Liberté Egalité Fraternité aux frontons des Mairies

L’inscription de la devise républicaine “Liberté, Égalité, Fraternité” sur les frontons des mairies n’est régie par aucun texte officiel et elle n’est pas obligatoire. En revanche, la “LOI n° 2013-595 du 8 juillet 2013 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République” stipule que “La devise de la République, le drapeau tricolore et le drapeau européen doivent figurer à la façade de tout établissement scolaire public ou privé sous contrat”.

Nonobstant, l’inscription de la devise républicaine est devenu un enjeu électoral lors des dernières élections municipales. Des observateurs attentifs ont pointé les mairies sur lesquelles elle ne figurait pas. Et les maires nouvellement élus se sont empressés d’apposer la devise sur le fronton ou sur la façade de leurs hôtels de ville.

La devise républicaine ne figurait pas sur la mairie du XIXème arrondissement de Paris bien que le bâtiment ait été construit entre 1876 et 1878, sous la IIIème république donc. Soit l’inscription n’a jamais existé, soit elle a été effacée à l’occasion de la réfection du monument, en effet une rangée de pierres du linteau de la fenêtre du 1er étage a été changée.

L’oubli a été réparé, en même temps que les lettres “MAIRIE DU XIX ARRT” ont été redorées, la devise républicaine a été inscrite en lettres dorées sur le linteau de la fenêtre du 1er étage. Cependant la devise est si haute et en si petites lettres qu’elle est quasiment invisible. Était-ce là le but ?

© La photo de droite a été extraite d’un article du site laconnectrice.wordpress.com.

Menaces sur La Grande Motte

J’ai assisté ce soir à l’assemblée générale de l’association la vigie citoyenne grand-mottoise.
Après la présentation par le président, Claude Delhoume des actions de l’année écoulée et des enjeux des projets d’urbanisme de la municipalité, j’ai pris conscience du risque de voir notre station bétonnée à outrance, de voir nos espaces verts, notre domaine maritime et les rares espaces non bâtis livrés à la cupidité des promoteurs.
La municipalité a la volonté de développer la station, d’agrandir le port, de faire venir des entreprises et des commerces, de construire des logements. La fonction de Maire est ainsi faite que certains considèrent plus leur ville comme une entité qu’il faut développer et faire prospérer que comme un héritage qu’il faut préserver.
La Grande Motte n’est pas une ville comme une autre, c’est une des rares réussites architecturales des trente glorieuses. Vingt ans entre les premières pyramides, livrées en 1968 et les dernières constructions marquantes, la mairie, la thalasso et le collège. Jean Balladur, l’architecte de ce projet, aura vécu assez longtemps pour en voir la fin.
Ce projet architectural est cohérent, harmonieux et équilibré, hôtels, studios cabines, appartements, villas, campings, port, plages, étang, espaces verts, golf, il y a des hébergements et des activités pour toutes les bourses et pour tous les goûts. Ce projet est aujourd’hui achevé, évitons de le saboter en densifiant les constructions, en rognant sur les plages, sur les espaces verts, sur les parkings, ne laissons pas de nouveaux immeubles cacher la vue des anciens. L’appétit des promoteurs est sans limites, répondre favorablement à leurs demandes, c’est ouvrir la boîte de Pandore.
A la fin de la réunion, quelqu’un a posé la question : quel intérêt présentent les projets de la Mairie pour les citoyens de La Grande Motte ? Je vous laisse deviner la réponse de l’assemblée.
Heureusement que des associations, comme la vigie citoyenne grand-mottoise sont là pour modérer les ambitions du maire et des promoteurs.

Les photomontages de l’éolien offshore

Les photomontages sont souvent associés aux projets de grande ampleur modifiant le paysage naturel ou urbain. Ils permettent de se rendre compte visuellement de l’insertion du projet dans le paysage. Ces photomontages, réalisés par le porteur du projet, qu’il soit industriel, architecte ou promoteur, s’efforcent bien évidemment de le valoriser tout en minimisant son impact dans l’environnement.

La société Ailes Marines a réalisé une série de photomontages depuis une quarantaine de points d’où le champ éolien de la baie de Saint-Brieuc sera visible. A première vue, l’impact visuel des éoliennes sera très faible. A première vue seulement.

Le but d’un photomontage est de donner à celui qui le regarde l’impression qu’un objet haut et éloigné est plus petit qu’un objet bas et rapproché.

L’œil humain, associé à son cerveau est exercé à distinguer des objets relativement bas sur la ligne d’horizon, il est habitué à les estimer et à les comparer, et il exerce une espèce de zoom sur ces objets, j’en veux pour preuve la lune et le soleil qui paraissent d’un plus gros diamètre lorsqu’ils sont près de la ligne de l’horizon que lorsqu’ils sont au firmament, les phares et les bateaux qu’un œil exercé décèle à une grande distance.

Par ailleurs, en raison de la courbure terrestre, plus l’observateur est situé en altitude, plus il voit les paysages éloignés.

Sachant cela, comment minimiser l’impact des éoliennes ?

En utilisant une photo panoramique, c’est à dire avec un grand angle de prise de vue, et en plaçant l’observateur au niveau de la mer, ce qui a pour effet de minimiser la hauteur des objets éloignés et de maximiser celle des objets rapprochés.

Et comment le maximiser ?

En utilisant une photo au téléobjectif, prise d’un point de vue élevé.

Revenons-en à Saint-Quay-Portrieux

La communication d’ailes marines présente sur son site internet 67 photomontages, la plupart vus de la côte, certains en mer. Mais ailes marines ne connaît pas bien Saint-Quay-Portrieux, à tel point que les 7 photomontages réalisés depuis la plage de Saint-Quay sont intitulés “Plage de Portrieux à Saint-Quay-Portrieux”. Cette méconnaissance du tissu local me porte à croire que les photomontages sont plutôt des faux montages.

La photo ci-dessus correspond au photomontage intitulé “Plage de Portrieux à Saint-Quay-Portrieux (variante a)”, il y en a 6 autres pris du même endroit, correspondant à des variantes différentes, mais pour ma part je n’ai pas observé de différences notables.

Vous trouverez une photo semblable sur le site de la mairie de Saint-Quay-Portrieux où les éoliennes sont quasiment illisibles, mais où on distingue bien la petite main de la souris, provenant d’une capture d’écran maladroite.

Les éoliennes semblent minuscules, mais… l’île Harbour semble aussi minuscule, et tous ceux qui ont fréquenté la plage de Saint-Quay ( ou plage du Casino) ont le souvenir d’un îlot bien visible sur l’horizon.

A titre de comparaison :

– La hauteur du phare de l’île Harbour est de 13 mètres.
– La hauteur du phare du Grand Léjon est de 30 mètres.
– La hauteur des éoliennes est de 215 mètres.

 C’est grave docteur ?

Pour ma part, j’estime que le projet éolien de la baie de Saint-Brieuc est globalement bon. Je regrette seulement qu’il n’ait pas été porté par des acteurs publics, comme les barrages et les centrales électriques dans le passé. Je regrette aussi qu’il n’ait pas été mieux étudié avant le lancement des appels d’offres (Ailes Marines est en train de mesurer la force, l’orientation et la régularité du vent au droit du projet, il aurait mieux valu le faire avant.

Je trouve les éoliennes esthétiques, en tout cas elles ne me dérangent pas, contrairement aux pylônes, lignes électriques et bâtiments en bardages d’acier.

Mais ça m’énerve qu’on on essaie de prendre les gens pour des cons. Le grand public n’est pas con, il est très souvent largement au niveau, voire plus que les communicants des grandes entreprises. Et quand il sent qu’on essaie de le berner (Sivens, Notre Dame des Landes, Bure, etc), il délègue des Zadistes pour torpiller le projet.

Alors, messieurs d’Ailes Marines, montrez-nous de vrais photomontages afin que chacun puisse se rendre compte vraiment de l’impact de votre projet, elles sont belles vos éoliennes, ce sera la fierté des habitants de la baie de Saint-Brieuc, arrêtez d’essayer de nous les cacher et de nous faire croire que nous ne les verrons pas.

Le tour complet de Manhattan en bateau

Mardi, par une journée ensoleillée, mais froide, nous prenons la Circle Line pour faire le tour complet de l’île de Manhattan en bateau, en 3 heures, je posterai les photos au fur et à mesure…

Lower Manhattan on a sunny saturday

Sur les berges de l’Hudson

Le long de Manhattan, les berges de l’Hudson sont aménagées en promenade, lieux de repos, avec tables et chaises, égayées de sculptures, départ du bateau qui fait le tour de Manhattan, vieux porte-avions transformé en musée, au sud, Battery Park et départ du ferry gratuit pour Staten Island, départ toutes les 30 minutes, durée de la traversée 25 minutes, il est possible de faire l’aller-retour, mais il faut changer de bateau à l’arrivée.

L’oculus de Santiago Calatrava à Ground Zero

Nef nervurée, en superstructure de la gare ferroviaire reliant les lignes de train de Manhattan et du New-Jersey, qui franchissent l’Hudson en souterrain, selon de quel côté on l’observe, elle évoquera un oiseau ou squelette de dinosaure, une prouesse architecturale et une dimension mystique qui ne laissera personne indifférent, un hommage à ce lieu de mémoire.

Un week-end à Deauville

Un week-end à Deauville les 6 et 7 août 2016 :

Le Casino
Le casino

Les planches
Les planches

Les parasols
Les parasols

La plageLa plage publique

L'entrée du port de Deauville
L’entrée du port et la vue sur Trouville

les bateaux rentrent au port
La porte est ouverte (2h environ), les bateaux rentrent

Le portLe port (Trouville à gauche, Deauville à droite)

Le Café de Paris
Le Café de Paris

Une halle du marché
Une halle du marché

La maison d'Eugène Boudin
La maison d’Eugène Boudin

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L’hôtel Normandy

SAMSUNG CAMERA PICTURES
Le hall de l’hôtel

Festival des Architectures Vives 2016

Le Festival des Architectures Vives tient cette semaine à la Grande Motte sa quatrième édition consécutive. De jeunes équipes d’architectes (Six françaises, une italienne et une espagnole) présentent huit installations en plein air, un médiateur (étudiant en architecture) se tenant à la disposition du public pour donner toutes les informations sur l’oeuvre et sur son concepteur. J’ai pris une photo de chaque installation, vue d’ensemble ou détail, que j’ai fait suivre de la légende officielle (italiques) parfois précédée de quelques commentaires personnels (normal).

Ce jeu de miroirs qui encerclent le tronc d’un vieux pin dans le jardin de l’église superpose l’espace devant et derrière, in and out, avec un effet saisissant.

Avec cette installation, Go-Up souhaite définir une limite à l’espace libre. Ainsi le projet se réalise dans la mise en connexion des éléments individuels qui, ensemble créent de multiples entités grâce aux jeux de miroirs. L’espace créé accueille sans couper, connecte les sphères intimes, unit, multiplie ce qui est connu ou perçu. Le visiteur devient le héros de ce théâtre imaginaire.

Des parasols renversés par le vent, comme on en voit trop souvent sur la plage. Le vent qui en début de semaine a endommagé les parasols debout de l’installation, au point que les concepteurs ont dû venir retirer leurs baleines.

M³ aborde l’innovation comme la résultante de la fusion d’un élément unique, le parasol. C’est à travers ces assemblages qu’apparaissent de nouvelles formes, engendrant à leur tour de nouveaux usages, et invitant les passants à se questionner sur l’objet même du parasol. A travers la répartition des parasols dans la fontaine, l’installation propose un parcours ponctué par de nouveaux espaces tels une sphère sous laquelle le public peut déambuler ou encore une enceinte pour se regrouper et échanger. Le parasol objet emblématique de la saison estivale à la Grande Motte devient alors ludique et appropriable par tous.

Un réseau de fils tendus sur des arches, vue rapprochée et partielle de l’oeuvre.

PHIL – Paysage Hydride Interactif Local – intègre la notion d’hybridation entre architecture et paysage qui prend place à l’échelle urbaine. Dans ce contexte patrimonial emblématique, la question de l’innovation est interrogée à travers deux axes majeurs. Le projet rend d’abord un hommage aux formes et archétypes urbains et architecturaux particulièrement identitaires de la ville, fruit de la vision innovante portée par Jean Balladur dans les années 1960. PHIL propose une seconde réflexion plus poétique autour du sujet en question. L’innovation peut être considérée comme l’aboutissement d’une multitude de cheminements, de lignes à emprunter, à questionner, à confronter (entre elles, avec leur environnement). Certaines parfois plus lumineuses se révèlent alors à la nuit tombée et trouvent écho dans leur environnement. D’arche en arche, les vibrations tactiles du tissage réinterprètent à échelle réduite la “skyline” caractéristique de la ville et livrent au public une expérience à la fois corporelle, sensorielle et visuelle qui peut être parcourue, pratiquée, contemplée.

Des gaines électriques recyclées en mobilier urbain. Vue partielle.

In OverAll est un système de mobilier urbain modulaire, conçu pour habiter l’espace public. Cette installation permet d’introduire de nouvelles pratiques, à la fois dans l’utilisation d’un espace mais aussi dans l’usage d’un matériau spécifique. Installé face à la mer, il prend place entre deux murs existants organisés dans une alternance d’orientation. In OverAll s’organise en deux modules qui sont subordonnés à la direction radiale initiée par les deux murs en béton. Les modules sont plus ou moins larges et sont plus ou moins espacés l’un de l’autre. De par ce jeu, des espaces libres permettant le passage des visiteurs créent des tensions entre les nouveaux murs mis en place et les murs existants. L’installation exprime une notion d’innovation à travers le détournement d’un matériau. Elle invite, avec peu de chose, à la lenteur et à la contemplation. Elle est conçue autour de quatre usages: se reposer, attendre, observer et rencontrer.

Le dessin du jour, en référence au Brexit.

La promenade du front de mer prend peu à peu des allures d’école. Comme sur un grand tableau transparent, de curieux dessins prennent forme. Ici, pas d’exercice imposé, mais l’horizon comme page blanche. Un enfant dessine un bateau qui part à la découverte de terres lointaines, une jeune femme esquisse la silhouette d’une ville flottante imaginaire. Là, c’est un horizon venu d’ailleurs que l’on imagine au loin. Un crayon à la main, l’immensité de la mer sous les doigts, l’imagination se déclenche, les rêves se dessinent. A la manière de Jean Balladur qui imagina La Grande Motte sous la forme d’une skyline rythmée depuis la mer, l’installation éveille la créativité du passant : sur la ligne vierge de l’horizon, il interroge son regard, réinvente son environnement. Face à la mer, les dessins se confrontent, se mélangent pour ne plus former qu’un.

En discutant avec le médiateur, j’ai énoncé “nouilles de piscine”, ça l’a fait rire. En anglais on appelle ça des “Pool Noodle” qui se traduirait en français par nouilles de piscine. Je ne sais quel crétin a eu l’idée de les appeler en français frites en mousse. C’est un canadien, Richard Koster d’Oakville, en Ontario, qui les a créées à la fin du 20° siècle, à l’origine il les avait appelées “water woggle”, le “woggle” étant un espèce de nœud inventé par un australien pour attacher les foulards scouts.

La modénature des bâtiments de la Grande Motte est le point de départ de la réflexion. HOCH Studio ont été inspirés par l’étrangeté de ces objets architecturaux et leurs dialogues avec le littoral. A l’échelle du Festival des Architectures Vives, ils veulent innover dans l’expression de ce dialogue, en poussant sa représentation de façon symbolique et sensuelle, à travers la matérialité, la forme et la couleur. Au-delà du concept principal, l’installation «La Grande Frite» amènera le public à se questionner sur le rapport entre l’architecture et le paysage. Leur micro architecture utilise des tubes en mousse initialement destinés à des activités aquatiques à la mer ou à la piscine, serrées les uns aux autres, formant comme un bosquet ou une anémone aux nombreuses tentacules. Elle entraîne un rapport au contexte encore plus organique que celui de l’architecture de Balladur à son environnement de façon ludique et éphémère.

L’idée commence par la configuration de deux mondes. Le monde terrestre accueille les personnes du monde maritime. Ce monde maritime, qui est plus privé, recueillie les reflets bleus de la mer et du ciel à travers les miroirs. Pour cela on utilise des planches en bois, fines et longues, réversibles et fixes au sol. Ces miroirs cohabitent avec une murale de plusieurs couleurs. Chaque planche avec un coté miroir et un autre coté coloré donne la possibilité à chacun de créer différentes mosaïques. Ce nouveau monde de couleurs s`élargie dans les profondeurs de la mer. Les matériaux choisis sont conçus pour faire un contraste entre les nouveaux matériaux et les matériaux déjà existants.

Cette espèce de barque est si solidement ancrée au fond, qu’elle n’a pas l’air de flotter, on dirait plutôt une trouée dans la mer, comme une trappe de bar, qui permettrait grâce à ses deux escaliers d’accéder à une pelouse imaginaire.

Le Festival des Architectures Vives fait place cette année à l’innovation, une opportunité de reconsidérer l’usage de notre territoire. Les enjeux climatiques actuels nous amènent à penser au-delà de nos habitudes, à nous interroger sur les limites de notre environnement et notamment la mer, les océans… Notre avenir tient dans la façon dont nous allons pouvoir nous adapter à l’eau, dans notre capacité à l’apprivoiser. L’installation proposée a pour but de sensibiliser le public à notre futur tout en repensant un espace qui leur est familier. L’installation de JN Architectes se présente sous la forme d’une faille dans l’eau comme un passage menant d’un milieu inhabituel, l’eau, à celui qui nous est plus connu, la terre. Il s’agit de faire cohabiter ces deux éléments pour affirmer une prise de conscience. Le projet est constitué d’une coque métallique dont les bords se situent au niveau de la mer. Sa forme géométrique en gradins fait écho à l’architecture de Jean Balladur, réinterprétant la silhouette de la Grande Motte. Deux escaliers se faisant face mènent à une surface végétalisée au centre, qui symbolise notre milieu naturel. L’espace créé s’intègre à celui de l’eau, ce n’est pas une île, mais la composante d’un nouveau tout.