d’Ilan à Sarah Halimi, la France indigne

En prenant connaissance des circonstances de l’atroce assassinat de Sarah Halimi, et en particulier de l’attitude des policiers qui prévenus très tôt ont laissé faire, je n’ai pu m’empêcher de penser au sketch des inconnus : Le commissariat de police”, un sketch qui prend aujourd’hui une résonance terrible.

La tribune initialement publiée par Atlantico, le 25 mai 2017 :

Lettre ouverte à Gérard Collomb :
d’Ilan à Sarah Halimi, la France indigne.
Par Alexandra Laignel-Lavastine

“Dix ans plus tard, nous en sommes donc au même point. D’un Halimi à l’autre, d’Ilan à Sarah, nous sommes même devant un cas d’école auquel ceux qui scrutent l’inconscient collectif et ses pathologies seraient bien inspirés de s’intéresser.”

Monsieur le ministre,

Une femme juive, médecin, surprise dans son sommeil, est atrocement torturée pendant plus d’une heure. Elle a 65 ans et elle vit dans un modeste immeuble du XIème arrondissement de Paris, rue Vaucouleurs. Le meurtrier, qui s’introduit chez elle par le balcon, s’acharne avec une violence inouïe sur sa victime, provoquant une vingtaine de fractures au corps et au visage, avant de la défenestrer, agonisante, du troisième étage. Pendant ce temps, la police (aussitôt prévenue) est sur le palier. Les trois hommes armés n’interviennent pas.

Les voisins (plusieurs dizaines de personnes) entendent ses hurlements. Ils ne bronchent pas. Les médias nationaux sont alertés. Ils n’enquêtent pas et passent le meurtre sous silence. Elle s’appelait Sarah… Sarah Halimi.

Cette scène épouvantable ne s’est pas déroulée en 1942, avant ou après la Rafle du Veld’hiv, mais… dans la nuit du 3 au 4 avril 2017 aux cris de “Allah Akbar”, dans un minuscule HLM situé à quelques encablures du Bataclan. Une marche blanche à sa mémoire sera organisée le dimanche d’après à Belleville. Elle s’est heurtée à des “Mort aux Juifs !” de la part de jeunes des cités avoisinantes, certain ajoutant : “On a nos kalach !”. Dans la foulée, le procureur de Paris, François Molins, s’est empressé d’expliquer qu’il fallait attendre le résultat de l’enquête avant de se prononcer sur la nature du crime. Sait-on jamais : une femme juive âgée sauvagement massacrée par un vigoureux islamiste de 27 ans au lourd passé de délinquant (condamnations multiples pour trafic de drogue et violences) pourrait bien relever d’une simple querelle de voisinage… D’autant que le criminel, Kada Taoré, d’origine malienne, la traitait régulièrement de “sale juive”, si bien qu’elle avait confié à son entourage la crainte qu’il lui inspirait. “Nous sommes en guerre”, annonçait Manuel Valls le 13 janvier 2015, “pour que les musulmans n’aient plus honte et pour que les Juifs n’aient plus peur”. Remarquable bilan. Vous venez donc, Monsieur le ministre, de prendre vos fonctions dans un pays où il est redevenu possible d’assassiner des Juifs sans que nos compatriotes ne s’en émeuvent outre mesure. À cet égard, vos prédécesseurs, de droite comme de gauche, ont eux aussi préféré ne pas regarder plus loin que le bout du balai avec lequel ils enfouissaient la poussière sous le tapis. Aucun n’a été la hauteur. Le serez-vous ? Ce dimanche 21 mai, sur la chaîne de télévision i24News, le frère de Sarah Halimi déclarait avec une extraordinaire dignité : “J’ai attendu sept semaines avant de m’exprimer. Le silence de mort qui continue d’entourer l’assassinat de ma sœur est insupportable”. Un fait divers ? Même pas. Dans l’atmosphère déliquescente qui règne au pays de Dieudonné, pour qui “les Juifs sont des chiens” (on se tord de rire), il faut croire qu’un chien écrasé mérite effectivement plus d’attention qu’une Juive assassinée.

En votre âme et conscience, je sais, Monsieur le ministre, que vous partagez ce diagnostic. Je me souviens vous avoir accompagné en Roumanie au début des années 90, peu après la chute du communisme, pour y promouvoir la démocratie, en général assez peu compatible avec l’antisémitisme. À l’époque, nous nous inquiétions ensemble de voir certaines élites d’Europe de l’Est renouer avec leur vieille passion antijuive. Mais voilà que la judéophobie qui fait désormais couler le sang en Europe ne vient plus de l’extrême droite : elle est de facture musulmane.
Beaucoup plus embarrassant… Malgré cette mutation, je me prends à espérer que votre fermeté et vos convictions d’alors sauront arracher la France d’aujourd’hui à son somnambulisme. Car comme le remarque l’un des deux avocats de la famille Halimi, Maître William Goldnadel, “le meurtrier aurait été blond aux yeux bleus, toute la France serait descendue dans la rue. Il est islamiste, toute la France rase les murs”.

C’est ainsi que de ce crime antisémite, il ne fut pas question pendant la campagne présidentielle. Quant aux journalistes, qu’on a vu autrement plus zélés dans l’“affaire Théo”, tous se sont mis au garde-à-vous — une première ! — devant les appels à la prudence de Monsieur le procureur. Hormis la presse juive, seul un journal texan en a parlé. Or, le rapport de police vient de tomber et les avocats ont tenu une conférence de presse ce lundi 22 mai pour s’étonner de la “chape de plomb” qui pèse sur cette affaire. De fait, l’enquête confirme ce que nous savions déjà sur le calvaire de la malheureuse. En pire. Son bourreau l’a massacrée en récitant des sourates du Coran et en la traitant de “Satan” en arabe (l’attaque a été enregistrée par un voisin). Après l’avoir achevée à la barbe des trois policiers de la Bac présents dans l’immeuble dès 4 heures, mais qui attendaient… des renforts, le tueur est repassé chez les voisins par le même balcon et s’est remis à prier. Les renforts sont arrivés. L’interpellation a eu lieu à 5 heures 35. L’homme n’a pas résisté. Sarah Halimi, elle, gisait, morte, sur le trottoir.

Ces faits sont gravissimes. Mais on trouve une fois de plus, contre vents et marées, le moyen de se rassurer à bon compte. Tout comme le massacreur de Nice, le djihadiste de Belleville serait “fou”. Ouf, on respire ! À ce titre, et parce qu’il était un peu “exalté”, les policiers ne l’ont pas incarcéré, mais envoyé dans un hôpital psychiatrique où il est toujours soigné aux frais du contribuable. Dans ce domaine, on ne lui connaît toutefois aucun antécédent.
Vous vous souvenez peut-être, Monsieur le ministre, que ce déni a déjà tué sur le sol français. On comment ne tirer aucune leçon des errements policiers durant la séquestration (23 jours) du jeune Ilan Halimi, kidnappé, martyrisé et assassiné parce que Juif par le Gang des barbares en 2006. Le quai des Orfèvres s’était entêté à suivre la piste, absurde mais moins dérangeante, d’un règlement de compte entre bandes. Le patron de la PJ lui-même n’en démordait pas, y compris après la capture de Youssouf Fofana qui s’était tranquillement enfui en Côte-d’Ivoire (où des agents du Mossad l’arrêteront) : Il n’y a pas et il ne saurait y avoir d’antisémitisme en France ! Pas de chance, la justice retiendra l’antisémitisme comme circonstance aggravante.

Dix ans plus tard, nous en sommes donc au même point. D’un Halimi à l’autre, d’Ilan à Sarah, nous sommes même devant un cas d’école auquel ceux qui scrutent l’inconscient collectif et ses pathologies seraient bien inspirés de s’intéresser. Vous aussi, M. le ministre, et de très près. Deux Juifs suppliciés dont la mort aurait pu être évitée avec un brin de jugeote, cela commence à faire beaucoup. Alors oui, c’est insupportable et c’est désormais votre affaire. C’est insupportable pour les Juifs, mais cela devrait l’être plus encore pour les non-Juifs.

Du moins dans une démocratie “normale” et bien portante. Car la recrudescence de l’antisémitisme constitue toujours un baromètre infaillible s’agissant d’évaluer la santé morale d’une société. Or, qu’avons-nous sous les yeux en 2017 ? La haine autorisée et le passage à l’acte décomplexé des uns. La cécité volontaire et l’approbation, silencieuse ou joyeuse, des autres. Et, last but not least, la tragique indifférence du plus grand nombre.

Il est vrai que si le bourreau n’avait pas le bon profil, la victime non plus. À cet égard, auriez-vous remarqué, M. le ministre, l’étrange phénomène que voici ? Aussi longtemps que nos barbares de fabrication locale ne tuaient que des Juifs — Ilan Halimi en 2006, les enfants de Toulouse en 2012, un couple au Musée juif de Bruxelles en mai 2014, des gens faisant leurs courses Porte de Vincennes en janvier 2015, la réplique de Copenhague juste après et déjà oubliée, ce n’était pas bien grave. Ils devaient quand même être un peu “coupables” puisque cela fait deux mille ans qu’on le dit. Dans le lot, il y avait certes quelques soldats “arabes” et autres journalistes “islamophobes” qui l’avaient peut-être un peu cherché. On n’allait pas en faire une histoire. Mais au Bataclan, des “Français innocents”, pour reprendre le lapsus de Raymond Barre après l’attentat antisémite de la rue Copernic en 1980, c’était inacceptable ! Ce refrain, sans que ceux qui l’entonnent pensent nécessairement à mal, nous y avons eu droit sur tous les tons au lendemain du 13 novembre : “Mais pourquoi nous ? Pourquoi la France ? Pourquoi des innocents ?”.

Et pourquoi s’arrêter en si bon chemin au beau milieu du sanglant été 2016 ? Le 31 juillet, une tribune signée par une centaine de personnalités musulmanes procédait ainsi à une soustraction bizarre. Elles réclamaient une réorganisation de l’islam de France “après l’assassinat de caricaturistes, après l’assassinat de jeunes écoutant de la musique, après l’assassinat d’un couple de policiers, après l’assassinat d’enfants, de femmes assistant à la célébration de la fête nationale, aujourd’hui l’assassinat d’un prêtre célébrant la messe”. Cherchez l’erreur… Tous les attentats récents étaient énumérés, sauf ceux ayant visé des Juifs, collectivement massacrés ou individuellement poignardés et blessés. Sans doute par distraction. Des réactions outrées ? Si peu…

Que comptez-vous faire, Monsieur le ministre, pour secouer cette terrifiante apathie ? Il ne suffira pas, cette fois, de briser les avertisseurs d’incendie, forcément “néo-réactionnaires”, pour que le feu s’éteigne de lui-même. Un tour de passe-passe où nos bien-pensants de service s’illustrent depuis 2002. À moins que vous ne choisissiez d’avoir tort avec les djihadistes plutôt que d’avoir raison avec les réalistes ? On ne s’en sortira pas non plus à pratiquer la pensée magique et à communier dans ce catéchisme antédiluvien selon lequel le Mal ne saurait en aucun cas surgir du camp du Bien, celui des anciens “damnés de la terre”».  Votre mandat sonnera-t-il, dans ce domaine, la fin de la récréation ?

Car vous le savez bien : persister à ne pas appeler un chat un chat, à minimiser (“actes isolés” et “loups solitaires”), à euphémiser (“les enfants perdus du djihad”), à excuser, à banaliser et — en désespoir de cause — à psychiatriser, nous mènera droit dans le mur. Il se trouve en effet que nos ennemis de l’intérieur ne sont ni fous ni nihilistes. Ils sont islamistes. Et qu’ils haïssent au moins autant la France laïque que les Juifs dans leur ensemble, logés à la même enseigne. Nous comptons sur vous pour le rappeler haut et fort. Et oser nommer clairement l’ennemi pour cesser d’ajouter à la confusion des esprits et au malheur du monde. Il y faudra un peu de courage car vous ne vous ferez pas que des amis au sein de votre famille politique. Mais cela vaudra toujours mieux que de rester dans l’histoire comme un compagnon de route de ce que Jacques Julliard, l’icône de la Deuxième gauche, appelle “le parti collabo”. Ce parti aux yeux duquel « tout est bon pour suggérer que ces crimes [djihadistes] ne sont pas des crimes, mais des conséquences » (de l’exclusion, du chômage, du racisme). Par où le politiquement correct fait cause commune avec le politiquement abject.
On attend de vous, M. le ministre, que vous incarniez le parti de la France réveillée et non plus celui de l’angélisme face à la haine antijuive qui gangrène le cerveau de nombreux jeunes musulmans français — paumés ou radicalisés. L’historien Georges Bensoussan, l’auteur d’Une France soumise (Fayard, 2017), n’a pas dit autre chose au micro d’Alain Finkielkraut sur France-Culture. Ce pourquoi un extravagant procès lui a été intenté cet hiver pour “incitation à la haine raciale », procès dans le cadre duquel le Parquet a réussi l’exploit de requérir contre lui. Brisons le thermomètre pour croire le malade guéri ! C’est dire si vous n’aurez pas la tâche facile dans un contexte où nous avons franchi, depuis « Charlie », un pas supplémentaire dans l’art de se crever les yeux : au refus de voir ce que l’on voit s’est ajouté le refus de savoir ce que l’on sait. Car vous n’ignorez pas ce que montrent depuis trois ans toutes les enquêtes d’opinion, à savoir que les stéréotypes antijuifs sont les plus répandus en France au sein de trois catégories de la population : les sympathisants du Front national, les militants d’extrême gauche et les musulmans (auto-définis comme tels). Et vous en conviendrez, abdiquer de la plus élémentaire lucidité ne saurait faire, en l’espèce, une politique. Car sans problème, point de solutions.

Une lourde charge, Monsieur le ministre, pèse sur vos épaules. Il y va de votre honneur. Et de celui de la France.

Alexandra Laignel-Lavastine

Elle vient de publier : “Pour quoi serions-nous encore prêts à mourir ? : Pour un réarmement intellectuel et moral face au djihadisme

Docteur en philosophie, historienne des intellectuels européens au XXème siècle face aux totalitarismes, spécialiste de la Shoah, universitaire, essayiste, traductrice, longtemps critique au quotidien Le Monde, Alexandra Laignel-Lavastine a reçu le Prix de l’Essai européen en 2005 pour Esprits d’Europe (Calmann-Lévy 2005), un hommage aux dissidents de l’Est ; et le Prix de la Licra 2015 pour La Pensée égarée. Islamisme, populisme, antisémitisme : essai sur les penchants suicidaires de l’Europe (Grasset). Elle a, entre autres, enseigné à la Sorbonne, à l’EHESS, et à la NYU. Elle collabore aussi à plusieurs médias. Elle est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages, la plupart traduits à l’étranger. Elle vit entre Paris et Jérusalem.

Renault piraté par WannaCrypt, la faute à qui ?

… la faute à Microsoft, à internet et peut-être à Google.

Autrefois l’informatique industrielle, celle qui pilote les centres de production, n’était pas connectée à Internet et vivait à l’abri des cyberattaques.

Les premiers virus informatiques ont été créés dans les années 1970, à l’époque ils se propageaient par des disquettes, puis plus tard par les réseaux informatiques internes et enfin par l’internet.

Aujourd’hui tout fonctionne en réseau : les ordinateurs domestiques, les téléphones portables, les tablettes, les données sont sur le cloud (des serveurs de données) et l’informatique industrielle est reliée aussi à cette immense toile, notamment pour les mises à jour des logiciels, les commandes, les approvisionnements, la gestion du personnel, etc.

Et personne n’échappe à cette mise en réseau : Vous achetez un téléphone juste pour téléphoner, vous achetez un ordinateur pour écrire votre courrier, votre biographie ou pour stocker vos photos ? Pour que ça fonctionne il faudra que vous vous connectiez à internet, que vous créiez des comptes utilisateurs, des adresses email et que vous renseigniez vos nom, prénom, date de naissance, adresse, numéro de carte de crédit, etc.

C’est aujourd’hui la même chose dans les entreprises et dans les groupes industriels. Autrefois les automates étaient programmés en interne et étaient indépendants les uns des autres, indépendants des réseaux informatiques de l’entreprise et des réseaux externes, aujourd’hui tout est lié.

Windows est une usine à gaz créée en 1986 pour servir d’interface graphique à MS-DOS et sans cesse améliorée et mise à jour, mais jamais repensée. Windows, c’est un mot anglais qui signifie fenêtres, ça devrait plutôt s’appeler Doors (portes), car les failles de sécurité de ce système, les portes par lesquelles on peut arriver à contrôler à distance une machine ou un système, sont innombrables, au point que Microsoft publie presque chaque jour des mises à jour de sécurité pour cadenasser ces portes par où pénètrent les pirates.

Les solutions pour éradiquer les virus informatiques sont les mêmes que les solutions pour éradiquer les virus aviaires : il faut confiner les systèmes pour éviter la propagation. C’est ce que Renault est en train de faire en stoppant ses sites de production. Au-delà des mesure ponctuelles en réaction à cette attaque mondiale, il faudra envisager de rendre les systèmes industriels imperméables aux réseaux, aux disquettes (en voie de disparition), clés USB, smartphones et internet.

Sinon, demain, ça ne sera plus Renault, mais le réseau bancaire, les centrales nucléaires, la force de frappe qui seront attaqués. Imaginez un programme qui vide tous les comptes bancaires d’un groupe de personnes ou d’entreprises pour les transférer sur des comptes offshore, un programme qui mette les centrales nucléaires à la puissance maximum et empêche les systèmes de régulation d’entrer en oeuvre, les barres de contrôle du réacteur de s’abaisser, qui déclenche l’envoi d’ordres de lancement de têtes nucléaires, etc.

Ça serait autre chose que les attentats low cost des soldats de l’Etat Islamique.

Il appartient aux Etats, à l’Europe et à l’ensemble de la communauté internationale de prendre la mesure de ce danger et de mettre en oeuvre les mesures permettant d’y remédier.

Un seul candidat à l’élection présidentielle avait compris la menace et avait prévu une ligne dans son programme à cet effet :

Créer une 4ème armée pour la cyber-défense, indépendante des sociétés informatiques.

Ce candidat, c’était Jean Lassalle.

Pour en revenir à la cyber attaque mondiale en cours, elle exploite une faille de sécurité que Microsoft avait corrigée au mois de mars, vous ne risquez donc rien si vous avez fait les mises à jour de votre système ou si vous avez activé la mise à jour automatique, mais si vous êtes encore sous Windows XP, vous risquiez l’infection, car Microsoft ne publiait plus de mises à jour pour ce système. Mais devant la menace, il a publié une mise à jour de sécurité exceptionnelle valable pour Windows XP.

 

Mylan go home !

Je ne supporte pas la publicité pour la firme pharmaceutique américaine Mylan qui envahit les antennes radio depuis quelques mois. L’activité principale de Mylan Laboratories Inc. (Canonsburg, Pennsylvanie) est la commercialisation de médicaments génériques. Mylan fabrique donc des copies de médicaments dont les brevets sont tombés dans le domaine public. Et Mylan, à travers ses campagnes de publicité, essaie de persuader les consommateurs que ses produits sont meilleurs que les originaux. A quoi ça sert ? Allez-vous demander à votre médecin de vous prescrire un médicament Mylan, un ersatz à la place d’un médicament original ? Allez-vous lui dire : “Docteur, j’ai mal au dos, donnez-moi du Mylan” ou “Docteur, je suis constipé, prescrivez-moi du Mylan”, etc. Qu’aurez-vous à y gagner ? Un médicament moins performant, passer pour un publivore auprès du médecin et enrichir une firme américaine qui ne fait aucun effort de recherche et qui profite de l’expiration des brevets et de la complaisance des pouvoirs publics pour commercialiser des copies de médicaments qui contiennent bien la molécule active, mais pas toujours sous la formule la plus efficace et parfois associée à des excipients provoquant des effets indésirables. Cette publicité est scandaleuse. Il appartient aux laboratoires pharmaceutiques et à leurs visiteurs médicaux de promouvoir leurs produits auprès des praticiens et non auprès des patients. Tout l’argent dépensé dans la publicité pour la promotion des médicaments et des mutuelles grève le coût des dépenses de santé pour les patients ou pour les organismes sociaux.

Omerta à Ploumelière

Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu de nouvelles de Thierry Cimetière, le maire de Ploumelière. Il m’a appelé ce samedi matin à 10h33 pour me demander de retirer un commentaire publié sur ce site (une preuve qu’il est un lecteur assidu), un commentaire publié la veille, 21 avril à 19h26.  Il était dans le même état d’angoisse qu’en 2014, lors de la campagne des municipales, quand il redoutait des révélations… Quand il me demandait d’appeler son concurrent, pour lui promettre un poste s’il s’abstenait de l’attaquer sur le plan personnel. Quand il m’appelait, chaque fois que je publiais un article qui pouvait concerner de près ou de loin sa personne ou la politique locale afin que je le modifie. Mais alors c’était une simple “recommandation amicale”. Aujourd’hui, la menace est précise, une menace de poursuites de police ou de gendarmerie et le ton est menaçant (le même ton qu’il utilise en privé lorsqu’il affronte ceux qui ne sont pas d’accord avec lui et dont il sait qu’il n’a rien à craindre). J’ai déjà donné… Et j’ai retiré immédiatement le commentaire. Puis dans un second temps, j’ai censuré les parties qui pouvaient prêter à caution et je l’ai republié, c’est ce qui s’appelle ménager la chèvre et le chou.
Les commentaires sur ce site sont publiés sans approbation préalable*, j’estime que c’est ça, la liberté. Je supprime les spams (publicités déguisées) qui auraient échappé au widget de détection automatique et quand j’ai le temps, si nécessaire, je corrige les coquilles ou fautes de Français des commentaires. Je n’ai jamais eu à supprimer des commentaires racistes, homophobes, sérophobes, antisémites,… car le cas ne s’est jamais produit.

(*) Les commentaires qui comportent 2 liens ou plus (une des caractéristiques typiques d’un commentaire indésirable (spam) est son nombre important de liens) sont gardés dans la file d’attente jusqu’à ce que je les approuve.

A quand le GPS au programme du permis de conduire ?

L’utilisation d’un GPS est presque indissociable de la conduite automobile, les britanniques l’ont bien compris et ils ont décidé d’inclure une épreuve GPS dans l’examen du permis de conduire.

L’idée est de tenir compte du comportement réel des conducteurs sur les routes. Il s’avère que plus de la moitié des britanniques utilisent ces outils, et un sondage a révélé qu’une majorité estimait que cette épreuve supplémentaire permettrait une meilleure évaluation des capacités des conducteurs.

Les associations d’automobilistes handicapés sont favorables à ce changement, car ces fonctions sont particulièrement utiles aux conducteurs handicapés qui utilisent régulièrement un GPS.

L’introduction de systèmes de navigation par satellite contribuera grandement à rendre les routes plus sûres, a déclaré Andrew Jones, le ministre britannique des Transports.

Le test de navigation GPS remplacera le test actuel qui exigeait que le candidat soit capable de suivre une direction donnée sans autre instruction pendant 10 minutes, en s’aidant seulement des panneaux routiers. Les conducteurs suivront pendant 20 minutes les instructions de guidage d’un dispositif de navigation au tableau de bord.

La Wallonie a pris la même décision, à quand la France ?

Quant à nos auto écoles françaises, elles manifestent pour empêcher les candidats de s’inscrire par internet à l’examen du permis de conduire. Adieu le temps où il fallait bakchicher auprès de l’auto-école pour avancer sa date d’examen !

Travaux sur Autoroutes et Péages.

Depuis plusieurs mois, de très nombreux travaux sont entrepris simultanément sur les autoroutes A11 et A81 entre Paris et Rennes.

  • Les aires de services sont toutes en refonte totale (mis à part une ou deux exceptions),
  • certaines aires de parkings et de repos sont en maintenance ou en travaux,
  • de nombreux tronçons de chaussées sont en réfection totale.

Il résulte de ces travaux plusieurs désagréments :

  • L’accueil des aires de services se fait dans des bungalows, les voies d’accès sont défoncés, l’état des toilettes..,
  • impossible de s’arrêter sur certaines aires, surtout que l’on découvre leur fermeture à la dernière minute,
  • rétrécissement à une seule voie de circulation, quand ce n’est pas un basculement de chaussée, avec circulation à double sens.

Bien entendu, les vitesses sont réduites à l’approche de ces travaux à 110km/h, 90km/h et même 50km/h (avec de nombreux contrôles à l’appui). De ce fait les temps de parcours sont augmentés de manière très importante.
Par contre le montant des péages ne diminue pas (au contraire) alors que le service attendu n’est pas là. Mais, demain, le ciel sera plus beau, en attendant, nous payons…

 

Hommage à Liu Shaoyo : “La police m’a frappé dans le dos, j’ai fini à l’hosto”

par Thibault Yu, 39 ans, président de l’UTO, union des transporteurs et organisateurs du tourisme à Levallois. Chinois, il habite en France depuis 25 ans.
THIBAULT A PARTICIPÉ AU RASSEMBLEMENT EN HOMMAGE À LIU SHAOYO, LE CHINOIS TUÉ PAR UN POLICIER. AVEC SES AMIS, ILS ONT FAIT FACE À UN DÉFERLEMENT DE VIOLENCES. COMME D’AUTRES, IL A FINI À L’HOSTO.

J’ai entendu qu’un Chinois était mort. Au bureau le lendemain, j’ai appris que ma collègue était amie avec la fille de la victime, Liu Shaoyo. Elle lui a raconté que son père s’était fait tuer chez lui par un policier. Une version différente de celle publiée dans le Parisien, où on parle d’un “assaillant”. Je voulais savoir ce qu’il s’était réellement passé et rendre hommage. Un rassemblement non violent, mais j’ai fini à l’hôpital.
Il y avait un rassemblement devant le commissariat, et donc j’y suis allé avec un collègue au tout début, vers 20h. Rapidement, quelques personnes sont arrivées avec des bougies. On a commencé à les allumer et les poser au sol, devant le commissariat. Les gens se réunissaient autour.

On était de plus en plus nombreux. Certains ont commencé à crier :

“Assassins, assassins !”

Lacrymos et coups de matraque

J’étais en train d’allumer des bougies, accroupi sur le sol, en pensant à la personne tuée et à sa famille, quand ça a commencé à chahuter derrière moi. Je n’y ai pas prêté plus attention que ça. Puis j’ai vu des petites bouteilles d’eau lancées en direction de la police. Je me suis dit « ok, ça ne tue pas ça, c’est pas trop grave ».
Quelques secondes après le jet de bouteilles, j’ai pris des coups de matraque dans mon dos. Je n’ai pas compris tout de suite que c’était la police. J’ai senti aussi le gaz lacrymogène : on nous gazait.
Personne n’a compris ce qui était en train de se passer. On n’était pas là pour chercher l’affrontement, on n’était pas préparés à ça. A la télé on voit souvent les flics qui se font taper par les jeunes, ils s’enfuient et voilà. Mais ça ne s’est pas passé comme ça.

On veut partir, ils tapent

Il y avait des jeunes filles avec nous, je leur ai dit “il faut partir, ils sont trop forts”, mais elles ne voulaient pas s’en aller. Mon collègue a commencé à filmer les policiers avec son téléphone, mais l’un d’eux a tapé dessus avec son bâton télescopique. Mon collègue s’est énervé. Il a crié :

“Vous devez me rembourser mon téléphone !”

Là, les policiers se mettent à nous encercler et à nous séparer du reste de la foule. On était peut-être quatre ou cinq. Mon collègue leur crie encore dessus, alors ils se mettent à nous frapper. Je leur dis “on s’en va, on recule”. Mais les policiers continuent à nous gazer et nous frapper avec leurs bâtons télescopiques.

Je m’écroule par terre, j’ai envie de vomir

Ils sont une bonne quinzaine, à moins de cinq mètres, et je réalise qu’ils nous visent avec leurs pistolets à gros canon dont je ne connais pas le nom [des LBD, les nouveaux Flash-Balls]. Ils nous tirent dessus avec une arme qui explose à nos pieds en faisant beaucoup de bruit [une grenade de désencerclement]. Je prends peur.
On recule mais la police continue à nous poursuivre et à nous gazer. C’était vraiment effrayant. Au bout d’un moment, on se retrouve coincés par les barrières et les flics arrivent de partout. Ils commencent à nous donner des coups de poings, et je m’écroule par terre.

A l’hôpital, j’ai vu arriver les autres victimes

J’entends qu’on crie qu’il y a un blessé, ça semble les calmer un peu. On m’emmène à l’hôpital, j’ai envie de vomir et j’ai mal partout, mon épaule et mon bras droit sont gonflés. J’ai vu arriver les autres victimes, dont un manifestant qui a eu cinq points de suture au visage. Quand je le vois, totalement ensanglanté, je suis horrifié.
Un autre collègue à moi, arrivé plus tard au rassemblement, s’est fait casser le genou. Même si je vomis dans la nuit et que mes côtes me font mal, je me dis que je ne m’en sors pas si mal à côté d’eux.

Nous voulions rendre hommage

Ce qui me met en colère c’est qu’on n’avait pas l’intention de faire le bordel. On était venus pour rendre hommage. C’est d’ailleurs la première fois que je me fais taper par la police. Je fais partie d’une association qui a déjà aidé la police à respecter l’ordre public : on a assuré la sécurité pendant les manifestations du 4 septembre en 2016.
Le vice-président est un ancien de la légion étrangère. Bref, on a de très bonnes relations avec la police en général. Je n’ai jamais imaginé que ça pouvait dégénérer comme ça.

Propos recueillis par Alice Maruani (streetpress)

Parents radicalisés : comment agir ?

Le Vieux Port de Marseille
Le Vieux Port de Marseille vu de Notre Dame de la Garde

Ce samedi soir j’ai assisté avec mes parents à la messe anticipée du 4e dimanche de carême dans la basilique de Notre Dame de la Garde à Marseille, l’évangile du jour était un texte de Saint-Jean relatant un épisode où Jésus rend la vue à un aveugle de naissance :

Afficher l'évangile

De très beaux chants accompagnés à l’orgue ont ponctué l’office religieux. Pendus aux plafonds des maquettes de bateaux et d’un avion offerts par les navigateurs qui ont été sauvés d’un naufrage par la bonne mère, aux murs des plaques de marbre exprimant la reconnaissance des malades guéris ou des candidats ayant été reçus à leur examen grâce à l’intersession de la vierge Marie (ces témoignages s’appellent des ex-voto). Un lieu de ferveur émouvant.

Mes parents sont des catholiques radicalisés, des “catholistes” ils vont à l’église (la mosquée des catholiques) le dimanche pour assister à la messe (la prière des catholiques) et pour prier leurs Dieux (il y en a trois en fait, Jésus, l’équivalent de Mahomet, Dieu le père, l’équivalent de Allah, et l’Esprit Saint (l’ange Gabriel dans l’Islam). Ils font le carême (l’équivalent du Ramadan, sauf qu’on peut manger le jour, mais pas de viande le vendredi), ils achètent des Navettes* de Saint-Victor (une sorte de gâteau du Ramadan), leur appartement regorge de tapis persans (mais pas de tapis de prière), de statues de la Sainte-Vierge (la mère de Jésus le fils de Dieu, mais elle n’est pas marié à Dieu), de croix, d’icônes religieuses, d’anges dorés et de timbales de baptême en argent dans des petites vitrines, et même une photo du pape François, ils ont voté pour François Fillon aux primaires, ils sont abonnés à “La Croix” et à “Valeurs Actuelles”, ils regardent tous les soirs C dans l’air à la télévision, mon père s’affiche souvent avec des symboles vestimentaires comme un blazer bleu marine et une cravate. Dois-je m’inquiéter de cette radicalisation, y a-t-il un risque de passage à l’acte ?

(*) La navette est une pâtisserie traditionnelle cylindrique, façonnée en forme de petite barque (navette) de 7 à 8 cm de long créée pour commémorer l’arrivée du Saint-Lazare et des deux “Maries” – Sainte-Marie Magdeleine et Sainte-Marthe qui mouillèrent à Saintes-Maries-de-la-Mer, en Provence, le 2 février, il y a près de 2000 ans.
Près de l’abbaye de Saint-Victor, dans le cœur de Marseille, le four des navettes n’a pas cessé de cuire cette pâtisserie depuis 1781. Mais quand vient la Chandeleur, le second jour de février, après la procession, tout le monde déguste des navettes. L’archevêque de Marseille bénit une fournée de ces biscuits et le 12 février, la Vierge noire de l’abbaye fait une apparition dans ladite chapelle.

Utilisation correcte des giratoires

En matière de civisme, nombre de nos concitoyens automobilistes ont une fâcheuse tendance à oublier d’utiliser les clignotants qui semblent être une option sur certains modèles.

D’autres, sans mauvaise volonté, ignorent peut-être la pratique ci-après qui, dans un giratoire évite bien des désagréments.

Le fait, en entrant sur un giratoire, de mettre son clignotant à gauche indique que l’on ne prend pas la première sortie.

Le maintenir précise que l’on continue à tourner et l’on s’approche alors du rond central (notamment sur les giratoires à 2 voies), cela permet aux véhicules sur les voies entrantes de connaitre nos intentions.

Et l’on ne met son clignotant à droite qu’à l’approche de la sortie que l’on veut prendre, en se décalant sur la droite.

Pour ceux qui ne savent pas encore utiliser les clignotants sur un rond point, voici un dessin très explicite.

Bien sur il peut y avoir un oubli, nul n’est infaillible, mais, utilisée dans la majorité des cas, cette pratique rend la conduite plus souple et les automobilistes plus détendus.

Opération voisins vigilants à Saint-Quay-Portrieux

L’opération “Voisins Vigilants”, lancée il y a quelques mois par la municipalité porte enfin ses fruits. Un premier résultat notable grâce à la dénonciation d’un citoyen de la ville, un ressortissant français, que nous appellerons “Monsieur B.”, qui aurait stationné sa voiture devant chez lui pour décharger ses courses, l’été dernier. Une situation inacceptable révélée par une “autorité en pointe” de la ville. L’individu est en fuite, il aurait quitté Saint-Quay-Portrieux, mais il est activement recherché par les équipes du réseau “Voisins Vigilants”, et il devrait être rapidement retrouvé et interpellé. Le dispositif “Voisins Vigilants” avec son réseau d’informateurs et de référents (pour la plupart d’anciens fonctionnaires de police et de gendarmerie), couplé à un réseau de caméras de surveillance réparties sur tout le territoire de la commune et qui observent 24 h sur 24 les mouvements des citoyens, a permis de faire baisser considérablement la criminalité ces derniers mois, et il est désormais possible de circuler dans les rues de Saint-Quay-Portrieux à la nuit tombée sans risque de se faire attaquer par un sauvageon ou de se faire voler son porte-monnaie par un dealer. Un coup de chapeau à l’équipe municipale qui peut être fière du dispositif mis en place.