les ponts en béton armé ne sont pas éternels


Le viaduc Morandi, à Gênes, avant sa rupture.

On ne connaît pas encore la cause et l’origine de la rupture du viaduc Morandi à Gènes. La cause immédiate, car la cause profonde semble être liée à des défauts de fabrication du béton et au vieillissement de la structure. Tout le monde se demande pourquoi ce viaduc s’est effondré. Pour ma part, ce qui me surprend plutôt, c’est que si peu de ponts ou de viaducs s’effondrent. Tous les éléments sont pourtant réunis pour de telles catastrophes :

Le béton armé n’est pas un matériau pérenne :

– le béton des ouvrages de génie civil est soumis à des contraintes élevées, à des vibrations et aux intempéries, sa composition et sa fabrication doivent être particulièrement soignées et contrôlées pour obtenir un matériau résistant et de faible porosité ; la moindre modification du dosage des différents ingrédients : graviers, sables, ciment, additifs, ou la moindre modification des conditions de mise en œuvre : température extérieure, traitement des reprises de bétonnage, vibration, cure du béton (pour éviter sa dessication)  peut faire chuter considérablement ses caractéristiques mécaniques et physiques.

– les armatures en acier du béton se corrodent irrémédiablement et inéluctablement au cours du temps, lorsque l’ouvrage est jeune elles sont protégées de l’oxydation par le béton qui les enrobe, le béton naturellement alcalin passive et protège les aciers de la corrosion, mais au fil du temps, l’action de l’eau de pluie et du gaz carbonique de l’air provoque la carbonatation du béton, ce qui a pour effet de diminuer son pH et d’annuler son action passivante sur les armatures, ce qui provoque leur corrosion. La rouille fait gonfler les aciers et ceux-ci font éclater le béton, provoquant sa ruine.

Le béton précontraint lui aussi est peu pérenne.

Rappelons que dans le béton précontraint, les aciers sont tendus pour exercer en permanence une contrainte de compression sur le béton et augmenter ainsi la résistance du matériau composite béton acier. Cependant :

– le béton flue dans le temps sous l’effet de la précontrainte et perd ainsi ses qualités mécaniques,

– les aciers fluent aussi, ce qui diminue l’effet de la précontrainte.

Il faut imposer une durée de vie maximales aux ouvrages

Au bout d’une trentaine d’années, la plupart des ouvrages d’art en béton armé ou précontraint, comme les ponts et les viaducs ne sont plus en mesure de résister aux charges et aux contraintes pour lesquelles ils ont été conçus.

Comme dans le nucléaire civil, où les ouvrages, construits pour une période de temps déterminée au départ (30 à 50 ans), à l’issue de laquelle ils doivent être démantelés, il serait pertinent d’estimer la durée de vie des ouvrages d’art tels que les ponts et les viaducs dés leur conception et de provisionner leur remplacement ou leur réfection totale au bout d’un certain nombre d’années. Cela permettrait lors de l’appel d’offres de privilégier les projets les plus durables dans le temps.

Au moment où j’écris cet article, je regarde C dans l’air où un architecte intervenant dans l’émission, Boris Weliachew, interrogé sur la différence* entre un pont et un viaduc, n’a pas su trouver la réponse et a bredouillé qu’un viaduc c’est plus important qu’un pont. Quand à Axel de Tarlé, voulant parler du viaduc de Gennevilliers, il a cité le pont d’Aubervilliers…

(*) un pont franchit une rivière, un viaduc franchit une vallée.

Pourquoi certains ponts et viaducs romains sont encore debout ?


Le pont du Gard (un viaduc en réalité)

Parce que ces ouvrages étaient construits en pierre, un matériau beaucoup plus durable que le béton (qui n’est qu’une pierre artificielle) et en acier (qui rouille), et parce que ces pierres étaient assemblées de façon à ne subir que des contraintes de compression (piles et voutes), alors que les ouvrages en béton armé sont soumis à des contraintes de flexion et de traction qui provoquent l’ouverture de fissures et à terme la rupture de l’ouvrage.

Paradoxalement, plus un ouvrage est ancien, plus il est résistant, nos ouvrages modernes calculés au plus juste, sont souvent mal construits, et nécessitent une maintenance lourde et difficile.

Dans l’ordre, les matériaux les plus résistants au temps et aux intempéries sont : la pierre, le bois, la fonte, le fer*, l’acier, le béton. Les ouvrages d’art modernes sont réalisés en béton et en acier.

(*) la Tour Eiffel a été réalisée en fer, pas en acier, Gustave Eiffel l’a voulu ainsi car le fer présente une durabilité supérieure à l’acier, et il se déforme beaucoup avant de rompre, ce qui évite des ruptures brutales.

Terre armée : obsolescence programmée

Cet article fait suite à Terre armée : une technique à proscrire, que j’ai publié il y a quelques jours. Guillaume, de la Direction de la Communication Terre Armée, m’a fait l’honneur d’apporter un commentaire et je l’en remercie.

La terre armée, qu’est-ce que c’est et à quoi ça sert ?

Le but de la technique est de réaliser des remblais avec des parements verticaux, de façon économique, sans utiliser la technique du béton armé plus lourde et plus onéreuse.

On va associer pour cela 3 éléments : de la terre de remblai, des armatures en acier ou en fibres synthétiques et des plaques de béton de parement (écailles). En tirant partie des qualités de chaque matériau : le faible coût et la résistance à la compression de la terre, la résistance à la traction de l’acier, la tenue du béton vis à vis des intempéries et la possibilité d’obtenir un parement architectonique adapté à l’environnement.

Les armatures de la terre armée

Contrairement aux ouvrages de génie civil qui font appel à des armatures rondes de forte section (jusqu’à 50 mm de diamètre), les armatures utilisées en terre armé sont des plats en acier galvanisé d’une épaisseur maximale de 5 mm (3mm pour les premiers ouvrages). Il existe également des armatures synthétiques, cependant, selon le constructeur, elles sont réservées aux ouvrages légers.

La durée de vie des ouvrages

La tenue dans le temps des ouvrages en terre armée est essentiellement liée à la vitesse de corrosion des armatures en acier. La durabilité des ouvrages varie considérablement selon la qualité des armatures et l’environnement. Dans un milieu sec, comme dans les zones désertiques des Etats-Unis ou de l’Australie, les armatures ne se corrodent presque pas et les ouvrages résisteront probablement au-delà d’une centaine d’années. Dans un milieu humide ou avec une alternance de sècheresse et de précipitations, la perte d’épaisseur des armatures liée à la corrosion diminue inéluctablement leur résistance jusqu’à provoquer la ruine de l’ouvrage. La présence de chlorures dans le remblai ou dans les eaux d’infiltration est un facteur aggravant.

La prévention

Le problème est que les armatures ne sont pas visibles et les travaux d’approche pour les atteindre et les inspecter sont difficiles : il est impossible de retirer une écaille sans risque de voir le remblai s’écouler et se décompacter, aussi il faut procéder par forage et c’est délicat. Cependant, depuis quelques années des témoins sont mis en place à la construction qui permettent d’effectuer des contrôles périodiques de l’état de la corrosion des armatures.

La réparation

Dès lors qu’une corrosion plus rapide que prévue a été détectée, il est possible de conforter les ouvrages sans avoir à démonter les écailles. La méthode consiste à forer des ancrages dans le remblai, en perçant les écailles, et à les relier ensuite aux écailles à l’aide de croix de Saint André en saillie.

Obsolescence programmée

Les techniques modernes de construction permettent d’édifier rapidement des ouvrages spectaculaires et souvent peu chers. Cependant ces ouvrages ne sont pas pérennes, leur obsolescence à court terme est certaine, il est parfois possible de la mesurer ou de la reporter.

La plupart des oeuvres humaines sont calculées pour tenir jusqu’à la fin de leur durée de garantie contractuelle, de 2 à 7 ans pour les voitures, 10 ans pour le gros oeuvre des maisons. Pour les gros ouvrages, centrales nucléaires, ouvrages d’art, on estime qu’une durée de 30 à 70 ans est un bon objectif, cependant personne, ni le constructeur, ni l’assureur, ne garantira l’ouvrage au-delà de 10 ans.

Lorsqu’un maître d’ouvrage se voit proposer deux techniques différentes, l’une pérenne (plusieurs centaines d’années) et chère, l’autre bon marché mais peu durable, il se voit le plus souvent contraint d’utiliser cette dernière, économiquement plus rentable.

Nous vivons dans une ère moderne…

 

Les arnaques au nettoyage de toiture

Marché de Saint-Brevin-les-Pins (44250)

Jeudi 7 juin 2018, devant l’entrée du Super U : un fourgon blanc, des présentoirs faisant la promotion de nettoyage et de traitement de toitures, je jette un oeil, un homme m’aborde, me dit qu’il est artisan couvreur installé à Pornic (44210) et insiste pour venir faire un devis de rénovation de ma toiture. Il me donne un dépliant et nous prenons rendez-vous.

Un couvreur sans échelle

Une heure plus tard son fourgon blanc est devant ma porte, il est venu avec son collègue, tous les deux assez corpulents pour des couvreurs. Il regarde le toit, me demande une échelle pour y monter – il est couvreur, il a un gros fourgon mais il n’a pas d’échelle, je commence à me méfier.

Il monte sur le toit, inspecte les tuiles et déclare qu’il y a des aiguilles de pins et de la mousse. La raison pour laquelle je l’avais fait venir. Il nous demande les dimensions du toit – il n’a ni télémètre laser, ni mètre tout court. Il estime la surface à 80 m2 (je l’ai mesuré après son départ : 105 m2).

Une affaire à saisir :

Et il me propose un à tarif exceptionnel : 3,90 € le m2, pour enlever les aiguilles de pin, gratter les mousses et appliquer un traitement antimousse et hydrofuge, garanti 10 ans, sans chlore, mais qui ne fera effet qu’au bout de 3 mois. Un prix cassé, alors que le prix normal est de 7,90 € le m2. J’ai droit à cette faveur car il souhaite se faire connaître de clients potentiels avec un chantier à Saint-Brévin.

Il propose de venir faire le traitement le lendemain matin, il est très volubile, un vrai moulin à paroles. Je lui dis que je vais réfléchir et je lui demande de m’envoyer son devis par mail.

Un prospectus bidon

Après le départ de l’artisan couvreur installé à Pornic, j’examine de plus près l’inscription sur son prospectus.

Le numéro SIREN d’abord : 520000258, le site societe.com m’indique :

Monsieur Camille Loustalot, 44 Che des Izards 31200 Toulouse, affaire personnelle commerçant active depuis 3 ans, spécialisée dans le secteur d’activité des autres commerces de détail sur éventaires et marchés. Unité non employeuse (pas de salarié au cours de l’année de référence et pas d’effectif au 31/12).

Bon, ce n’est pas un couvreur, c’est un vendeur ambulant.

L’adresse mail : mmrenovation33@gmail.com. Je tape mmrenovation33 dans Google et je tombe sur la société MM Rénovation, www.mmrenovation.fr, adresse mail mmrenovation33@gmail.com et parmi les numéros de téléphone, celui d’un dénommé Emile : 06 22 09 51 70.

J’ai appelé cette société, sur leur numéro fixe à Bordeaux, ils n’interviennent pas en dehors de la Gironde.

Bizarre…

Un fournisseur de bidons

Sur une autre page du prospectus, il est mentionné en gros caractères : travaux réalisés avec ABEO BREIZH. L’inscription a été faite en même temps que le prospectus, ce n’est pas un ajout.

Je me suis aussi renseigné sur cette société, Abéo Breizh : l’adresse de la société est : 13 rue du douanier rousseau, 53500 Ernee, son gérant est Dany Fauchez, 26 ans. L’activité est le commerce de Gros, la société n’emploie aucun salarié.

Parmi les produits commercialisés :

Hydrofuge ABEO breizh incolore et coloré (bidon de 20L)
hydrofuge incolore 14 euros HT / L soit 280 euros le bidon ABEO Breizh
hydrofue coloré 28 euros HT / L soit 560 euros le bidon ABEO Breizh

La société propose des formations :

Il est possible d’effectuer un stage ABEO Breizh chimie d’une durée de 4 jours (cout : 7800 euros HT)

560 € pour un bidon de 20 litres d’hydrofue ! (sans g)

Et pour finir :

Le prix conseillé d’un nettoyage de toiture (décapage + hydrofuge) 45 euros HT / m2

Pour mon toit de 105 m2, ça ferait un prix de 105 m2 x 45 €/m2 + 20% TVA = 5 670 €

C’est à peu de choses près le prix de fourniture + pose d’une nouvelle couverture en tuiles.

Abéo Breizh ne vend pas ses produits à n’importe qui :

Les produits de la société ABEO Breizh sont réservés uniquement aux professionnels du nettoyage ayant l’agreement ABEO Breizh (agrément avec e !)

Le fournisseur de bidons est certainement en cheville avec des artisans bidons.

Terre Armée : une technique à proscrire

Viaduc de Gennevilliers

Le remblai en terre armée d’une culée du viaduc de Gennevilliers sur l’autoroute A15 a cédé brusquement mardi 15 mai dans l’après-midi. La circulation sur cet axe majeur du nord-ouest de l’Ile de France est interrompue pour plusieurs jours.

Le procédé Terre Armée®, inventée par Henri Vidal en 1963 et développé par la société Terre Armée est une technique qui permet de faire tenir  un remblai quasiment à la verticale  grâce à des armatures liant les plaques de parement en béton armé préfabriqué au remblai en terre, de façon à constituer un mur poids en terre armée.

Cette technique est séduisante sur le papier, car elle permet d’édifier rapidement et à bas coût d’immenses murs poids. Mais elle n’est pas pérenne : au contact de la terre et des ruissellements d’eau, les armatures se corrodent rapidement, notamment à l’interface entre les plaques de parement et la terre, et ces plaques de parement finissent par se détacher, une par une dans le meilleur des cas et toutes ensemble dans le pire des cas. Comme ces armatures sont noyées dans la terre, et comme aucun élément métallique n’affleure au nu des plaques de parement, il est impossible de les contrôler et d’estimer leur degré de corrosion et leur niveau de résistance.

terre arméeLe problème est connu presque depuis le début de la mise en pratique de cette technique. Je me souviens d’un stage de Génie Civil à Paris dans les années 1990 au cours duquel la pathologie de ce dispositif et les solutions palliatives avaient été exposées. La leçon que j’avais retenue était qu’il fallait absolument interdire cette technique de terre armée. Comme la technique également peu pérenne des pierres agrafées dans le bâtiment.

Nonobstant elle a continué à être mise en œuvre, pour deux raisons : 1) ce n’est pas cher 2) les ouvrages tiennent plus de 10 ans avant de s’effondrer, donc au-delà de la garantie légale du constructeur.

Une chose est certaine cependant : tous les ouvrages en terre armée s’effondreront prématurément. Car des armatures en acier, même inoxydable et même  galvanisé, se corrodent (rouillent) lentement au contact du remblai humide et finissent tôt ou tard par céder, bien avant les armatures des ouvrages en béton armé, qui elles sont protégées par le béton qui les enrobe grâce à ses propriétés passivantes dues à sa forte alcalinité.

Obsolescence programmée – et criminelle !

soil nailCette invention française a été reprise par de nombreux pays dans le monde, mais dans leur grande sagesse ils ont donné un fruit important aux talus soutenus, ce qui leur permet de se consolider dans le temps et de ne pas s’effondrer même si les armatures viennent à lâcher. C’est le principe des murs de soutènement en pierres dont le fruit est inférieur à celui du talus naturel.

A Gennevilliers, le mur de soutènement en plaques de béton préfabriquées minces est quasiment vertical, et le remblai utilisé est tout simplement du sable qui ne demande qu’à s’écouler dès qu’il en a la possibilité :

On voit bien sur cette dernière photo les armatures qui pendent, à mon avis, les ruptures se sont faites au niveau des jonctions avec les plaques en béton.

Ma conclusion est que ce procédé devrait être proscrit ou autorisé sous réserve d’une obligation d’un fruit minimal et de l’incorporation au remblai de matériaux permettant sa consolidation au fil du temps : ciment, chaux, cendres volantes, etc.

Les barrières Delpierre auront bientôt 100 ans

Alfred Delpierre, maire de Saint-Quay-Portrieux de 1919 à 1941, a été l’un des principaux artisans de l’essor de la station dans l’entre deux guerres. Il a laissé son nom à des barrières en béton, les “barrières Delpierre” qui sécurisent le GR 34, aussi appelé “chemin de ronde” ou “sentier des douaniers”, mais aussi les différentes plages, la plage du Casino, la plage de la Comtesse et le port d’échouage. Le nouveau port, le “port d’Armor” a hélas rompu avec la tradition et opté pour des barrières avec poteaux et câbles en inox. Ces barrières en béton étaient amenées à disparaître et à être remplacées au fur et à mesure de leur érosion, des affaissements de terrain et des tempêtes par des barrières à obsolescence programmées conçues par des designers 2.0.

Mais les barrières Delpierre n’avaient pas dit leur dernier mot et elles viennent de réapparaître autrement qu’en réfection de barrières endommagées, pour la première fois dans un équipement neuf, dans le cadre des travaux d’aménagement du port d’échouage du Portrieux. Amoureux de ce patrimoine semi-ancien, je salue cette initiative et je publie quelques photos que j’ai prises au Portrieux mercredi 4 avril.

Le quai de la République avec ses barrières Delpierre des années 1920 :

(Les palmiers sont des Trachycarpus fortunei)

Les barrières Delpierre modèle 2018 :

Les échelles horizontales :

Les poteaux :

Contrairement au PVC, à l’aluminium anodisé et même à l’inox, on est reparti pour cent ans.

Tuile ou Ardoise ?

J’avais écrit il y a quelque temps un article sur les toitures du XXIème siècle, voici un petit complément :

Si la Bretagne est le pays de l’ardoise, la Vendée est le pays de la tuile, et la Loire dessine un peu la limite entre ces deux matériaux de couverture. A Saint-Brevin-les-Pins, ville de Loire Atlantique, qui fait cependant partie de la Bretagne historique, la tuile l’emporte, mais les deux cohabitent comme le montre la photo de ces deux maisons :

Pornic en revanche, bien que située plus au Sud, possède plus de couvertures en ardoise, ce qui lui confère un aspect plus “breton”. J’essaierai d’étayer cette affirmation par quelques photos lorsque j’irai faire un tour du côté de Pornic.

Liberté Egalité Fraternité aux frontons des Mairies

L’inscription de la devise républicaine “Liberté, Égalité, Fraternité” sur les frontons des mairies n’est régie par aucun texte officiel et elle n’est pas obligatoire. En revanche, la “LOI n° 2013-595 du 8 juillet 2013 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République” stipule que “La devise de la République, le drapeau tricolore et le drapeau européen doivent figurer à la façade de tout établissement scolaire public ou privé sous contrat”.

Nonobstant, l’inscription de la devise républicaine est devenu un enjeu électoral lors des dernières élections municipales. Des observateurs attentifs ont pointé les mairies sur lesquelles elle ne figurait pas. Et les maires nouvellement élus se sont empressés d’apposer la devise sur le fronton ou sur la façade de leurs hôtels de ville.

La devise républicaine ne figurait pas sur la mairie du XIXème arrondissement de Paris bien que le bâtiment ait été construit entre 1876 et 1878, sous la IIIème république donc. Soit l’inscription n’a jamais existé, soit elle a été effacée à l’occasion de la réfection du monument, en effet une rangée de pierres du linteau de la fenêtre du 1er étage a été changée.

L’oubli a été réparé, en même temps que les lettres “MAIRIE DU XIX ARRT” ont été redorées, la devise républicaine a été inscrite en lettres dorées sur le linteau de la fenêtre du 1er étage. Cependant la devise est si haute et en si petites lettres qu’elle est quasiment invisible. Était-ce là le but ?

© La photo de droite a été extraite d’un article du site laconnectrice.wordpress.com.

Menaces sur La Grande Motte

J’ai assisté ce soir à l’assemblée générale de l’association la vigie citoyenne grand-mottoise.
Après la présentation par le président, Claude Delhoume des actions de l’année écoulée et des enjeux des projets d’urbanisme de la municipalité, j’ai pris conscience du risque de voir notre station bétonnée à outrance, de voir nos espaces verts, notre domaine maritime et les rares espaces non bâtis livrés à la cupidité des promoteurs.
La municipalité a la volonté de développer la station, d’agrandir le port, de faire venir des entreprises et des commerces, de construire des logements. La fonction de Maire est ainsi faite que certains considèrent plus leur ville comme une entité qu’il faut développer et faire prospérer que comme un héritage qu’il faut préserver.
La Grande Motte n’est pas une ville comme une autre, c’est une des rares réussites architecturales des trente glorieuses. Vingt ans entre les premières pyramides, livrées en 1968 et les dernières constructions marquantes, la mairie, la thalasso et le collège. Jean Balladur, l’architecte de ce projet, aura vécu assez longtemps pour en voir la fin.
Ce projet architectural est cohérent, harmonieux et équilibré, hôtels, studios cabines, appartements, villas, campings, port, plages, étang, espaces verts, golf, il y a des hébergements et des activités pour toutes les bourses et pour tous les goûts. Ce projet est aujourd’hui achevé, évitons de le saboter en densifiant les constructions, en rognant sur les plages, sur les espaces verts, sur les parkings, ne laissons pas de nouveaux immeubles cacher la vue des anciens. L’appétit des promoteurs est sans limites, répondre favorablement à leurs demandes, c’est ouvrir la boîte de Pandore.
A la fin de la réunion, quelqu’un a posé la question : quel intérêt présentent les projets de la Mairie pour les citoyens de La Grande Motte ? Je vous laisse deviner la réponse de l’assemblée.
Heureusement que des associations, comme la vigie citoyenne grand-mottoise sont là pour modérer les ambitions du maire et des promoteurs.

Les photomontages de l’éolien offshore

Les photomontages sont souvent associés aux projets de grande ampleur modifiant le paysage naturel ou urbain. Ils permettent de se rendre compte visuellement de l’insertion du projet dans le paysage. Ces photomontages, réalisés par le porteur du projet, qu’il soit industriel, architecte ou promoteur, s’efforcent bien évidemment de le valoriser tout en minimisant son impact dans l’environnement.

La société Ailes Marines a réalisé une série de photomontages depuis une quarantaine de points d’où le champ éolien de la baie de Saint-Brieuc sera visible. A première vue, l’impact visuel des éoliennes sera très faible. A première vue seulement.

Le but d’un photomontage est de donner à celui qui le regarde l’impression qu’un objet haut et éloigné est plus petit qu’un objet bas et rapproché.

L’œil humain, associé à son cerveau est exercé à distinguer des objets relativement bas sur la ligne d’horizon, il est habitué à les estimer et à les comparer, et il exerce une espèce de zoom sur ces objets, j’en veux pour preuve la lune et le soleil qui paraissent d’un plus gros diamètre lorsqu’ils sont près de la ligne de l’horizon que lorsqu’ils sont au firmament, les phares et les bateaux qu’un œil exercé décèle à une grande distance.

Par ailleurs, en raison de la courbure terrestre, plus l’observateur est situé en altitude, plus il voit les paysages éloignés.

Sachant cela, comment minimiser l’impact des éoliennes ?

En utilisant une photo panoramique, c’est à dire avec un grand angle de prise de vue, et en plaçant l’observateur au niveau de la mer, ce qui a pour effet de minimiser la hauteur des objets éloignés et de maximiser celle des objets rapprochés.

Et comment le maximiser ?

En utilisant une photo au téléobjectif, prise d’un point de vue élevé.

Revenons-en à Saint-Quay-Portrieux

La communication d’ailes marines présente sur son site internet 67 photomontages, la plupart vus de la côte, certains en mer. Mais ailes marines ne connaît pas bien Saint-Quay-Portrieux, à tel point que les 7 photomontages réalisés depuis la plage de Saint-Quay sont intitulés “Plage de Portrieux à Saint-Quay-Portrieux”. Cette méconnaissance du tissu local me porte à croire que les photomontages sont plutôt des faux montages.

La photo ci-dessus correspond au photomontage intitulé “Plage de Portrieux à Saint-Quay-Portrieux (variante a)”, il y en a 6 autres pris du même endroit, correspondant à des variantes différentes, mais pour ma part je n’ai pas observé de différences notables.

Vous trouverez une photo semblable sur le site de la mairie de Saint-Quay-Portrieux où les éoliennes sont quasiment illisibles, mais où on distingue bien la petite main de la souris, provenant d’une capture d’écran maladroite.

Les éoliennes semblent minuscules, mais… l’île Harbour semble aussi minuscule, et tous ceux qui ont fréquenté la plage de Saint-Quay ( ou plage du Casino) ont le souvenir d’un îlot bien visible sur l’horizon.

A titre de comparaison :

– La hauteur du phare de l’île Harbour est de 13 mètres.
– La hauteur du phare du Grand Léjon est de 30 mètres.
– La hauteur des éoliennes est de 215 mètres.

 C’est grave docteur ?

Pour ma part, j’estime que le projet éolien de la baie de Saint-Brieuc est globalement bon. Je regrette seulement qu’il n’ait pas été porté par des acteurs publics, comme les barrages et les centrales électriques dans le passé. Je regrette aussi qu’il n’ait pas été mieux étudié avant le lancement des appels d’offres (Ailes Marines est en train de mesurer la force, l’orientation et la régularité du vent au droit du projet, il aurait mieux valu le faire avant.

Je trouve les éoliennes esthétiques, en tout cas elles ne me dérangent pas, contrairement aux pylônes, lignes électriques et bâtiments en bardages d’acier.

Mais ça m’énerve qu’on on essaie de prendre les gens pour des cons. Le grand public n’est pas con, il est très souvent largement au niveau, voire plus que les communicants des grandes entreprises. Et quand il sent qu’on essaie de le berner (Sivens, Notre Dame des Landes, Bure, etc), il délègue des Zadistes pour torpiller le projet.

Alors, messieurs d’Ailes Marines, montrez-nous de vrais photomontages afin que chacun puisse se rendre compte vraiment de l’impact de votre projet, elles sont belles vos éoliennes, ce sera la fierté des habitants de la baie de Saint-Brieuc, arrêtez d’essayer de nous les cacher et de nous faire croire que nous ne les verrons pas.