides rechargeables, hélas peu courants sur le marché, et qui ne bénéficient plus du bonus.

Le malus écologique vient s’ajouter à la TICPE (Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Energétiques) qui elle aussi va fortement augmenter au 1er janvier 2018, je comprends bien qu’il faut sauver la planète, mais je trouve l’effort mal réparti, trop ciblé sur les automobilistes, alors que les bus, les autobus, les consommateurs de fuel domestique (chauffage, agriculteurs, pêcheurs) les paquebots de croisière qui sont les plus gros émetteurs de CO2 et de particules (un seul bateau de croisière émet autant de particules qu’un million de voitures, les marseillais en savent quelque chose) ne sont pas taxés (ils sont même souvent détaxés) et ne sont bien évidemment pas concernés par ces mesures. C’est particulièrement révoltant en ce qui concerne les OUIBUS gros émetteurs de CO2 qui font concurrence à des TGV électriques qui en-dehors des périodes de fêtes ou de pointe ne font pas le plein de passagers.

La pêcherie municipale de Corsept

La pêcherie municipale de Corsept (44560), au sud de l’estuaire de la Loire et en face de la raffinerie de pétrole de Donges témoigne du contraste saisissant entre le nord de l’estuaire très industrialisé, avec la ligne TGV, l’aéroport de Montoir, les chantiers navals de Saint-Nazaire, l’usine Airbus, la raffinerie de pétrole de Donges, et le sud, rural et bucolique, avec ses vaches, ses pêcheries, ses pistes cyclables.

Photo prise avec mon téléphone Wiko Wim Lite et stylisée automatiquement par Google Photos.

L’Oursin Vert d’Octobre 2017 est paru

L’Oursin Vert est une Publication hasardomadaire des groupes locaux du Goëlo et de Saint Brieuc d’ Europe Ecologie – Les Verts Bretagne, l’édition d’Octobre 2017 a été diffusée à 1174 exemplaires, vous la trouverez en cliquant sur l’Oursin à droite. J’avais déjà mentionné cette revue dans un post du 6 février 2016. Dans le numéro d’octobre 2017 que je viens de recevoir j’ai été particulièrement intéressé par les articles sur la taxation des yachts, sur le Glyphosate, et sur la défusion de Binic Etables.