Hommage à Liu Shaoyo : “La police m’a frappé dans le dos, j’ai fini à l’hosto”

par Thibault Yu, 39 ans, président de l’UTO, union des transporteurs et organisateurs du tourisme à Levallois. Chinois, il habite en France depuis 25 ans.
THIBAULT A PARTICIPÉ AU RASSEMBLEMENT EN HOMMAGE À LIU SHAOYO, LE CHINOIS TUÉ PAR UN POLICIER. AVEC SES AMIS, ILS ONT FAIT FACE À UN DÉFERLEMENT DE VIOLENCES. COMME D’AUTRES, IL A FINI À L’HOSTO.

J’ai entendu qu’un Chinois était mort. Au bureau le lendemain, j’ai appris que ma collègue était amie avec la fille de la victime, Liu Shaoyo. Elle lui a raconté que son père s’était fait tuer chez lui par un policier. Une version différente de celle publiée dans le Parisien, où on parle d’un “assaillant”. Je voulais savoir ce qu’il s’était réellement passé et rendre hommage. Un rassemblement non violent, mais j’ai fini à l’hôpital.
Il y avait un rassemblement devant le commissariat, et donc j’y suis allé avec un collègue au tout début, vers 20h. Rapidement, quelques personnes sont arrivées avec des bougies. On a commencé à les allumer et les poser au sol, devant le commissariat. Les gens se réunissaient autour.

On était de plus en plus nombreux. Certains ont commencé à crier :

“Assassins, assassins !”

Lacrymos et coups de matraque

J’étais en train d’allumer des bougies, accroupi sur le sol, en pensant à la personne tuée et à sa famille, quand ça a commencé à chahuter derrière moi. Je n’y ai pas prêté plus attention que ça. Puis j’ai vu des petites bouteilles d’eau lancées en direction de la police. Je me suis dit « ok, ça ne tue pas ça, c’est pas trop grave ».
Quelques secondes après le jet de bouteilles, j’ai pris des coups de matraque dans mon dos. Je n’ai pas compris tout de suite que c’était la police. J’ai senti aussi le gaz lacrymogène : on nous gazait.
Personne n’a compris ce qui était en train de se passer. On n’était pas là pour chercher l’affrontement, on n’était pas préparés à ça. A la télé on voit souvent les flics qui se font taper par les jeunes, ils s’enfuient et voilà. Mais ça ne s’est pas passé comme ça.

On veut partir, ils tapent

Il y avait des jeunes filles avec nous, je leur ai dit “il faut partir, ils sont trop forts”, mais elles ne voulaient pas s’en aller. Mon collègue a commencé à filmer les policiers avec son téléphone, mais l’un d’eux a tapé dessus avec son bâton télescopique. Mon collègue s’est énervé. Il a crié :

“Vous devez me rembourser mon téléphone !”

Là, les policiers se mettent à nous encercler et à nous séparer du reste de la foule. On était peut-être quatre ou cinq. Mon collègue leur crie encore dessus, alors ils se mettent à nous frapper. Je leur dis “on s’en va, on recule”. Mais les policiers continuent à nous gazer et nous frapper avec leurs bâtons télescopiques.

Je m’écroule par terre, j’ai envie de vomir

Ils sont une bonne quinzaine, à moins de cinq mètres, et je réalise qu’ils nous visent avec leurs pistolets à gros canon dont je ne connais pas le nom [des LBD, les nouveaux Flash-Balls]. Ils nous tirent dessus avec une arme qui explose à nos pieds en faisant beaucoup de bruit [une grenade de désencerclement]. Je prends peur.
On recule mais la police continue à nous poursuivre et à nous gazer. C’était vraiment effrayant. Au bout d’un moment, on se retrouve coincés par les barrières et les flics arrivent de partout. Ils commencent à nous donner des coups de poings, et je m’écroule par terre.

A l’hôpital, j’ai vu arriver les autres victimes

J’entends qu’on crie qu’il y a un blessé, ça semble les calmer un peu. On m’emmène à l’hôpital, j’ai envie de vomir et j’ai mal partout, mon épaule et mon bras droit sont gonflés. J’ai vu arriver les autres victimes, dont un manifestant qui a eu cinq points de suture au visage. Quand je le vois, totalement ensanglanté, je suis horrifié.
Un autre collègue à moi, arrivé plus tard au rassemblement, s’est fait casser le genou. Même si je vomis dans la nuit et que mes côtes me font mal, je me dis que je ne m’en sors pas si mal à côté d’eux.

Nous voulions rendre hommage

Ce qui me met en colère c’est qu’on n’avait pas l’intention de faire le bordel. On était venus pour rendre hommage. C’est d’ailleurs la première fois que je me fais taper par la police. Je fais partie d’une association qui a déjà aidé la police à respecter l’ordre public : on a assuré la sécurité pendant les manifestations du 4 septembre en 2016.
Le vice-président est un ancien de la légion étrangère. Bref, on a de très bonnes relations avec la police en général. Je n’ai jamais imaginé que ça pouvait dégénérer comme ça.

Propos recueillis par Alice Maruani (streetpress)

Parents radicalisés : comment agir ?

Le Vieux Port de Marseille

Le Vieux Port de Marseille vu de Notre Dame de la Garde

Ce samedi soir j’ai assisté avec mes parents à la messe anticipée du 4e dimanche de carême dans la basilique de Notre Dame de la Garde à Marseille, l’évangile du jour était un texte de Saint-Jean relatant un épisode où Jésus rend la vue à un aveugle de naissance :

Afficher l'évangile

De très beaux chants accompagnés à l’orgue ont ponctué l’office religieux. Pendus aux plafonds des maquettes de bateaux et d’un avion offerts par les navigateurs qui ont été sauvés d’un naufrage par la bonne mère, aux murs des plaques de marbre exprimant la reconnaissance des malades guéris ou des candidats ayant été reçus à leur examen grâce à l’intersession de la vierge Marie (ces témoignages s’appellent des ex-voto). Un lieu de ferveur émouvant.

Mes parents sont des catholiques radicalisés, des “catholistes” ils vont à l’église (la mosquée des catholiques) le dimanche pour assister à la messe (la prière des catholiques) et pour prier leurs Dieux (il y en a trois en fait, Jésus, l’équivalent de Mahomet, Dieu le père, l’équivalent de Allah, et l’Esprit Saint (l’ange Gabriel dans l’Islam). Ils font le carême (l’équivalent du Ramadan, sauf qu’on peut manger le jour, mais pas de viande le vendredi), ils achètent des Navettes* de Saint-Victor (une sorte de gâteau du Ramadan), leur appartement regorge de tapis persans (mais pas de tapis de prière), de statues de la Sainte-Vierge (la mère de Jésus le fils de Dieu, mais elle n’est pas marié à Dieu), de croix, d’icônes religieuses, d’anges dorés et de timbales de baptême en argent dans des petites vitrines, et même une photo du pape François, ils ont voté pour François Fillon aux primaires, ils sont abonnés à “La Croix” et à “Valeurs Actuelles”, ils regardent tous les soirs C dans l’air à la télévision, mon père s’affiche souvent avec des symboles vestimentaires comme un blazer bleu marine et une cravate. Dois-je m’inquiéter de cette radicalisation, y a-t-il un risque de passage à l’acte ?

(*) La navette est une pâtisserie traditionnelle cylindrique, façonnée en forme de petite barque (navette) de 7 à 8 cm de long créée pour commémorer l’arrivée du Saint-Lazare et des deux “Maries” – Sainte-Marie Magdeleine et Sainte-Marthe qui mouillèrent à Saintes-Maries-de-la-Mer, en Provence, le 2 février, il y a près de 2000 ans.
Près de l’abbaye de Saint-Victor, dans le cœur de Marseille, le four des navettes n’a pas cessé de cuire cette pâtisserie depuis 1781. Mais quand vient la Chandeleur, le second jour de février, après la procession, tout le monde déguste des navettes. L’archevêque de Marseille bénit une fournée de ces biscuits et le 12 février, la Vierge noire de l’abbaye fait une apparition dans ladite chapelle.

Utilisation correcte des giratoires

En matière de civisme, nombre de nos concitoyens automobilistes ont une fâcheuse tendance à oublier d’utiliser les clignotants qui semblent être une option sur certains modèles.

D’autres, sans mauvaise volonté, ignorent peut-être la pratique ci-après qui, dans un giratoire évite bien des désagréments.

Le fait, en entrant sur un giratoire, de mettre son clignotant à gauche indique que l’on ne prend pas la première sortie.

Le maintenir précise que l’on continue à tourner et l’on s’approche alors du rond central (notamment sur les giratoires à 2 voies), cela permet aux véhicules sur les voies entrantes de connaitre nos intentions.

Et l’on ne met son clignotant à droite qu’à l’approche de la sortie que l’on veut prendre, en se décalant sur la droite.

Pour ceux qui ne savent pas encore utiliser les clignotants sur un rond point, voici un dessin très explicite.

Bien sur il peut y avoir un oubli, nul n’est infaillible, mais, utilisée dans la majorité des cas, cette pratique rend la conduite plus souple et les automobilistes plus détendus.

Opération voisins vigilants à Saint-Quay-Portrieux

L’opération “Voisins Vigilants”, lancée il y a quelques mois par la municipalité porte enfin ses fruits. Un premier résultat notable grâce à la dénonciation d’un citoyen de la ville, un ressortissant français, que nous appellerons “Monsieur B.”, qui aurait stationné sa voiture devant chez lui pour décharger ses courses, l’été dernier. Une situation inacceptable révélée par une “autorité en pointe” de la ville. L’individu est en fuite, il aurait quitté Saint-Quay-Portrieux, mais il est activement recherché par les équipes du réseau “Voisins Vigilants”, et il devrait être rapidement retrouvé et interpellé. Le dispositif “Voisins Vigilants” avec son réseau d’informateurs et de référents (pour la plupart d’anciens fonctionnaires de police et de gendarmerie), couplé à un réseau de caméras de surveillance réparties sur tout le territoire de la commune et qui observent 24 h sur 24 les mouvements des citoyens, a permis de faire baisser considérablement la criminalité ces derniers mois, et il est désormais possible de circuler dans les rues de Saint-Quay-Portrieux à la nuit tombée sans risque de se faire attaquer par un sauvageon ou de se faire voler son porte-monnaie par un dealer. Un coup de chapeau à l’équipe municipale qui peut être fière du dispositif mis en place.

Emplois fictifs et trimestres de retraite

Un à-côté des emplois fictifs, surtout pour les enfants de parlementaires, outre la rémunération sur le moment, est de permettre de valider des trimestres d’activité, bien pratiques pour partir plus tôt en retraite. Et contrairement à ce qu’on peut penser, un job d’été d’un mois peut permettre la validation non pas seulement d’un mois, mais de 1, 2, 3, voire 4 trimestres selon le salaire versé, ainsi pour valider un trimestre, il faut gagner au minimum 1464€, 2928€ pour deux trimestres, 4392€ pour trois trimestres et 5856 € pour quatre trimestres (sans pouvoir valider plus de 4 trimestres au cours d’une année).

Autrement dit, les enfants Fillon et les enfants Le Roux, avant même d’être entrés dans la vie active, ont déjà accumulé plusieurs années de droits à la retraite. Ils remercieront leur Papa dans 30 ou 40 ans !

Ce système est complètement injuste, je suis furieux que personne ne le dénonce, il a pour effet que les jeunes qui font de longs stages en entreprise, des stages où ils travaillent vraiment et font gagner de l’argent à l’entreprise (certaines vivent uniquement de ça), n’accumulent pas de temps pour leur retraite, alors que ceux qui bénéficient d’emplois plus ou moins fictifs (classer des papiers…) mais bien rémunérés, partent dans la vie avec quelques années d’avance en matière de droits de retraite sur leurs camarades. Utile quand dans 40 ans le versement d’une retraite à taux plein sera assujetti à 50 ans d’activité !

Beaucoup de bruit pour pas grand chose

Un pistolet ou un revolver à grenaille, un pistolet selon les journalistes, un revolver Flobert 9mm selon le procureur François Mollens.

J’ai entendu sur une radio que Ziyed Ben Belgacem aurait fait feu à 10 reprises dans un bar à Vitry sur Seine avec son arme. Difficile à croire car en 9mm, un barillet de revolver ne peut contenir que 6 munitions et ça prend du temps à recharger car il faut extraire les cartouches et les remplacer une par une, alors qu’avec un pistolet, il suffit d’extraire le chargeur, d’en insérer un nouveau et d’armer la culasse. Pendant le temps que le tireur recharge son revolver, il est complètement vulnérable, il est donc préférable d’en avoir deux, ce qui permet de tenir en joue les cibles pendant qu’on recharge.

Le pistolet ou le revolver à grenaille, c’est de la merde, à moins de viser à bout portant en pleine figure, ces saletés sont totalement inefficaces et font du mal pour rien. Et c’est une très mauvaise idée pour se défendre car l’agresseur blessé vous fera la peau ou vous poursuivra en justice selon que c’est lui ou vous qui aurez le dessus.

Ces trucs idiots étaient autrefois en vente libre et je me souviens que mon jeune beau-frère en avait acheté un. Je l’avais testé en tirant sur une feuille de papier. Ça ne tire pas droit, ça ne perce la feuille que si on tire à bout portant et ça laisse des traces sales comme un pot d’échappement. Désormais ces pistolets ou revolvers à grenaille sont soumis à autorisation de détention au même titre qu’un Colt Python 357 Magnum, autrement dit personne n’en achète et je pense qu’ils ne sont plus fabriqués du moins pour la France. Ce n’est pas le cas des pistolets ou revolvers “à blanc” qui font autant voire plus de bruit. Je crois que la plupart des pistolets ou revolvers à blanc ou à grenaille sont fabriqués en Zamak, un alliage de zinc, d’aluminium et de magnésium et de cuivre, qui fond à relativement basse température et se moule facilement, mais qui est peu résistant, ce qui rendrait ces armes complètement impropres à tirer une cartouche à balle réelle, d’autant plus qu’il y a une aiguille d’acier en travers du canon, qui empêcherait la progression d’une balle et ferait exploser le canon en cas d’utilisation. Pour rendre l’arme utilisable, il faudrait retirer l’aiguille d’acier et la chemiser avec un canon rayé, aussi difficile que de fabriquer une arme neuve.

A grenaille, à blanc, à air comprimé ou air-soft, les répliques d’armes sont très dangereuses pour ceux qui les manipulent, car un malfaiteur ou un policier armé croyant que ce sont de vraies armes n’hésitera pas à abattre leur porteur.

Pour en revenir à Ziyed Ben Belgacem, le surdiplômé (9 mentions à son actif), je suis surpris qu’il n’ait pas réussi à se procurer une vraie arme de poing, on raconte tout le temps qu’en Seine Saint-Denis il est enfantin de s’en procurer. Ou alors il était si con qu’il s’est fait fourguer un 9m à grenaille à la place d’un 357 Magnum (le 357 fait aussi 9mm de diamètre). Il existe des armes létales en vente libre (qui à mon avis ne devraient pas l’être), mais Ziyed l’ignorait sans doute.

Je m’étonne également qu’armé seulement de ce pistolet à grenaille il ait pu échapper à un contrôle de police. J’ai lu aussi dans sa biographie qu’il avait commis des attaques à main armée, était-ce aussi avec ce genre d’arme ? Deux points communs dans les attaques, contre les policiers et contre les forces de l’opération sentinelle : à chaque fois il s’en est pris à une femme, en tirant au visage de la policière puis en essayant de désarmer une soldate à Orly.

Je continue de penser que l’opération sentinelle telle qu’elle est organisée, est inefficace, même si les militaires d’Orly s’en sont bien tirés. Les soldats ne sont pas préparés à ce genre de situation, ils sont trop visibles et leurs armes sont inadaptées au combat rapproché, des pistolets semi-automatiques et des matraques télescopiques (voire des poignards ou des baïonnettes comme celles qui équipent les FAMAS)  seraient plus adaptés que le FAMAS trop encombrant et trop puissant (c’est une arme faite pour tirer de loin). Qui plus il y a toujours le risque que parmi les militaires il y ait un “radicalisé” ou un fou, même si le risque est très faible, multiplié par 10 000, il n’est plus négligeable.

Par ailleurs, si la prochaine fois ce n’est plus un “Allahou Akhbar” mais trois ou quatre fous d’Allah aguerris et décidés qui s’attaquent aux militaires en même temps, l’effet de la surprise aidant, le chances sont plutôt du côté des assaillants. Le meilleur moment pour attaquer un militaire, c’est quand il mange, ses deux mains sont posées sur la table, son fusil est suspendu sur sa chaise et son attention est concentrée sur son assiette. Je ne dis pas ça pour les terroristes, bien au contraire, je dis ça pour les militaires afin qu’is fassent plus attention et ne se fassent pas dérober leurs armes à leur insu comme les deux dans le Mac Do de Grenoble

Beaucoup de bruit pour pas grand chose

Enfin, pourquoi avoir fermé Orly Sud et Orly Ouest et interdit à tous les avions de décoller ou d’atterrir pendant une demi-journée ? Une fois que Ziyed a été abattu, il n’y avait plus aucun risque. Croyait-on à une réédition des attentats du 13 novembre 2015 ? Comme quand le Louvre a été fermé pendant une journée entière après l’attaque d’Abdallah El Hamahmy. Quand les attaques seront devenue quotidiennes (le plus tard possible), comme en Israël, on les traitera comme de banals accidents de la circulation et on reprendra plus rapidement une activité normale.

Une autre chose m’interpelle : comment se fait-il qu’il ait fallu au Louvre et à Orly plusieurs balles pour neutraliser les assaillants sachant que la munition 5,56 mm OTAN chambrée par le FAMAS, bien que de petit calibre et donc très légère, a une grande vitesse initiale, ce qui lui confère une énergie de 1700 à 1800 joules. Par ailleurs, en raison de sa forme allongée et de son centre de gravité situé très en arrière elle bascule a tendance à basculer en pénétrant la cible et elle la traverse en tournoyant quand elle n’explose pas, ce qui provoque d’énormes dégâts dans le corps de la cible. Alors comment Abdallah a-t-il survécu après avoir reçu 5 ou  6 balles dans le ventre et pourquoi a-t-il fallu tirer à trois reprises sur Ziyed avant qu’il soit neutralisé ?

Ci-dessous les caractéristiques des munitions utilisées par la force sentinelle et ceux utilisés par les terroristes , je parle de la Kalashnikov, pas du pistolet à grenaille :

Arme Munition Longueur cartouche Masse projectile Vitesse Énergie
FAMAS 5,56 OTAN 5,56 × 45 mm 3,95–5,18 g 930–772 m/s 1700–1830 J
Kalashnikov 7,62 x 39 M43 7,62 × 39 mm 6,5–7,8 720 m/s 1991 J

Fusillade de Grasse : qui est le vrai coupable ?

Chaque fois qu’un événement marquant se produit je découvre que je connaissais un protagoniste, un participant ou une victime, ça a été le cas du crash de Sainte-Odile où un collègue de travail (un géologue que j’appréciais beaucoup) était dans l’avion, du World Trade Center, où le fils de mon collègue du bureau voisin était dans une des tours, et de la fusillade du Lycée de Grasse, où était le neveu de ma compagne.

Dans l’affaire de Grasse, les responsables sont avant tout les membres de la famille du jeune homme qui lui ont permis de se saisir de leurs armes. Un tireur sportif ou un chasseur est tenu d’entreposer ses armes dans un coffre-fort ou une armoire forte. C’est lui qui est responsable, s’il a laissé traîner la clé du coffre ou la combinaison. Les préfectures se contentent de n’importe quelle copie de facture d’acquisition d’un coffre pour délivrer une autorisation de détention d’arme à feu de catégorie B. Elles devraient exiger un niveau de qualité produit, des dimensions adaptées aux armes à stocker, une fixation solide (chevilles ou scellement) et une protection clé + code. Quant aux détenteurs d’armes, il faut les sensibiliser aux risques d’emprunt ou de vol et les poursuivre en cas de négligence.

RIB, BIC, SWIFT, IBAN, SEPA, comment ça marche ?

Le RIB (Relevé d’Identité Bancaire) a aujourd’hui laissé la place à l’IBAN (International Bank Account Number). Parallèlement, l’espace unique de paiement en euros, SEPA (Single Euro Payments Area), permet de mettre en place ds prélèvements et d’effectuer gratuitement des virements de compte à compte vers ou depuis la totalité des pays de l’Union Européenne.

Lorsque vous mettez en place un prélèvement ou lorsque vous voulez effectuer un virement, selon le site sur lequel vous vous trouvez (fournisseur de services ou votre banque), on va vous demander le nom et le prénom du bénéficiaire, le nom de l’établissement bancaire, le code BIC et le code IBAN.

Sachez que l’IBAN seul suffit à réaliser un virement. Le BIC (Bank Identifier Code), issu d’une norme internationale différente de la norme IBAN, une norme issue du réseau SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication), société basée à Bruxelles, n’est pas nécessaire, il n’est pas systématiquement demandé et il peut d’ailleurs être obtenu facilement à partir de l’IBAN.

J’imagine que le nom, le prénom et le code BIC ne sont demandés qu’à titre de vérification.

Vous pouvez calculer facilement votre IBAN à partir de votre RIB :
– si votre numéro de compte ne comporte que des chiffres, votre IBAN est composé de la chaîne de caractères “FR76 + Code Banque + Code Guichet + N° compte + Clé RIB” sans espaces et sans le signe + évidemment.
– si votre numéro de compte comporte des lettres, l’IBAN commence par FR, mais les deux chiffres suivants dépendent de votre numéro de compte, pour les trouver, il vous suffit de saisir votre “Code Banque + Code Guichet + N° compte + Clé RIB” en ligne sur un des sites suivants : iban-code.com ou iban.com.

Ces deux sites vous permettront également de calculer votre BIC et de trouver le nom de la banque correspondant à un RIB ou un IBAN.

Enfin, dernière précision et non des moindres : les BIC et IBAN communiqués par les banques comportent des groupes de caractères séparés par des espaces, ces espaces sont non seulement inutiles, mais aussi générateurs d’erreurs, en effet, si vous faites un copier-coller d’un IBAN dans un formulaire de saisie sans enlever les espaces, la plupart du temps, les espaces seront considérés comme des caractères et comme le nombre de caractères est normalisé (27 caractères pour les IBAN français et 8 ou 11 caractères pour le BIC), si vous laissez des espaces, les derniers caractères ne seront pas pris en compte, c’est ce qui arrive aussi avec les numéros de téléphone.

Alors mon conseil : copiez votre IBAN, ouvrez le bloc notes de Windows et collez-le dedans, enlevez les espaces, copiez et coller la chaîne de caractères dans votre formulaire, idem pour le BIC.

Quand Saint-Michel vendait des Bamboulas

La bamboula est une danse effectuée au son d’une variété de tambour africain, le bamboula, instrument à percussion dont elle tient son nom. Le terme est dérivé de kam-bumbulu et de ba m’bula en langues bantoues qui signifie tambour.

Bamboula

Dans les années 1980, la biscuiterie Saint-Michel (Saint-Michel-Chef-Chef, Loire Atlantique) commercialisait des  biscuits cacaotés sous le nom Bamboula. Banania, la poudre à base de cacao pour le petit déjeuner existe toujours, avec son personnage qui a changé de tête au fil des époques, mais qui ne dit plus “y’a bon”.

Bamboula et Banania sont devenus des termes péjoratifs pour désigner des personnes d’origine subsaharienne.

Ce mot a été mis dans le feu de l’actualité par Théo, le jeune français d’origine subsaharienne* empalé par une matraque télescopique et qualifié par Luc Poignant, le chargé de communication du syndicat Unité SGP Police d’à peu près convenable, ce qui a suscité l’indignation.

On a supprimé certains mots du vocabulaire, pour les remplacer par d’autres, dans le but de modifier le concept. Ainsi race a été remplacé par ethnie, esquimau par inuite, arabe (d’Afrique du nord) par maghrébin puis par beur (s’il habite en France), pédé par gaynègre par noir puis par (*)subsaharien, le terme officiel que j’utilise désormais. Des mots innocents, comme Bamboula, Banania ou melon ont pris une connotation raciste.

L’apologie du racisme ou de l’homosexualité sont des délits. Convient-t-il maintenant de dresser la liste des mots interdits et d’établir pour chacun un degré de gravité et une sanction appropriée ?

Attaque du Louvre : terrorisme ou bavure ?

Je fais un parallèle entre deux faits divers :

– Théo, un Français de 22 ans, un grand gaillard de 1,90 m, blessé au niveau de l’anus par un policier de la brigade anti criminalité à Aulnay sous Bois, le 2 février 2017, en réponse à un coup de poing porté sur un des policiers.

– Abdallah, un Egyptien de 29 ans, un gringalet de 1,65 m, blessé de 4 balles dans le bas ventre par un soldat de l’opération sentinelle au musée du Louvre, le 3 février 2017, en réponse à un coup de machette porté sur un des militaires.

Dans les deux cas il n’y a pas eu que je sache de vidéo montrant le début de l’attaque, le coup de poing et le coup de machette. Pour Abdallah, quelqu’un, à part les militaires l’a-t-il vu proférer “Allahou akhbar” ?

Le traitement judiciaire et médiatique des deux affaires a été très différent.

Pour Théo, les quatre policiers ont été placés en garde à vue et mis en examen pour viol en réunion. Le maire d’Aulnay sous Bois et même le Président de la République ont rendu visite au jeune homme. Il n’est pas poursuivi pour les coups qu’il a donné aux policiers.

Pour Abdallah, les militaires n’ont fait l’objet d’aucune poursuite, le soldat qui avait eu une égratignure au cuir chevelu est ressorti de l’hôpital le lendemain. Abdallah, très grièvement blessé, il était entre la vie et la mort pendant 48 heures, a été interrogé sans ménagement par les services spéciaux, jusqu’à ce que son état nécessite un retour en soins intensifs. Il est placé en garde à vue et restera certainement derrière les barreaux pendant plusieurs mois.

Dans les deux cas les faits sont troublants : pour Théo, c’est… sidérant. Pour Abdallah, la présence de bombes de peinture dans son sac à dos font plutôt penser à un projet de dégradation d’œuvres d’art plutôt qu’un attentat sur des vies humaines. Autres faits troublants : “Armes Bastille” ne vend pas de machettes, une machette est loin de coûter 300 €, et même armé de deux machettes, un petit gars de 1,65 m devrait pouvoir être facilement désarmé par quatre militaires en tenue de combat sans qu’ils aient à lui tirer quatre balles dans le ventre.

Le point commun entre Théo et Abdallah : ils ont tous les deux été victimes d’une bavure, la première a été qualifiée “viol en réunion” et la “seconde légitime défense.”

Autre fait troublant : pourquoi a-t-on tenu enfermés les touristes pendant plusieurs heures dans les salles du musée ? Pourquoi avoir évacué et fermé le musée ce jour-là ? Principe de précaution ou enfumage médiatique ?