Terre armée : obsolescence programmée

Cet article fait suite à Terre armée : une technique à proscrire, que j’ai publié il y a quelques jours. Guillaume, de la Direction de la Communication Terre Armée, m’a fait l’honneur d’apporter un commentaire et je l’en remercie.

La terre armée, qu’est-ce que c’est et à quoi ça sert ?

Le but de la technique est de réaliser des remblais avec des parements verticaux, de façon économique, sans utiliser la technique du béton armé plus lourde et plus onéreuse.

On va associer pour cela 3 éléments : de la terre de remblai, des armatures en acier ou en fibres synthétiques et des plaques de béton de parement (écailles). En tirant partie des qualités de chaque matériau : le faible coût et la résistance à la compression de la terre, la résistance à la traction de l’acier, la tenue du béton vis à vis des intempéries et la possibilité d’obtenir un parement architectonique adapté à l’environnement.

Les armatures de la terre armée

Contrairement aux ouvrages de génie civil qui font appel à des armatures rondes de forte section (jusqu’à 50 mm de diamètre), les armatures utilisées en terre armé sont des plats en acier galvanisé d’une épaisseur maximale de 5 mm (3mm pour les premiers ouvrages). Il existe également des armatures synthétiques, cependant, selon le constructeur, elles sont réservées aux ouvrages légers.

La durée de vie des ouvrages

La tenue dans le temps des ouvrages en terre armée est essentiellement liée à la vitesse de corrosion des armatures en acier. La durabilité des ouvrages varie considérablement selon la qualité des armatures et l’environnement. Dans un milieu sec, comme dans les zones désertiques des Etats-Unis ou de l’Australie, les armatures ne se corrodent presque pas et les ouvrages résisteront probablement au-delà d’une centaine d’années. Dans un milieu humide ou avec une alternance de sècheresse et de précipitations, la perte d’épaisseur des armatures liée à la corrosion diminue inéluctablement leur résistance jusqu’à provoquer la ruine de l’ouvrage. La présence de chlorures dans le remblai ou dans les eaux d’infiltration est un facteur aggravant.

La prévention

Le problème est que les armatures ne sont pas visibles et les travaux d’approche pour les atteindre et les inspecter sont difficiles : il est impossible de retirer une écaille sans risque de voir le remblai s’écouler et se décompacter, aussi il faut procéder par forage et c’est délicat. Cependant, depuis quelques années des témoins sont mis en place à la construction qui permettent d’effectuer des contrôles périodiques de l’état de la corrosion des armatures.

La réparation

Dès lors qu’une corrosion plus rapide que prévue a été détectée, il est possible de conforter les ouvrages sans avoir à démonter les écailles. La méthode consiste à forer des ancrages dans le remblai, en perçant les écailles, et à les relier ensuite aux écailles à l’aide de croix de Saint André en saillie.

Obsolescence programmée

Les techniques modernes de construction permettent d’édifier rapidement des ouvrages spectaculaires et souvent peu chers. Cependant ces ouvrages ne sont pas pérennes, leur obsolescence à court terme est certaine, il est parfois possible de la mesurer ou de la reporter.

La plupart des oeuvres humaines sont calculées pour tenir jusqu’à la fin de leur durée de garantie contractuelle, de 2 à 7 ans pour les voitures, 10 ans pour le gros oeuvre des maisons. Pour les gros ouvrages, centrales nucléaires, ouvrages d’art, on estime qu’une durée de 30 à 70 ans est un bon objectif, cependant personne, ni le constructeur, ni l’assureur, ne garantira l’ouvrage au-delà de 10 ans.

Lorsqu’un maître d’ouvrage se voit proposer deux techniques différentes, l’une pérenne (plusieurs centaines d’années) et chère, l’autre bon marché mais peu durable, il se voit le plus souvent contraint d’utiliser cette dernière, économiquement plus rentable.

Nous vivons dans une ère moderne…

 

Les arnaques au nettoyage de toiture

Marché de Saint-Brevin-les-Pins (44250)

Jeudi 7 juin 2018, devant l’entrée du Super U : un fourgon blanc, des présentoirs faisant la promotion de nettoyage et de traitement de toitures, je jette un oeil, un homme m’aborde, me dit qu’il est artisan couvreur installé à Pornic (44210) et insiste pour venir faire un devis de rénovation de ma toiture. Il me donne un dépliant et nous prenons rendez-vous.

Un couvreur sans échelle

Une heure plus tard son fourgon blanc est devant ma porte, il est venu avec son collègue, tous les deux assez corpulents pour des couvreurs. Il regarde le toit, me demande une échelle pour y monter – il est couvreur, il a un gros fourgon mais il n’a pas d’échelle, je commence à me méfier.

Il monte sur le toit, inspecte les tuiles et déclare qu’il y a des aiguilles de pins et de la mousse. La raison pour laquelle je l’avais fait venir. Il nous demande les dimensions du toit – il n’a ni télémètre laser, ni mètre tout court. Il estime la surface à 80 m2 (je l’ai mesuré après son départ : 105 m2).

Une affaire à saisir :

Et il me propose un à tarif exceptionnel : 3,90 € le m2, pour enlever les aiguilles de pin, gratter les mousses et appliquer un traitement antimousse et hydrofuge, garanti 10 ans, sans chlore, mais qui ne fera effet qu’au bout de 3 mois. Un prix cassé, alors que le prix normal est de 7,90 € le m2. J’ai droit à cette faveur car il souhaite se faire connaître de clients potentiels avec un chantier à Saint-Brévin.

Il propose de venir faire le traitement le lendemain matin, il est très volubile, un vrai moulin à paroles. Je lui dis que je vais réfléchir et je lui demande de m’envoyer son devis par mail.

Un prospectus bidon

Après le départ de l’artisan couvreur installé à Pornic, j’examine de plus près l’inscription sur son prospectus.

Le numéro SIREN d’abord : 520000258, le site societe.com m’indique :

Monsieur Camille Loustalot, 44 Che des Izards 31200 Toulouse, affaire personnelle commerçant active depuis 3 ans, spécialisée dans le secteur d’activité des autres commerces de détail sur éventaires et marchés. Unité non employeuse (pas de salarié au cours de l’année de référence et pas d’effectif au 31/12).

Bon, ce n’est pas un couvreur, c’est un vendeur ambulant.

L’adresse mail : mmrenovation33@gmail.com. Je tape mmrenovation33 dans Google et je tombe sur la société MM Rénovation, www.mmrenovation.fr, adresse mail mmrenovation33@gmail.com et parmi les numéros de téléphone, celui d’un dénommé Emile : 06 22 09 51 70.

J’ai appelé cette société, sur leur numéro fixe à Bordeaux, ils n’interviennent pas en dehors de la Gironde.

Bizarre…

Un fournisseur de bidons

Sur une autre page du prospectus, il est mentionné en gros caractères : travaux réalisés avec ABEO BREIZH. L’inscription a été faite en même temps que le prospectus, ce n’est pas un ajout.

Je me suis aussi renseigné sur cette société, Abéo Breizh : l’adresse de la société est : 13 rue du douanier rousseau, 53500 Ernee, son gérant est Dany Fauchez, 26 ans. L’activité est le commerce de Gros, la société n’emploie aucun salarié.

Parmi les produits commercialisés :

Hydrofuge ABEO breizh incolore et coloré (bidon de 20L)
hydrofuge incolore 14 euros HT / L soit 280 euros le bidon ABEO Breizh
hydrofue coloré 28 euros HT / L soit 560 euros le bidon ABEO Breizh

La société propose des formations :

Il est possible d’effectuer un stage ABEO Breizh chimie d’une durée de 4 jours (cout : 7800 euros HT)

560 € pour un bidon de 20 litres d’hydrofue ! (sans g)

Et pour finir :

Le prix conseillé d’un nettoyage de toiture (décapage + hydrofuge) 45 euros HT / m2

Pour mon toit de 105 m2, ça ferait un prix de 105 m2 x 45 €/m2 + 20% TVA = 5 670 €

C’est à peu de choses près le prix de fourniture + pose d’une nouvelle couverture en tuiles.

Abéo Breizh ne vend pas ses produits à n’importe qui :

Les produits de la société ABEO Breizh sont réservés uniquement aux professionnels du nettoyage ayant l’agreement ABEO Breizh (agrément avec e !)

Le fournisseur de bidons est certainement en cheville avec des artisans bidons.

Windows 10 April 2018 Update Troubleshooting

Microsoft Windows 10 operating system last release, launched in April is messing sometimes, up to disabling some vital devices. While upgrading my personal and friends laptops, I experienced different issues :

Lenovo Legion Y520 (update OK) :

On this laptop (bought 2 months ago), the update went fast and the old windows files were deleted by the system. Everything worked fine.

Asus EeeBook X205TA laptop (update failed):

On this laptop bought two years ago, the update went fairly quickly, but once it was complete, the keyboard and the touchpad weren’t working any more. To make sure it wsn’t a hardware issue, I restarted, then I pressed several times the key F2, and once into the bios, I found that the keyboard was fine. I restarted Windows and found that the usb mouse was still working. With the mouse I launched the virtual keyboard with the following sequence : [Windows key / Settings / Ease of acces / Keyboard / Use your device without a physical keyboard / switch on]. Eventually I went into settings and in the recovery menu, I chose “Go back to the previous version of Windows 10”. It worked fine.

Thomson NEOX13C-4RD32 Notebook PC (update long and difficult):

On this notebook, bought two months ago, since there was not enough space disk ( 32 GB eMMC) to install the update, I was required to insert a USB key during the setup. It took a while for the files to download, but the installation itself took about 5 hours, with the progress indicator increasing a couple of percents during the first two hours.

Afficher l’icône “Ce PC” sur le bureau de Windows 10

Par défaut, Windows 10 n’affiche plus l’icône Ce PC (Ce PC, anciennement Ordinateur ou Poste de Travail). Pour ajouter proprement (sans créer un raccourci inélégant) cette icône sur le bureau :

  • Sélectionnez Démarrer  > Paramètres  > Personnalisation > Thèmes > Paramètres des icônes du Bureau.
  • Sous Icônes du Bureau, cochez les cases en regard des icônes que vous souhaitez voir apparaître sur votre bureau.
  • Sélectionnez Appliquer et OK.

Le croissant de Lune du Ramadan

Le Ramadan a commencé avec la nouvelle Lune, la voici ce soir, jeudi 17 mai 2018, à Asnières sur Seine. الله أكبر

croissant de lune du ramadan

Horaires des prières pour Asnières sur Seine (ils diffèrent selon le lieu) :

Subh Shuruq * Zhur Asr Maghrib Isha
1 Ramadan 1439 Jeudi 17 mai 04:07 06:06 13:47 17:57 21:29 23:29
2 Ramadan 1439 Vendredi 18 mai 04:05 06:05 13:47 17:57 21:30 23:31
3 Ramadan 1439 Samedi 19 mai 04:03 06:04 13:47 17:58 21:31 23:33
4 Ramadan 1439 Dimanche 20 mai 04:01 06:03 13:47 17:58 21:33 23:35
5 Ramadan 1439 Lundi 21 mai 03:59 06:02 13:47 17:59 21:34 23:38
6 Ramadan 1439 Mardi 22 mai 03:56 06:01 13:48 17:59 21:35 23:40
7 Ramadan 1439 Mercredi 23 mai 03:54 06:00 13:48 17:59 21:36 23:42
8 Ramadan 1439 Jeudi 24 mai 03:53 05:59 13:48 18:00 21:37 23:43
9 Ramadan 1439 Vendredi 25 mai 03:53 05:58 13:48 18:00 21:39 23:43
10 Ramadan 1439 Samedi 26 mai 03:52 05:57 13:48 18:01 21:40 23:44
11 Ramadan 1439 Dimanche 27 mai 03:52 05:56 13:48 18:01 21:41 23:45
12 Ramadan 1439 Lundi 28 mai 03:52 05:55 13:48 18:02 21:42 23:45
13 Ramadan 1439 Mardi 29 mai 03:51 05:54 13:48 18:02 21:43 23:46
14 Ramadan 1439 Mercredi 30 mai 03:51 05:53 13:48 18:03 21:44 23:46
15 Ramadan 1439 Jeudi 31 mai 03:51 05:52 13:49 18:03 21:45 23:47

* Attention, le Shuruq n’est pas une prière ! C’est l’heure avant laquelle la prière du subh doit être accomplie.

Avant de démarrer la prière, pensez à faire vos ablutions  : lavez-vous les mains, le visage, la bouche et les pieds. Vous pouvez aussi prendre un bain ou une douche, mais vu l’heure de la première prière, s’il y a des mécréants dans votre immeuble, évitez de faire du bruit, à moins que vous vouliez éveiller leur conscience à l’Islam.

Si c’est vous qui êtes en charge de la prière, commencez  par le fameux Allahou Akbar, et la sourate Al-Fathia :

« Bismi Allāhi Ar-Raĥmāni Ar-Raĥīm »
Al-Ĥamdu Lillāhi Rabbi Al-`Ālamīn
Ar-Raĥmāni Ar-Raĥīm
Māliki Yawmi Ad-Dīn
‘Īyāka Na`budu Wa ‘Īyāka Nasta`īn
Ihdinā Aş-Şirāţa Al-Mustaqīm
Şirāţa Al-Ladhīna ‘An`amta `Alayhim Ghayri Al-Maghđūbi `Alayhim Wa Lā Ađ-Đāllīn »

Récitez ensuite la sourate de votre choix, en arabe évidemment.

Bon ramadan à tous.

Terre Armée : une technique à proscrire

Viaduc de Gennevilliers

Le remblai en terre armée d’une culée du viaduc de Gennevilliers sur l’autoroute A15 a cédé brusquement mardi 15 mai dans l’après-midi. La circulation sur cet axe majeur du nord-ouest de l’Ile de France est interrompue pour plusieurs jours.

Le procédé Terre Armée®, inventée par Henri Vidal en 1963 et développé par la société Terre Armée est une technique qui permet de faire tenir  un remblai quasiment à la verticale  grâce à des armatures liant les plaques de parement en béton armé préfabriqué au remblai en terre, de façon à constituer un mur poids en terre armée.

Cette technique est séduisante sur le papier, car elle permet d’édifier rapidement et à bas coût d’immenses murs poids. Mais elle n’est pas pérenne : au contact de la terre et des ruissellements d’eau, les armatures se corrodent rapidement, notamment à l’interface entre les plaques de parement et la terre, et ces plaques de parement finissent par se détacher, une par une dans le meilleur des cas et toutes ensemble dans le pire des cas. Comme ces armatures sont noyées dans la terre, et comme aucun élément métallique n’affleure au nu des plaques de parement, il est impossible de les contrôler et d’estimer leur degré de corrosion et leur niveau de résistance.

terre arméeLe problème est connu presque depuis le début de la mise en pratique de cette technique. Je me souviens d’un stage de Génie Civil à Paris dans les années 1990 au cours duquel la pathologie de ce dispositif et les solutions palliatives avaient été exposées. La leçon que j’avais retenue était qu’il fallait absolument interdire cette technique de terre armée. Comme la technique également peu pérenne des pierres agrafées dans le bâtiment.

Nonobstant elle a continué à être mise en œuvre, pour deux raisons : 1) ce n’est pas cher 2) les ouvrages tiennent plus de 10 ans avant de s’effondrer, donc au-delà de la garantie légale du constructeur.

Une chose est certaine cependant : tous les ouvrages en terre armée s’effondreront prématurément. Car des armatures en acier, même inoxydable et même  galvanisé, se corrodent (rouillent) lentement au contact du remblai humide et finissent tôt ou tard par céder, bien avant les armatures des ouvrages en béton armé, qui elles sont protégées par le béton qui les enrobe grâce à ses propriétés passivantes dues à sa forte alcalinité.

Obsolescence programmée – et criminelle !

soil nailCette invention française a été reprise par de nombreux pays dans le monde, mais dans leur grande sagesse ils ont donné un fruit important aux talus soutenus, ce qui leur permet de se consolider dans le temps et de ne pas s’effondrer même si les armatures viennent à lâcher. C’est le principe des murs de soutènement en pierres dont le fruit est inférieur à celui du talus naturel.

A Gennevilliers, le mur de soutènement en plaques de béton préfabriquées minces est quasiment vertical, et le remblai utilisé est tout simplement du sable qui ne demande qu’à s’écouler dès qu’il en a la possibilité :

On voit bien sur cette dernière photo les armatures qui pendent, à mon avis, les ruptures se sont faites au niveau des jonctions avec les plaques en béton.

Ma conclusion est que ce procédé devrait être proscrit ou autorisé sous réserve d’une obligation d’un fruit minimal et de l’incorporation au remblai de matériaux permettant sa consolidation au fil du temps : ciment, chaux, cendres volantes, etc.

Théoule sur mer


Le port de Théoule sur mer et le viaduc du chemin de fer Marseille-Menton.


Sur la carte du restaurant, la liste des allergènes et des produits dangereux : pain, œufs, poisson, lait céleri, moutarde, lupin, mollusques et SO2.  Allergiques, passez votre chemin.


Théoule fait partie de l’Esterel, le massif rocheux est formé de porphyre, une roche granitique qui favorise la flore des sols acides.


Le Chêne Liège se plait dans les sols acides.


Ses feuilles sont assez éloignées de celles des autres chênes.


Mais son écorce permet de le reconnaître facilement, en été ou en hiver.

Une pépite d’or géante


Une pépite d’or géante !


Combien peut-elle bien peser ?


488 g, plus que le reliquaire en or du cœur d’Anne de Bretagne !

La pépite est en réalité une pierre calcaire ramassée sur le plateau de Caussols et dorée à la bombe aérosol par une amie artiste. Le résultat est bluffant. Une vraie pépite d’or du même volume aurait une masse d’environ 3,5 kg.

Le nid d’aigle de Gourdon

En arrivant à Gourdon, je me suis rappelé que j’y étais déjà passé il y a bien longtemps, dans les années 1980. Depuis ma dernière visite, le village a suivi l’évolution des villages touristiques avec de nombreuses échoppes et restaurants. Des produits locaux, ou étiquetés comme tels, verrerie, savons, eaux de toilette, parfums, nougats, miels, etc.

Le nom originel du village, il y a 1000 ans environ, était “Gordone” ce mot pourrait venir du gaélique Gor qui signifie grand et de Dún qui désigne un fort et qui se prononce Donne en gaélique irlandais, comme la ville d’Irlande Dún Laoghaire (prononciation Donne Liri).


Même avec un ciel gris, la vue est époustouflante.


Photo partielle du panoramique en céramique.


Le marronnier a poussé vite !


Comme dans beaucoup de vilages, beaucoup de pots de fleurs devant les maisons.


Le petit flûtiste


Les confiseries


Les parfums

langue et religion

CredoLe lien entre la religion et la langue est souvent primordial, comme dans les trois grandes religions monothéistes que sont le Judaïsme, l’Islam et le Christianisme, avec l’hébreu, l’arabe et le latin. Les juifs et les musulmans continuent à utiliser les langues de leurs textes sacrés, mais à l’issue du concile Vatican 2, les catholiques ont abandonné leur langue liturgique, le latin. Coïncidence ou pas, la pratique du catholicisme régresse depuis.

Renoncer au latin, une décision funeste

Quand j’étais enfant, la messe se disait en latin, on connaissait les paroles par coeur et pour beaucoup, la signification de chaque mot, il faut dire que dans les campagnes la plupart des gens étaient bilingues, capables de parler  une langue régionale ou un patois et le français, ce qui leur donnait plus de facilité à apprendre les rudiments d’une troisième langue. Je me souviens du curé du village de Lagrave, dans le Tarn, qui parlait le latin comme nous parlons aujourd’hui l’anglais.

En même temps j’apprenais le latin, en classe de 6ème, nous sommes en 1963, c’est le début de l’application de la “prononciation restituée” du latin, qui s’oppose à la prononciation à l’italienne du latin de messe et à la prononciation à la française du latin des érudits.

A chaque religion sa langue

Je trouvais paradoxal que cette langue que j’entendais à la messe soit qualifiée de langue morte  au lycée. Je me rends compte aujourd’hui que si l’enseignement s’était appuyé sur la traduction et l’étude de la syntaxe des textes du rituel catholique, textes répétés tous les dimanches, plutôt que sur le récit de la guerre des Gaules de Jules César, j’aurais appris le latin plus facilement.

Mais c’eut été évidemment impossible, en raison de la séparation de l’église et de l’état et parce que l’école est laïque, c’est pourtant ce que font les juifs et les musulmans dans leurs écoles, et c’est ce lien entre la langue et la religion qui donne de la force à cette dernière.

Les deux versions du Credo

Voyez la beauté de ces deux versions du “Credo” (le symbole des apôtres suivi du symbole de Nicée-Constantinople) et voyez comme il est facile d’en comprendre chaque mot (chacun d’entre eux a donné naissance à son équivalent en français) et la construction de chaque phrase :

Le credo des apôtres
Credo in Deum, Patrem omnipotentem,
Creatorem caeli et terrae.
Et in Iesum Christum, Filium eius unicum, Dominum nostrum:
qui conceptus est de Spiritu Sancto,
natus ex Maria Virgine,
passus sub Pontio Pilato, crucifixus,
mortuus, et sepultus,
descendit ad inferos,
tertia die resurrexit a mortuis,
ascendit ad caelos,
sedet ad dexteram Dei Patris omnipotentis,
inde venturus est iudicare vivos et mortuos.
Credo in Spiritum Sanctum,
sanctam Ecclesiam catholicam,
sanctorum communionem,
remissionem peccatorum,
carnis resurrectionem,
vitam aeternam.
Amen.
Je crois en Dieu, le Père Tout-puissant,
Créateur du Ciel et de la terre ;
et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur,
qui a été conçu du Saint-Esprit,
est né de la Vierge Marie,
a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié,
est mort et a été enseveli,
est descendu aux enfers,
le troisième jour est ressuscité des morts,
est monté aux cieux,
est assis à la droite de Dieu le Père Tout-puissant,
d’où il viendra juger les vivants et les morts.
Je crois en l’Esprit saint,
à la sainte église catholique,
à la communion des saints,
à la rémission des péchés,
à la résurrection de la chair,
à la vie éternelle.
Amen.
Le Credo de Nicée-Constantinople
Credo in unum Deum,
Patrem omnipoténtem,
factόrem cæli et terræ,
visibílium όmnium, et invisibílium.
Et in unum Dόminum Iesum Christum,
Fílium Dei unigénitum.
Et ex Patre natum ante όmnia sæcula.
Deum de Deo,
lumen de lúmine,
Deum verum de Deo vero.
Génitum, non factum,
consubstantiálem Patri :
per quem όmnia facta sunt.
Qui propter nos hόmines,
et propter nostram salútem
descéndit de cælis.
Et incarnátus est de Spíritu Sancto ex María Vírgine :
et homo factus est.
Crucifíxus étiam pro nobis :
sub Pόntio Piláto passus, et sepúltus est.
Et resurréxit tértia die,
secúndum Scriptúras.
Et ascéndit in cælum :
sedet ad déxteram Patris.
Et íterum ventúrus est cum glόria
iudicáre vivos, et mόrtuos :
cuius regni non erit finis.
Et in Spíritum Sanctum,
Dόminum, et vivificántem :
qui ex Patre Filiόque procédit.
Qui cum Patre, et Filio
simul adorátur, et conglorificátur :
qui locútus est per Prophétas.
Et unam, sanctam, cathόlicam et apostόlicam
Ecclésiam.
Confíteor unum baptísma
in remissiόnem peccatόrum.
Et expécto resurrectiόnem mortuόrum.
Et vitam ventúri sǽculi.
Amen.
Je crois en un seul Dieu,
le Père Tout-Puissant,
Créateur du ciel et de la terre
de l’univers visible et invisible.
Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ
le Fils unique de Dieu,
né du Père avant tous les siècles
Il est Dieu, né de Dieu,
Lumière, né de la Lumière,
vrai Dieu, né du vrai Dieu,
engendré, non pas créé,
de même nature que le Père,
et par Lui tout a été fait.
Pour nous les hommes, et pour notre salut,
Il descendit du ciel ;
par l’Esprit Saint,
Il a pris chair de la Vierge Marie,
et S’est fait homme.
Crucifié pour nous sous Ponce Pilate,
Il souffrit sa passion et fut mis au tombeau.
Il ressuscita le troisième jour,
conformément aux Écritures,
et Il monta au ciel ;
Il est assis à la droite du Père.
Il reviendra dans la gloire,
pour juger les vivants et les morts ;
et son règne n’aura pas de fin.
Je crois en l’Esprit Saint,
qui est Seigneur et qui donne la vie ;
Il procède du Père et du Fils ;
avec le Père et le Fils,
Il reçoit même adoration et même gloire ;
Il a parlé par les prophètes.
Je crois en l’Église,
une, sainte, catholique et apostolique.
Je reconnais un seul baptême
pour le pardon des péchés.
J’attends la résurrection des morts,
et la vie du monde à venir.
Amen.

Le déclin du catholiscisme depuis Vatican II :

la prononciation restituée du latin